02 BIB Esther antisémitisme 2016-03

1. Le rouleau (méguila) d’Esther est lu et célébré lors de la fête de Pourim. Cette histoire est très connue. Racine en a fait le sujet d’une de ses tragédies. On en connaît deux versions : une brève en hébreu, une longue en grec. La première ne cite pas le nom de Dieu et donc ne semble pas laisser place à une intervention divine au contraire de la seconde. Ce qui a posé problème aux commentateurs. Le sujet est simple : le peuple juif risque d’être anéanti. C’est le rêve profond de tous les antisémites. Hitler l’a réalisé à moitié.

2. « Esther est la fille d’Avihaïl de la tribu de Benjamin, une des deux tribus qui constituèrent le Royaume de Juda avant sa destruction par les Babyloniens et les déportations de l’élite du royaume vers les provinces de l’empire perse. Au début du récit, elle habite avec son cousin Mardochée qui occupe une fonction administrative au palais du roi perse à Chouchan. Ayant entendu que le roi Assuérus cherche une nouvelle épouse, Mardochée fait participer Esther aux « sélections ». Esther est choisie et devient l’épouse d’Assuérus, tout en dissimulant sa véritable identité juive. Quand le ministre Haman décide d’exterminer tous les Juifs du royaume, Esther est ainsi au premier rang pour demander au roi d’annuler le décret de son ministre. Après un jeûne de trois jours, elle se présente au roi pour lui demander la faveur d’accepter son invitation à dîner dans sa suite avec Haman. Elle les réinvite puis, à l’issue du second dîner, informe le roi qu’elle est juive et que Haman a décrété l’élimination des Juifs du royaume. Elle obtient du roi le droit pour les Juifs de se défendre le jour où ils sont attaqués, en tuant des milliers d’hommes du royaume. Le roi, dans un souci de justice, va jusqu’à faire exécuter par pendaison son premier ministre, ainsi que ses dix fils pour avoir failli causer un grand tort aux juifs résidant dans son empire. » (« Esther » Wikipédia)

3. Assuérus, monarque Achéménide. (par Saskia Shoshana Cohen Tanugi)

« (…)… ces ces Rois achéménides ont favorisé un retour d’exil et la reconstruction du Temple de Jérusalem durant les périodes des IVè et Ve siècle avant l’ère chrétienne. Le nom du monarque Perse Assuèrus inscrit dans la Méguila, vocalisé dans la Bible Aḥašwērōš est attribué par Hérodote à un monarque de la période des guerres médiques, Xerxès I (485-465 B.C.). Le rabbinat donne la même attribution, quoique certaines variantes suggèrent Artaxerxès I (465- 424 B.C.) Les Néher proposent aussi Artaxerxes II (404- 358 B.C.) (voir: Neher, Histoire Biblique du Peuple d’Israel ed. Maisonneuve 1988 p.613) Certains commentaires de Ezra et Nehemia l’attribue à Darius II (424-404) ou Artaxerxes II (404-358). Xerxes est épelé sur les stèles, x-šy-a-r-š-a ou sous différentes variantes Babyloniennes (Cullough : 1984 Encyclopedia Irania) Ce nom en vieux persan, Xšaya-ṛšā, peut être lu comme composé de la forme verbale « diriger, guider » combinée à un qualificatif ṛšan- « héros. » Ce qui signifierait: « héros qui guide les héros ». Selon Ezra différents monarques Perses ont signé des édits ordonnant la reconstruction du Temple de Jérusalem. Le fondateur de l’empire Achéménide, Cyrus (580-530 B.C.) Puis Darius I (521-485 B.C.) Xerxes I (485-465 B.C.) et Artaxerxes I (465-424 B.C.) La politique Perse Achéménide fut donc assez favorable au retour des minorités Juives sur leurs anciennes terres.

4. « La Méguila d’Esther illustre les dangers encourus par les populations minoritaires soumises aux cabbales sous législation Achéménide. Esther mais aussi le Livre d’Ezra et le Livre de Néhémie donnent des précisions sur les Rois Achéménides et leurs relations avec le Peuple Juif. Daniel également, dont le tombeau est honoré actuellement par la population de l’ancienne capitale achéménide, Suse/ Shush. Dans les deux Livres Ezra et Néhémie les anciens exilés et les bâtisseurs du temple, sont contrés par les cabbales aux périodes de Cyrus, Darius, Xerxès et Artaxerxes. Le premier des monarques qui inaugure une politique en faveur de la population Juive de l’Empire Achéménide est Cyrus (Ezra 1: 11 – VI : 1 – 6) qui finance par décret la première année de son règne (539-530 B.C.) le retour à Jérusalem des exilés et restitue les ustensiles du Temple annexés par Nabuchodonozor. (Ezra I, 1-4) Les premiers actes liturgiques accomplis à Jérusalem se font sans Temple (Ezra III: 1- 11) Malgré les pressions exercées sur les monarques achéménides, Ezra ramène en cinq mois de Babylone à Jérusalem une partie du Peuple Juif, la septième année du règne d’Artaxerxes, avec la bénédiction du Roi Achéménide (Erza VII :7). Le monarque Achéménide lui donne nominativement autorisation d’emmener de l’or et du bois pour la construction du Temple et accorde une indépendance judiciaire et religieuse à Ezra, lui permettantde nommer des juges et d’enseigner la Torah. 163 années de règne Achéménide furent nécessaires pour que le retour d’exil puisse s’accompagner d’une réelle indépendance de culte.(…) »

5. Claude Vigée commente le livre d’Esther. Claude Vigée (1921 – ) est un poète français aux origines juives et alsacienne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Vigée

Il a commenté le livre d’Esther, sur France-Culture le 7 mars 2004.

 « Pourim est un mot persan qui signifie les sorts qu’on fait rouler. Le sort du peuple juif est voué au destin, au fatum, à un sort aveugle. Le livre commence par une beuverie et un manque de respect puisque le roi demande à la reine de se dénuder pour montrer sa beauté. Pourim se termine aussi sur une beuverie où l’on confond Mardochée et Aman, le bien et le mal, le juste et l’injuste. Le livre est marqué par l’absence de Dieu simplement évoqué par “Si tu refuses, le salut viendra d’un autre lieu” (makhom).

« Ainsi le peuple est livré à l’arbitraire de forces obscures où le roi, d’abord jouet de ces forces, va se découvrir à travers la sexualité. Esther est cette concubine avec qui il s’amuse bien, au point d’en faire sa reine. C’est une femms fine et forte, cette “femme forte qui vaut à elle seule une armée”. Elle est faite pour une mission qui la dépasse et qui d’abord l’effraie. Aman est le descendant d’Amalek, cet Amalek à qui, 600 ans plus tôt, le roi Saül a laissé la vie sauve (comme si Israël ne pouvait se résoudre à écraser totalement son pire ennemi, car le bien a besoin d’un mal pour apparaître comme le bien).

« C’est au cœur même de sa sexualité que le roi va découvrir sa vérité et son salut. C’est Esther qui l’humanise, le rend à ce qu’il doit être. Ce n’est pas à Esther qu’il oserait imposer de se dénuder mais il reste marqué par la sexualité. Quand Aman se précipite sur la reine pour obtenir son pardon, le roi s’imagine qu’il veut la violer et il décide de le faire tuer sur le champ. Esther veut dire “caché” ou plutôt “voilé”. C’est du persan.

« Le projet d’Aman est celui de tous ceux qui ont voulu détruire le peuple juif : confiscation des biens puis génocide. C’est un récit où tout le monde porte un masque y compris Dieu. Mais il y a deux mondes : le monde du Dieu caché, celui du peuple juif et un monde où Dieu n’est pas caché mais absent et nié. C’est le monde d’Aman, le monde du chaos et de l’absurde.

« A la fin des temps toutes les fêtes auront disparu selon la tradition sauf Pourim. Et kippour / kippourim (jeu de mots sur le jugement) Le monde vit dans la mascarade. Mais on peut lire derrière le masque. Il y a donc un sens à ramener, à révéler. Celui qui a écrit l’histoire a déchiffré le masque pour le transfigurer et le sauver. Dieu est le grand montreur de marionnettes. Les valeurs sont inversées. Le sacré est inverse en blasphème et le blasphème en “kodesh” saint.

« Dans le monde ashkénaze Pourim est marqué par des petites pièces, des “pourim spiel” https://en.wikipedia.org/wiki/Purim_spiel

qui illustrent des midrachim (anecdotes) :

« Dieu n’a pas d’argent. Il se contente de prendre à l’un pour donner à l’autre. »

« Heureusement que Moïse était bègue car sinon il n’y aurait pas eu de sortie d’Egypte. On aurait perdu tout le temps en discours et controverses. »

« A la synagogue, le rabbin cache 10 roubles au passage “Tu ne voleras pas”. Un fidèle le voit, prend 5 roubles et met le reste à un autre passage : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

« Un juif donnait beaucoup aux pauvres mais ne respectait aucune des prescriptions rituelles. On s’en étonnait en disant qu’il avait le cœur kasher mais pas une conduite kasher. » »

6. Autre commentaire. Chaque lecture annuelle du livre d’Esther conduit à des réflexions nouvelles. Ainsi le livre commence par une proclamation d’un machisme étonnant. La reine Vasthi a refusé de montrer sa beauté à la cour et au peuple (I, 9 – 12). Fureur et inquiétude des proches conseillers du roi : connaissant l’incident, les femmes du royaume n’obéiront plus à leur maris. « L’ordonnance que rendra le roi sera connue dans tout son royaume qui est si vaste, et alors toutes les femmes témoigneront du respect à leurs maris du plus grand au plus petit. » (I,20 trad. rabbinat) Assuérus est de leur avis. « Il expédia des lettres dans toutes les provinces royales, dans chaque province selon son système d’écriture et dans chaque peuplade selon son idiome [pour ordonner] que tout hommes serait maître dans sa maison et s’exprimerait dans la langue de sa nation. » (I, 22). Ensuite, on organise un concours de beauté pour remplacer la reine Vasthi.

Mardochée est le tuteur d’Esther. Celle-ci est belle, bien éduquée et modeste. Bien conseillée par son tuteur et l’ennuque du roi qui l’a prise en affection, elle l’emporte sur les autres femmes du harem (2, 7 – 16). Elle devient la favorite d’Assuérus puis reine du royaume. Le roi donne un grand festin en son honneur mais ne semble pas lui avoir demandé de montrer sa beauté à la cour (I, 17 – 18). Esther suit toutes les consignes son tuteur : elle ne révèle « ni son peuple, ni son origine » (I, 20). Pour des déportés comme Mardochée la prudence s’impose. Le royaume est en proie à des factions concurrentes qui s’unissent un temps pour trouver un bouc émissaire, en l’occurrence les juifs dont la réussite semble suspecte. Mardochée, par ses multiples contacts, a su déjouer un complot contre le roi. Très habilement il a refusé toute récompense, simplement la mention de son action dans le livre des annales du royaume. Surtout il a fait passer l’information par Esther, qui en a acquis un surcroît de prestige près du roi.

Un concours de circonstances va donc favoriser le sauvetage du peuple juif. Esther peut refuser et mystérieusement Mardochée la met en garde : « Si tu n’agit pas le salut viendra d’un autre lieu ». Les commentateurs y voient une éventuelle intervention divine. On peut subodorer simplement l’existence d’un plan B. Mais l’hypothèse d’une intervention divine ne peut être écartée. Un midrach fait dire à Dieu : « Qu’ils m’oublient mais qu’il accomplissent ma Torah » sous-entendu car « je suis dans la Torah. » Mardochée n’a pas besoin d’invoquer Dieu. Il lui suffit d’être habilement honnête. Il agit comme le dira plus tard un rabbi nommé Jésus « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. » (Matthieu 10, 16 trad. Segond). Aman se piège lui-même. Le peuple hébreu est sauvé mais pour combien de temps ?

Un long exil de deux millénaires a pris fin avec la création d’Israël. Mais cette survie peut être très temporaire si l’Etat hébreu est infidèle à sa Loi et qu’il laisse croire aux nations qu’il l’est effectivement. C’est ce qu’attendent les antisionistes et les antisémites. Il faut méditer les leçons politiques silencieuses contenues dans l’action de Mardochée. L’histoire d’Esther peut être ) la fois vraie et romancée. Vraie parce que survivre en exil au milieu des cabales est difficile. Romancée car Esther c’est l’autre nom de la déesse Isthar et Mardochée l’autre nom du dieu Mardouk :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ishtar

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marduk

Ce peut être un hommage discret et un clin d’œil aux divinités locales pour se concilier l’opinion publique dominante en Babylonie : « La loi du pays est la loi ». Il faut survivre en lui obéissant.

7. Racine Esther 1689

https://fr.wikipedia.org/wiki/Esther_(Racine)

Prière d’Esther

Ô mon souverain Roi !

Me voici donc tremblante et seule devant toi.

Mon père mille fois m’a dit dans mon enfance

Qu’avec nous tu juras une sainte alliance,

Quand pour te faire un peuple agréable à tes yeux,

Il plut à ton amour de choisir nos aïeux.

Même tu leur promis de ta bouche sacrée,

Une postérité d’éternelle durée.

Hélas ! ce peuple ingrat a méprisé ta loi.

La nation chérie a violé sa foi.

Elle a répudié son époux, et son père,

Pour rendre à d’autres dieux un honneur adultère.

Maintenant elle sert sous un maître étranger.

Mais c’est peu d’être esclave, on la veut égorger.

Nos superbes vainqueurs insultant à nos larmes,

Imputent à leurs dieux le bonheur de leurs armes,

Et veulent aujourd’hui qu’un même coup mortel

Abolisse ton nom, ton peuple, et ton autel.

Ainsi donc un perfide, après tant de miracles,

Pourrait anéantir la foi de tes oracles ?

Ravirait aux mortels le plus cher de tes dons,

Le saint que tu promets et que nous attendons ?

Non, non, ne souffre pas que ces peuples farouches,

Ivres de notre sang, ferment les seules bouches

Qui dans tout l’univers célèbrent tes bienfaits,

Et confonds tous ces dieux qui ne furent jamais.

Pour moi, que tu retiens parmi ces infidèles,

Tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles,

Et que je mets au rang des profanations

Leur table, leurs festins, et leurs libations ;

Que même cette pompe où je suis condamnée,

Ce bandeau dont il faut que je paraisse ornée

Dans ces jours solennels à l’orgueil dédiés,

Seule, et dans le secret je le foule à mes pieds ;

Qu’à ces vains ornements je préfère la cendre,

Et n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre.

J’attendais le moment marqué dans ton arrêt,

Pour oser de ton peuple embrasser l’intérêt.

Ce moment est venu. Ma prompte obéissance

Va d’un roi redoutable affronter la présence.

C’est pour toi que je marche. Accompagne mes pas

Devant ce fier lion, qui ne te connaît pas.

Commande en me voyant que son courroux s’apaise,

Et prête à mes discours un charme qui lui plaise.

Les orages, les vents, les cieux te sont soumis.

Tourne enfin sa fureur contre nos ennemis.

8. Elizabeth de Fontenay « La prière d’Esther » (2014, Seuil) Le mot de l’éditeur. « Au cœur de l’enquête, Rachel, la tragédienne la plus célèbre sous la Monarchie de Juillet, petite jeune fille arrivée à moitié illettrée dans la capitale et qui devint, à 17 ans, la coqueluche du Tout-Paris. Son morceau de bravoure ? La fameuse « Prière d’Esther », ce long monologue au cours duquel, dans la pièce de Racine, la reine révèle au roi qu’elle est juive au moment où il s’apprête à massacrer son peuple. Juive, Rachel l’est aussi, et lorsque les amis de Chateaubriand et de madame Récamier la pressent de se convertir à la bonne religion catholique, c’est la prière d’Esther qu’elle leur récite. A plus d’un demi-siècle de distance, une autre Rachel surgit sous la plume de Marcel Proust, lequel semble superbement ignorer la grande Rachel au moment où il dépeint la petite maîtresse de Saint-Loup que celui-ci présente au narrateur. Au terme de l’enquête, il apparaît pourtant que Proust n’aura pas tant ignoré la grande Rachel qu’il l’aura dépouillée de son génie, en l’affublant d’un sobriquet emprunté à une autre, qu’il l’aura dégradée en quelque sorte. Rien à reprocher à personne, la littérature a tous les droits. Mais que cette entreprise de déconstruction est instructive sur l’esprit français et ses démons ! »

(…) « L’Esther tardive de la Bible, fêtée d’âge en âge dans la tradition juive, trouve son apothéose et sa trahison dans la pièce de Racine dont va s’emparer Proust pour décrire et faire parler aussi bien ses « hommes femmes » que sa mère. C’est aussi la fameuse prière d’Esther, empruntée à Racine, que Rachel, l’immense actrice romantique, récite insolemment aux amis de Chateaubriand et de madame Récamier qui la pressent de se faire baptiser, elle, la petite juive à moitié illettrée devenue, à 17 ans, la coqueluche du Tout-Paris. Cependant qu’une autre actrice du même nom va surgir chez Proust, lequel dépouille injustement et superbement de son génie la grande Rachel et surnomme Rachel « quand du Seigneur » la théâtreuse de La Recherche. Doit-on faire grief à Proust d’avoir ainsi dégradé Rachel ? Certes, les œuvres n’ont pas de compte à rendre, elles sont souveraines. Encore que « les travellings soient affaire de morale », comme le disait Godard. « L’usage proustien de Rachel m’est apparu comme une question strictement littéraire, donc comme une affaire de morale », risque à son tour Elisabeth de Fontenay. Elisabeth de Fontenay est philosophe. Elle est l’auteur de plusieurs livres devenus des classiques, et notamment d’une somme considérable : Le Silence des bêtes. La philosophie à l’épreuve de l’animalité (1998, 2013). Son dernier livre, Actes de naissance. Entretiens avec Stéphane Bou , a paru au Seuil en 2011. »

9. Elisabeth de Fontenay  est juive par sa mère :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Élisabeth_de_Fontenay

« Shoah et condition animale. Forte de sa position de présidente de la « Commission Enseignement de la Shoah » de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Élisabeth de Fontenay n’hésite pas à faire, à l’instar d’Isaac Bashevis Singer, dans la préface de son ouvrage Le silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité, un parallèle entre les méthodes génocidaires nazies et l’industrie agro-alimentaire :

« Oui, les pratiques d’élevage et de mise à mort industrielles des bêtes peuvent rappeler les camps de concentration et même d’extermination, mais à une seule condition : que l’on ait préalablement reconnu un caractère de singularité à la destruction des Juifs d’Europe, ce qui donne pour tâche de transformer l’expression figée “comme des brebis à l’abattoir” en une métaphore vive. Car ce n’est pas faire preuve de manquement à l’humain que de conduire une critique de la métaphysique humaniste, subjectiviste et prédatrice. »

Et encore :

« On sait que la grande majorité de ceux qui, descendant des trains, se retrouvaient sur les rampes des camps d’extermination ne parlait pas allemand, ne comprenait rien à ces mots qui ne leur étaient pas adressés comme une parole humaine, mais qui s’abattaient sur eux dans la rage et les hurlements. Or, subir une langue qui n’est plus faite de mots mais seulement de cris de haine et qui n’exprime rien d’autre que le pouvoir infini de la terreur, le paroxysme de l’intelligibilité meurtrière, n’est-ce-pas précisément le sort que connaissent tant et tant d’animaux ? »

— Élisabeth de Fontenay, Le Silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité. » (Wikipédia)

10. « Le code d’Esther » de Bernard Benyamin et Yohan Perez (2012, éd First). « Cet incroyable scénario, digne des Aventuriers de l’Arche perdue et de Dan Brown, n’a pourtant rien d’une fiction ; tous les faits relatés dans ce livre sont en effet rigoureusement authentiques. Pour percer le « code d Esther », Bernard Benyamin et Yohan Perez ont mené une longue enquête, interrogé de nombreux érudits juifs et historiens. Au terme de leurs investigations, ils lèvent ici le voile sur la prophétie la plus troublante du XXe siècle.

16 octobre 1946. À l’issue du procès de Nuremberg, le dignitaire nazi Julius Streicher monte à l’échafaud. Avant d’être pendu, il lance : « Ce sont les Juifs qui vont être contents ! C est Pourim 1946 ! »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Julius_Streicher

Stupeur dans le monde. Qu’a-t-il voulu dire ? Il est établi que Streicher fait référence à une fête juive qui commémore les événements relatés dans un texte biblique vieux de deux mille ans : le « Livre d Esther ». Mais sa déclaration n’en demeure pas moins énigmatique.

Ce fait historique avéré est le point de départ du Code d’Esther. Une aventure extraordinaire qui va conduire Bernard Benyamin et Yohan Perez de Nuremberg à Jérusalem, et des banques de Zurich à la prison de Landsberg, où Hitler rédigea Mein Kampf. De rencontres en révélations, ils découvriront que le Livre d Esther recèle un message secret, et qu’il existe entre l’antique royaume perse et l Allemagne du IIIe Reich des ressemblances défiant la raison. » (d’après la 4° de couverture). Ce qui défie la raison c’est la persistance de l’antisémitisme de l’antiquité à nos jours : jalousie, recherche du bouc émissaire et finalement destruction des ennemis d’Israël puisqu’ils se trompent sur l’origine de leurs maux ! En somme, l’antisémitisme porte malheur !

Roger et Aii

Retorica

3 500 mots, 20 700 caractères, 2016-03-21

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