02 BIB Jéricho – Josué – 2017-10-26

 

 

 

 

Pour étudier l’épisode biblique de Jéricho, je commence par le poème de Victor Hugo malgré ses omissions. Roger

 

(1) Victor HUGO (1802-1885)   Recueil : Les châtiments

 

Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée

 

Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.

 

Quand Josué rêveur, la tête aux cieux dressée,

Suivi des siens, marchait, et, prophète irrité,

Sonnait de la trompette autour de la cité,

Au premier tour qu’il fit, le roi se mit à rire ;

Au second tour, riant toujours, il lui fit dire :

 » Crois-tu donc renverser ma ville avec du vent ?  »

À la troisième fois l’arche allait en avant,

Puis les trompettes, puis toute l’armée en marche,

Et les petits enfants venaient cracher sur l’arche,

Et, soufflant dans leur trompe, imitaient le clairon ;

Au quatrième tour, bravant les fils d’Aaron,

Entre les vieux créneaux tout brunis par la rouille,

Les femmes s’asseyaient en filant leur quenouille,

Et se moquaient, jetant des pierres aux Hébreux ;

À la cinquième fois, sur ces murs ténébreux,

Aveugles et boiteux vinrent, et leurs huées

Raillaient le noir clairon sonnant sous les nuées ;

À la sixième fois, sur sa tour de granit

Si haute qu’au sommet l’aigle faisait son nid,

Si dure que l’éclair l’eût en vain foudroyée,

Le roi revint, riant à gorge déployée,

Et cria :  » Ces Hébreux sont bons musiciens !  »

Autour du roi Joyeux riaient tous les anciens

Qui le soir sont assis au temple, et délibèrent.

 

À la septième fois, les murailles tombèrent.

 

 

 

(2) Le livre de Josué. Consacré à la conquête de Canaan, le livre s’ouvre sur les préparatifs : être fidèle à la Loi (1 : 6-9), s’assurer du concours des tribus d’outre-Jourdain (1 : 10 – 18), envoyer des espions qui contactent Rahab et logent chez elle (2 : 1). Le roi l’apprend et ordonne à Rahab de lui livrer ces hommes mais elle les cache en prétendant qu’ils ont pris la fuite (2 : 2 -7).« 8 Avant que les espions se couchassent, Rahab monta vers eux sur le toit 9 et leur dit: L’Eternel, je le sais, vous a donné ce pays, la terreur que vous inspirez nous a saisis, et tous les habitants du pays tremblent devant vous. » (trad Segond) Elle leur propose un pacte : elle leur livrera la ville : en échange elle et les siens auront la vie sauve, grâce à un cordon rouge qu’elle mettra à la fenêtre qui donne sur l’extérieur (2 : 11 – 21). Les espions ont accepté le pacte reviennent vers Josué, lui rendent compte (2 : 22 – 24). Au chapitre 3 on lit les préliminaires du passage (3 : 1 – 6), les dernières instructions (3 : 7 – 13). L’armée passe le fleuve (3 : 14 – 17). On place douze pierres commémoratives (chap 4 en entier). Les populations sont terrorisées. Les hommes sont circoncis car ils ne l’avaient pas été dans le désert. Un envoyé de Dieu vient proposer ses services (chap 5 en entier). La prise de Jéricho est l’objet du chapitre 6 (6 :1 – 16) La ville est vouée à l’anathème (6 : 17 – 21) mais la maison de Rahab est préservée (6 : 22 – 27)

(3) La prise de Jéricho (6. 1 – 27) Traduction Chouraqui.

 

Roger (2017-10-26) : Chaque fois que je le peux je recours à la traduction Chouraqui que je juge la plus proche du texte hébreu. Si on la trouve déconcertante, on pourra la comparer avec l’une ou l’autre des traductions courantes.

 

Josué 6. 1-27 1. Ieriho est fermée et enfermée, face aux Benéi Israël. Nul n’en sort, nul n’y vient.   2. IHVH-Adonaï dit à Iehoshoua’ : « Vois, j’ai donné en ta main Ieriho avec son roi, les héros de l’armée.   3. Contournez la ville, tous les hommes de la guerre, encerclez la ville une fois. Vous ferez ainsi six jours.  4.  Sept desservants porteront les sept shophars des Jubilés en face du coffre. Le septième jour, vous contournerez la ville, sept fois. Les desservants sonneront du shophar.  5. Et c’est au tir de la corne du Jubilé, à l’audition de la voix du shophar, tout le peuple ovationnera en grande ovation. Le rempart de la ville tombera sur place, et le peuple montera, chaque homme contre lui. »  https://www.levangile.com/Comparateur-Multi-Bible.php?Livre=6&Chapitre=6&Verset=6 6. Iehoshoua’ bîn Noun crie aux desservants et leur dit : « Portez le coffre du pacte. Sept desservants porteront les sept shophars des Jubilés, en face du coffre de IHVH-Adonaï. »   7. Il dit au peuple : « Passez, contournez la ville. Le pionnier passera en face du coffre de IHVH-Adonaï. »   8. Et c’est quand Iehoshoua’ le dit au peuple, les sept desservants, porteurs des sept shophars des Jubilés, passent et sonnent du shophar en face de IHVH-Adonaï. Le coffre du pacte de IHVH-Adonaï va derrière eux.   9. Le pionnier va en face des desservants sonneurs de shophar, l’arrière-garde va derrière le coffre, va et sonne du shophar.   10. Iehoshoua’ ordonne au peuple pour dire : « N’ovationnez pas ! Ne faites pas entendre votre voix. Aucune parole ne sortira de votre bouche jusqu’au jour où je vous dirai : ‹ Ovationnez !’ et vous ovationnerez. »  11. https://www.levangile.com/Comparateur-Multi-Bible.php?Livre=6&Chapitre=6&Verset=11Le coffre de IHVH-Adonaï contourne la ville, la contourne une fois. Puis ils viennent au camp et nuitent dans le camp.   12. Iehoshoua’ se lève de grand matin ; les desservants portent le coffre de IHVH-Adonaï.   13. Sept desservants portent les sept shophars des Jubilés, face au coffre de IHVH-Adonaï, ils vont, vont et sonnent des shophars. Le pionnier va en face d’eux, l’arrière-garde va derrière le coffre de IHVH-Adonaï ; elle va et sonne des shophars.  14. Ils contournent la ville le deuxième jour, une fois, puis ils retournent au camp. Ils font ainsi six jours.   15. Et c’est le septième jour : ils se lèvent de grand matin, à la montée de l’aube, et contournent la ville, en règle, sept fois. En ce jour seulement ils contournent la ville sept fois.   16. Et c’est à la septième fois, les desservants sonnent des shophars. Iehoshoua’ dit au peuple : « Ovationnez. Oui, IHVH-Adonaï vous donne la ville.  17. La ville est interdite. Tout en elle est pour IHVH-Adonaï. Seule Rahab, la putain, vivra, elle, et tout ce qui est avec elle dans la maison : oui, elle a dissimulé les messagers que nous avions envoyés.   18. Seulement, vous, prenez garde à l’interdit, que vous ne soyez interdits : si vous preniez de l’interdit, vous mettriez le camp d’Israël à l’interdit, vous le perturberiez.   19. Tout l’argent, l’or, les objets de bronze et de fer, sont consacrés à IHVH-Adonaï, ils viennent au trésor de IHVH-Adonaï. »   20. Le peuple ovationne. Ils sonnent des shophars. Et c’est quand le peuple entend la voix du shophar, le peuple ovationne, une grande ovation, et le rempart tombe sur place. Le peuple monte vers la ville, chaque homme devant soi. Ils investissent la ville.   21. Ils interdisent tout ce qui est dans la ville, de l’homme jusqu’à la femme, de l’adolescent jusqu’à l’ancien ; jusqu’au bœuf, agneau, âne, à bouche d’épée. Rahab est laissée en vie  22. Aux deux hommes, les explorateurs de la terre, Iehoshoua’ dit : « Venez à la maison de la femme, la putain, faites sortir de là la femme et tout ce qui est à elle, comme vous le lui avez juré. »  23. Les adolescents, les explorateurs viennent et font sortir Rahab, son père, sa mère, ses frères, tout ce qui est à elle. Ils font sortir tous ses clans et les déposent en dehors du camp d’Israël. 24. Et la ville, ils l’incinèrent au feu avec tout ce qui est en elle. Seuls l’argent, l’or, les objets de bronze et de fer, ils les donnent au trésor de la maison de IHVH-Adonaï.  25. Rahab, la putain, la maison de son père, tout ce qui est à elle, Iehoshoua’ les fait vivre. Elle habite au sein d’Israël, jusqu’à ce jour : oui, elle avait dissimulé les messagers que Iehoshoua’ avait envoyés pour explorer Ieriho.  26. Iehoshoua’ jure en ce temps et dit : « Honni soit l’homme, face à IHVH-Adonaï, qui se lèvera et bâtira cette ville, Ieriho. Il la fondera sur son aîné ; et sur son cadet il postera ses portails. »  27. Et c’est IHVH-Adonaï avec Iehoshoua’, sa rumeur sur toute la terre.

(4) Comparaison des deux textes. Hugo ne dit rien du personnage de Rahab qui est pourtant fondamental. On dit d’elle qu’elle est soit “prostituée”, soit “aubergiste” (Targum de Jonathan) ou “restauratrice.” Le rabbinat s’en sort en parlant d’une courtisane. Il semble bien qu’elle tienne une grande auberge offrant également des filles. L’établissement est situé stratégiquement à la muraille avec vue sur la plaine. Beaucoup de monde y passe, beaucoup d’informations y circulent. Des gens caravaniers, des gens bien mais aussi des mauvais garçons et des bandits. Les deux espions de Josué savent qu’ils obtiendront là le maximum de renseignements. Mais ils sont vite repérés comme étrangers par le personnel de Rahab. Des bruits courent sur l’arrivée des Hébreux. Ils sont démasqués et Rahab leur met le marché en main : la vie sauve pour elle et toute sa maison si elle donne les renseignements stratégiques qui permettront d’entrer dans la ville. Marché conclu. Ce n’est donc pas une petite prostituée sans importance mais une femme d’affaires. C’est probablement avec Rahab qu’est mis au point le stratagème qu’on peut imaginer ainsi. Des sapeurs vont creuser une galerie mais pour masquer le bruit qu’ils font, Josué ordonne de jouer constamment des trompettes. La ruse réussit.

Un cordon rouge est la sauvegarde du clan Rahab. C’est très symbolique d’une complicité divine et Rahab comme Ruth va entrer dans le plan de Dieu pour sauver Israël. Celui-ci peut s’accomplir par une femme de mauvaise vie. Un midrach dit que Rahab mena une vie de débauche de 10 à 50 ans. Un autre affirme qu’avec Sara, Abigaïl et Esther elle était la plus belle femme de son temps. Un autre encore dit qu’elle aurait épousé Josué et que 8 ou 10 prophètes appartiendrait à sa descendance, dont le prophète Jérémie (assertion confirmée par le Zohar). Elle se range immédiatement du côté non de Josué mais de Dieu. De même que Ruth est de la descendance de Moab, né de l’incestueux Loth, Rahab bénéficie d’une descendance prestigieuse car Dieu choisit ses élus selon des critères personnels. On peut penser que Rahab fait partie de ces cousins cananéens avec qui le contact n’avait jamais été perdu. Ce qui explique son retournement facile. (d’après pour la partie biblique classique : Claude Vigée “Treize inconnus de la Bible” 1996 Albin Michel.)

 

Hugo prophète. Hugo estime que la poésie a une fonction prophétique, qu’elle doit éclairer le peuple. C’est pourquoi il se prend pour Josué. Son récit élimine le personnage de Rahab pourtant fondamental pour expliquer la réalité de ce qui s’est passé. Il ne reste que l’opposition entre la détermination de Josué éclairée par Dieu et l’ironie des assiégés. Le dernier vers illustre ce proverbe du triomphe de la ténacité : « Fais ce qu’ils pensent que tu ne peux pas faire. » Et mieux encore : « Toute vérité franchit trois étapes : d’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. » (Arthur Schopenhauer).

 

 

(5) Archéologie. Histoire de Jéricho d’après “Le monde de la Bible” Folio 1998

 

De 8.200 à 7.600 av JC on commence à passer de la cueillette des céréales sauvages à une culture très élémentaire. On chasse beaucoup à l’aide de pointes en silex. Mais surtout on construit des maisons circulaires (en briques crues modelées à la main) à demi-enterrées et auxquelles on accède par quelques marches. La surface du village atteint 3 hectares. Jéricho est entourée d’un mur épais de 2,35 m et haut de 5,75 m. Sur sa face intérieure il possède une énorme tour de pierre, haute de 7,75 m, au sommet de laquelle on accède par 22 marches. Le diamètre mesure 11 mètres à la base et 9 au sommet. Cette construction exige un travail collectif. On retrouve la même en Anatolie. Etait-ce une ville ? pas au sens classique du terme car une ville implique une hiérarchie sociale complexe manifestée par la richesse des maisons. Or sur ce site les maisons sont toutes semblables.

 

Vers 8.000 avant JC Jéricho a déjà des pratiques funéraires complexes : surmodelage du crâne à l’aide de stuc argileux portant des yeux de coquillages. Ce rite est décrit 4.000 ans plus tard, à Ougarit, dans les plaquettes cunéiformes du poème d’Aqhatoù : la déesse Anat travaille ainsi la dépouille du héros Aqht. Pas de sacrifices de fondation avérés.

 

A l’âge du bronze ancien (3.300 – 2.300) la ville devient ou redevient une cité importante. On a retrouvé 800 personnes enterrées dans huit tombes avec céramique (poterie), perles et anneaux de cuivre. Une tombe porte des traces de crémation. Les murs d’enceinte sont renforcés : briques crues sur fondations de pierres. Un effondrement a eu lieu suite à un tremblement de terre. Un dispositif antisismique a limité les dégâts : les assises du mur étaient séparées par des intervalles de 1 mètre de large : une section s’écroule mais pas l’autre. Mais il y a aussi les incendies allumés par les ennemis. Au total on compte 17 destructions et reconstructions.

 

A la fin de la période on note que la cité (plus petite que le village néolithique) est construite progressivement selon au moins une orientation nord-sud. Les maisons sont rectangulaires. Les toits, supportés par des piliers en bois, sont probablement plats et couverts de roseaux sur un bâti en bois. Des silos recouverts de briques servent au stockage de même que des jarres cylindriques enfoncées jusqu’à l’orifice dans les sols des maisons. Les ordures sont jetées par dessus les remparts. Les tombes sont assez souvent remaniées et on pense avoir trouvé un sacrifice de fondation (ossements d’un enfant). L’activité funéraire semble importante. Elle serait liée au retour régulier de tribus semi-nomades venues ensevelir leurs morts, décédés pendant la période saisonnière de migration.

 

Le bronze moyen (1950 – 1550) est marqué par le développement de ces activités, notamment céramique et métallurgie. Mais l’érosion a fait disparaître bien des vestiges. Le mur est caractérisé par une immense levée de terre au-dessus de laquelle est édifié un rempart. Ce glacis est impressionnant mais la ville l’a débordé vers l’est suite à une activité économique accrue.

 

Un violent incendie survint vers 1550 avant JC. On l’attribue aux Egyptiens. La ville reste abandonnée pendant 150 ans.

 

Des villes d’importance égale avaient environ 3.000 habitants. Elles se protégeaient comme Jéricho. Elles possédaient quelques bâtiments publics (un silo collectif de taille gigantesque dans l’une d’elles). Quelques palais sont signalés : il s’agit de maisons plus grandes et plus complexes que les autres. Les temples sont immédiatement identifiables par leur construction rectangulaire, leurs poteaux, leur cour d’entrée. Les maisons d’habitation comportent une ou deux chambres, une cour et une ou plusieurs resserres. Quelquefois elles sont accompagnées d’un enclos. Ce sont des agriculteurs et des éleveurs qui font des réserves pour l’hiver et aussi pour nourrir des guerriers, des corvéables (indispensables aux travaux), des artisans potiers et métallurgistes, enfin des marchands. Car les échanges sont très importants entre la cité-Etat et l’empire égyptien, son suzerain. (d’après “Le Monde de la Bible” Folio Histoire pp. 378 à 405)

 

L’archéologie affirme que vers 1 300 avant notre ère, époque de Josué, la ville avait été détruite. Et ceci depuis environ 2 000 avant notre ère. La Bible aurait-elle menti ?

 

(6) Le personnage de Josué Josué apparaît inquiétant par les massacres qu’il ordonne sans états d’âme. Il est choisi par Moïse, agréé par Dieu. Mais il y a chez lui un fond de scepticisme. Quand Dieu lui envoie un ange il lui demande : “Es-tu des nôtres ou appartiens-tu à nos ennemis ?” Question impensable pour Moïse ou Abraham qui reconnaissent immédiatement l’envoyé du Seigneur. Lui il doute mais serait prêt à lutter contre l’envoyé comme le fit Jacob.

 

Il pratique la politique de la terre brûlée. Il ne s’agit pas de laisser derrière soi une Jéricho en état d’infliger des pertes aux Hébreux. C’est une ville puissante et dangereuse. Elle sera détruite de fond en comble, à l’exception de la famille de Rahab, qu’il épargne comme il l’avait promis.

 

La dureté de la répression vis-à-vis du roi Aï, l’autre ville conquise (chapitre 7) est destinée à frapper de terreur les autres rois et à obtenir leur soumission sans condition. C’est parce que cette conquête n’a pas été assez impitoyable qu’ensuite les Cananéens se sont révoltés et que le pays n’a jamais été sûr.

 

Josué fait arrêter le soleil par l’Eternel. C’est le seul homme à qui l’Eternel ait obéi par un miracle éclatant, l’un des dix qui étaient décidés avant la création du monde, parce que violant les lois de la nature.

 

L’homme est de petite extraction et c’est en fait le premier juge d’Israël. On nous donne sa filiation. Elle n’a rien d’extraordinaire. Mais il est courageux, n’a jamais douté (il est avec Caleb l’un des deux explorateurs qui n’ont pas été impressionnés par la taille des guerriers cananéens). Il obéit aveuglément à Moïse de son vivant mais il a assez d’étoffe personnelle pour devenir un chef de guerre ou plutôt un juge impitoyable qui fait la guerre à fond sans l’aimer.

 

Un midrach dit que le yod de Saraï lui a été donné et mis en tête de son nom pour traduire sa qualité de sauveur : Yéochua.

 

Comment expliquer toute cette série d’évènements inattendus depuis la sortie d’Egypte jusqu’à l’arrivée en Canaan ? Il faut croire au surnaturel sinon on est perdu et cette histoire paraît invraisemblable.

 

Jéricho est aussi une des grandes villes du monde, restée célèbre pour ses murailles gigantesques écroulées en – 2.000 et non en – 1.300. Il y a eu un écrasement dans le récit qui aurait combiné deux évènements, deux conquêtes. C’est le verrou de la région. Rien ne servait de tenter l’entrée en Canaan par la bande de Gaza car de toute manière il fallait se heurter à cette ville puissante. Autant la soumettre immédiatement pour avoir moins de pertes ensuite.

 

 

(7) 02 BIB Josué – 7 remarques – 2017-11-21

7 remarques sur le livre de Josué

  1. C’est le premier livre de la série dite des « prophètes antérieurs » (Josué, Juges, Samuel, Rois auxquels le christianisme ajoute Ruth placé par le judaïsme dans les « hagiographes »)
  2. Cette conquête de Canaan est un don de Dieu. Dieu donne la victoire quand le peuple est fidèle. Sinon c’est la défaite. Le livre ne renseigne donc pas en priorité sur la conquête elle-même et ses conséquences.
  3. Les modalités de la conquête ont été très complexes et elles sont simplifiées dans le livre pour des raisons apologétiques.
  4. Le livre se présente en trois parties :

– la conquête elle-même sous le commandement unifié de Josué, y compris les deux tribus déjà installées et qui délèguent leurs guerriers (1 : 10 – 15)

– le partage de la terre promise

– la mort de Josué racontée sur une tonalité deutéronomique.

  1. Il y eut une transmission orale primitive puis des rédactions successives jusqu’au réviseur deutéronomique, après 586, qui aurait donné à l’ensemble son unité.
  2. On remarque des changements de genres très importants : la chronique guerrière (dont l’historicité est sujette à caution), l’épopée (notamment la bataille de Gabaon 10 : 5 – 15), l’élan lyrique etc. Noter l’allusion au « livre du Juste » (10 : 11, 10 : 13) aujourd’hui perdu.
  3. La vision religieuse est fondamentale. Josué est l’objet d’une théophanie. Au moment de sa dernière mise au point en Babylonie, le livre résonne comme un message d’espoir. Le peuple reviendra dans la terre promise. Ce qui préfigure aussi le royaume messianique qui réunira tous les croyants.

7 remarques sur le personnage de Josué

  1. Josué est la transcription de l’hébreu Yeochoua, devenu Iésius d’où « Jésus » dans les textes grecs. Il existe plusieurs Josué dans la Bible dont deux très importants : le fils de Noun (objet du livre de Josué) et le grand-prêtre qui, après l’exil de Babylone, revint à Jérusalem à la tête du convoi mené par Zorobabel (dès 538 ou dans les années 532 – 522).
  2. Josué est l’héritier de Moïse qui vécut la théophanie au mont Horeb. C’est de Moïse que le fils de Noun (d’abord appelé Hochéa (Osée : « salut ») aurait reçu le nom où entre en composition celui que l’Eternel avait dit être le sien « à jamais ». Hochéa devint Yehochoua (Josué) c’est-à-dire « YHVH  est salut » ou « YHVH sauve ».
  3. Il apparaît pour la première fois dans la bataille de Rephidim menée contre les pillards amalécites : il combat dans la plaine tandis que son maître Moïse prie sur la colline voisine (Exode 17 : 8 – 13). Lorsque Moïse redescend du Sinaï, Josué croit entendre au loin les bruits d’une bataille alors qu’il s’agit des réjouissances du Veau do’ (Ex. 32 : 17). IL monte fidèlement la garde près de Moïse (Ex. 33 : 7 et 11) quand il n’est qu’un « jeune homme ». Il s’indigne que deux anciens aient reçu le don de prophétie car, pour luin seul Moïse en est digne (Nb. 11 : 26 – 29).
  4. Il représente sa tribu Ephraïm, lors de l’exploration en Canaan. Seulq Joqué et Caleb, confiants dabs la promesse divine, ne s’émeuvent pas des difficultés prévisibles. Ce qui les expose à la lapidation par une foule révoltée (Nb. 14 : 10). Leur récompense, c’est qu’ils seront les deux seuls de la génération du désert, âgés de plus de vingt ans, à pénétrer en Canaan.
  5. Moïse, sur l’ordre de l’Eternel prépare ouvertement Josué à ses futures responsabilités. Il le fait en présence d’Eléazar lui-même successeur d’Aaron. Eléazar assiste Josué en l’éclairant sur les volontés divines (Nb. 27 : 16 – 23). Ainsi l’autorité de Josué ne pourra pas être contestée.
  6. C’est le héros d’une épopée qui conduit le peuple du passage du Jourdain et la prise de Jéricho jusqu’à l’assemblée de Sichem qui réunit le peuple en plein milieu de la terre conquise (Jos. 21 : 43).
  7. C’est un grand chef de guerre auquel on attribue volontiers les exploits de ses capitaines. Malgré la répartition des terres, il laisse la conquête inachevée. Il meurt aux approches de l’an – 1 200, âgé de 110 ans, comme Joseph, âge idéal des bons serviteurs. Il est enterré à Timnat-Sérah dans la montagne d’Ephraïm (Jos 24 : 30 et Jg. 2 : 9)

(Synthèse Tora et Tradition, d’après A.M Gérard « Dictionnaire de la Bible » Laffont ) Bouquins)

 

(8) 02 BIB Josué, maître du temps 2017-11-21

Exode 17 : 8-16

17  8 Les Amalécites vinrent attaquer les Israélites à Refidim. 9 Moïse dit à Josué : « Choisis des hommes capables de nous défendre et va combattre les Amalécites. Demain je me tiendrai au sommet de la colline, avec le bâton de Dieu à la main. » 10 Josué partit combattre les Amalécites, comme Moïse le lui avait ordonné, tandis que Moïse, Aaron et Hour se postaient au sommet de la colline. 11 Tant que Moïse tenait un bras levé, les Israélites étaient les plus forts, mais quand il le laissait retomber, les Amalécites l’emportaient. 12 Lorsque les deux bras de Moïse furent lourds de fatigue, Aaron et Hour prirent une pierre et la placèrent près de Moïse. Moïse s’y assit. Aaron et Hour, chacun d’un côté, lui soutinrent les bras, qui restèrent ainsi fermement levés jusqu’au coucher du soleil. 13 Josué remporta une victoire complète sur l’armée amalécite. 14 Le Seigneur dit à Moïse : « Mets tout cela par écrit, pour qu’on ne l’oublie pas. Et dis à Josué que j’exterminerai les Amalécites, de telle sorte que personne sur terre ne se souviendra d’eux r . » 15 Alors Moïse construisit un autel, auquel il donna un nom signifiant «Le Seigneur est mon étendard». 16 Et il déclara : « Puisque les Amalécites ont osé lever la main contre le trône du Seigneur s , le Seigneur sera toujours en guerre contre eux. »

Note : Les Amalécites habitaient au sud de la Palestine, mais se déplaçaient occasionnellement dans toute la péninsule du Sinaï. Ils furent des ennemis acharnés d’Israël, voir v. 16.

 

 

 

Josué 10 : 12 – 14

 

12 Alors Josué parla à l’Eternel, le jour où l’Eternel livra les Amoréens aux enfants d’Israël, et il dit en présence d’Israël: Soleil, arrête-toi sur Gabaon, Et toi, lune, sur la vallée d’Ajalon ! 13 Et le soleil s’arrêta, et la lune suspendit sa course, Jusqu’à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis. Cela n’est-il pas écrit dans le livre du Juste? Le soleil s’arrêta au milieu du ciel, Et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour. 14 Il n’y a point eu de jour comme celui-là, ni avant ni après, où l’Eternel ait écouté la voix d’un homme; car l’Eternel combattait pour Israël.

 

(9) Ce que disent des astronomes israéliens

(Times Israël Staff 17 janvier 2017)

Une éclipse ‘a arrêté le soleil’ pour Josué, selon des scientifiques israéliens

 

« Selon le récit biblique, Josué a obtenu l’aide du soleil pour offrir aux Israélites l’une de leurs victoires les plus épiques. Et une équipe de scientifiques israéliens affirme aujourd’hui avoir compris comment : La bataille a coïncidé avec une éclipse solaire.

« En utilisant des données fournies par la NASA, trois scientifiques de l’Université Ben-Gourion de Beer Sheva ont pu déterminer, dans un article qui vient d’être publié, la date de l’éclipse et de la bataille qui seraient donc survenus le 30 octobre en l’an 1207 avant l’ère commune.

« Le chapitre 10 du Livre de Josué raconte que peu après l’entrée des Israélites sur la Terre Promise, ils ont livré bataille contre cinq armées qui assiégeaient les Gabaonites, que Josué avait promis de protéger.

« A la tête d’une armée, Josué était parvenu à vaincre les cinq rois et prié Dieu pour qu’Il vienne en aide aux Israéliens dans leur bataille en arrêtant le soleil :

“Alors Josué parla à l’Eternel, le jour où l’Eternel livra les Amoréens aux enfants d’Israël, et il dit en présence d’Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabaon, Et toi, lune, sur la vallée d’Ajalon !.’” (Josué 10:12).

« Les chercheurs font remarquer l’existence d’autres récits anciens où une divinité vient stopper le soleil.

« Toutefois, disent-ils, ce récit biblique est unique dans la mesure où il mentionne également le rôle de la lune, ce qui les a menés à la conclusion que le texte faisait référence à une éclipse solaire durant laquelle la lune passe entre la terre et le soleil, bloquant ses rayon

« Ils interprètent le mot “dom,” qui n’apparaît qu’une seule autre fois dans la Bible (Psaumes 37:7), non comme “arrête-toi” – ce qui est la lecture la plus traditionnelle – mais comme “obscurcis-toi”.

« Cette équipe multidisciplinaire, avec à sa tête le docteur Hezi Yitzhak, a découvert qu’il n’y avait eu qu’une seule éclipse solaire totale dans la région entre les années 1500-1000 avant l’ère commune, lorsque les Israélites seraient entrés en Terre Promise.

« Cette éclipse leur aurait donc permis de dater précisément la bataille au 30 octobre de l’année 1207 avant l’ère commune, à 16h28. L’article a été publié dans l’édition la plus récente de Beit Mikra : Journal d’études de la Bible et de son monde.

« Ils ont également décrit ce qui était le lieu précis de la bataille, selon eux, et retracé une marche nocturne de 30 kilomètres effectuée par Josué et ses hommes pour rejoindre Gabaon, au nord de Jérusalem, depuis leur campement de Gilgal, situé à l’est de Jéricho.

« L’article ne s’intéresse pas à la nature des grêlons qui, selon le récit biblique, ont tué de nombreuses personnes durant la bataille.

“Tout le monde n’apprécie pas l’idée d’utiliser les sciences physiques pour prouver des éléments de la Bible et je sais qu’on peut interpréter cette démarche comme une tentative de rationalisation de la foi”, a déclaré Yitzhak à Haaretz dimanche.

« Nous n’affirmons pas que tout ce qui est arrivé dans la Bible est vrai ou que cela a eu vraiment lieu… Mais il y a aussi une part de vérité historique appuyée par des preuves archéologiques dans ces récits ». »

 

(10) Conflit Bible – archéologie L’archéologie actuelle prétend que le siège de Jéricho n’a pu avoir lieu vers – 1 300. Mais l’archéologie est une science mouvante qui évolue en fonction des fouilles. Elle est controversée :

http://www.retorica.fr/Retorica/02-bib-finkelstein-vs-mazar-debat-2015-12/

Par ailleurs des astronomes israéliens fournissent des précisions intéressantes sur un épisode curieux où Josué semble arrêter le soleil. La Bible Avons-nous les outils pour pour pouvoir affirmer que la Bible ment ? Savons-nous la lire ?

 

Roger et Alii – Retorica – 4770 mots – 28 000 caractères – 2017-12-08

 

 

 

 

 

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