02 BIB Joseph pharaon pyramides 2008 06

1. J’étudie le personnage énigmatique de Joseph à partir de deux ouvrages, publiés aux éditions Jean-Cyrille Godefroi. Ils ne se recoupent pas mais vont dans la même direction, celle des origines égyptiennes du peuple hébreu. Il s’agit de

– Messod et Roger Sabbah, “Les secrets de l’Exode” (2000, Livre de Poche)

– David Davidovits (“La Bible avait raison” (2005).

Même quand cette synthèse utilise l’indicatif, pour la rendre plus vivante, il faut bien comprendre que je la pense toujours au conditionnel. Les Sabbah et Davidovits peuvent avoir raison mais il faudra croiser leurs informations et déductions avec d’autres sources qui ne manqueront pas d’apparaître dans l’avenir. Pour séduisants que puissent paraître les paragraphes suivants il faut les considérer comme provisoires.

2. Messod et Roger Sabbah, égyptologues et hébraïsants, exposent dans “Les secrets de l’Exode” (Ed. Jean-Cyrille Godefroi, 2000) le schéma suivant concernant l’Exode et ce qui s’ensuivit.

La réforme religieuse du pharaon Akhénaton paraît nocive aux yeux de son chef des armées, Aï, qui l’avait d’abord approuvée. Aï conduit pendant vingt ans la politique égyptienne et deviendra très tardivement pharaon. Après la mort d’Akhénaton, il négocie et organise l’exode des prêtres d’Aton et de leurs fidèles vers Canaan, zone mal pacifiée aux confins de l’Empire. Les exilés emportent leur culte et leurs richesses. Ils pratiquent une langue originale, le proto-hébreu et un alphabet issu des hiéroglyphes  L’évènement se situe vers 1350 avant notre ère. Voir le fichier 02 BIB Sinaï 08_06_14 Har Karkoum.

Après la conquête de Canaan les liens de la colonie se distendent avec l’Egypte. Elle se divise en deux royaumes : Israël disparaît ; Juda connaît l’exil. En butte à l’hostilité babylonienne pour la civilisation égyptienne, les scribes doivent, sous peine de mort, réécrire leur histoire en gommant l’apport pharaonique.

Ils mettent alors en avant d’humbles origines pastorales laissant volontairement des incohérences à décrypter. Le retour à Jérusalem les prend de court. Le travail de réécriture s’interrompt. Il en reste deux Bibles, une Bible araméenne (le Targoum) traduite par Onkelos sur un original nébreu aujourd’hui perdu et la Bible hébraïque telle que nous la connaissons.

3. David Davidovits (“La Bible avait raison” (même éditeur, 2005) est un égyptologue et un spécialiste mondial des pierres de synthèse (géopolymères). Il les a étudiées pour la recherche civile nucléaire. On lui demandait de mettre au point des bétons durant au minimum 4.000 ans pour envelopper les déchets nucléaires, les marquer d’une manière constamment visible et protéger ainsi les générations futures. Il a étudié un mortier romain (Opus signinum) encore étanche aujourd’hui. Ce mortier employé dans les “citernes de Salomon” à Jérusalem et la pierre agglomérée utilisée pour la construction des pyramides sont d’origine égyptienne. Joseph Davidovits a retrouvé dans ces bétons égyptiens des petits organismes marins propres à l’eau du Nil. Avec son équipe, il a aussi réussi à fabriquer des blocs identiques à ceux des pyramides. Voir du même auteur, chez le même éditeur “Ils ont bâti les pyramides” 2002 ).

Imhotep, scribe, architecte et pharaon de la III° dynastie (2750 avant notre ère) aurait trouvé le secret d’une pierre artificielle. Entre autres documents, une inscription conservée au musée du Louvre et enfin comprise donne les précisions suivantes :  “Je connais comment fabriquer des moules pour faire des reproductions d’objets coulés dans un matériau qui n’est pas brûlé par le feu ni dissous par l’eau. Je n’en révèlerai le procédé à personne, si ce n’est à mon fils aîné.” (stèle du sculpteur Irtysen, 2.000 ans avant notre ère). Le secret perdu serait aujourdhui retrouvé.

4. Voici comment Joseph Davidovits reconstitue l’histoire.

Vers – 1430 le pharaon Toutmosis III lit de vieux textes évoquant ce procédé. Il enquête et apprend qu’en Mitanni, province agitée de l’empire égyptien au delà de Canaan, vit une caste mystique qui en possède le secret. Elle adore Shamash, dieu du Soleil et de la Justice. Le contact est pris avec cette secte. L’envoyé de Pharaon remarque un enfant d’une intelligence prodigieuse. C’est Joseph mais le doyen prêtre Jacob explique qu’aucun disciple ne peut quitter la communauté avant 18 ans.

Ce serait le pharaon suivant Amenhotep II qui envoie un commando enlever le jeune homme, vers – 1419. L’opération doit rester secrète pour éviter des représailles sur la famille de Joseph. On le déclare mort et on rend sa tunique trempée dans le sang d’un agneau.

Arrivé en Egypte, Joseph est mis au secret. Il devient l’enfant adoptif personnel du souverain et reçoit le nom de Amenophis, fils de Hapou (fils de l’inconnu). Il entre ainsi dans la famille. Joseph-Aménophis sélectionne l’argile rouge jm, celle employée par le dieu Khnoum pour façonner le corps des hommes et le KA des dieux sur son tour de potier. Il découvre aussi un ciment spécial, étanche à l’eau, parfaitement adapté aux travaux hydrauliques, au colmatage des citernes et des canaux. Vers 30 ans, il est nommé Scribe royal, Creuseur de canaux (un tronçon d’irrigation porte toujours son nom, Bahr-Youssouf, le Canal de Joseph) et enfin Chef des prophètes d’Horus Khent-Khati, une forme égyptienne du dieu babylonien Shamash.

5. Vers – 1405, Joseph a probablement aplani les difficultés entre le Mitanni et l’Egypte. Pharaon est très favorable à l’arrivée de la famille de Joseph, qu’i pense aussi compétente que lui. Les pharaons se succèdent. En – 1390 Amenhotep III qui n’a que 12 ans nomme Joseph-Amenophis (50 ans) Scribe Royal Personnel puis Scribe des Recrues. Vers – 1375 l’Egypte connaît des récoltes exceptionnelles et, sur l’ordre de Pharaon, Joseph-Amenophis prend les mesures techniques nécessaires : il aurait fait construire des citernes en matériau aggloméré et les aurait rendues étanches avec le ciment imperméable.

A Memphis, où se passe cette histoire, les disciples alchimistes de Joseph-Amenophis découvrent le quartzite biat, la pierre miraculeuse de la colline d’Héliopolis, le domaine de Ré-Atoum le dieu Soleil, près de la pierre originelle Benben, ce que recherchait l’aïeul de Pharaon. Celui-ci nomme Joseph-Aménophis, Chef de tous les Travaux. Et pour célébrer la découverte on la dédie à l’unification de l’Egypte en construisant les colosses de Memnon en pierre agglomérée.

Le jeune dauphin Amenhotep, futur Akhenaton, n’a que 7 ans mais il suit ces travaux avec passion, se fait expliquer par son grand-oncle Joseph-Amenophis la signification de cette pierre biat, incarnation de son ancien dieu Shamash, celui qui donne la Loi, le dieu du Soleil et de la Justice, et aujourdhui l’incarnation de la théologie solaire de Ré-Atoum et de sa fille Ma’at, la Vérité-Justice. Dans l’esprit du jeune garçon nait l’idée de réunir tout cela en un seul concept divin, Aton.

En – 1359 Joseph-Amenophis a 80 ans et reçoit l’autorisation de faire placer sa statue dans le temple d’Amon à Karnak, devant le bas-relief de son père adoptif. Il décède en – 1356 et Pharaon lui octroie un temple funéraire.

6. Vers – 1347 Akhenaton décide de construire sa nouvelle capitale Akhet-Aten, el-Amarna. Pour cette entreprise gigantesque il fait venir d’Héliopolis et de Memphis les professionnels formés à la technique de l’agglomération par les disciples de Joseph-Amenophis.

Vers – 1320 après la révolution manquée d’el-Amarna, le pharaon Horemheb oblige quelques prêtres et notables disciples d’Akhenaton à s’expatrier dans les marches de l’Empire. Urushalim (Jérusalem) devient leur terre d’asile, eux, les ysi-r-iar / israel, ceux “exilés en hâte à cause de la faute (hérésie)”. Il n’y eut pas un exode massif mais plusieurs, étalés sur trois siècles.

Les artistes, professionnels, bâtisseurs d’el-Amarna, furent regroupés vers Memphis. D’autres allèrent au sud, dans la Vallée des Rois.  Le clergé d’Amon appela leurs descendants les ubrus et les urubs, “ceux qui sont malades, pestiférés”, les Hébreux et les Arabes. Environ 280 ans plus tard, ils quittèrent l’Egypte après la fermeture du Temple Funéraire de Joseph-Amenophis. Ils emportèrent avec eux la saga d’Amenophis, telle qu’elle était relatée sur les fresques du Temple dans une écriture rédigée à l’envers. Ce qui explique l’inversion du titre de Joseph dans la Bible : “çaphenâth-Panéah” doit être lu “amenophis-si-n-hapou” (Gen 41,45). Cet exode a lieu vers – 1060 dans une époque troublée par les rivalités entre les Grands Prêtres d’Amon et Pharaon.

La pierre agglomérée répond à la prescription d’Exode 20,25. “et si tu me fais un autel en pierre, tu n’utiliseras pas de pierre taillée, car en portant dessus le fer tu les as souillées”. Aton est le dieu qui crée les hommes en façonnant de l’argile, alors qu’Amon les crée à partir de la pierre qu’il arrache et qu’il taille (d’où le démembrement d’Osiris).

7. C’est à l’aide de cette technologie d’agglomération qu’aurait été construit le Temple de Salomon. Mais cette technologie, propre à un pays chaud, était très mal adaptée au rude climat de Jérusalem (pluie, gel, neige). Elle ne valait pas la pierre taillée utilisée en Samarie-Israël. En – 622 il existait, semble-t-il, un corps d’artisans (les KouRaSHiM “ceux qui ont le secret”) voués à la réparation des pierres du Temple. Ceci expliquerait pourquoi les archéologues n’ont pas trouvé trace du Temple construit par Salomon : ses blocs de pierre reconstituée  auraient disparu par effritement. Ce qui redonne toute sa valeur à 1 Rois 10-11 qui décrit les splendeurs du Temple et du Palais de ce roi alors qu’on a tendance à n’y voir qu’une fiction littéraire.

8. L’histoire des ubrus est étroitement liée à celle des urubs. Les premiers s’établirent à Jérsusalem, les seconds à Madian, au nord de l’Arabie Saoudite. Pour certains intellectuels égyptiens, l’arabe équivaudrait au langage parlé égyptien de l’an 1.000 avant notre ère alors que le copte serait le fruit de son évolution au contact du grec. C’est un débat controversé et une idée combattue par les linguistes égyptologues occidentaux.

9. Il faut donc prendre l’histoire de Joseph à l’envers. Il aurait été enlevé pour son savoir. Il aurait mis au point deux inventions fondamentales :

– un aggloméré

– un enduit imperméable.

Génie multiforme, il se serait révélé à la fois urbaniste, statisticien et visionnaire hors pair. Mais aussi psychanalyste mystique (l’interprétation des rêves) et chef incontesté d’un peuple profondément intégré à la culture égyptienne.

10. Roger Sabbah enfonce le clou avec “Le pharaon juif. Le secret égyptien de la kabbale”  (JC Lattès, 2008)

Dans la tradition ancestrale égyptienne, sortir d’Egypte et mourir sont une seule et même chose pour pharaon.” Il doit faire face aux dix épreuves du désert avant de renaître. L’Exode serait, au départ, une gigantesque métaphore de ce voyage initiatique. Le combat traditionnel entre monothéisme juif et polythéisme égyptien commençait à être mis à mal après la découverte des tablettes  de Tell-El Armana (1891-1892) et surtout leur lent déchiffrement (1897). Elles révélaient l’œuvre du pharaon Akhénaton (- 1370 avant notre ère). Mais la métaphore est aussi réalité. L’Exode est une renaissance au sens figuré (renaissance de Pharaon) et au sens propre (sortie d’Egypte).

11. De multiples convergences semblent significatives :

– Toutankhamon porte des téphilines : dessins et photos très explicites dans Messod et Roger Sabbah, “Les secrets de l’Exode”.

– Hérodote (-485 / – 430) dans “L’Enquête” évoque ce qui ressemble fort aux prescriptions de la cacherouth : “Le porc passe chez les Egyptiens pour une bête impure. Qui en frôle un au passage va aussitôt se plonger dans le fleuve tout habillé ; de plus, les porchers, quoique Egyptiens de naissance, sont seuls en Egypte à ne pouvoir entrer dans aucun temple ; personne ne consent à donner sa fille en mariage à un porcher; ni à prendre femme chez eux.” (II, 47).  Curieusement Hérodote lie le culte de la vache et l’interdiction faite aux Egyptiens de manger avec les Grecs : “En effet les statues d’Isis la représentent sous la forme d’une femme avec des cornes de vache, comme Io chez les Grecs, et toute l’Egypte vénère les vaches plus que tout autre animal. Aussi, ni homme ni femme en Egypte ne consentirait à embrasser un Grec sur la bouche, pas plus qu’à user du couteau, des broches ou du chaudron d’un Grec, ou à goûter à la chair d’une victime pure qui aurait été découpée à l’aide du couteau d’un Grec.” (II, 41). Enfin, il revient plusieurs fois sur la circoncision comme preuve que les Egyptiens font tout à l’envers (II, 36). Il a, en passant, cette notation pittoresque : “Pour uriner les femmes restent debout, les hommes s’accroupissent. Ils satisfont leurs besoins dans les maisons, mais ils mangent dans la rue…” les femmes ne peuvent être prêtres.  (II, 35). Il note que la circoncision est pratiquée par propreté. (II, 37). Il évoque aussi des ablutions très nombreuses. Les Colchidiens, interrogés par Hérodote,  ont des souvenirs très précis sur les Egyptiens. Ils pratiquent la circoncision (II, 104).

Compléments :

https://books.google.fr/books/about/Le_pharaon_juif.html?id=btIRAQAAIAAJ

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pharaon_de_l%27Exode

http://www.images.hachette-livre.fr/media/contenuNumerique/039/754969850.pdf

Roger et Alii

Retorica

(2 100 mots, 13 400 caractères)

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