02 BIB prochain fraternité 2016 12

Liberté, égalité, fraternité, amour du prochain

       « Liberté », « Egalité » on pense savoir de quoi il s’agit. On va même jusqu’à dire que « Liberté » serait une valeur de la droite tandis qu’« Egalité » serait une valeur de la gauche. Pour le troisième terme de la devise républicaine « Fraternité », c’est plus compliqué. Surtout quand une laïcité fermée refuse d’y voir la proximité avec le thème biblique de l’amour du prochain. La devise républicaine est dûe à Robespierre. Mais la fraternité s’était rapidement déconsidérée avec une anecdote contre-révolutionnaire où un sans-culotte disait à un ci-devant : « Soyons frères ou je t’assomme. » La fraternité ne refit surface qu’avec la révolution de 1848.

1. Classeur de français 1992

         Le texte qui suit est une fiche de synthèse, rédigée en 1992 après des réflexions d’élèves, débats et textes personnels tournant autour de cette question. Ce texte ne déclencha pas de débat, tout au plus des explications sur des mots difficiles. On le numérota et on le plaça dans le classeur de français. Aujourd’hui, en décembre 2005 je partirai plutôt de la devise républicaine pour arriver à l’amour du prochain. Et je la réécrirai en fonction d’éléments qui font l’objet des autres textes qui suivent.

                            AIME TON PROCHAIN

         « Aime ton prochain comme toi-même » est une prescription juive (Bible, Lévitique 19:18, – V° s), reprise par le christianisme (Bible, Evangile de Marc 12:31, Ier siècle). Plus qu’une prescription religieuse, c’est un CONSEIL PLEIN DE BON SENS que connaissent les sagesses orientales et les incroyants. « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » (Térence, écrivain latin, Ier s.).

         NOUS AVONS TOUS BESOIN DES AUTRES dans l’amour, l’amitié, l’estime (relations de travail), la solidarité sociale. Ce besoin mystérieux est partagé par les ermites de toutes religions qui, même isolés, vivent en communion de pensée, de méditation et de prière avec le reste de l’humanité. Et quand nous sentons que notre entourage ne nous admet pas, ne nous estime pas, ne nous aime pas, nous nous sentons très mal à l’aise et nous déprimons. Notre énergie se bloque en tensions nerveuses, se dégrade en agres- sivité et peut même basculer dans la violence. La littérature ne parle que de ces problèmes de haine et d’amour. D’ailleurs on crée et on écrit pour s’en libérer.

         NOUS COMMUNIQUONS TOUJOURS AVEC LES AUTRES même dans le silence. Nous communiquons verbalement et par le regard, par gestes et mimiques mais aussi par micro-mimiques : ce sont des signaux minuscules et involontaires qui nous échappent. Et au-delà des micro-mimiques il y a encore des moyens de communication plus subtils comme la transmission affective de pensées et de sentiments. Nous ne pouvons jamais cacher   aux autres nos sentiments à leur égard, que ces sentiments soient positifs ou négatifs. Nous ne pouvons les cacher ni à nos semblables, ni même aux animaux. C’est pourquoi nous avons intérêt à aimer tout le monde, sincèrement et sans hypocrisie.

    Il faut d’abord S’AIMER SOI-MEME. Mais s’aimer vraiment ! De quoi ai-je vraiment besoin pour être vraiment heureux ? D’un minimum vital mais surtout de relations riches, confiantes et ouvertes avec tout le monde. Si je me mets à haïr ou à mépriser quelqu’un, cela va se voir, s’entendre, se sentir. Si je ne l’aime pas, c’est finalement que je ne m’aime pas. AIMER LES AUTRES ce n’est donc pas se sacrifier. C’est simplement leur être profondément reconnaissants de faciliter notre vie quand ils nous aiment et nous estiment. Il s’agit pour nous de rester constamment dans L’HARMONIE d’une sorte de champ électro – magnétique subtil fait de relations détendues et confiantes. Et de rétablir ce champ quand il est rompu de notre côté.

         Ceci est valable avec toutes les personnes que nous rencontrons dans notre vie personnelle ou professionnelle, nos loisirs et nos difficultés. Songeons que les relations humaines sont tellement complexes que les conflits sont normaux et sont même le tissu de la vie sociale. Mais un conflit vécu sereinement est plus qu’à demi-résolu.

         Voici deux applications concrètes de cette attitude : le TELEPHONE et la VOITURE.

         Le TELEPHONE condense toute notre énergie communicative sur un point réduit (le combiné) la modalité auditive (parler, écouter) et ses sous-modalités qui sont très riches  (intonation, rythme, inflexions de voix, tonalité, timbre, qualité de l’écoute…). Si je cherche vraiment à m’ouvrir à mon auditeur, il va le sentir sans en avoir une conscience claire. Même s’il ne peut me donner satisfaction, il m’aidera au maximum. Je le sais, je lui fais confiance.

        La VOITURE pose le problème inverse. Il faut que je visualise le conducteur à travers nos deux voitures, donc une double carcasse métallique qui nous sépare et semble constituer un obstacle infranchissable à la communication. Même sans le voir, il faut que je pense à lui d’une manière positive, avec empathie. Je lui souhaite mentalement beaucoup de calme et de patience souriante devant les difficultés de la circulation qu’il doit affronter comme moi. Je suis indulgent à ses erreurs éventuelles. Etant plus détendu je suis aussi plus attentif. J’établis ainsi une communication simple mais efficace. Si j’ai besoin de son aide (pour couper une file par exemple) je baisse la vitre, je cherche son regard, je souris, je fais un geste amical. Il ou elle se détend. Tout se passe bien.

         Mais, direz-vous, “certaines personnes ne sont pas des cadeaux !” Si justement :

         LES PERSONNES SONT DES CADEAUX.

« Certains sont magnifiquement enveloppés.

Ils sont attrayants dès le premier abord.

D’autres sont enveloppés de papier ordinaire.

D’autres ont été malmenés par la poste.

Certains sont des cadeaux dont l’emballage laisse à désirer,

d’autres dont l’emballage est bien fait.

Mais l’emballage n’est pas le cadeau.

C’est si facile de faire l’erreur – et nous rions quand les enfants prennent l’un pour l’autre.

Parfois, le cadeau est difficile à ouvrir.

Il faut se faire aider.

Peut-être parce que les autres ont peur ?

Parce que ça fait mal ?

Ils ont peut-être déjà été ouverts et rejetés !

Ou se pourrait-il que le cadeau ne me soit pas destiné ?

Je suis une personne et moi aussi je suis un cadeau, un cadeau pour moi-même d’abord.

Ai-je déjà regardé à l’intérieur de l’emballage ?

Ai-je peur de le faire ?

Peut-être n’ai-je jamais accepté le cadeau que je suis.    

 Pourrait-il se faire qu’il y ait à l’intérieur quelque chose de différent de ce que j’imagine ?

Je n’ai peut être jamais vu le cadeau merveilleux que je suis. »

http://www.retorica.fr/Retorica/24-psy-personnes-cadeaux-2012-2/

    Ce texte métaphorique est un formidable outil de méditation et d’action. Il apprend à aimer les autres en commençant par s’aimer soi-même.

         (Roger mai 1992)

 

2. Bible Lévitique 19 (groupe d’études Tora et Tradition, Montauban, 2001)

         C’est Dieu lui-même qui ordonne aux vendangeurs de ne pas venir parachever la vendange afin que les pauvres et les étrangers puissent en bénéficier. (Lév 19, 10). Par petites touches le texte s’achemine vers le commandement d’aimer son prochain comme soi-même : ne pas voler, ne pas escroquer, exercer la justice sans favoriser le pauvre ou le riche (19, 15), ne pas calomnier (19,16), ne pas médire mais se montrer loyal en disant à l’intéressé ce que l’on pense (19, 17) et enfin ne pas nourrir la haine en son cœur, première partie du verset qui présente le commandement suprême : “tu aimeras autrui (réa) comme toi-même” (Lév 19,18).

         “Ami” en hébreu c’est : 1. “réa”, racine : “celui avec qui on partage la même pâture” donc “autrui” plutôt que “prochain” car la pâture peut être vaste ; autrui c’est le latin “alter”, celui qui est autre, qui est différent 2) “‘haver”, racine : “être ensemble” donc “camarade”, “compagnon”, “prochain” 3) “yedid”, l’ami intime (yedid hachem : l’ami du Nom, l’ami de Dieu)

         Le Talmud comprend : “Tu aimeras (ce qui est à) autrui comme toi-même” : protéger le bien d’autrui c’est l’aimer concrètement. Et il faut savoir s’aimer soi-même pour aimer autrui. Ce commandement est appelé la “règle d’or” et il est connu sous deux variantes : “Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît” (Hillel) et “Fais à autrui ce que tu voudrais qu’on te fît” (Maïmonide). Pour Rachi ceci exige de porter assistance à une personne en danger physique ou moral. Autre commentaire : Doit-on dire toute la vérité sur autrui quand quelqu’un la demande ? qui doit-on “aimer” en ce cas ? On doit la vérité au demandeur mais après s’être assuré que son motif est justifié (ex : un patron prend des renseignements sur un candidat). Car on ne doit pas la vérité à n’importe qui, n’importe où, ou n’importe quand, ni n’importe comment. Comme on doit la vérité et la justice aux deux parties, il faut donc remette à l’employeur et au candidat l’analyse écrite de ce que l’on pense de ce dernier, ce qui contraint à mesurer ses propos (c’est le certificat de bons et loyaux services). Autre commentaire : réprimander son prochain suppose a) qu’on ne le fasse pas en public sinon il perdrait la face (prescription talmudique fondamentale), b) qu’on le fasse avec assez de délicatesse pour que la mise en garde soit efficace.

         La règle d’or affirme l’identité profonde de toute l’humanité. Si elle était vraiment comprise et pratiquée il amènerait de proche en proche l’harmonie universelle. S’en éloigner entraîne la guerre, s’en approcher amène la paix. Le texte ne dit pas : “Tu aimeras ton prochain juif comme toi-même” car ceci serait contraire à la morale juive qui dit au contraire d’aimer l’étranger “car tu as été esclave en Egypte” et  “YHVH t’en a délivré.”.

3. Le prochain dans la Bible et le Coran

         Je suis le prochain même de mon ennemi. Jésus dit : “Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent.” (Luc, 10, 27 – 28).

         Extension du “Aime ton prochain comme toi-même” même s’il ne t’aime pas (Exode 23, 4 – 5 sur le bœuf et l’âne de son ennemi). Ce précepte est susceptible de bien des déclinaisons. “Aime ton prochain juif comme toi-même” en est une, très restrictive,  qui rappelle que la Tora s’adresse d’abord au peuple juif (puisqu’il s’agit de Lévitique 19,18) mais complétée par l’obligation d’aimer l’étranger car tu as été esclave en Egypte. En voici une autre, très pratique, très concrète émise par les rabbins : “Aime, c’est-à-dire respecte le bien d’autrui comme si c’était le tien propre”. En voici deux autres émises par des sages d’Israël et passées dans la sagesse courante : “Fais à autrui ce que tu veux qu’on te fasse” (Hillel) et “Ne fais pas à autrui ce que tu ne veut pas qu’on te fasse”. Et même cette devise relevée dans un château – restaurant des environs de Toulon : “Ton droit est mon droit.” “Aime ton prochain comme toi-même. Je suis YHVH, ton dieu.” précise Lévitique 19,18. Même émise par l’Eternel, cette prescription n’a pas besoin de l’Eternel pour s’imposer à tous comme loi de réciprocité et d’égalité des droits. Un midrash (anecdote) du Talmud fait dire à Dieu : « Qu’importe qu’ils m’oublient s’il respectent mes lois » car « je suis dans mes lois ».

         Ceci est à relier à la question de Caïn défiant Dieu : “Suis-je le gardien de mon frère ?” Caïn répond mentalement “Non” mais il a manifestement tort. La réponse correcte est : “Oui”. Tout homme est le gardien de son frère, de son prochain.

         Le Coran présente  une formulation apparemment proche avec : “Ne lésez personne et vous ne serez pas lésés” (Sourate 2, La Vache, v. 279) mais l’optique semble plus restreinte comme le montre le contexte. Il s’agit des dettes et du prêt à intérêt qui est interdit. Et surtout, tout ceci s’accomplit sous le regard de Dieu et de son prophète :

Si vous ne le faites pas (renoncer à l’usure)

attendez – vous à la guerre

de la part de Dieu et de son Prophète !

Si vous vous repentez,

votre capital vous restera.

Ne lésez personne

et vous ne serez pas lésés. (Sourate 2, la vache, v. 279-

Si votre débiteur se trouve dans la gêne

Attendez qu’il soit en mesure de vous payer.

Si vous faites l’aumône en avandonnant vos droits,

c’est préférable pour vous.

Si vous saviez “(idem v. 280)

         traduction Denise Masson, 1967, Gallimard Folio.

         Tout ceci est fondamental car une morale sociale ne peut être construite que sur ce principe. Priver quelqu’un de sa vie, de son travail, de ses ressources  élémentaires doit être sanctionné par les tribunaux avec recherche approfondie des responsables. Thème à creuser qui doit unir croyants et incroyants

4. L’amour du prochain, judaïsme et kabbale

         Un siècle avant notre ère, un païen vint trouver successivement deux sages d’Israël, Shammaï et Hillel pour leur demander, par provocation, s’ils pouvaient lui enseigner la Tora pendant le laps de temps où il pourrait se tenir debout sur un seul pied. Shammaï le congédia sans ménagement : l’étude de la Tora exigeait  des années. Hillel qui était d’un tempérament plus souple lui répondit : “Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse à toi-même.. Tel est l’essentiel. Le reste n’est qu commentaire. Va et apprends.” Hillel disait finalement la même chose que Shammaï car il lui dit “Va et apprends”.

         Cet apprentissage de la loi ménage bien des surprises.

         Dans la kabbale il est enseigné que Dieu ayant fait l’homme à son image, l’homme est ainsi devenu le prochain de Dieu. La vie est le bien de l’homme. Quand Dieu prend la vie de l’homme, il doit donc la lui rendre. Et c’est ainsi que la kabbale justifie la résurrection des morts. Elle déduit ceci de Deutéronome 22,3 au sujet du respect qu’il faut porter au bien d’autrui et notamment aux animaux qui échappent à leur propriétaire et dont on ne peut dire qu’ils n’appartiennent à personne : “Fais ainsi pour toute perte de ton frère / qui sera perdue pour lui et que tu trouveras / Tu ne pourras pas les éviter (Traduction Chouraqui). Comprendre : “Tu n’as pas le droit de t’abstenir” (traduction du rabbinat).

5. L’amour du prochain : Lévinas

         Le philosophe Lévinas (1905 – 1996) part du sentiment de fragilité que nous inspire tout visage ou  toute nuque qui signifient à la fois la possibilité du meurtre et son interdiction par l’amour du prochain. Le sujet est pris en otage par la fragilité de l’autre et son accueil. Le sujet est assujetti à l’autre. Et c’est dans cette sujétion à autrui qu’il devient un sujet singulier et irremplaçable.

         Pour Nietzsche l’amour du prochain n’est qu’une manifestation de la haine de soi, dégénérescence et décadence : “Votre amour du prochain  n’est que votre mauvais amour pour vous-même.” et il prône “l’amour du lointain”. Aimer l’autre c’est aimé en lui le rival, celui dont le contact me pousse à une plus vive réalisation de moi-même : « Soyons au moins ennemis mes amis ! » Pour Lévinas comme pour Nietzsche, et ici ils se rejoignent, il s’agit de dépasser la logique du “qui se ressemble s’assemble.” Le sujet et son prochain ne s’éprouvent pas comme semblables mais comme différents. Pour Lévinas en voyant la fragilité du visage d’autrui j’en deviens responsable.

         Voir aussi d’Emmanuel Lévinas dans “Quatre lectures talmudiques” (Ed Minuit 1968), la première consacrée à “Envers autrui” (pp. 29 – 64) sur le pardon des offenses.

6. Sur une pétition concernant la liberté d’expression

         En août 2004 circulait une pétition en faveur de la télévision arabe Al Jézira interdite d’émettre. Adam Michnick, intellectuel polonais, refusa de la signer. Il expliqua son refus. A ses yeux la liberté d’expression était un absolu mais il était également sensible à l’absurde. Al Jézira diffuse constamment des images de mort qui entretiennent la haine. Il était à ses yeux absurde de soutenir une telle télévision.

         Il faudrait approfondir. “Ton droit est mon droit”. “Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse”. “Respecte le bien d’autrui comme si c’était le tien propre”. “Aime ton prochain comme toi-même”. Cette loi de la réciprocité est elle-même un absolu. Cet absolu entre en conflit avec la liberté d’expression qui est elle-même un absolu, lui-même limitée par “La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres.”

            La vie d’autrui doit être respectée car c’est son bien. Dès lors on ne peut admettre des messages de haine qui visent à l’en priver.

7. Compléments. Roger (2016-02-07). Il ne faut pas faire preuve d’angélisme mais dépasser le conflit.  En hébreu le “prochain” c’est le même mot que le “mal”. Le prochain-mal veut me détruire car deux égaux ne peuvent subsister. La sagesse populaire dit que « deux crocodiles ne peuvent vivre dans le même marigot ». Il faut donc qu’ils trouvent une solution, deux marigots… C’était peut-être le problème de Caïn et Abel…  La règle d’or s’est attachée à résoudre le problème :

http://www.retorica.fr/Retorica/26-rel-regle-dor-maxime-universelle-mondialisation-2012/

8. Trois Elections. Bernard (7 juin 2007) : J’estime qu’on n’a pas à se censurer sur ce forum, sinon c’est la fin des haricots. On doit juste ne pas insulter. Si on a des opinions hétérodoxes, on recevra de arguments contraires, ce qui n’est pas un drame. Roger (7 juin) : Je suis d’accord avec Bernard pour une autre raison. La position d’Evelyne reflète une inquiétude générale chez les sionistes humanistes. L’idée que les sionistes colonialistes pourraient l’emporter in fine.

         Dépecer les Territoires, rendre la vie invivable aux Palestiniens, les soumettre ou les pousser vers la Jordanie dans une purification ethnique plus ou moins douce, plus ou moins brutale. Et dans cette optique ne pas se fixer d’autre frontière que le Jourdain. Autre versant : Ne pas oublier la Bible en perte de lecture en France mais pas dans la Biblebelt ni bien sûr en Israël. Et aussi l’archéologie israélienne qui était biblique à l’origine et qui est devenue laïque entraînant de fausses remises en question.  Chez les sionistes humanistes la Bible est devenue mythique et reste titre de propriété chez les sionistes colonialistes. Et pas de complexes avec cela. Une figure marquante des juifs libéraux de Toulouse, aujourd’hui disparue, nous disait qu’il avait quitté immédiatement un repas communautaire : les serviettes en papier portaient la mention : « Aime ton prochain juif comme toi-même ».

          Il se trouve que sur le plan du Talmud cette interprétation était parfaitement valide. L’humanité a reçu les sept lois noachiques, mais pas les dix paroles dont il est dit que seul le peuple juif les a acceptées, malgré lui d’ailleurs. L’amour du prochain est devenu, grâce au christianisme, une loi universelle sans perdre son enracinement juif qui au contraire en est le centre, le cœur, l’Etoile agissante (cf « L’Etoile de la Rédemption » de Rosenzweig). Dans les Territoires, qui est mon prochain ?

         Enfin à la double Election (juive puis chrétienne) s’en est ajoutée une troisième, l’Election musulmane. Concurrence ? compétition ? émulation ? coopération ? Il faut évidemment passer de la concurrence à la coopération entre ces trois Elections. Seule manière d’apaiser les tensions actuelles.

9. Il semble que ces réflexions soient de plus en plus partagées. Deux signes : le film « Demain » et le mouvement « Les voix de la paix ».

http://www.telerama.fr/cinema/films/demain,503766.php

« Fervents défenseurs de la nature, Cyril Dion et Mélanie Laurent voyagent avec leur équipe à travers une dizaine de pays et enquêtent pour comprendre quelles sont les solutions qui pourraient permettre de tenter d’éviter les crises écologiques, économiques et sociales qui menacent l’humanité. Au cours de leur périple, ils rencontrent de nouveaux acteurs de l’agriculture, de l’énergie, de l’économie, de la démocratie et de l’éducation qui œuvrent au moyen d’initiatives nouvelles et positives afin de préserver le monde demain… » A fin de la projection du film, j’ai entendu des applaudissements dans la salle. Et les spectateurs en sortant étaient tout sourire…

 http://yannboissiere.com/2015/12/27/prenez-date-mardi-22-mars-2016/

www.lesvoixdelapaix.fr

https://www.eglise-protestante-unie.fr/actualite/les-voix-de-la-paix-2782 :

« Les Voix de la Paix, c’est une communauté de religieux et de non-croyants qui réaffirment ensemble que la République et la laïcité sont leur cadre de vie.  Rendez-vous 22 mars  2016 à la Mairie de Paris pour la cérémonie musicale !

Communauté interconfessionnelle pour la #laïcité #République #VivreEnsemble#Cohésion #Education #Spiritualité

Le 22 mars, de hauts dignitaires religieux, des intellectuels, des militants, des agnostiques se réuniront pour affirmer d’une même voix qu’ils sont avant tout français et républicains. Contre toutes les idées reçues, ils proclameront ensemble que la laïcité constitue leur seul cadre de pensée, de pratique et de référence. Contre tous les préjugés, ils chercheront ensemble comment les religions et leur spiritualité peuvent être plus créatives et plus enrichissantes pour retisser le lien social. Sans faux-semblants, ils évoqueront les défis et les promesses de la spiritualité dans la République. Ensemble, à hauteur d’hommes.

Ils seront les Voix de la Paix.

Les Voix de la Paix prennent aussi la forme d’une association loi 1901 regroupant des personnalités issues de différentes confessions et spiritualités. Elle se donne pour mission de réaffirmer le droit à la parole dans le débat public des représentants des courants religieux et philosophiques, de favoriser les liens et les échanges entre ces différentes familles de pensée, entre elles, et avec d’autres acteurs de la société (politiques, enseignants, chercheurs, juristes…), notamment dans le but de lutter contre toutes les formes de racisme et de discrimination.

 

Roger et Alii

Retorica

3 550 mots, 21 700 caractères 2016-02-07

Laisser un commentaire ?