05 ECO Crises catastrophes 2009

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6. Catastrophes économiques

Outre les crises économiques, on peut analyser les crises silencieuses (chômage, misère, exploitation). La mondialisation pourrait corriger ces drames. Mais il faudra mettre fin aux crimes économiques et, en Occident, à des modes de vie aux conséquences catastrophiques.

61. Les crises économiques : 1929, 2008.

Après une hausse continue de la bourse de Wall Street de 1920 à 1929, le 24 octobre 1929, le Jeudi noir, les cotations s’inversent et plongent.  La bourse ne concernait que 1,2 % de la population mais toute l’économie dépendait des banques et des opérateurs boursiers. Ceux-ci avaient pris l’habitude de jouer à découvert. Jouer à découvert c’est acheter une action sans la payer en pensant qu’on la règlera avec le bénéfice qu’on en tirera à la revente puisqu’elle ne peut qu’augmenter ! Ce jour-là, le doute s’empara des opérateurs, il y eut crise de confiance. Les actions ne trouvèrent pas preneurs ou à un taux très inférieur. Les opérateurs qui jouaient à découvert furent ruinés eux et tous ceux qui leur avaient confié leur argent. Beaucoup se suicidèrent. Par un effet de dominos la crise s’étendit jusqu’à l’Europe.

Une analyse du phénomène montra que les autorités monétaires d’alors n’avaient pas les moyens d’arrêter les catastrophes financières. Elles les ont aujourd’hui mais en partie seulement comme le montrent les crises financières de l’Asie du Sud-est, du Mexique ou de la “bulle internet” au tournant des XX° – XXI° siècles (1) Consulter sur internet les notions “Crises boursières” ou “Crises financières”. On y trouvera les informations  sur la crise financière mondiale de 2008-2009 dite des “subprimes”. En gros, les banques et l’Etat fédéral américain incitent les plus pauvres à s’endetter plutôt que d’augmenter les salaires. D’où les “subprimes” (crédits hypothécaires à risques). Ces crédits étaient regroupés puis répartis sur l’ensemble des places financières mondiales (phénomène de titrisation) et devinrent ainsi des “titres toxiques” que les banques dissimulent encore à 50 %. Les pauvres ne pouvant plus payer leur logement en furent chassés mais leur maison ne valait plus rien ! “Dès septembre 2006, des experts inquiets du développement des subprime ont donné l’alerte sur le risque de bulle immobilière. Vers la fin de 2006, le marché immobilier américain a cessé de monter. Et à partir de février 2007, les échanges de créances immobilières ABS se sont presque arrêtés. Les prêteurs se sont montrés intraitables avec les familles en retard de paiement. Les logements saisis ont été mis sur le marché, faisant baisser peu à peu leurs prix au cours de l’année 2007.

Dans un contexte de retournement des prix de l’immobilier, la revente des maisons ne suffit plus à assurer au prêteur le recouvrement de sa créance. Aux faillites personnelles des familles emprunteuses s’est ajoutée une série de difficultés financières pour les organismes prêteurs et leurs banquiers.

La combinaison de ces deux facteurs a conduit, à l’été 2007, à une crise financière internationale. Dans un premier temps, la crise des subprimes4 n’a cependant entraîné qu’une baisse raisonnable des cours boursiers à l’été 2007, attendue par les spécialistes. La baisse la plus profonde s’est produite à l’automne 2008 lorsqu’il est apparu que beaucoup de banques n’avaient pas assez de réserves pour faire face à leurs pertes. En quinze mois, la crise de solvabilité a succédé à la crise de liquidité.

 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Subprime). Les gouvernements n’arrivant pas à s’unir pour contrôler les financiers ceux-ci  se lancent dans de nouvelles spéculations, vers de nouvelles catastrophes financières. Maurice Allais, prix Nobel d’économie, prévoyait l’arrivée de cette crise dès 1998. Il dénonce “la logique néo-libérale, la libéralisation totale du commerce international et demande un “protectionnisme éclairé”. “Le point de vue que j’exprime, écrit-il, est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément”. (Marianne, 2009_12_05). Pour un exposé de ses analyses, voir : http://allais.maurice.free.fr/Cliquer%20pour%20chargement.pdf

(1) Dominique Plihon “Les Désordres de la finance. Crises boursières, corruption, mondialisation”, Paris, Encyclopedia universalis, 2004. 195 p. (Collection Le tour du sujet)

62. Les catastrophes silencieuses

Ces catastrophes silencieuses sont généralement oubliées car on ne connaît que les chiffres optimistes. Voici trois séries de chiffres.

Première série. En quelques décennies l’espérance de vie mondiale est passée de 30 à 66 ans. Depuis 1961 la quantité de nourriture par habitant a augmenté de 23 %. Les Terriens vivent mieux, plus longtemps et pour moins cher. Au cours du dernier siècle le prix des denrées alimentaires a baissé de 75 %. En 1945 on comptait 45 % d’illettrés, 23 % en 1995. Les régimes démocratiques progressent et les systèmes de protection sociale : les accidents du travail ou des transports font proportionnellement moins de victimes qu’au siècle dernier.

Seconde série de chiffres (1).

* La production de richesses et de services est passée de moins de 5 000 milliards à plus de 29 000 milliards de dollars entre 1950 et 1997. Pourquoi alors chaque année, il meurt 12 millions d’enfants de moins de 5 ans  –  33 000 par jour –  dont l’écrasante majorité pourrait être sauvée ?

* Pourquoi il y a 250 millions d’enfants et d’adolescents qui travaillent? Pourquoi 110 millions ne vont pas à l’école primaire et 275 millions n’atteignent pas le secondaire? Pourquoi  deux millions de jeunes filles, chaque année, deviennent prostituées?

* Pourquoi dans ce monde qui déjà produit pour  presque 30 000 milliards de dollars de biens et de services à l’année, 1,300 milliard d’êtres humains vivent dans la  pauvreté absolue –  touchant moins de 1 dollar par jour – quand d’autres gagnent plus de 1 million de dollars par jour?

*  Pourquoi est-ce que, sur les 50 millions de personnes qui meurent chaque année dans le monde – adultes ou enfants – 17 millions (soit approximativement 50 000 par jour) meurent de maladies infectieuses qui pourraient presque toutes être soignées – ou même, mieux, être évitées – à un coût qui est quelquefois de pas plus d’un dollar par personne ?

* Dans la même période d’après-guerre, dans le secteur des dépenses militaires, 30 000 milliards étaient dépensés. Selon les estimations des Nations Unies, le coût de l’accès de tous aux services de santé élémentaires, serait de 25 milliards de dollars par an – juste 3% des 800 milliards de dollars qui sont couramment consacrés aux dépenses militaires – et cela, bien que la guerre froide soit terminée.

* Le marché des médicaments en 1995 a atteint 280 milliards de dollars. Les pays développés, avec 14,6% de la population mondiale (824 millions d’habitants), consomment 82 % de ces médicaments. Le reste du monde – 4,815 milliard de personnes – consomment seulement 18 %.

* La population mondiale continue d’augmenter. Nous sommes maintenant presque 6 milliards et l’augmentation est de 80 millions par an. Il a fallu  deux millions d’années pour atteindre le premier milliard de population, une centaine d’années pour atteindre le second et onze années seulement pour atteindre un milliard de plus. Dans 50 ans, il y aura 4 milliards de nouveaux habitants sur la planète.

* Les anciennes maladies (lèpre, tuberculose, paludisme) reviennent en force et de nouvelles apparaissent comme le SIDA   anthrax, ou la maladie de la vache folle (encéphalite spongiforme bovine) – plus de trente selon les spécialistes. Le sida est en train de détruire de nombreux pays du Tiers-Monde. Aucun pauvre ne peut payer les 10 000 dollars par personne que coûte chaque année les traitements courants,

Troisième série de chiffres. Le rapport du PNUD  (programme des nations unies pour le développement) sur le développement humain donnait les chiffres suivants pour 2001.

Si on considère que la population mondiale comprend 20% de très riches, 60% de moyennement aisés et 20% de plus pauvres.

Le partage du PNB mondial se répartit ainsi 86% aux premiers, 13% aux suivants et 1% aux derniers.

Le partage des exportations de biens et de services respectivement 82%, 17% et encore 1%.

Le partage des investissements directs à l’étranger en 68%, 31% et toujours 1%.

Le partage des utilisateurs Internet : 93,3%, 6,5 %, et 0,2 %.

(1) Ces chiffres proviennent de sources officielles, ONU, etc. La seconde série a été rappelée par Fidel Castro, le 14 mai 1998, à Genève, devant l’assemblée de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

En 2002 courait sur le net la plaisanterie suivante. Un sondage a été mené à l’échelle mondiale par l’Onu.

La question était : « Veuillez, s’il vous plaît, donner honnêtement votre opinion sur d’éventuelles solutions à la pénurie de nourriture dans le reste du monde ». 

Le sondage fut un échec retentissant ! 

– En Afrique, personne ne comprit ce que signifiait « nourriture ». 

– En Europe de l’Est, personne ne comprit ce que signifiait « honnêtement ». 

– En Europe de l’Ouest, personne ne comprit ce que signifiait « pénurie ». 

– En Chine, personne ne comprit ce que signifiait « opinion ». 

– Au Moyen-Orient, personne ne comprit ce que signifiait « solution ». 

– En Amérique du Sud, personne ne comprit ce que signifiait « s’il vous plaît ». 

– Aux États-Unis, personne ne comprit ce que signifiait « le reste du monde ».

63 Mondialisation et frustrations

La mondialisation et l’échange lointain de marchandises sont connus depuis des siècles. (1) Mais n’est-ce pas surtout la mondialisation des frustrations qui s’est développé de manière anarchique ? Un exemple : 70 % des jeunes Marocains veulent émigrer car ils enragent de ne pas obtenir les biens de consommation que leur font désirer les publicités reçues par la télévision et internet. Mais même s’ils ont une bonne formation générale ils gagnent trop peu pour acheter ce qu’ils souhaitent “ »Les jeunes se rendent compte qu’il ne sert à rien de s’échiner au travail ou à l’école, qu’il est impossible de trouver du travail ou de grimper dans l’échelle sociale. » observe une sociologue marocaine en 2002.

Dans un article du Monde paru le 18 juillet 2001 Amartya Sen, prix Nobel d’économie 1998,  dit ses “Dix vérités sur la mondialisation”. Il note en particulier :

“[…] La mondialisation n’est pas en soi une folie. Elle a enrichi la planète du point de vue scientifique et culturel, profité à beaucoup sur le plan économique aussi. […] La préoccupation majeure est le niveau d’ensemble des inégalités, et non pas leur changement marginal. […] La question ne se résume pas à savoir s’il y a profit pour tous les intéressés, mais si la répartition de ce profit est équitable […] ”.

Or c’est ce que refusent les adeptes de l’ultralibéralisme pour qui la liberté absolue des échanges est un impératif même si les plus faibles doivent en souffrir.

(1) Lire Régis Bénichi “La mondialisation aussi a une histoire”, Revue “L’histoire” mai 2001

64 Délinquance ultralibérale

Le libéralisme peut être régulé ou sauvage. Le libéralisme régulé respecte la règle du “Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse” ou “La liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres.” Le libéralisme sauvage appelé encore ultralibéralisme s’affranchit de ces règles. On passe insensiblement de l’un à l’autre.

La première crise du pétrole (1973) a fait quadrupler le prix du brut. Les pays de l’OPEP (notamment arabes) se sont considérablement enrichis. Ils devenaient solvables. Les pays occidentaux leur ont proposé d’énormes contrats en matière d’armement, de nucléaire civil, de travaux publics, de services bancaires etc. D’où des commissions, des pots-de-vin pudiquement dissimulés en “frais commerciaux exceptionnels”. Tous les gouvernements occidentaux admettaient cette corruption car protéger les entreprises, c’était protéger l’emploi.

Un pays comme l’Angola a connu 40 ans de guerre civile et 1 million de morts. 75 % de la population vit avec moins d’un euro par jour… Alors que les ressources pétrolières sont en constante augmentation, dirigeants, sociétés pétrolières, banques internationales, hommes d’affaires  occidentaux, s’enrichissent de manière insolente (1).

En 2001, deux cents  magistrats européens  ont lancé un appel pour que les institutions européennes  leur donnent les moyens de sanctionner le banditisme économique (2).

Seule l’ONU et le Conseil de Sécurité peuvent se donner les moyens juridiques d’introduire un peu de justice dans un monde économique profondément corrompu.

(1) Dossier de Global Witness “Les affaires sous la guerre. Armes, pétrole et argent sale en Angola.” 240 pages, Agir Ici et Survie, 2003).

(2) Lire : Éva Joly “Est-ce dans ce monde -là que nous voulons vivre ? “ Folio documents Éditions des Arènes, 2003

Jean Demaillard magistrat, auteur de “Un monde sans loi” et aujourd’hui  “Le  marché fait sa loi. De l’usage du crime par la mondialisation” (Mille et Une Nuits, 2001 et  N° Esprit de juillet 2001).

65 Modes de vie catastrophiques :  États-unis, Occident

Partons de l’affirmation du président Bush père reprise par son fils, le président Bush junior : “Le mode de vie américain n’est pas négociable”. Ce que ne dit pas le nouveau président  Barak  Obama. 20 % de l’humanité consomment 80 % des ressources naturelles de la planète et inversement 80 % de l’humanité doit survivre avec 20 % des ressources. Si toute l’humanité consommait comme les pays riches il faudrait huit planètes Terre (1). Une projection prévoit qu’en 2050 avec une croissance annuelle de 2 % et une augmentation de la population mondiale de 65 % il nous faudrait trente planètes Terre.  Or c’est une constante dans l’histoire de l’humanité : les civilisations fondées sur la simple croissance matérielle finissent par s’effondrer après avoir détruit leur environnement. C‘est ainsi qu’a péri l’île de Pâques. (2)

Le moteur de la croissance c’est le couple consommation – publicité. Cette dernière infantilise le consommateur et l’un de ses responsables s’en vante. Pour lui, le rôle de TF1 c’est d’aider à vendre du Coca-Cola : “Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité.” (3)

(1) Revue “La décroissance. Le journal de la joie de vivre” (mars 2004), du mouvement “Casseurs de pub”. La revue de l’environnement mental.

(2) d’après Alain Gras, anthropologue, Université Paris I – Sorbonne, 2004

(3) in “Les Dirigeants face au changement” (Éditions du Huitième Jour 2005).

Roger et Alii

Retorica

(2.400 mots, 15.200 caractères)

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