06 EDU culture 2015 08

Je vais à l’essentiel. En latin « cultura » c’est l’agriculture. Elle consiste à tourner avec amour autour d’une plante pour la faire pousser. En somme c’est avoir  la « main verte ». Cicéron,  je crois,  est le premier à s’aviser qu’il en est de même pour les choses de l’esprit : la culture devient cet effort sur soi pour que notre personnalité se développe par nos soins d’une manière harmonieuse. C’est ce sens qu’il nous faut inlassablement chercher,  au-delà et en dépit de toute cette consommation que les médias (et en premier lieu « Télérama ») nous proposent  explicitement et nous imposent insidieusement.

Les trois pensées positives de Retorica représentent assez bien cet effort personnel :

– c’est allumer un feu, non remplir un vase ;

– le début de cet effort personnel  constitue la moitié d’un tout sans limite

– cet effort personnel est collectif : « je m’avance vers celui qui me contredit qui m’instruit. »

Roger et Alii, 2015-08-31

I. 06 EDU culture repères 2007_12

  1. Le mot « culture » vient d’une racine indo-européenne KwEL qui signifie « circuler, tourner », d’où le sanscrit chakra : «cercle ». Cette racine part dans trois directions :
    – l’idée de tourner autour. En grec : polos : « pôle », en français : « poulie » ;
    – s’occuper de en tournant autour, colere, cultum : « habiter, cultiver »,  agricola : « agriculteur », colonia : « ferme, colonie », en français : « culte », « cultiver »
    – sens de « cou », pivot de la tête, « collier ».
  1. « Cultiver » c’est, pour l’essentiel, tourner autour de la plante pour en prendre soin. C’est aussi rendre un culte en tournant autour de l’autel. Le culte est une culture car honorer les dieux, c’est faciliter les récoltes. Le culte est culture et la culture est culte.« Culture de masse » est un oxymore, une contradiction car il n’y a de culture qu’individuelle ; chacun est responsable de son propre développement. Mais l’expression sous-entend que la société va fournir des outils culturels variés, dont chacun va s’emparer. « Culture générale » est ambigu. On imagine qu’il s’agit d’avoir des lumières de tout alors qu’il s’agit d’avoir des cadres mentaux et de savoir les mettre en œuvre quand nous sommes amenés à réfléchir sur une question particulière que nous présente l’extérieur.
  1. Dans le langage courant, la culture est réduite à une « consommation culturelle », à des « biens culturels », à une «politique culturelle » absente ou présente. Plus ces biens sont abondants, plus il semble difficile de faire son choix pour approfondir son propre développement.

Pour passer de la consommation à la culture, il y a un seuil à franchir. Il est indiqué par Proust : « La lecture peut mener au seuil de la vie spirituelle : elle ne la constitue pas. » Il en est de même de toutes les activités artistiques, y compris les plus décriées. Ainsi du « tag » qui avec beaucoup de talent, d’effort, d’application, peut atteindre la dignité du « graphe ». Mais il faudrait l’encourager en lui donnant des lieux spécifiques d’expression pour retrouver l’art de la fresque.

 

  1. Si l’on reprend la triple étymologie du mot « culture », on trouve donc trois sens prégnants pour une même activité qui devient culturelle si :
    – on tourne autour d’elle,
    – on lui apporte du soin,
    – on en fait un pivot.

La culture devient ainsi une activité sacrée, objet de tous les soins, pivot d’une tête qui crée une civilisation spécifique. Ainsi ont fonctionné et fonctionnent les « cultures européennes », mais le saut vers une « culture européenne » au singulier est plus problématique.

 

  1. La véritable pratique culturelle est personnelle. J’en vois personnellement trois formes qui sont autant de retours vers soi, centripètes donc, et autant de résistances aux pratiques centrifuges, orientées vers l’extérieur de soi où, internet, Google et Wikipédia aidant, on ne sait plus comment s’orienter. Voici ces trois formes :

– l’atelier en quarante mots

– le deux cents mots

– la prise de parole en trois minutes (pp3 “trois minutes avec vous”)

Ces pratiques ont des visées différentes et complémentaires.

L’atelier en quarante mots est axé sur la recherche stylistique personnelle mais fournit des noyaux pour les quatre genres littéraires fondamentaux que sont le récit, le poème, l’essai et le dialogue ainsi que les formes mixtes. D’où les quatre sections fondamentales dans Retorica : 25 RECit, 22 POEsie, 07 ESSai, 32 THEâtre

Un quarante mots peut être amplifié en deux cents mots.

Ce deux cents mots peut être interprété en une prise de parole en trois minutes (pp3) ou même une pp33 (trois minutes, trois mètres carrés) où l’on se saisit de l’espace aussi bien que du temps pour une chanson, une danse, un mime etc.

 

  1. Finissons sur une réflexion générale : “Une culture se crée en créant de nouvelles significations imaginaires et en les incarnant dans des institutions. Le monde est peuplé de dieux et de nymphes. Ou : le monde et les humains ont été créé par un dieu omniscient et omnipotent. Ou encore : le monde n’est que matière inerte moyennant laquelle nous pouvons réaliser ce qui donne sens à la vie humaine – l’expansion illimitée des forces productives, ou de la maîtrise ou de la puissance. 

Voilà des significations imaginaires, nucléaires de quelques sociétés connues – et l’on voit sans peine les institutions qui les ont activement incarnées. (…) Et c’est là toute la question : les sociétés occidentales croient-elles toujours à un avenir indéfini rempli de toujours plus de “bien-être”, de richesses et de “puissance” technique ? Croient-elles vraiment qu’un tel avenir vaut la peine ? Est-ce là une idée pour laquelle on pourrait, par exemple, accepter de mourir ? Produisent-elles les individus capables d’autre chose que de vivre sur le système ? “(Cornélius Castoriadis, le Monde, 1986_07_12). C’est ce défi, à la  fois individuel et collectif, que prétendent relever des entreprises comme www.retorica.info.

II. Casimir (12 nov 2009) : dire qu’il n’y a de culture qu’individuelle me paraît ne pas tenir compte de l’Histoire et de la dimension essentielle de la culture : le temps de réflexion et de production (qui nous manque today en raison de notre tendance boulimique) // l’individu n’existe pas sur le plan socio-politique de départ // l’enfant absorbe la langue et la culture que véhicule la langue de son groupe, sans les avoir choisies // les sociétés sont communautaires et contraignantes ; elles supportent mal l’émergence de l’individu di-forme = non conforme // devant cette occurrence, soit elle le met à mort, soit elle l’exclut soit, s’il a une très forte personnalité et réalise un exploit salvateur pour le groupe, elle le met à sa tête //  mais la véritable émergence de l’individu ne se produit que dans une société radicalement nouvelle — la Grèce de Périclès et de — 400 /–300 / une société qui admet le débat et qui encadre/protège la diversité de pensée et d’expression  / d’ou cette invraisemeblable floraison de recherche intellectuelle et d’écoles philosophiques et artistiques. C’est là que sont nos sources (en droit et en devoir) et plus  que dans l’apport chrétien qui aboutit à une pensée unique par trahison de la pensée informelle et anit-dogmatique de Yéchwa. // La culture, d’ailleurs, peut aussi changer de valence et devenir négative, notamment quand elle tourne le dos à la nature sur les épaules de laquelle elle est montée, au début,  pour la servir (et non l’asservir)…

Roger : Tu a tout à fait raison.  La personne construit sa culture à partir des apports extérieurs. Le problème est de savoir dans quelle mesure elle se construit ou elle est construite.   Francis Ponge a dit des choses importantes là-dessus : »Lorsque je cherche à m’exprimer je n’y parviens pas. Les  paroles sont toutes faites et s’expriment : elles ne m’expriment point. (…) C’est alors qu’enseigner l’art de RESISTER AUX  PAROLES devient utile, l’art de ne dire que ce que l’on veut dire, l’art de les violenter et de les soumettre » (Francis Ponge).

 

III. 06 EDU Culture monde multiculturel 2013_07

 

  1. Périodiquement, à Retorica, nous nous interrogeons sur la notion de culture. Les derniers articles publiés étaient :

06 EDU culture repères Surgissantes 2012_11

06 EDU culture citations quarante mots 2013_06

Dans une réflexion récente je retenais  la culture comme un “effort de soi sur soi”. Cette définition me plaît bien parce qu’elle inclut le travail de l’élève en français, en maths etc et ceci à tous les niveaux, du cours préparatoire au lycée et à la formation ultérieure. Donc pour nous-mêmes.

Mais voici que je découvre une autre définition, collective cette fois. Selon Geert Hofstede, psychologue néerlandais né en 1928 : “Une culture se définit comme un mode de pensée commun qui distingue un groupe de personne d’un autre.”  Sa définition se poursuit ainsi : “ Le cœur de la culture est constitué d’idées traditionnelles et des valeurs qui lui sont attachées.” Ma définition de la culture repose sur un effort individuel mais il faut aborder également la dimension collective. Elles sont évidemment complémentaires.

Pour en savoir plus voir

http://fr.wikipedia.org/wiki/Geert_Hofstede et aussi

Geert Hofstede “Vivre dans un monde multiculturel” (1991)

http://www.cnam.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1295877018033

 

  1. Geert Hofstede. J’ai découvert Hofstede à travers le compte-rendu  d’une conférence “interculturel et pédagogie faite par Elisabeth Von Wedel, homéopathe allemande de premier plan, lors d’une journée de formation à Paris organisée par Homéopathes sans frontières – France le 20 octobre 2012. Egalement spécialiste de l’interculturel Elisabeth Von Wedel insiste sur les notions suivantes. Elle distingue la culture manifestée (transmise par les mots et les nombres) de la culture inconsciente (transmise par le langage non verbal : posture, regard, intonation…). 80 % de ce quel’on transmet se fait sur le mode non-verbal.

Selon Shapir et Worf (1958) le langage forme notre façon de penser et notre culture. Selon Singer (1998) la perception individuelle est la base de la culture. Le niveau de perception de chacun va conditionner son niveau de culture. Il faut donc être attentif à la perception des étudiants et des élèves, à comment ils perçoivent ce que nous transmettons. “La qualité de communication, poursuit Elisabeth Von Wedel, dépend du degré de similitude des perceptions entre les individus : plus la similitude sera haute, plus faciles seront la communication et la compréhension.”

 

  1. Le PDI ou Power distance index est l’index de distance du pouvoir. Quand l’index est très élevé, l’autorité, la hiérarchie sont respectées. Les enseignants ne seront pas remis en question. L’élève ne contestera pas mais il n’ira pas plus loin. Si l’index de PDI est faible, l’autorité, la hiérarchie sont facilement contestées dans un système éducatif très permissif. L’enseignant a de la difficulté à se faire respecter  ou entendre et les élèves sont très interactifs. Il faut que le formateur s’adapte à cet index de distance du pouvoir. “Si le PDI est élevé, il faut un enseignement magistral, autoritaire ry si le PDI est bas, il faut être interactif, travailler sur des projets impliquant les élèves.

 

  1. Relation entre le groupe et l’individu : collectivisme / individualisme. Dans certaines cultures, c’est le groupe qui prime et dans d’autres c’est l’individu. Dans la culture du collectif, l’enseignant doit veiller à ce que tout progresse ensemble et ne pas privilégier les individus les plus brillants en pensant qu’ils seront les “moteurs du groupe”. C’est l’échec car le groupe se considère comme une identité unique.

Masculinité / féminité.La prédominance de l’économie serait masculine et celle du culturel et de l’environnement serait féminine.

Capacité à affronter le risque ou besoin d’assurance.Dans une société qui ne supporte pas le risque, le professeur doit tout savoir, doit être capable de répondre à toutes les questions. Son cours doit être structuré, sans fantaisie.”  Il faut éviter de dire : “Je ne sais pas tout, vous pouvez acquérir le savoir par vous-même.” “Au contraire dans une société prête à assumer l’incertitude, l’enseignement peut être plus souple; créatif ou flou.” On peut demander : “De quel sujet voulez-vous parler ?” Ou faire des digressions.

 

  1. Vision “monochromique” ou “polychromique” du temps. Le temps peut être vu en couleur ou en noir et blanc.  Dans un temps monochrome on ne peut faire qu’une chose à la fois, les actes se succèdent comme prévus.  Dans le temps polychrome le temps est élastique, ses repères sont flous. On peut faire plusieurs choses à la fois et les priorités changent. En Afrique noire, il arrive qu’un élève quitte le cours parce que sollicité par un membre de sa famille ou un ami. Le professeur ne doit pas s’en formaliser. Il n’est pas visé et son cours n’est pas remis en question.

Eviter les pièges de l’interculturel. Nous ne sommes pas tous semblables, ni similaires. Nous sommes tous différents et les cultures augmentent ces différences. “Nous percevons la réalité à travers différentes grilles de lecture ; nous ne ressentons pas les mêmes émotions devant un même événement (la mort, la souffrance, la maladie, la famille etc.)”.

 

  1. La communication non verbale.Notre gestuelle, nos attitudes, nos postures, nos intonations, nos regards ont tous un sens qui pourra être interprété différemment selon la culture de l’auditeur.” Ce que je dis ou transmets en non-verbal n’est pas toujours compris comme je le voudrais, surtout si je suis stressé ou intimidé. Ainsi le maître en homéopathie d’Elizabeth Von Wedel est originaire de l’Inde. Il dodelinait de la tête quand elle lui présentait un cas clinique. Elle croyait qu’il n’était pas très content d’elle. Mais son maître lui a dit qu’en Inde ce geste signifie qu’on est fier de la personne qui est en face.

Stéréotypes et préjugés.Quand on ne connaît pas bien quelque chose, on le transforme en un monde plus prévisible. Donc on évalue chacun en fonction de ses propres valeurs. Une femme médecin, travaillant au Malawi, interprétait comme symptôme homéopathique l’indifférence d’une mère qui avait perdu trois enfants. Or dans ce pays où la mort frappe bien trop souvent et bien trop jeune, on vous répond lorsque vous donnez rendez-vous : “oui, si je suis encore en vie !”. 

Ethnocentrisme. “Tendance plus ou moins consciente, à privilégier les valeurs et les formes culturelles du groupe ethnique auquel on appartient.” (Claude Lévi-Strauss). Il faut donc savoir changer de point de vue pour éviter les préjuger et ne pas songer que sa culture est supérieure à une autre. Elle est simplement différente.

 

  1. Les voies d’apprentissage sont différentes. On peut être plus visuel, plus auditif ou plus kinesthésique. Il faut s’adresser à son auditoire selon ces trois modes d’accès. Certaines cultures privilégient plus une voie qu’une autre.

Une formation est un échange. “S’il est en position de recevoir, le formateur reçoit autant qu’il donne, il apprend de ses élèves.”

(d’après Elizabeth von Wedel, présidente d’HSF-Allemagne, HSF-France, lettre n°35, novembre 2012)

 

  1. Suivre pour conduire. Ces notions, mal connues des enseignants, sont pourtant indispensables dans un monde et donc des classes interculturelles. La règle essentielle est “Suivre pour conduire” (p.n.l). Enseigner la Shoah est indispensable car elle fait partie hélas ! de notre culture européenne. Des élèves d’origine africaine ou nord-africaine refusent cet enseignement, comme bien d’autres, au nom d’une culture que nous jugeons mal digérée. Imposer cet enseignement mène au clash. Le passer sous silence c’est pratiquer le négationisme. Il faut partir de leur expérience la plus proche, fantasmée peut-être, mais qui fait partie de leurs valeurs : la nakba palestinienne. De proche en proche on fait admettre des notions qui leur étaient initialement étrangères. Il faut évidemment échanger les expériences en ce domaine.

 

Roger et alii
Retorica
(8.000 caractères)

 

Robert (9 août 2013) : Je te signale ce qui me semble être un lapsus : 5.  Vision “monochromique”  ou “polychromique” du temps.  au lieu de “monochrone”  ou “polychrone. Le concept de poly/monochronie vient d’Edward T. Hall, fondateur de la proxémie (Edward T. Hall, La danse de la vie – Temps culturel, temps vécu, Paris, Seuil, 1984). Roger (11 août 2013) : Ce domaine m’était peu familier. Le lapsus, si lapsus  il y a, viendrait du fait que la conférencière dont j’ai reproduit l’essentiel du texte est allemande. Mai le contexte parle bien de couleurs. En tout cas merci pour les références que je vais un peu creuser avec ton aide. Danièle (31 mai 2013) : J’ai bien apprécié les différentes explications et les exemples. Je n’ai pas assez de culture pour trouver d’autres citations, mais je suis d’accord avec ce qui a été dit… Roger (1er juin 2013) : Le problème n’est pas de trouver des citations mais de vivre de celles que nous rencontrons. La culture, c’est d’abord et uniquement la culture de soi. Tout le monde a beaucoup de choses à dire, à écrire et à communiquer. Le quarante mots dont tu connais l’efficacité est fait pour cela.

 

IV.06 EDU culture repères Surgissantes 2012_11

 

  1. Le site “les Surgissantes” est tout nouveau.

http://www.surgissantes.com/

Il propose une “exploration de liens d’art et de culture à partir d’une navigation originale et poétique”. Il se présente sous la forme d’une carte où des étoiles sont liées entre elles autour d’un thème, d’un artiste ou d’invités qui proposent leur propre galaxie. Le site se veut en lien avec l’actualité (expositions, cinéma, musique) “Le concepteur et responsable éditorial du site – fruit de deux ans de travail – est Thomas Guillaud-Bataille, créateur sonore et réalisateur radio (Arte Radio.com, France Culture)”. (d’après une information du Monde 2012_10_29 relayée par Résistance Inventerre).

L’exploration des Surgissantes prend sens par rapport à nous-mêmes. Toute la culture du monde, ou presque, nous est offerte… Nous en prenons des bribes pour notre propre nourriture spirituelle  pour reprendre un mot de Marcel Proust déjà évoqué. Par associations d’idée  je pense à Vladimir Jankélévitch « La philosophie est comme la musique, qui existe si peu, dont on se passe si facilement : sans elle il manquerait quelque chose, bien qu’on ne puisse dire quoi. (…) On peut, après tout, vivre sans le je-ne-sais-quoi, comme on peut vivre sans philosophie, sans musique, sans joie et sans amour. Mais pas si bien » (Philosophie première 1954)

 

  1. Je relie l’information concernant les Surgissantes à une enquête sur la culture générale menée par TNSSofres pour le compte des PUF (Presses universitaires de France) et la GMF. Il s’agissait de vingt questions soumises à un panel  représentatif de 1500 personnes de plus de 18 ans. La question portait sur : “A quoi sert le savoir ?” Le Savoir est jugé “primordial” par 95 % des personnes interrogées, juste derrière la vie de famille et la sécurité financière mais avant le fait d’avoir un travail intéressant. Plus de la moitié (54 % des actifs) déplorent ne pas avoir assez de temps pour se cultiver. L’enquête proposait un quiz portant sur les arts, les sciences, la politique, l’économie… La moyenne obtenue a été de 14,1 / 20, les diplômés obtenant 15,5, les non-diplômés 12,5 et les jeunes 13,7. Presque la moitié des Français considère qu’ils sont plus cultivés qu’il n’y a cinquante ans. La culture est jugée gratuite et non utilitaire pour 42 % des sondés et même 53 % pour les 18 – 24 ans . Ceux-ci  veulent “comprendre le monde qui nous entoure” et seulement 2 % se cultivent “pour gagner plus d’argent” ou briller en public dans un jeu radio ou télé.

Geoffroy Lauvau, professeur agrégé et auteur d’un manuel de culture générale paru aux PUF évoque trois définitions de la culture : 1. “Ce qui reste quand on a tout oublié” ; 2. savoir un peu de tout sur tout pour briller en société ; 3. celle qu’il préfère : “la culture générale comme repère utile servant à situer son domaine de savoir par rapport aux autres repères sociaux, historiques, politiques.” C’est une “grille de lecture, une architecture”. “… en massifiant l’accès aux études (80 % au bac, 1,5 million d’étudiants contre 300.000 dans les années 1970) on a sans doute un tout petit peu baissé le niveau, mais on a surtout éclaté les savoirs enseignés, augmenté la masse de connaissances.” Il faut pouvoir s’orienter dans cette masse d’informations et lire Wikipédia avec un esprit critique.

(d’après Claudine Proust, le Parisien, 2012_11_07)

Roger et Alii
Retorica
(3.380 mots, 20.700 catactères)

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