06 EDU Orientation mission projet personnel 2017-03

 

Ce texte d’Alain sur l’orientation peut paraître hors d’âge (1934 !) à une époque où robotisation et ubérisation inquiètent légitimement les jeunes. Raison de plus pour construire un projet personnel qui puisse tenir la route. Dans notre classeur de français c’était le chapitre 8 « Projet personnel », chapitre qui concernait tous mes élèves, de la seconde aux BTS . A partir de là on peut aller très loin, vers la mission dévolue à chaque personne, y compris à nous-mêmes. Roger 2017-03-31

 

Cet article est à lier à : 06 EDU Espérance banlieues débat 2017

A/ SUJET I. ALAIN L’ORIENTATION (BTS 1994)

(1a) Je crois qu’il y a beaucoup d’imitation et d’occasion dans ce qu’on nomme une vocation. Par le hasard d’un oncle ou d’un parrain, tel se trouve prêtre qui aurait mieux été paysan. Tel s’est fait banquier par l’amitié d’un camarade de guerre, qui était peut-être plus doué pour vendre des chapeaux ou de l’épicerie. Convenons que la vocation qui suit l’exemple paternel, comme il est constant chez les paysans, est assez selon la nature.

(1b) Et de ces faciles remarques, je tire d’abord qu’il ne faut craindre ici que de grosses erreurs ; car la différence n’est pas immense d’un chef de bureau à un avocat, de l’un à l’autre à un juge. Et glisser de la menuiserie qu’on aimait, à la mécanique qui s’est mieux présentée, ce n’est pas une grave méconnaissance de soi. Ce qui importe ici, c’est de faire de grandes divisions auxquelles on puisse rapporter des espèces d’hommes, et ce n’est pas si facile.

(2) Je vois une immense différence entre ceux qui aiment à gouverner et ceux qui aiment à fabriquer. Ce n’est pas la même chose d’inventer un moyen de persuader, si l’on est avocat, et d’inventer un émail à froid ou un enduit pour les murs. Et quelle est la différence ? C’est que celui qui aime et sait persuader est aussi curieux des hommes, liseur, parleur ; au lieu que l’autre n’a pas à parler à la peinture ni au ciment, car on ne les persuade point.

(3a) D’après cela je vois se dessiner quelquefois, et dès le commencement des études deux espèces d’hommes et de femmes. Les uns ont l’intrigue, la ruse, la prudence, et aussi le genre d’audace qui impose un conseil, qui fait croire, qui emporte l’assentiment. Prêtre, avocat, professeur, banquier, militaire, diplomate, bureaucrate, tels sont les états qui conviennent à l’habile négociateur. Et ce mot m’avertit de ne pas oublier le commerce, autant qu’il est de persuasion.

(3b) Mais si j’observe quelqu’un de timide, d’impétueux, d’irritable, qui ne supporte pas la contradiction, qui ne s’adapte pas aux caractères, qui ne sait pas écouter, qui ne sait pas attendre, je soupçonne que cette nature trop vive réussira mieux devant les choses, à qui en effet la colère ne fait rien du tout. Celui-là est positif; il cherche quelque connaissance sur quoi il puisse faire fond. Aussi, incapable qu’il est de discuter deux minutes sans se fâcher, il fera tourner un moteur à l’essai pendant des mois, assuré qu’ici s’il échoue ce ne sera jamais par malice ou envie dans le moteur.

(3c) Chacun observera aisément ce genre de patience et ce genre d’impatience. (…)

(4a) Maintenant j’ai à dire encore qu’il ne faut pas orienter l’instruction d’après les signes d’une vocation. D’abord par- ce que les préférences peuvent tromper. Et aussi parce qu’il est toujours bon de s’instruire de ce qu’on n’aime pas savoir. Donc contrarier les goûts, d’abord et longtemps. Celui- là n’aime que les sciences ; qu’il travaille donc l’histoire, le droit, les belles-lettres ; il en a besoin plus qu’un autre. Et au contraire, le poète, je le pousse aux mathématiques et aux tâches manuelles. Car tout homme doit être pris premièrement comme un génie universel ; ou alors il ne faut même pas parler d’instruction ; parlons d’apprentissage.

(4b) Et je suis sûr que le rappel, même rude, à la vocation universelle de juger, de gouverner et d’inventer, est toujours le meilleur tonique pour un caractère. Cela lui donnera cette précieuse constance qui vient de ce qu’on ne croit jamais avoir mal choisi, et de ce qu’on juge digne de pouvoir beaucoup dans n’importe quel métier.

(4c) La vie sauvage de la guerre a révélé à beaucoup d’hommes qu’ils étaient prêts à toute action ; tel sans-filiste, nature d’ajusteur, a appris l’anglais et l’allemand, sans compter le bon français. Je voudrais dire que ces paysages qui élargissent le métier, élargissent l’âme aussi, et donnent du paysage à la connaissance de soi. Avoir de l’âme, c’est peut-être s’échapper en des métiers possibles, de façon à juger de haut le métier réel. L’homme est tellement au dessus de ce qu’il fait ; gardons-lui cette place.

ALAIN, « Propos », 27 décembre 1934, Ed. Gallimard.

a) Résumez ce texte au 1/4 de sa longueur, 200 mots (+ ou – 10 %). Respectez l’équilibre des paragraphes. Indiquez le nombre de mots employés.

b) Expliquez les expressions suivantes :

   – « tout homme doit être pris premièrement comme un génie universel » (paragraphe 4b).

   – « ces aventures…donnent du paysage à la connaissance de soi » (paragraphe 4c).

 c) A partir de la distinction établie par Alain entre ceux « qui aiment à gouverner et ceux qui aiment à fabriquer » vous direz quel est votre projet de vie du point de vue professionnel et personnel pour accomplir votre « vocation » de « juger », « gouverner » et « inventer ». Cette discussion se construit comme une dissertation et comporte environ 500 mots.

 

Il n’était pas possible de construire un corrigé. Donc je m’en suis tenu à quelques considérations relevées à partir des travaux remis (BTS) et en lien avec le texte d’Alain.

* Alain dit « qu’il ne faut pas orienter l’instruction d’après les signes d’une vocation » : l’orientation n’est donc pas l’éducation. Par ailleurs Alain se méfie de la « vocation » au sens courant du terme, c’est-à-dire de l’appel mystérieux qui pousse une personne dans une voie donnée. Ainsi il écarte la vocation sacerdotale puisqu’il dit que « tel se trouve prêtre qui aurait mieux été paysan ». Par contre il estime qu’il existe une « vocation universelle de juger, de gouverner et d’inventer ». Ceci fournit une grille pour définir son projet de vie personnel. La discussion doit se faire à la première personne. « Juger », « inventer » on voit à peu près de quoi il s’agit. « Gouverner » c’est plus difficile.

* Observons qu’Alain ne parle pas de ceux qui aiment gouverner mais de « ceux qui aiment à gouverner » « Gouverner » vient du latin gubernare : « diriger un navire » (emprunté lui-même au grec). Sens dérivés : exercer le pouvoir politique, diriger la conduite de quelque chose ou de quelqu’un, avoir une conversation avec quelqu’un, prendre soi de quelque chose… Certains de ces sens ont disparu mais il nous reste « gouverner une voiture », « gouverner son regard », « gouvernail » et une expression « J’ai seulement pris ces chiffres pour votre gouverne. » (Zola) (pour vous permettre de comprendre et d’agir). Montaigne parlait du « gouvernement de soi » et c’est à cela que fait allusion Alain : « aimer à gouverner » c’est aimer comprendre les gens et les évènements pour les aider au mieux. C’est le cas du travail en groupe où il y a toujours quelqu’un pour prendre les choses en main, à la satisfaction des autres. Ce n’est pas pour cela qu’il les gouverne !

* « Juger » est la première étape dans cette progression ternaire. Pour bien juger, pour être objectif, il faut savoir peser le pour et le contre, chercher les informations essentielles, les hiérarchiser, les classer… Pour cela il ne faut pas se laisser conduire par ses opinions, ses préjugés, ses passions, ses émotions. Bien juger demande donc un effort de lucidité sur soi-même, s’observer pensant et agissant. On voit tout de suite pourquoi « gouverner » est la suite logique de « juger ».

* « Inventer » c’est évidemment faire preuve d’imagination. Pour Alain c’est la suite logique des deux autres verbes. Mais juger-gouverner-inventer est une « vocation universelle ». C’est en cela que « tout homme doit être pris comme un génie universel ». Or pour cela il faut être instruit de tout et « s’instruire de ce qu’on n’aime pas savoir ». Or l’invention c’est la mise en contact, la synergie, d’éléments venant d’univers très différents. L’invention suppose ouverture d’esprit, ténacité et humour. Cf la « success story » de Apple-Macintosh : Steven Jobs et ses copains de la Rank Xerox inventent des trucs étonnants dans un garage californien. 1984 : lancement du Mac. Dix ans après la firme de Cupertino détient 10 % du marché informatique et a imposé ses icônes, ses métaphores (la pomme : Newton, le paradis terrestre) et la convivialité de ses machines. (1994)

 

B/ Orientation identification 24/10/2004

J’ai longtemps exercé les fonctions de professeur principal en seconde. Pendant des années j’ai donc eu à orienter des élèves. L’orientation partait souvent d’une identification à des héros télévisés. Pour certaines secondes j’avais le choix entre 1°B (une faible minorité), 1°G1, 1°G2, 1°G3. Pour d’autres le choix était 1°E (faible minorité, 1°F1, 1°F2,1°F3) Rien de bien passionnant sauf si on prend le problème sous un angle plus large qu’on peut appeler projet de vie, projet personnel, mission ou vocation.

Certaines années, en fonction des séries télévisées, j’avais pléthore de pilotes de chasse ou de vétérinaires. Elèves souvent nuls en maths mais qui auraient aimé voler ou s’occuper d’animaux. Il fallait les amener par l’expression libre, les échanges, les débats à formuler par écrit un projet de vie vraisemblable et qui tînt la route. Projet lointain et qui dans l’immédiat passait par G ou F. L’opération était positive pour les deux tiers des élèves.

Opération négative pour ce garçon qui admirait Alain Prost pour s’être installé en Suisse. Ce garçon voulait devenir “golden boy” mais ne faisait rien pour expliquer comment y parvenir. Opération positive pour cette fille qui avait honte de son projet. Finalement elle m’avoua en confidence qu’elle voulait tenir un bar à vocation culturelle. Quelle série ? G2 bien sûr car il faut des notions comptables pour tenir un café.

Aujourd’hui avec Star Ac’ les orientations doivent être savoureuses. Qui peut en parler ? (1994)

C/ le projet personnel et la mission

06 EDU orientation – mission – Monbourquette – 2017-03-30

Dans son livre « A chacun sa mission » (2000 Ed Novalis puis Bayard 2010) Jean Monbourquette aborde le projet de vie : « La personne humaine doit pouvoir se réaliser non seulement dans le travail mais aussi dans une activité qui lui apporte un approfondissement de son identité et de sa vie. Cette recherche de mission personnelle n’est jamais terminée. Des personnes peuvent actualiser leur mission à tout âge. » L’auteur s’explique dans une entrevue avec Jérôme Martineau (2000). Numérotation de Retorica.

(1) « Il faut savoir qu’une personne qui ne trouve pas sa mission ne peut pas donner de sens à sa vie. La mission personnelle consiste à trouver sa place dans l’univers et à se sentir utile. (…) Il a préféré le mot « mission » plutôt que « vision » ou « vocation » pour être mieux compris. « Il y a une différence entre un travail, un métier, une profession et la mission. L’idéal serait que le travail, le métier et la profession aillent dans le sens de la mission. C’est alors le parfait bonheur parce qu’on n’a pas l’impression de travailler. La personne se réalise vraiment. Je peux prendre l’exemple de la profession médicale. J’ai connu des médecins qui devaient faire de la médecine pour plaire aux parents. Ils ont exercé cette profession pour des raisons extérieures à eux-mêmes. Un médecin qui n’est pas dans sa mission va s’en ressentir. Il va vivre avec un malaise constant s’il choisit cette profession uniquement pour faire de l’argent ou pour avoir un statut social. » (…)

(2) « La connaissance de soi est absolument nécessaire. Nous devons découvrir nos rêves et notre propension à faire telle ou telle chose. Cette découverte peut être longue et laborieuse comme peut aussi être courte et facile. Mozart a découvert sa mission rapidement vu que son talent était énorme. Il a connu son chemin dès l’enfance. Je pense qu’il y a des personnes qui ne trouvent pas leur mission. Elles font un travail et elles tolèrent cette situation. Elles pensent à prendre leur retraite. Dans le fond, elles s’occupent. Ces individus jouent au golf ou ils font de la peinture. Ils ne se connaissent pas réellement. Ils n’ont pas découvert leur mission. » (…)

(3) « L’univers nous donne des signaux. Il se peut que ces appels correspondent à ce qui se passe à l’intérieur de nous. Souvent des personnes traversent un grand deuil et c’est à ce moment qu’elles découvrent leur mission. » (…) Quelquefois c’est à la quarantaine qu’on découvre sa mission réelle. Sa réalisation peut être difficile mais il faut la mener à bout pour se sentir en paix avec soi-même. (…) «  Je connais des retraités qui découvrent une vieille passion qu’ils avaient perdue. Il y a durant l’adolescence des moments de grâce. Les jeunes ont des visions de ce qu’ils veulent être. Plusieurs perdent ces intuitions à causes des obligations de la survie. Ils doivent gagner un salaire et elles sont rares les personnes qui gagnent leur salaire tout en accomplissant leur mission. Souvent les gens vont exercer un hobby important à côté de leur travail pour se soulager de la pression qu’elles subissent. Cependant, nos rêves de jeunesse ne vieillissent pas. Ils nous poursuivent. » (…)

(4) « J’ai donné une conférence à des parents sur la mission. Un jeune m’a dit: «Je ne savais pas que j’avais une mission à accomplir dans la vie. Je ne savais pas que j’avais une place. Je ne savais pas que je pouvais trouver une place où je pourrais m’épanouir.» La plupart des gens perdent le sens de leur mission. Le sens de la mission est rattaché à l’univers. Il est très motivant pour une personne de trouver une place dans l’univers si cela va dans la ligne de sa passion. » (…) «  Il faut d’abord que le jeune ait confiance en soi et qu’il ait bâti une estime de soi pour accepter sa mission. C’est un prérequis indispensable. Il n’aura pas confiance en lui-même s’il a été blessé, s’il n’a pas eu d’encouragements, s’il est démotivé. La clé de la mission résulte de tout l’environnement du jeune. Il y a des jeunes dyslexiques qui ont de la difficulté à apprendre à lire. Ils ne peuvent pas faire une image avec un mot. Plusieurs de ces jeunes risquent de devenir délinquants parce qu’ils développent une colère vu qu’ils ne réussissent pas. Ils font des coups pour se faire remarquer. Tout cela est lié à l’estime de soi. » (…)

(5) « Je dis que c’est Dieu qui donne la mission. C’est Dieu qui habite l’âme. Quand tu te connais tu retrouves l’appel de la mission qui est en toi. C’est le fruit du Créateur. Il nous appelle à cocréer le monde. Il nous appelle à participer à sa création. Saint Paul parle des charismes. Ceux-ci nous incitent à faire des choses pour le service de la communauté. »

Roger (2017-03-30) : Cet article me paraît très important. Il peut convenir à tout le monde. Il n’est pas nécessaire de croire en Dieu pour en bénéficier. Il suffit que Dieu croit en nous ! Nous faisons partie de l’univers et son énergie nous nourrit. Il faut en être conscients, c’est-à-dire être conscients de nous-mêmes. Soyons ce que nous sommes.

D/ Espérance – banlieues 2017-03-31

Dans Télérama (22/11/2016) Mélissa Theuriot présente le documentaire qu’elle a produit « Un pas après l’autre » de Romain Potocki sur le cours Alexandre Dumas de Montfermeil (Seine Saint Denis). Voici le lien de ce reportage (57 mn), accessible en replay sur le net https://www.youtube.com/watch?v=hxO9OynBri4

Mélissa Theuriau : “J’ai vu des enfants en difficulté passer de la spirale de l’échec à celle du succès”. « (…) Cet établissement scolaire pilote, structure privée et aconfessionnelle, est dirigée par Albéric de Serrant, passé par l’enseignement privé catholique (les Apprentis d’Auteuil et l’Eau vive). Qu’il agace ou séduise, l’homme prône la joie et la rigueur, misant sur une pédagogie exigeante et adaptée à chaque enfant, dans des classes aux effectifs réduits. Sans oublier la levée de drapeaux, la Marseillaise et le port de l’uniforme. (…) Albéric de Serrant a derrière lui un parcours de directeur et d’enseignant. Certes, il revient à des valeurs un peu traditionnelles et des méthodes rigoristes qui peuvent paraître old school et déranger. Mais je retiens avant tout sa bienveillance et sa capacité à tendre et retendre la main en disant aux élèves de cette école « Appuyez-vous sur moi. Je suis là ». (…) Je suis allée assister à quelques cours à Montfermeil et j’ai observé cette façon qu’il a de parler à tous de la même manière, d’évoquer leurs origines AVANT de leur parler de cette « citoyenneté française » dont on nous abreuve partout. Quand on aura compris que dire « bienvenue », demander « d’où viens-tu ? », et s’intéresser à la culture de leurs familles, quelles que soient leurs origines, c’est une force, alors on avancera. On pourra faire de ces enfants des citoyens qui auront envie de s’intéresser au pays qui les a accueillis dans leur intégrité et leur double culture. Or, ce discours, je ne le vois nulle part. J’entends des politiques et des écoles qui disent « vite, des cours de français, vite, la France ! vite, la République ! » Mais comment veut-on intégrer réellement ces enfants, si eux et leurs parents ne se sentent pas aussi les bienvenus ? (…) Ce que j’ai vu – et j’espère que le film de Romain Potocki le montre un peu –, ce sont des enfants en difficulté qui parviennent à échapper à la spirale de l’échec, pour entrer dans celle du succès. Au même titre que les maths, l’histoire ou le français, les cours de « confiance en soi » font partie d’un socle éducatif fondamental. Même si ces gamins ne restent que deux ans, ils repartent avec un bagage. Dans le film, on suit les progrès que font Jalal et Siham. Découragés en début de cycle, ils ont enfin envie de se projeter dans l’avenir. C’est le cas avec Jalal qui part de « 0 sur 20 » et qui finit avec des félicitations. Le faible nombre d’élèves, c’est le luxe du cours Alexandre Dumas. Les profs peuvent dialoguer avec chacun, et chaque élève peut être considéré comme un individu. Mais je suis tout à fait consciente que ces petits labos et initiatives sont une goutte d’eau dans ce que devrait être l’enseignement d’une façon générale. (…) Cette école hors contrat est financée par la fondation Espérance Banlieues, elle-même financée à 80 % par des fonds privés alimentés par des donateurs, des gens richissimes, des boîtes du CAC 40 (Thalès…). Il existe huit écoles sur ce modèle (Saint-Etienne, Sartrouville, Asnières, Mantes-la-Jolie, Roubaix, Marseille…) et vingt projets d’établissements à travers la France qui devraient ouvrir à la rentrée 2017 (dans les banlieues de Toulouse, Angoulême, Nancy, Orléans…), aux portes de toutes ces agglomérations, dans des quartiers où il y a urgence. Pour les parents, le coût est de 50 à 70 euros par mois. A Montfermeil, le cours accueillait au départ vingt élèves, ils sont aujourd’hui cent vingt-cinq et Albéric de Serrant doit refuser du monde. La structure en Algéco est un peu trop petite, ils vont construire un autre bâtiment. Cela fait boule de neige. » Les parents ? « Ils sont hyper contents ! Ils adorent l’uniforme. Comme l’explique Manda, une maman voilée, l’uniforme, c’est pratique, et « ça fait des économies de linge ». Certains parents n’ont pas d’argent pour acheter des vêtements de marques à leurs enfants. Cet uniforme les met tous à égalité. Les parents sont partie prenante dans cette scolarité et responsabilisés. Quand le petit Jalal pleure au téléphone, son père, qui lui remonte les bretelles, est bien là. Les familles de toutes origines ont envie d’un enseignement exigeant pour leurs enfants ! Au moment où on ne parle que d’une France qui serait complètement communautarisée, cette école montre que tous ces enfants et leurs parents font partie de la photo de famille. »

Roger (2017-03-31) : Ce qui m’a frappé dans ce reportage c’est le rappel constant, discret, insistant pour chaque élève à son projet personnel. « A chacun sa mission », pour reprendre le mot de Jean Monbourquette, me paraît le slogan de cette pédagogie. Celle-ci me paraît à la fois très proche de la pédagogie Freinet et facilement adaptable à l’enseignement public qui en a bien besoin. Il suffit de le voir car les moyens sont là (mécénat et chèque-éducation bien géré).

E/ Les dix secrets de la paix intérieure

Roger (2017) : Les pensées positives sont toujours bonnes à prendre, à pratiquer, à conseiller à condition de ne pas les asséner aux jeunes…

« D’après le Docteur Wayne W.Dyer, il existe dix secrets qui garantissent le succès et la paix intérieure. Les voici :

« 1er secret : avoir un esprit ouvert à tout et attaché à rien

Cela signifie qu’il faut :

  • Croire que tout est possible si on a suffisamment de volonté
  • Renoncer totalement à ce à quoi on est attaché (lieu, objet, personne)
  • Accueillir ce que nous offre l’univers sans juger

« 2ème secret : ne pas mourir sans avoir joué sa propre musique intérieure

Cela signifie qu’il faut :

  • Ecouter son coeur
  • Prendre des risques pour sa passion
  • Savoir que l’échec n’est qu’une illusion et qu’il ne faut pas en avoir peur

« 3ème secret : vous ne pouvez pas donner ce que vous ne possédez pas 

Cela signifie qu’il faut :

  • Changer ce que nous n’aimons pas en nous
  • S’aimer soi-même et se respecter
  • Trouver son but

« 4ème secret : adopter le silence

Cela signifie qu’il faut :

  • Découvrir la valeur du silence
  • Intégrer plus de silence dans sa vie
  • Prendre consciemment contact avec Dieu

« 5ème secret : renoncer à son histoire personnelle

Cela signifie qu’il faut :

  • Ne pas se raccrocher au passé
  • Vivre l’instant présent et accepter la réalité telle qu’elle est

« 6ème secret : il est impossible de résoudre un problème avec le même esprit qui l’a créé

Cela signifie qu’il faut :

  • Accepter le monde tel qu’il est
  • Savoir qu’il existe un lien entre chaque individus, que nous sommes tous membre de la famille humaine

« 7ème secret : il n’y a pas de ressentiment justifié

Cela signifie qu’il faut :

  • Accepter l’opinion des autres même si elle est différente de la nôtre
  • Pardonner à ceux dont nous pensons qu’ils nous ont blessé

« 8ème secret : traitez vous comme la personne que vous aimeriez être

Cela signifie qu’il faut faire partout place à l’inspiration.

« 9ème secret : chérissez le divin en vous

Cela signifie que vous êtes Dieu créateur de votre vie et du monde dans lequel vous vivez.

« 10ème secret : la sagesse consiste à éviter toute pensée affaiblissante

Cela signifie que votre esprit se nourrit avec des pensées de paix, d’amour, d’acceptation et de bonne volonté. »

Source : Les 10 secrets du succès et de la paix intérieure – Dr Wayne W. Dyer (Editions J’ai Lu)

Roger et Alii – Retorica – 3 870 mots – 22 900 caractères – 2017-03-31

 

Laisser un commentaire ?