07 ESS – Lumières  – progrès – Steven Pinker – 2018-11

07 ESS – Lumières  – progrès – Steven Pinker – 2018-11-08

 

Roger (2018-11-08) :  Voici trois liens concernant les Lumières. Et un 4° résolument optimiste. On le retrouvera sur le site Retorica par le lien suivant :

: http://www.retorica.fr/Retorica/07-ess-lumieres-…n-pinker-2018-11/

Steven Pinker  (voir Wikipédia), né en 1954,  est un psychologue cognitiviste canadien. Il a rédigé « La part d’ange  en nous » (trad. Française Les Arènes, 2017, 1050 p). Il s’exprime sur France-Culture d’une manière claire et vigoureuse. J’ai noté en caractères gras ce qui m’a paru le plus important.

 

http://www.retorica.fr/Retorica/07-ess-lumieres-xviii-siecle-2010_02/

 

http://www.retorica.fr/Retorica/07-ess-lumieres-electricite-2018-02/

 

http://www.retorica.fr/Retorica/07-ess-lumieres-aveuglements-j-f-colosimo/

 

21 PHI progrès –Steven Pinker – 2018-11-08

 

Le monde, quoi qu’on choisisse de nous en montrer et quoi qu’on décide d’en retenir, n’est jamais allé aussi bien.

Le monde va mal. Twitter vit au rythme des messages incendiaires de Donald Trump, le Brésil sombre dans le fascisme, l’Europe cède aux sirènes de l’extrême droite, Youtube regorge de vidéos d’attentats, les chaines d’info tournent en boucle sur des accidents meurtriers, les journaux titrent sur les guerres du Moyen Orient et les vitrines des librairies sont remplies d’ouvrages sur la crise environnementale qui nous guette. Tout ceci existe, et pourtant d’après notre invité d’aujourd’hui tout ceci est faux. Le monde, quoi qu’on choisisse de nous en montrer et quoi qu’on décide d’en retenir, n’est jamais allé aussi bien.

Pour en discuter aujourd’hui dans Les Matins de France Culture (2018-11-08) , Guillaume Erner reçoit Steven Pinker.

« L’espèce humaine est faite d’individus superstitieux. Si on ne comptait que sur la nature humaine on ne pourrait pas progresser. C’est grâce à la science que nous progressons. » 

« Tous les aspects négatifs de la nature humaine peuvent être surmontés grâce à la science, aux valeurs des Lumières. » 

« Le monde progresse, mais le progrès n’est pas un miracle. Tout ne s’améliore pas pour tout le monde en même temps. Je ne fais pas de l’optimisme exacerbé, ça serait irrationnel. Moi je montre les faits. La pauvreté extrême a baissé de 75% en 30 ans. 90% de l’humanité vivait dans la pauvreté extrême, aujourd’hui c’est moins de 10%. Ce sont des faits, trop positifs pour faire la une des journaux, mais des faits néanmoins, irréfutables. » 

« Est-ce que le monde musulman connaîtra ses Lumières ? Il faudra voir. Les gens n’aiment pas les idées qui menacent leur pouvoir. Les Lumières veulent laisser les humains s’exprimer sans violence. Cette idée n’a pas encore pénétré toutes les sociétés du monde. » 

« Il n’y a rien d’impérialiste dans les Lumières. De nombreuses civilisations s’en emparent depuis des siècles en Inde, en Asie. L’Occident lui-même est allé à l’encontre des Lumières en inventant le fascisme, les totalitarismes. Les Lumières ne sont donc pas un monopole occidental. » 

« Trump représente l’opposé des idéaux des Lumières : c’est un nationaliste, souverainiste, raciste. Il comprend mal la démocratie, qu’il confond avec son royaume. »  

« Trump n’est pas nouveau. Dès qu’il y a eu les Lumières on a essayé de revenir en arrière. Trump est la réminiscence des contre-Lumières. La question est de savoir qui des Lumières ou de Trump est un intermède. » 

« Est-ce que Trump, Orban et Poutine signifient que les Lumières sont terminées ? Je ne pense pas. Le populisme est populaire dans les régions rurales, mais le monde s’urbanise. Il fonctionne chez les gens peu éduqués, or l’éducation progresse partout. Il marche chez les électeurs de la vieille génération, et par définition ces gens-là ne seront plus là très longtemps. » 

« Les gens se font une fausse idée du monde : criminalité, terrorisme, pauvreté. C’est le message dystopique de Trump. Il n’y a personne à gauche pour présenter le point de vue opposé. » 

« Le journalisme est essentiel, mais il souffre de biais. Ils ne travaillent que sur des événements. La paix n’est pas un événement, la prospérité non plus. Personne ne titrera sur un attentat qui n’a pas lieu. Or le monde s’améliore, il regorge de bonnes nouvelles. 1.2 milliards de gens sont sortis de la pauvreté, c’est une excellente nouvelle, mais ça ne constitue pas une information publiable pour les journalistes. » 

« Le travail des journalistes n’est pas de rendre les gens heureux, mais il doit tout de même donner une image juste du monde. Ils donnent des statistiques sur la météo, le sport. Alors pourquoi se contenter des émotions et du ressenti quand on parle de sécurité, de terrorisme, de pauvreté ? » 

(720 mots, 4 500 caractères)

 

 

 

 

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