07B EUR Roms trampoline 2016 06

    Lien avec Retorica. Ce fichier constitue un véritable cas d’école. Un article trampoline est volontairement destructuré pour gagner du temps. Il part un peu dans tous les sens sans perdre de vue son objet essentiel. Le statut du « d’après » mérite une étude spécifique. On la trouvera à

27 RET trampoline, d’après, Roms 2016

La question des Roms émerge quelquefois dans une classe sans qu’on sache pourquoi. D’où la nécessité d’avoir sous la main quelques éléments à peu près sûrs. Si un débat s’impose, une partie de l’article trampoline est un bon support. Il est donné à chaque élève et on passe à un débat silencieux (oral + a6) ou muet (seuls a6).

La prise de notes est collective selon le principe je-nous-dicte-ce-que-nous-avons trouvé. Le prof conduit cette prise de notes qui est en même temps un exercice de style (il met en bon français des interventions orales ou écrites mal formulées). Voici donc quelques éléments de réflexion.

  1. En 2013 le gouvernement français (par le biais de la Dihal) a consacré 4 millions d’euros pour analyser la situation des Roms en France et proposer des solutions. 394 bidonvilles totalisent 16.949 personnes à l’été 2013. Elles sont majoritairement en France depuis cinq ans malgré les expulsions. 4.300 enfants vivent dans ces logements de fortune. L’Ile de France concentre environ 40 % des campements et des personnes. Dans le 93 les 62 campements concentrent 20 % de cette population. Viennent ensuite le Nord-Pas-de-Calais (3.100), les pays de la Loire 1460), Provence-Alpes-Côte d’Azur (1250) et Rhône-Alpes (1.000)/ 1.300 personnes ne peuvent évacuer leurs déchets et 3.700 n’ont pas accès à l’eau courante. Les deux tiers des bidonvilles sont sur des terrains publics et un tiers est menacé d’expulsion. (d’après La Croix 2013_09_27)
  1. Les autorisations de travail pour 291 métiers ont permis de faire passer les bénéficiaires de 3.145 (2012) à 4.249 (2013). 1/3 des 2.000 enfants sont scolarisés mais de manière intermittente. Certaines municipalités s’investissent dans l’accès au logement ou la scolarisation ou la réinsertion dans le pays d’origine. Mais des préfets ne répondent pas aux enquêtes. Matignon réactive la circulaire d’août 2012 sur l’anticipation et l’évacuation du territoire. La Dihal va renforcer son action en 2014 même si 77 % des Français jugent que les Roms “sont un groupe à part”. (d’après La Croix 2013_09_27)
  1. Les campements illégaux sans accès à l’eau ou à l’électricité sont une source de tensions permanentes. A Lyon le dispositif Andatu (“Pour toi” en romani) concerne 400 personnes : les familles s’engagent à respecter la loi, apprendre le français et scolariser les enfants en échange d’un hébergement en foyer ou en logement social, d’un titre de séjour et d’un contrat de travail. Seules 10 personnes n’ont pas joué le jeu. A Montreuil (93) un dispositif similaire a pris en charge une centaine de familles depuis 2010 : seules une dizaine d’entre elles est repartie en Roumanie sans scolariser les enfants. A Bordeaux on a joué la médiation entre Roms et voisins (2 médiateurs à plein temps pour les papiers etc.) : une centaine de Roms ont trouvé un logement et du travail. Après l’école, le matin, les enfants sont pris en charge par une association d’éducation populaire financée en partie par des entreprises lasses d’être volées. Il ne faut pas ethniciser un problème qui est celui de l’hyper-précarisation de ces publics. L’ccompagnement au retour avec matériel agricole ou électrique pour la réinstallation est souvent un échec suite à la mauvaise volonté de la Roumanie, de la Hongrie et de la Bulgarie. (d’après La Croix 2013_09_27)
  1. Au 1er janvier 2014 les Roumains et les Bulgares pourront librement travailler dans toute l’Union européenne. La liberté de circuler est limitée par l’obligation, au bout de trois mois, il faut prouver qu’on a des moyens d’existence sans être une charge pour la société. (d’après La Croix 2013_09_27)
  1. Dans le X° arrondissement, rue Beaurepaire, les conteneurs débordent de marchandises. Elles sont récupérables et un commando d’hommes, de femmes et d’enfants veut s’en emparer. Veolia ne tarde pas à faire venir la police pour prêter main-forte à sa benne. Les poubelles sont la survie de ces Roms. Ils arrivent de Bucarest en mini-bus pour 80 €. Ces familles viennent faire “la saison de mendicité” avant de rentrer au pays. La prime Fillon au retour de 300 € a été réduite à 30 € par Manuel Valls. En 2011 9.000 familles en ont profité. (d’après Jean-Claude Jaillette et Perrine Cherchève, Marianne, 2013_08_10)
  2. Le nombre des Roms présents en France est stable : 20.000 à 25.000 personnes. Expulsés des campements ils se retrouvent sur le trottoir. La mendicité est un travail. Vivre en lointaine banlieue est un problème. “L’univers de ces camps est sans pitié : les mafias y règnent et louent les emplacements au prix fort. La rue permet d’y échapper.” Les 20.000 hôtels du Samu social sont saturés et coûtent cher (500 millions par an pour la région parisienne). Les centres d’hebergement sont prévus pour des célibataires, pas pour des familles nombreuses. Les récupérateurs de tuyauterie sévissent quelquefois jusque dans les chambres d’hôtel. (d’après Jean-Claude Jaillette et Perrine Cherchève, Marianne, 2013_08_10)
  1. Dans les bidonvilles pas d’eau, pas de sanitaires, les enfants sont malades. Seuls un quart des enfants Roms ont des droits ouverts à la Sécu. La peur, la barrière de la langue et les enfants comme “produits d’appel” font que les familles refusent de confier leur progéniture aux institutions ou à demander un hébergement. La délinquance des mineurs roumains a bondi de 2009 à 2011. “Le vrai problème est là : nombre de Roms sont sous la coupe de mafias qui les ont endettés et les contraignent à voler.” Ces mafias restées au pays rançonnent les Roms pour les rembourser. Cela va jusqu’à la prostitution des enfants. Le directeur de l’asso Hors la rue explique : “On imagine les enfants roms violents par nature. En réalité leur agressivité est le résultat de prise de boissons énergisantes et de drogue pour supporter les conditions de vie qui leur sont imposées par les racketteurs.” L’évacuation des “lieux de vie illicites” devrait être précédée d’un accès à un emploi pérenne, à un habitat digne, à la scolarisation des enfants, à un suivi social et sanitaire. Toutes conditions impossibles à réaliser à la fois. (d’après Jean-Claude Jaillette et Perrine Cherchève, Marianne, 2013_08_10)
  2. L’intégration est possible pour quelques heureux élus. Forum Réfugiés et la préfecture du Rhône ont lancé le programme Andatu sur trois obligations : apprendre le français, scolariser les enfants, chercher un travail et une 4° : abandonner les anciens réflexes comme la mendicité. 400 Roms de Roumanie ont bénéficié de ce suivi financé majoritairement par le Fonds social européen. Quelques-unes ont été exclues suite à des condamnations judiciaires. Depuis 2012, 25 ménages ont intégré des logements autonomes et 16 adultes ont trouvé un travail. Un exemple : Nicoleta, 33 ans, quatre enfants, son mari entretient des espaces verts (emploi d’insertion payé 880 €). Ils vivent dans un vrai appartement de 4 pièces avec douche. Ils ont renoncé à la galère, au squat, au travail au noir et à la collecte de métaux mais ils ont été aidés. (d’après un reportage de Clotilde Canuet ). Jean-Claude Jaillette et Perrine Cherchève, Marianne, 2013_08_10)
  1. 12 millions que tout le monde rejette, pourquoi ? Ils ont fui les savanes de la vallée du Gange au XI° siècle, se sont sédentarisés au XIV° siècle dans la péninsule balkanique mais la cohabitation entre Roms et gadjé (non-Roms) a toujours été difficile. Ils n’ont rien à voir avec les “gens du voyage”, appellation administrative pour diverses populations nomades ou semi-nomades, de nationalité française et installées depuis longtemps sur le territoire national. (d’après Alain Léauthier, Marianne, 2013_08_10)
  1. Les princes moldaves et valaques en firent des esclaves soumis au “code tsigane”. 200.000 à 400.000 Roms, Sintés et Kalés ont péri dans les camps nazis. Après la Seconde Guerre mondiale, le communisme d’Etat leur a donné des emplois faiblement qualifiés, des logements de mauvaise qualité : “Ceausescu était bon avec nous, nous n’avions pas à mendier.” La chute du communisme fut une catastrophe pour les Roms, premières victimes des privatisations. La délinquance n’est pas supérieure à celle des autres Roumains mais chez les Tziganes certains comportements délinquants deviennent un style de vie. L’ouverture de L’Union européenne à la Roumanie et à la Bulgarie en 2007 et le droit de libre circulation a crée un appel d’air pernicieux. (d’après Alain Léauthier, Marianne, 2013_08_10)
  1. Pierre Lellouche parle ainsi de la Roumanie : “… Etat voyou qui prend l’argent du contribuable européen et nous exporte ses miséreux.” Or l’Europe a consacré 17,5 milliards d’euros entre 2007 et 2013 sans grand succès. La Roumanie a consacré 38 millions à ses Roms alors que le Fonds social européen en avait débloqué six fois plus. Mais ces Etats manquent de cadres compétents pour traiter un problème mal-aimé. La France, donneuse de leçons, n’a jamais réclamé, sauf exceptions, les fonds disponibles pour l’intégration des Roms. Le responsable de la division Roms et gens du voyage au Conseil de l’Europe explique : “… la France et elle n’est pas la seule, reste prisonnière d’une logique visant à les renvoyer chez eux.” (d’après Alain Léauthier, Marianne, 2013_08_10)
  1. Les 10 à 12 millions de Roms résidant en Europe vivent en Roumanie (2 millions), Bulgarie (600.000), dans la péninsule balkanique (Grèce, Turquie) et des pays d’Europe occidentale (Espagne, Grande-Bretagne, Italie, France et… Finlande). Pays latin, la France accueille surtout des Roms de Roumanie et de Bulgarie, de 20.000 à 25.000 selon le Conseil de l’Europe, chiffre stable les arrivées compensant les reconduites (8.000 – 9.000, soit 30 % des objectifs). Selon les pays Roms, Sintés et Kalés, les trois grandes branches, prennent des noms différents (Manouche, Gitans, Gypsies) et autant de clans selon les métiers pratiqués autrefois (chaudronniers, travail de l’or et des métaux). (d’après Alain Léauthier, Marianne, 2013_08_10)
  1. Les Roms constituent 9 % de la population en République tchèque, 9 % en Slovaquie, 7 %en Hongrie. Ils ne choisissent pas la France, car mieux éduqués que leurs homologues roumains ou bulgares ils s’expatrient selon des critères bien précis : absence de discrimination, avantages sociaux et aides à l’installation. D’où leur choix du Canada qui, par exemple, a attiré en 2011 4.400 hongrois. Ottawa a durci cette politique d’accueil depuis 2012 pour ces trois populations. Les Roms tchèques et slovaques choisissent l’Angleterre par défaut, estimant ne pas être plus discriminés que d’autres habitants du Commonwealth. (d’après Anne Dastakian et d’après Alain Léauthier, Marianne, 2013_08_10)
  1. Leslie Hawke, installée en 2001 à Bucarest, co-anime l’association Ovidiu Rom destinée à développer la scolarisation des enfants roms en maternelle. Elle juge sévèrement la situation roumaine : “Il n’y a eu aucun progrès. Cela va même de pire en pire. Les Roms ont de moins en moins leur place. Le travail est rare et les lacunes éducatives sont immenses. A côté de cela, réunions et colloques s’enchaînent, mais rien ne se passe. Les aides sont saupoudrées. Il n’y a aucune évaluation de l’avancée des projets. Les fonds européens semblent s’évaporer. Il y a beaucoup de corruption.” Pour elle, “l’Ouest doit forcer la Roumanie à agir”…(…) “Certaines communautés Roms sont tellement pauvres et ancrées dans la marginalité qu’aucune ONG ne veut travailler avec elles.” (…) La réalité, c’est aussi que la population roumaine vieillit, et que les Roms sont de plus en plus nombreux. De véritables politiques éducatives, sociales et de planning familial doivent être menées auprès d’eux.” Ils partent avec l’espoir d’une vie meilleure : “la plupart souhaitent revenir en Roumanie, mais pas en vivant dans les conditions actuelles” (…) “… ceux qui exploitent leurs propres enfants, c’est d’abord pour les nourrir.” (propos recueillis par Nicolas Jacquard, Parisien, 2013_09_29)

  1. Affaire Léonarda. Voir :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Leonarda

Dans cette affaire plusieurs remarques :

– la procédure Sarkozy prévoyait de ne pas arrêter les enfants dans les lieux scolaires. Cette disposition n’avait pas été retenue dans les nouveaux textes du ministère de l’intérieur. Grave erreur. Pendant cinq ans la gauche s’est contentée de vitupérer au lieu d’analyser.

– le simple bon sens aurait suffi pour ne pas se livrer à cette arrestation indigne. Les forces de police ont évidemment dérapé.

– ensuite il fallait rattraper le coup mais à quel niveau et comment ? Hollande l’a fait habilement et Ségolène Royal l’a soutenu. On propose à Léonarda de rentrer seule en France. Elle refuse, ce qui me paraît légitime pour des tas de raisons. Fin de l’affaire ?

– Pas du tout. Le père de famille prétend rentrer en France par la Croatie. Il a besoin de 20.000 euros pour y parvenir. Rodomontade dont il ne faut pas tenir compte mais qu’il faut prendre en compte dans les nouvelles procédures à installer. J’ai peur qu’au plus haut niveau on manque de courage pour le faire.

– Ceci, comme le procès de Nancy et des 27 roms croates, éclaire ce que signifie l’expression « vivre d’expédients. » Progressivement le paysage réel des roms se découvre avec une Europe qui se laisse honteusement gruger. Les solutions existent pour intégrer correctement le peuple européen créateur du camping.

  1. Les 15.000 Roms présents en France sont à 90 % des Bulgares ou des Roumains. Leurs possibilités d’emploi sont très limitées par des tracasseries administratives où l’employeur doit acquitter une taxe de 800 euros, ce qu’on ne demande pas pour les travailleurs polonais ou portugais. Ces mesures “transitoires” adoptées en 2007 (adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie) sont valables jusqu’en 2013. L’Italie et l’Irlande ont supprimé sans dommage ces dispositions. Un simple décret gouvernemental suffirait. Les Roms actuellement travaillent au noir.Quand les Roms ont un travail stable, ils ont – comme tout le monde – un projet individuel, cherchent un logement et n’aspirent plus à se regrouper en communautés. (d’après Catherine Monin, la Croix, 2012_08_17)

  1. Les Roms (“hommes” en hindi sont originaires du Rajasthan et parlent le romani. “Gens du voyage” est simplement un statut admnistratif français. Les Roms sont 10 – 12 millions en Europe : 1,85 en Roumanie (8,63 %), Bulgarie et Hongrie (750.000), Slovaquie (490.000) soit 9 % de la population. Partout ailleurs ils comptent pour moins de 2 % : Espagne (750.000), Grèce (175.000), Italie (150.000), Portugal (52.000) et France (15.000).

            Les limitations à l’emploi cèdent progressivement dans toute l’Europe. En France, seuls 13 % des Roms âgés de 20 à 64 ans ont trouvé un emploi suite à des contraintes administratives incohérentes. En Espagne l’ouverture du marché du travail leur a permis un emploi à 40 %. Selon un expert d’Urba-Rom 1/3 sont prêts au travail, un autre 1/3 a besoin d’une aide linguistique et le dernier 1/3 continuera une vie errante avec nécessité d’un accompagnement social très poussé.

            Seuls 20 % des Roms français considèrent qu’ils n’ont pas de travail.

            Il faut améliorer le logement et ne plus expulser sans solutions de relogement. Les villages d’insertion coûtent en moyenne 27.000 € par an et par famille. La grande majorité des Roms de Roumanie et de Bulgarie étaient sédentaires dans leur pays. Il faut développer des camps humanitaires avec eau, électricité, mises aux normes de salubrité et travailler directement à l’insertion dans du logement classique. En Belgique on veut se porter garant des locataires roms et mettre fin aux abus des marchands de sommeil.

            Malgré une situation alarmante la France n’a pas de plan sanitaire pour les Roms. La couverture sanitaire ne couvre que 22 % des habitants, seule une femme sur 10 est suivie pendant sa grossesse, la moralité néonatale est 9 fois plus importante. Manque de traducteurs roumanophones pour faire passer les messages de santé. La Roumanie emploie 450 médiateurs de santé pour les soins et l’aide administrative. L’Irlande en fait de même depuis 1994.

            Romeurope estime qu’en France 5000 – 7000 mineurs arriveront à 16 ans sans avoir fréquenté l’école. Non que les parents s’en désintéressent mais pour eux cet espace est sacré. En Espagne la majorité des enfants Roms est désormais scolarisé grâce à un long travail effectué malgré les changements de gouvernements.

            Les résultats des villages d’insertion (Saint-Ouen, Aubervilliers) sont positifs mais ces solutions provisoires doivent être reconduites sinon c’est le bidonville, inacceptable pour des gens, surtout les jeunes, qui veulent faire des études, travailler, s’en sortir. (d’après dossier Marianne Meunier, Jean-Baptiste François et alii, la Croix 2012_08_22)

Roger et Alii

Retorica

2 720 mots, 17 100 caractères, 123 Ko, 2016-06-30

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