08 FAM grands-parents trois sujets et correction 1995

Les trois sujets s’éclairent mutuellement. Il est bon de commencer la méditation par le texte de Victor Hugo, objet d’un commentaire composé.

SUJET II Commentaire composé : Hugo

Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,

Pour un crime quelconque, et, marquant au devoir,

J’allais voir la proscrite en pleine forfaiture,

Et lui glissai dans l’ombre un pot de confiture

Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,

Reposent le salut de la société,

S’indignèrent, et Jeanne a dit d’une voix douce :

– Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;

Je ne me ferai plus griffer par le minet. –

Mais on s’est récrié : – Cette enfant vous connaît ;

Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.

Elle vous voit toujours rire quand on se fâche,

Pas de gouvernement possible. A chaque instant

L’ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;

Plus de règle? L’enfant n’a plus rien qui l’arrête.

Vous démolissez tout. – Et j’ai baissé la tête,

Et j’ai dit : – Je n’ai rien à répondre à cela,`

J’ai tort. Oui, c’est avec ces indulgences-là`

Qu’on a toujours conduit les peuples à leur perte.

Qu’on me mette au pain sec. – Vous le méritez, certe.

On vous y mettra. – Jeanne alors, dans son coin noir,

M’a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,

Pleins de l’autorité des douces créatures :

– Eh bien, moi, je t’irai porter des confitures.

Victor Hugo (1802-1885) “L’art d’être grand-père” (1877)

Vous étudierez ce poème sous la forme d’un commentaire composé. Vous pourrez, par exemple, étudier l’ambiance familiale, les rapports entre le grand-père et sa petite fille, la manière à la fois humoristique et grave de traiter ce petit drame familial.

SUJET I Le métier de grand-parent

1 La grand-parentalité s’exerce sur une durée de vie très longue, et par conséquent fort diverse : de quarante à plus de quatre-vingt-dix ans… Il y a des parents qui voudraient faire plus, d’autres qui voudraient faire moins, il y a ceux qui se trouvent trop sollicités et au contraire ceux qui s’estiment frustrés. Il y a aussi les grands-parents qui s’entendent bien avec leurs enfants, d’autres qui vivent en conflit permanent, et enfin tous ceux, peut-être les plus nombreux qui négocient au jour le jour leurs relations.

2 Une certitude en tout cas : le métier de grand-parent est un métier d’avenir. Il demande du temps, de la technique, de la diplomatie, du discernement… Mais à cet âge tout se cumule. Une nouvelle grand-mère, par exemple, doit au minimum assumer quatre missions : d’abord rester femme, ne serait-ce que pour le plaisir de demeurer soi-même, et répondre aussi au regard impitoyable de son entourage, notamment de ses propres enfants dont l’esprit critique est toujours en éveil ; ensuite rester mère, mission qui tend à se prolonger puisque les grands enfants s’incrustent plus longtemps ; puis rester la fille de ses parents, lesquels ont tendance à demander davantage à mesure que les forces les quittent ; enfin, devenir grand-mère. Et cela tout en gardant autonomie, liberté et de plus en plus souvent son emploi. Difficile dans ces conditions de tout concilier. Dès lors on peut comprendre que bien des grands-mères n’aspirent pas forcément à “reprendre du service” tout de suite. Entre le moment où partent les grands enfants et celui où naissent les petits-enfants, peut-être voudraient-elles “souffler” un peu. D’un autre côté, les grands parents se disent très impliqués dans leurs nouvelles aventures. D’ailleurs, si les petits-enfants tardent à venir, ils sont les premiers à s’en impatienter. Quel dilemme entre le besoin de souffler et l’envie d’aimer.

3 Des sentiments aussi multiples que contradictoires animent les grands-parents. Ce qui demeure patent, c’est que l’harmonie des relations familiales devient leur préoccupation centrale et que chacune des générations, y compris celle des adolescents, est prête à sacrifier beaucoup pour cet objectif. Cette exigence fondée sur la recherche d’une moindre anxiété ne fera que s’accentuer dans la mesure où les parents d’aujourd’hui, qui seront grands-parents demain, semblent encore plus proches de leurs enfants. Tout porte à croire – et les difficultés économiques accentuent encore le phénomène – que le bloc familialse renforcera et que les plus âgés viendront de plus en plus souvent à la rescousse des plus jeunes.

4 Certains prédisent pourtant le contraire et annoncent pour bientôt “le grand choc des générations”, “la guerre des âges”. Un conflit d’intérêt opposerait jeunes et vieux, nous dit-on. La tension croîtra jusqu’à ce que les actifs, à bout de patience, se mettent en grève contre les retraités qui “vivent du travail des autres”. Avec la crise, la logique du repli de chaque génération sur elle-même et l’âpreté de leurs antagonismes l’emporteraient, et la lutte des classes d’âge serait la clef du développement historique du XXI° siècle.

5 Et si tout n’était pas simple affaire de gros sous et d’équilibre des charges de retraites ? Et si la solidarité prenait d’autres voies que celles des caisses de Sécu ? Et fait, les sociétés humaines ont aussi une extraordinaire capacité à inventer des solutions. Tous les indices qui ont été rassemblés ici tendent à prouver que les générations concluent quotidiennement des armistices victorieux. Dans un environnement de plus en plus conflictuel, elles sentent qu’elles ont besoin les unes des autres pour sauver l’essentiel. Cette aspiration profonde au rapprochement devrait être encouragée.

6 Mise au rancart ou gérontocratie : on peut échapper à ce choix obligatoire en favorisant une nouvelle forme de productivité, si la génération grand-parentale souhaite faciliter la vie de ceux qui travaillent ou qui font des enfants. Construire un pont entre les générations, cela consiste à organiser tout un secteur non marchand, un troc de services qui reproduit, à la dimension d’une nation, ce qui s’approfondit à l’échelon familial.

7 Saurons-nous construire la société des grands parents désirés ?

Ségolène Royal “Le printemps des grands-parents” Ed. Laffont 1987

a) Résumez ce texte en 175 mots avec une marge de tolérance de + ou – 10 %. Respectez l’équilibre des §. Indiquez à la fin du résumé le nombre de mots utilisés.

b) Expliquez : “(les grands-parents) qui négocient au jour le jour leurs relations” (1er §) ; “les grands enfants s’inscrustent plus longtemps.” (2° §)

c) Commentez puis prolongez ou discutez cette opinion de Ségolène Royal : “Construire un pont entre les générations, cela consiste à organiser tout un secteur non marchand, un troc de services qui reproduit, à la dimension d’une nation, ce qui s’approfondit à l’échelon familial”.

SUJET III

En méditant l’essai de Ségolène Royal (sujet I) et le poème de Victor Hugo vous commenterez puis prolongerez ou discuterez la réflexion suivante : “Construire un pont entre les générations, cela consiste à organiser tout un secteur non marchand, un troc de services qui reproduit, à la dimension d’une nation, ce qui s’approfondit à l’échelon familial”.

correction s.g.d.g.

(sans garantie du gouvernement, donc peut être discutée)

Sujet II. Commentaire composé Hugo : “Jeanne était au pain sec…”

Après hésitation j’ai conservé en 2013 la numérotation codée des paragraphes de 1995. Par convention :

0 = une introduction générale ou partielle

9 = une conclusion ou partielle

1.0 = introduction du premier point

1.9 = conclusion du premier point etc.

0. Hugo a 75 ans quand il publie “L’art d’être grand-père”. Il est socialement au sommet de sa gloire, considéré comme un grand sage républicain. A l’intérieur de sa famille, il en va différemment. L’aïeul qui vit avec ses enfants et ses petits-enfants semble entretenir des rapports ambigüs avec les siens : complicité avec ses petits-enfants, notamment Jeanne, conflit feutré avec ses enfants (son fils et sa belle-fille semble-t-il). Nous allons examiner les nuances de cette situation familiale, puis les rapports qu’entretient le narrateur avec Jeanne, enfin la manière curieusement distanciée avec laquelle Victor Hugo traite cette situation familiale

1.0 Etudions d’abord l’ambiance familiale

1.1 La famille est la cellule sociale de base. La famille du narrateur, de Victor Hugo, semble moins reposer sur l’affection que sur les lois. Le champ sémantique du législatif est révélateur : “lois”, “cité”, “salut de la société”, “gouvernement”, “ordre”, “pouvoir”, “règle”. La famille est régie comme une nation en réduction : les “peuples” courent à “leur perte” par trop d’indulgence. La famille est plus proche d’une dictature que d’une démocratie. Les adultes commandent, les enfants obéissent. Ce système n’est pas contesté : Jeanne reconnaît ses torts de même que le narrateur qui s’estime “en pleine forfaiture” en portant un pot de confiture à sa petite fille.

1.2 Les lois familiales sont sévères pour les enfants désobéissants. On exige la politesse (“je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce”) et l’hygiène (“je ne me ferai plus griffer par le chat” en le provoquant bien sûr). Jeanne semble très jeune, cinq ans peut-être. Elle a du caractère d’où un surcroît de vigilance (“Plus de règle ? L’enfant n’a plus rien qui l’arrête”). Les sanctions prises sont classiques au XIX°s : “au pain sec dans le cabinet noir” avec de l’eau. On devine que cela pouvait durer plusieurs heures.

1.3 L’évocation de la famille reste floue : “Tous ceux sur qui, dans ma cité,/ Reposent le salut de la société”, “on s’est récrié”, “on se fâche”. Ce sont les parents de Jeanne qui s’indignent mais la vivacité du des reproches viennent plutôt de la mère, donc la belle-fille du narrateur :“Vous le méritez, certe. / On vous y mettra”, ceci est probablement dit avec une irritation amusée et suppose une certaine complicité affective avec le patriarche encore vert et respecté. Sa vie n’a pas dû être facile avec un grand homme pareil !

1.4 Le statut du grand-père est en effet ambigu. Par sa célébrité littéraire et politique, il est la clé de voûte de la famille. Ses enfants attendent de lui qu’il donne l’exemple, spécialement sa belle-fille (“on”) dont les propos sont rapportés au style direct : c’est un discours politique qu’elle lui tient ; elle s’y montre dure : “à quel point vous êtes faible et lâche”. C’est elle qui utilise le plus fermement le champ l’exical de l’autorité politique. Et le grand-père – narrateur reprend ironiquement sa thématique :

“Tous ceux sur qui, dans ma cité,

Reposent le salut de la société,

S’indignèrent...”

Noter le rejet des deux verbes qui marque d’une manière emphatique le poids de l’autorité familiale. Le grand-père ne conteste pas la validité de l’analyse :

J’ai tort. Oui, c’est avec ces indulgences-là

Qu’on a toujours conduit les peuples à leur perte”

mais il plaide pour plus de compréhension : toucher son nez avec son pouce, se faire griffer par le chat sont qualifiés de “crime quelconque” (hyperbole ironique et oxymore car un crime n’est jamais quelconque !). Il le dit, il l’écrit et le publie !

1.9 Donc un climat familier assez sévère, dominé probablement par la belle-fille du narrateur. Elle utilise habilement la thématique du politique car elle sait qu’elle peut ainsi avoir de l’influence sur ce vieillard énergique et véritable maître à penser de la pensée républicaine d’alors. Mais le grand-père viole certaines lois familiales avec beaucoup d’audace. Pourquoi ?

2.0 C’est que le narrateur est un grand-père attendri et plein de faiblesses pour Jeanne, sa petite fille.

2.1 Qui est Jeanne pour son grand-père ? Une petite fille, belle (“ses yeux si beaux à voir”) vive, espiègle et qui sait tirer parti des contradictions familiales :

Elle vous voit toujours rire quand on se fâche,

Pas de gouvernement possible.”

On voit en elle une jeune révoltée qu’il faut éduquer sévèrement sinon : “L’enfant n’a plus rien qui l’arrête”. Jeanne a de “l’autorité” et de la douceur (“voix douce”, “douces créatures”). Elle ne heurte pas de front sa famille : c’est “tout bas” qu’elle soutient son grand-père dans le dernier vers.

2.2 Qui est son grand-père pour Jeanne ? Apparemment un grand-papa gâteau qui lui porte des confitures quand elle est au pain sec. La famille pense qu’elle aime son grand-père d’une manière intéressée :

Cette enfant vous connaît ;

Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.

C’est peut-être vrai. Mais pour elle c’est une grande personne qui sait reconnaître ses torts et qui revendique la même punition que sa petite fille : être mis au pain sec. C’est ce courage et cet amour indulgent qui émeuvent profondément l’enfant : “je t’irai porter des confitures.”

2.3 Ceci crée une complicité très forte entre le grand-père et la petite fille. Ils livrent conjointement le même combat et affichent la même résistance face à l’oppression familiale. Le grand-père éduque sa petite-fille à des valeurs essentielles pour lui : le courage, la compréhension à l’égard des opprimés surtout quand ils sont punis à tort. Ajoutons-y la franchise : chacun reconnaît spontanément ses torts et les assume. L’éducation familiale a des visées immédiates plus pragmatiques, plus limitées : obéis et tais-toi.

2.9 Au delà de la complicité que dénonce le groupe familial les rapports entre le grand-père et sa petite-fille sont donc faits de tendresse, de solidarité et d’admiration mutuelles. C’est ainsi que se forgent les caractères et les bons souvenirs entre grands-parents et petits-enfants.

3.0 La manière de traiter ce petit drame familial est très significative.

3.1 D’abord le narrateur se confond avec l’écrivain et fait preuve d’un sens du récit tout à fait remarquable. La plus grande part est donnée au style direct et c’est en fait un véritable dialogue qui nous est offert avec un vrai conflit entre des personnalités très typées et très fortes. Habilement Hugo sait créer le suspense : le “crime quelconque” n’est expliqué que par l’aveu de Jeanne. L’amour du grand père pour la petite fille n’est expliqué qu’à la fin du texte quand il évoque “ses yeux si beaux à voir, / Pleins de l’autorité des douces créatures”. Il faut remarquer aussi l’ellipse du fait important qui crée le scandale : il a été surpris portant le pot de confiture, signe qu’”on” l’espionnait. Il faut noter enfin le double renversement : Jeanne au pain sec / le grand père au pain sec et surtout, il lui a porté des confitures / elle lui portera des confitures. Le récit s’arrête là. Le dernier mot reste à l’enfant. Au lecteur de réfléchir et de commenter s’il le veut.

3.2 Pourquoi Hugo écrit-il ce texte ? Probablement parce que cette réflexion de Jeanne, cette preuve d’amour l’a profondément ému. Mais aussi parce qu’il sent dans cette anecdote une profonde réflexion politique. Chez lui le penseur n’est jamais très loin. Il ne nie pas la nécessité des lois. Mais il affirme la nécessité de l’indulgence. N’oublions pas que Hugo a été un adversaire résolu de la peine de mort. Il a porté à Jeanne en secret un pot de confiture et il a été surpris dans son geste affectueux. Il en veut à sa belle-fille de l’avoir espionné et de n’avoir pas su fermer les yeux. La justice ne va pas sans indulgence au nom du principe juridique fondamental : “Summum jus, summa injuria” (la justice extrême, trop sévère, conduit à une extrême injustice). Car il en est de même dans la société civile : il faut savoir être indulgent et compréhensif si l’on veut que la vie soit supportable.

3.3 La famille dit : vous n’êtes pas logique. Et c’est vrai. Mais Hugo sait assumer ses contradictions. Il le fait grâce à l’humour qui parcourt le texte :

J’allais voir la proscrite en pleine forfaiture

Le choix des mots est significatif : les proscrits étaient les amis de Victor Hugo qui avaient dû, comme lui, s’exiler après le coup d’état du futur Napoléon III. Lui-même était resté exilé pendant dix-huit ans refusant la grâce de l’empereur : “Quand la liberté rentrera, je rentrerai”. La “forfaiture” c’est le crime suprême, c’est violer un serment, ou encore trahir les devoirs de sa charge pour un responsable politique… Ce sont de bien grands mots appliqués à la situation d’où un contraste humoristique : la famille est une société mais elle n’a pas tout à fait les même règle. Hugo par l’enjambement “Pour un crime quelconque” nous fait comprendre “Ce n’est pas ainsi qu’on éduque les enfants”. Il reconnaît que l’indulgence est risquée :

J’ai tort. Oui, c’est avec ces indulgences-là

Qu’on a toujours conduit les peuples à leur perte”

Ceci est une périphrase pour désigner la démagogie. Politiquement, il est hostile à la démagogie. Il reconnaît sa faiblesse. Mais lui-même a été père et pas toujours compréhensif (vis-à-vis de sa fille Adèle). Par ce comportement laxiste il satisfait son profond besoin d’affection.

3.9 Donc l’art du récit et le ton humoristique, un peu emphatique pour la minceur du sujet révèlent une pensée politique et éducative profonde : il faut des lois, il faut les appliquer avec fermeté mais compréhension. Et quelquefois il arrive qu’on agisse d’une manière trop laxiste, trop affective mais tant pis ! il faut assumer.

9. Nous avons là un petit épisode à la fois attendrissant et dramatique de la vie d’une famille bourgeoise très aisée de la fin du XIX° siècle. Dramatique car la vie de la petite Jeanne n’est pas très drôle et les chagrins d’enfants sont toujours de vrais chagrins. Que Jeanne soit punie c’est normal : la petite est vive et a du caractère sous son apparente douceur. Le grand-père semble la soutenir dans sa révolte, ce qui témoigne peut-être d’une sourde rancœur à l’égard de ses enfants. Mais ceux-ci manquent de souplesse : il leur suffisait de fermer les yeux sur le pot de confiture porté en secret. L’épisode est aussi attendrissant car on découvre, en action, l’affection vraie qui unit le grand-père et sa petite-fille. Il fait preuve de faiblesse envers elle mais il y a aussi de grandes leçons dans cette faiblesse : la compréhension pour les opprimés; la solidarité, le courage, la sincérité, l’affection. Ces vertus sont indispensables dans la vie familiale et dans la vie sociale. Car les lois doivent être appliquées avec compréhension. “La justice extrême, c’est l’extrême injustice.”

Sujet I Le métier de grand-parent correction s.g.d.g

a) (175 mots demandés pour 74 lignes soit 175/74 = 2,36 mots par ligne, 7 paragraphes de 9, 23, 12, 9, 11, 8 et 2 lignes)

1. (21 mots demandés) On est grands-parents quelquefois pendant un demi-siècle d’où des situations financières et psychologiques vécues journellement de manières différentes. (21 mots obtenus)

2. (54 mots demandés) C’est difficile surtout quand on devient grand-mère. Elle doit veiller à sa propre féminité pour elle et ses proches ; elle s’occupe de ses propres parents ; elle doit veiller à sa situation financière. Elle souhaiterait prendre un peu de recul avant d’assurer ce nouveau rôle auquel d’ailleurs elle aspire. (53 mots obtenus)

3. (28 mots demandés) Les grands-parents veulent d’abord sauvegarder une bonne entente entre générations. C’est d’autant plus vrai que la crise renforcera de plus en plus les liens familiaux. (29 mots obtenus)

4. (21 mots demandés) Mais d’autres prévoient que, dans le siècle qui vient, de durs affrontements se développeront entre générations actives et inactives. (20 mots obtenus)

5. (26 mots demandés) La vie ne se réduit pas à l’argent ni aux droits acquis. L’humanité sait s’adapter. Le danger rend ingénieux et solidaire. (24 mots obtenus)

6. (19 mots demandés) Les grands-parents doivent aider les générations à mieux vivre ensemble en développant une économie des services rendus. (18 mots obtenus)

7. (5 mots demandés) Voilà le pari du troisième âge. (6 mots obtenus)

Total : 171 mots obtenus.

b) “négocient au jour le jour leurs relations” 1. “Négocier” c’est vendre, acheter, échanger, obtenir une décision favorable au terme d’une longue discussion. On dit aussi “négocier un virage” (étymologie : nec-otium : non-loisir) 2. Les “relations” sont les conversations qu’ont les grands-parents avec leurs enfants et petits-enfants. 3. Dans le texte ces relations sont négociées car il faut éviter de se brouiller, arriver à des accords ou à des compromis satisfaisants.

les grands enfants s’incrustent plus longtemps”. 1. “Incruster” signifie insérer un élément dans un ensemble, une pierre précieuse dans un bijou ou un image virtuelle dans une autre image informatique. 2. Mais “s’incruster” est familier et un peu péjoratif. C’est rester dans un groupe plus longtemps qu’on ne devrait. C’est une métaphore. 3. Dans le texte cela signifie que les enfants restent très longtemps chez leurs parents, jusqu’à vingt-cinq ans ou plus.

c) et sujet III

Commentez puis prolongez ou discutez cette opinion de Ségolène Royal : “Construire un pont entre les générations, cela consiste à organiser tout un secteur non marchand, un troc de services qui reproduit, à la dimension d’une nation, ce qui s’approfondit à l’échelon familial”.

1.0 Commentaire

11. “organiser tout un secteur non marchand, un troc de services” : non marchand = qui ne repose pas sur l’argent d’où troc =échange. Il existe déjà des associations comme “Troc-temps” qui repose sur cet échange : bricolage contre apprentissage d’une langue par exemple.

12. “construire un pont entre les générations” belle métaphore qui exprime la solidarité. Contre-exemple Sun City, Phénix (Arizona) où 60.000 retraités vivent entre eux, les actifs et les jeunes y sont interdits, ces retraités s’occupent de tout. Obsession : la sécurité.

1.3 “reprodui(re), à la dimension d’une nation, ce qui s’approfondit à l’échelon familial” : la nation comme grande famille humaine, cf Hugo “Jeanne était au pain sec…” Suppose que la famille fonctionne bien, d’une manière solidaire.

1.9 Vision intéressante d’une solidarité familiale et nationale qui échappe à l’exploitation pour atteindre l’harmonie sociale.

20 Prolongements

2.1 Solidarité internationale aussi entre pays pauvres et pays riches, indispensable car les liens économiques, politiques et culturels sont très complexes et très importants. Ex : aider vraiment le développement des pays pauvres pour décourager l’émigration. Pas en leur vendant des armes mais en partant de la base : améliorer la condition des femmes et recourir à des outils de travail simples mais efficaces.

2.2 Développement à tous niveaux, en partant donc de l’école de la vertu. Cf récit des Troglodytes dans les “Lettres persanes” de Montesquieu, grand récit fondateur de la vie sociale.

2.3 Ce qui veut dire que chacun se sente responsable. Ce sentiment de responsabilité c’est la condition de l’harmonie sociale et la base du bonheur. Il se développe à partir du quotidien donc de la famille.

2.4 Une objection : ce sont de belles paroles démenties par les faits. Faut-il en conclure qu’il ne faut rien faire ? Dans ce cas ce sera pire. Cf toujours “Les Troglodytes”. Il faudra bien réagir un jour…. autant le faire tout de suite pour s’épargner des souffrance supplémentaires.

2.9 Les prolongements de cette réflexion mènent donc à restaurer la vertu à tous les niveaux sociaux. La vertu ici c’est simplement l’entraide et la solidarité.

9. Conclusion. Paroles d’espoir qu’il faut savoir prendre en compte et appliquer à son modeste niveau.

Copie de Christophe (2°6, avril 1995).

Selon les familles nous pouvons remarquer parfois une parfaite entente entre les générations et d’autres fois un conflit permanent. Ségolène Royal a émis une réflexion très intéressante : “Construire un pont entre les générations, cela consiste à organiser tout un secteur non marchand, un troc de services qui reproduit, à la dimension d’une nation, ce qui s’approfondit à l’échelon familial”.

Pour construire un pont entre les générations il faut avoir des piliers solides dans sa famille.

Les générations doivent se cpmpléter, se rendre mutuellement service. Aujourd’hui, je suis tout seul chez moi, mes parents ne rentreront que demain soir. Pour souper, les grands-parents m’ont invité. Je trouve ce geste très sympathique. Je n’étais pas obligé d’accepter mais je l’ai fait pour leur faire plaisir. Pour moi, la seule façon de prouver que je les aime, c’est le dialogue. Leur geste est pour moi un témoignage de leur amour.

Le sentiment de paix qui existe à l’échelle de la famille doit être le même pour la nation. Quand je croise une personne âgée dans la rue, je lui souhaite une bonne journée. Cet acte n’est pas hypocrite de ma part. J’estime les personnes âgées. Le dialogue et lesourire sont les moyens les plus concrets pour construire un pont entre les générations.

Un jour, j’étais dans une grande surface et une personne âgée était à la caisse devant moi. Je n’ai pas hésité à l’aider à ranger ses courses. Ce sont ces gestes qu’il faut entretenir et enseigner aux générations à venir. Mais il ne faut pas que les services marchent dans un seul sens. Les vieilles personnes doivent, elles aussi, faire preuve de leur sympathie.

Les générations doivent se respecter, se compléter et s’aider. Il ne doit pas y avoir de sélection physique avec les personnes à fréquenter.

Si une famille n’a pas de fondations solides, alors à tout moment le pont entre générations peut s’effondrer.

En effet, souvent nous remarquons un conflit entre nos parents et nos grands-parents. Comment voulez-vous qu’il y ait une entente au niveau de la nation s’il n’y en a déjà pas au niveau de la famille ? Souvent ma grand-mère regarde ce qui se passe chez les voisins ou s’occupe des affaires de ma mère, ce qui entraîne des disputes. Car ma mère ne peut pas supporter que l’on se mêle de ce qui ne nous regarde pas.

Les personnes désobligeantes ont toujours existé, que ce soit chez les jeunes ou chez les “vieux”. Il existe des vieilles personnes qui ne peuvent pas supporter les jeunes. A Villemur, là où j’habite, il s’est monté une salle pour jeunes, une sorte de M.J.C. Et des personnes du voisinage ont laissé courir le bruit comme quoi on faisait l’amour sur un banc placé sous un escalier. Il a été aussi dit que l’on se droguait etc. C’est avec des rumeurs comme celle-là que l’on ternit notre réputation.

Comment voulez-vous que nous les jeunes nous respections les personnes âgées ou ne serait-ce que les adultes après des actes pareils ? Pour nous venger nous répondons aux personnes qui nous critiquent. La semaine dernière, par exemple, nous étions trois dans une cabine téléphonique et une vieille dame criait qu’on allait casser le téléphone et qu’elle irait chercher les gendarmes. Que voulez-vous dire à ce genre de personne ?

Le respect ne doit pas fonctionner dans un seul sens. Sinon cela entraînerait des conflits qui pourraient facilement dégénérer et se répercuter à l’échelle de la nation.

Moi je pense qu’il ne faut pas faire attention aux personnes qui ne veulent pas participer à la fondation de ce point entre les générations. Du moment que les générations se respectent et se complètent, il existera toujours une minorité de personnes qui soutiendront ce pont. Ce nombre de personnes ne peut que s’accroître s’il existe une bonne entente dans les familles. Je pense faire partie des gens qui maintiennent ce pont.

650 mots

(Christophe met l’accent sur les rumeurs et les généralisations. Pas de vertu sans les trois tamis de Socrate : ne dire que des choses vraies,bonnes ou utiles… comme sa réflexion à laquelle je vme propose de donner le maximum de publicité, malgré quelques petites faiblesses.).

Roger et alii

Lycée Bourdelle

(27.100 caractères)

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