08 FAM parents – enfants – culture commune – 2016

Parents et enfants ont-ils une culture commune ? On peut en douter et pourtant il faut se poser la question à partir d’un travail de Pierre A revisité par Pierre S sous la forme d’un essai débat pp3 en 200 mots.

Parents et enfants ont-ils une culture commune ?

 

Introduction : Le problème est important bien que souvent esquivé : parents et enfants ont-ils une culture commune ?

 

  1. Apparemment parents et enfants n’ont pas de culture commune

Ia Les progrès scientifiques et surtout technologiques ont créé une coupure énorme entre générations : des métiers disparaissent, d’autres apparaissent.

Ib Les jeunes les découvrent et se sentent supérieurs à leurs parents qui semblent n’avoir plus rien à leur apprendre.

Ic La famille est minimisée par la mondialisation libérale et l’idéologie socialiste. D’où un individualisme destructeur.

 

II En réalité parents et enfants ont une culture commune

IIa Parents et enfants sont contraints de s’entraider par suite du chômage et de la perte des revenus.

IIb Des traditions familiales transmises par les grands-parents constituent un patrimoine émotionnel commun.

IIc A travers les parents c’est toute une société qui transmet une identité linguistique, civique et même religieuse.

 

Conclusion. Parents et enfants ont une culture commune mais il faut la chercher, la trouver et en comprendre le sens : « On ne devient ce que l’on est qu’à partir de ce que l’on nous a transmis ! De ce fait on naît pour être la continuité de quelqu’un. Donner la vie prend là toute sa signification » (Pierre A.)

 

212 mots, Pierre A et Pierre S, octobre 2016-10-28

 

Remarques complémentaires

 

  1. Depuis Aristote (384 – 322 av J.-C.) on considérait que la famille constituait la cellule familiale de base. « La famille est l’unité économiquepar excellence. Lorsqu’elle a tout ce qu’il faut pour produire ce qui est nécessaire à la consommation de ses membres, elle procède à l’échange du surplus de cette production. La cité (polis) est composée de familles, elles-mêmes déjà regroupées en villages, c’est-à-dire en colonies de familles qui se sont regroupées naturellement en vue de la satisfaction des besoins qui ne sont pas strictement nécessaires. La cité, elle, est une communauté achevée, formée de plusieurs villages une fois qu’elle a atteint un niveau suffisant d’autarcie. » (d’après Salon beige)

 

  1. La philosophie de saint Thomas est issue d’Aristote. Elle nourrit toute la société jusqu’au XVIII° siècle Elle développe la notion de Bien commun que l’Etat doit garantir et développer à travers des « communautés ». La famille fait partie de ces « communautés ». « Les meilleures conditions d’organisation de l’Etat réalisent les meilleures possibilités d’épanouissement pour la famille et la plus belle réalisation de la vie de famille est à son tout la meilleure condition pour le plein développement de l’Etat, c’est-à-dire de l’idéal de civilisation et de culture. » écrit André Modde dans son étude sur « Le Bien commun selon saint Thomas » (Revue philosophique de Louvain1949) Lien :

http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1949_num_47_14_4190

 

  1. Les Lumières remettent en question cette belle construction en prônant le divorce qui dissout la famille. A leur suite beaucoup de socialistes, à l’exception notable d’Alfred Sauvy (« Le socialisme en liberté » 1971) pensent que la famille est une institution périmée. Ils veulent élever collectivement les enfants et l’Union soviétique tenta de le faire. Ce fut un échec. Il fallut remplacer l’activité bénévole des parents, et surtout des mères, par des travaux rémunérés. Surtout, le bon équilibre des enfants, exigeait la présence des parents même moins compétents que des travailleurs sociaux. Alfred Sauvy en concluait que la famille remplit « une fonction que la collectivité s’avère, pour le moment, incapable de satisfaire » (« Le socialisme en liberté » p. 337). En 1985 François Mitterrand imposa à la majorité socialiste l’allocation parentale d’éducation. « A la lumière de l’enseignement d’Alfred Sauvy, il est clair que la France se doit d’avoir une politique de la famille. Une telle politique n’est ni de droite, ni de gauche, mais de bon sens. Elle suppose remplies trois conditions: écarter les présupposés idéologiques, tenir compte des réalités et bâtir une véritable liberté de choix. La France verra alors s’épanouir une politique familiale assurant l’avenir. » (d’après Gérard-François Dumont « Alfred Sauvy, le socialisme et la famille », juillet 1998, in « Panoramiques » n° 36).

 

  1. Défendre « la veuve et l’orphelin » ainsi que l’étranger était une obligation sacrée (Bible Exode 22 : 22, Zacharie 7 :10). Elle s’est dégradée dans le concept de « famille monoparentale » où l’on fait bon marché de l’absence du père. « Actuellement 1,5 million de ménages avec au moins un enfant sont monoparentaux. 22 %, soit plus d’une famille sur cinq, 16 % des enfants. Dans 85 % des cas, le parent est une femme… (…) On ne peut que constater que la libéralisation des mœurs et la répudiation à la carte apparaît ici comme une régression de la condition féminine.

Il nous faut mentionner aussi qu’il n’est malheureusement plus rare que des femmes décident qu’elles veulent un enfant mais sans le père qui va généralement avec : elles « se font faire » un enfant, et puis « larguent » le père, sans façon. La société, vache à lait complaisante, remplace le père.

C’est l’effet pervers de l’assistance inconditionnelle aux familles monoparentales qui rend, pour un nombre non négligeable de femmes cet état trompeusement enviable par le statut social qu’il leur confère ainsi qu’un revenu assuré par les allocations et les aides diverses. Ceci n’étant plus contrebalancé par une sorte de réprobation sociale quelque peu dissuasive. Il s’agit souvent de très jeunes femmes de milieu modeste et vivant dans un contexte familial déjà déstabilisant.  (…) (Les enfants de familles monoparentales connaissent un taux de pauvreté de 41,6 % contre 19,6 % pour l’ensemble des enfants) (…) Est-il vraiment incongru, au regard des difficultés de ces familles, de s’interroger sur la « libération sexuelle » dont on peut se demander si elle n’est pas une autre forme de servitude ? Sur la déconnexion entre sexe et procréation, entre l’enfant et le mariage qui lui assure, ainsi qu’à sa mère une stabilité et une sécurité dont ils ont besoin ? » (Claire de Gatellier, Présidente de Famille et Liberté, « La Lettre » septembre 2016)

 

Roger et Alii – Retorica – 1 040 mots – 6 500 caractères – 2017-06-23

 

 

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