09 FRA Où allons-nous ? 2016-03

Un compagnonnage de plusieurs années entre Pierre A et Pierre Sanglier dans le cadre d’Auxilia a donné quelques fruits intéressants dont cette réflexion.

Auxilia Pierre A

200 mots essai

Où allons-nous ?

I Les institutions politiques, religieuses, éducatives, culturelles sont actuellement gravement malmenées. Personne n’apporte de réponse ! Si quelqu’un avance une idée, celle-ci est combattue ou abattue. Les événements de 2015 en témoignent..

II. Est-ce la faute aux nouvelles technologies qui nous envahissent et qui accaparent non stop nos enfants en les privant de réflexion, de rêve, du goût de la lenteur, de l’ennui ? Essentiel l’ennui qui nous pousse ado, à faire des choix, à nous construire à travers des livres, des rencontres, des partages sociaux.

III. Est-ce la faute à l’école ? aux parents qui ne soutiennent plus les professeurs ? Il est facile de dire que Wikipédia en sait plus qu’un prof ! Si en 1968 on disait « sous les pavés la plage » aujourd’hui nous prenons les pavés en pleine figure !

IV. Est-ce la faute à la société arc-en-ciel ? Mais depuis toujours la population est un « mélange ». Dans le meilleur des cas, par le mariage d’une Bretonne avec un Alsacien et, dans le pire, par les conquêtes guerrières où essaiment Huns, Ostrogoths…

V. Est-ce la faute aux gouvernements ? Mais ? c’est nous qui votons pour eux ? Il faudra faire mieux la prochaine fois, ce qui n’est pas sûr !

VI. Rousseau a dit « Otez-lui la mémoire, il n’aura plus d’amour. » L’homme a la mémoire courte. Alors où allons-nous sans Amour ?

(224 mots, 3.30 heures)

Remarques de Pierre Sanglier

Votre réflexion me paraît très pertinente avec un bon angle d’attaque. La phrase de Rousseau est empruntée à son roman « La Nouvelle Héloïse ». Votre détournement de sens me paraît très heureux.

L’amour c’est l’affection, l’attachement, la solidarité et la fraternité (3° terme de notre devise républicaine). C’est un élan, c’est une attention et nous manquons tous de cet élan, de cette attention. D’où la pertinence de vos questions sur les nouvelles technologies, l’école, les parents, la société arc-en-ciel, les gouvernements et finalement nous mêmes.

Au fil du temps, des siècles, des conflits et des années par manque d’attention nous perdons des informations essentielles qui nourriraient notre attention et notre volonté. Nous en accusons tantôt l’égoïsme des autres, des riches tantôt et en même temps le système capitaliste et la mondialisation.

Les problèmes sont tellement complexes que nous nous décourageons à les examiner pour les résoudre. Songeons à cette « histoire inspirante des étoiles de mer ». Elle a été écrite en 1969 par Loren Eiseley (1907 – 1977), anthropologue et philosophe américain. Voici l’une de ces versions.

http://www.penseespositives.com/les-etoiles-de-mer-une-histoire-inspirante-qui-peut-changer-le-monde/

Un homme marchait sur une plage déserte au coucher du soleil. Peu à peu, il commença à distinguer la silhouette d’un jeune garçon dans le lointain. 

Quand il fut plus près, il remarqua que le garçon, un indigène du pays, ne cessait de se pencher pour ramasser quelque chose qu’il jetait aussitôt à l’eau.

Maintes et maintes fois, inlassablement, il lançait des choses à tour de bras dans l’océan.

En s’approchant encore davantage, l’homme remarqua que le jeune garçon ramassait les étoiles de mer que la marée avait rejetées sur la plage et, une par une, les relançait dans l’eau.

L’homme était intrigué. Il aborda le garçon et lui dit: « Bonsoir, mon ami. Je me demandais ce que vous étiez en train de faire. »

« Je rejette les étoiles de mer dans l’océan. C’est la marée basse, voyez-vous, et toutes ces étoiles de mer ont échoué sur la plage. Si je ne les rejette pas à la mer, elles vont mourir du manque d’oxygène. »

« Je comprends, répliqua l’homme, mais il doit y avoir des milliers d’étoiles de mer sur cette plage. Vous ne pourrez pas toutes les sauver. Il y en a tout simplement trop. Et vous ne vous rendez pas compte que le même phénomène se produit probablement à l’instant même sur des centaines de plages tout le long de la côte? Vous ne voyez pas que vous ne pouvez rien y changer? »

L’indigène sourit, se pencha et ramassa une autre étoile de mer. En la rejetant à la mer, il répondit: « Ça change tout pour celle-là! »

Combien trouve-t-on de personnes dans cette fable, dans cet apologue : au moins quatre et bien plus encore. L’étoile de mer d’abord qu’il faut traiter comme une personne qui va être sauvée, le jeune garçon qui a sauve, l’homme qui assiste au sauvetage et enfin le lecteur qui lit cette histoire et qui est invité à agir même d’une manière minime, même si son action peut sembler inutile. Elle ne l’est pas. De proche en proche nos actions contribuent à construire un monde meilleur et d’abord à ne pas le défaire…

Transmis par Roger et Alii

Retorica

800 mots, 4 900 caractères, 2016-03-08

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