09 FRA identité – Nous et l’Autre 2017-04

 

 

(1) Roger (2017-04-16) : Qui suis-je ? qui sommes-Nous ? qui est l’Autre ? Ces trois questions n’en sont qu’une mais à de multiples facettes. On en trouvera des échos à travers les liens suivants :

http://www.retorica.fr/Retorica/09-fra-identite-culture-2016-09/

http://www.retorica.fr/Retorica/09-fra-identite-portrait-du-francais-1996-02/

http://www.retorica.fr/Retorica/09-fra-identites-les-francais-2013/

 

Et d’abord qui est l’Autre ?

 

(2) 09 FRA  identité – Islam de France – 2017-04-15

« …Le véritable chantier derrière la question de l’islam, c’est le mépris social des médias envers les classes populaires. Il faut qu’ils s’ouvrent, que leurs patrons cèdent enfin leur place. Le « grand remplacement » que l’extrême droite craint aura bien lieu, mais il sera avant tout social et générationnel. »  (d’après Mouloud Achour, fondateur de « Téléramadan », Télérama 05/04/2017)

islam-objet-mediatique.fr L’islam, objet médiatique – Mediapart

https://www.mediapart.fr/journal/economie/181116/lislam-objet-mediatique?onglet

18 nov. 2016 – L’islamobjet médiatique » est une étude de données textuelles portant sur le traitement de l’islam dans la presse française entre 1997 et 2015 …

“Téléramadan”, la revue des musulmans qui en ont marre de s …

www.telerama.fr/…/teleramadan-la-revue-des-musulmans-qui-en-ont-marre-de-s-excu

7 juin 2016 – Mouloud Achour, Badroudine Said Abdallah et Mehdi Meklat proposent une nouvelle revue annuelle, “Téléramadan”, pour parler de l’islam en …

 

SaphirNews.com | Quotidien d’actualité

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Islam et musulmans : toute l’actualité sur SaphirNews.com . La rédaction vous propose une information approfondie sur le fait musulman.

 

(3) 09 FRA identité – Anne Nivat 2017-04-16

Reporter de guerre, prix Albert Londres, la journaliste Anne Nivat est parti sillonner six villes moyennes de la France périphérique, d’où elle a tiré un livre reportage « Dans quelle France on vit » (496 p. Fayard 2017)  Elle répond aux questions de Figarovox (14-04-2017)

 

FIGAROVOX.- (…) La France est-elle devenue selon vous un «pays en guerre»? 

Anne NIVAT.- Non la France n’est évidemment pas un théâtre de guerre. Il y a des thèmes de préoccupation, d’angoisse, qui provoquent de la violence verbale et sous-jacente. Ce qui m’intéresse, c’est le terrain, que ce soit, la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan ou Laon et Montluçon. Je me suis intéressée à ces petites villes, qui ne passionnent pas les journalistes, qui parlent plutôt des grandes métropoles, des banlieues ou de la campagne. J’ai précisément choisi ces villes parce qu’il ne s’y passait rien, qu’elles ne sont pas l’objet de scoops, pour montrer qu’on peut faire du journalisme sans chercher le sensationnel. C’est le type de villes où vit la majorité de la population française. Je ne travaille pas pour l’INSEE, mon livre n’est pas un sondage, c’est une enquête subjective. Prétendre que le journalisme dit la vérité, c’est de la fausse objectivité. J’assume ma subjectivité, tout en respectant une stricte déontologie: je ne décris que ce que j’ai vu et entendu.

 

(…) Aujourd’hui, il y a un discours journalistique très critique à l’égard des médias… L’avez-vous retrouvé dans vos rencontres? 

Oui, partout les gens m’ont sans cesse parlé des médias. C’était un sujet qui revenait tout le temps, avec celui de la politique. Décrédibilisation des médias et délégitimation du politique, voilà les deux rengaines les plus fréquentes que j’ai entendu sur le terrain.

 

Quel est le point commun des habitants de ces petites villes de la France, comme dirait Guilluy «périphérique»? 

Pour la lisibilité du livre, j’avais prédéfini cinq grands thèmes, à aborder dans des villes différentes: l’emploi (à Montluçon avec l’angle du demandeur d’emploi, et à Laval avec l’angle de l’employeur), le malaise des jeunes (Évreux), le sentiment de déclassement (Laon) , le sentiment d’insécurité (Lons-le-Saunier) et le débat sur l’identité (Ajaccio) . Mais tous les thèmes se mélangent dans toutes les villes. L’emploi reste la problématique majeure, c’est une angoisse phénoménale pour tout le monde, même pour ceux qui ont un travail, et qui ontpeur de le perdre, même en CDI.

 

Patrick, électeur FN de Lons-le-Saunier, dit au sujet des Maghrébins: «La réponse, c’est qu’on n’en veut pas!». Tandis qu’Hassan, dans la même ville, dit: «Chez les rebeus, on parle que des racistes, chez les racistes, on parle que des rebeus». Avez-vous le sentiment d’avoir rencontré deux France irréconciliables?

Toutes ces villes moyennes de France ont des quartiers où vivent des immigrés de la seconde ou troisième génération, qui sont Français. Certains d’entre eux restent tiraillés entre leur citoyenneté française et leurs origines, mais pas tous. Ce sont deux France qui n’ont pas envie de se voir. J’ai vraiment senti que les gens n’avaient pas envie de se mélanger. La peur de l’autre est mutuelle, elle opère au même niveau d’intensité des deux côtés. Deux France se regardent en chien de faïence, cultivant réciproquement LES stéréotypes. Dès que ces France font connaissance, se mélangent, il y a moins de peur, moins de dénigrement.

 

Vous évoquez une défiance profonde pour la politique, et en même temps, l’ «excitation» que suscite dans le pays la présidentielle. Comment expliquez-vous ce paradoxe? La politique est-elle devenue un divertissement? 

Ce n’est pas un paradoxe, au contraire: on est toujours passionné par ce qu’on critique, c’est la nature humaine. Les gens ne détestent pas les politiques, ils ne les croient plus, c’est différent. Ils aiment parler politique, ils aiment la «chose publique». Dans les sociétés en guerre, par exemple irakienne, ou afghane, tout est brisé, y compris les systèmes politiques, la préoccupation est de survivre. Chez nous, la démocratie est vivante et riche, les règles sont solides. La critique et le commentaire permanents sont signe de notre vitalité démocratique.

 

(…)  Le vote FN est très présent dans votre livre. Quels sont selon vous les ressorts profonds de ce vote: l’insécurité culturelle, le déclassement économique, ou le racisme bête et méchant comme on l’entend parfois encore?

Le vote FN fait peur au microcosme politico-médiatique parisien, mais en province il est complètement décomplexé. Nous serons sans doute étonnés par son score au premier tour. Les raisons en sont multiples, mais je crois qu’un des facteurs principaux est la décrédibilisation des politiques. Le principal atout de Marine Le Pen, c’est sa «virginité» politique: elle n’a jamais été au pouvoir. Ça joue en sa faveur.

 

Les gens vous parlent beaucoup de religion. Comment expliquez-vous ce renouveau d’une demande de spirituel dans une société qui prétend pourtant en avoir fini avec Dieu? 

Voilà un thème que je n’avais pas anticipé, et que j’ai identifié dans toutes les villes, dans toutes les catégories sociales, en en particulier chez les jeunes. J’ai senti un besoin de religieux, que ce soient chez les jeunes musulmans ou chez les jeunes chrétiens. J’ai été frappé par le succès des églises évangéliques dans ces villes moyennes. Beaucoup de populations d’origine africaine fréquentent ces églises, souvent situées dans des hangars, des garages. Des catholiques ont quitté leur paroisse pour les évangéliques. Les convertis, j’en ai vu beaucoup, dans les deux sens. Beaucoup de chrétiens africains qui se convertissent à l’islam, mais il y a aussi des conversions vers le christianisme évangélique. Il y a du mouvement, c’est très intéressant. Des jeunes catholiques de Laval racontent se sentir jaloux de jeunes musulmans, car, disent-ils, on parle plus d’eux dans les médias, ils sont plus visibles, on voit à leur habillement qu’ils sont musulmans. Ces jeunes reprochent à leurs parents: «Mais pourquoi ça ne se voit pas qu’on est catholique?». À Laval, lors d’une journée du dialogue interreligieux, un prêtre ouvrier, le père Berjonneau s’était rendu dans une mosquée, et l’imam lui a reproché de ne pas avoir porté de soutane, de n’être pas «habillé en prêtre». Je crois que le dialogue interreligieux est capital pour retisser le lien entre ces deux France.

 

Le pays est-il «morose»? 

J’ai trouvé une France qui se plaint, mais pas une France triste. Les Français aiment leur pays. Ce livre évoque leurs angoisses, mais il essaie aussi de mettre en valeur ceux qui sont prêts à s’aider les uns les autres, comme cette France des maraudes, qui sont organisées dans toutes les villes. Il s’agit de bénévoles, de toutes conditions sociales, qui sillonnent les rues pour aider les plus pauvres. Il y a là une France fraternelle, solidaire et optimiste.

 

Quelle leçon à tirer de ce voyage en France périphérique?

On pourrait aussi l’appeler la France qui n’est pas mise à l’honneur d’habitude. Beaucoup de gens de la France «d’en haut» viennent de cette France «d’en bas» qu’ils ont tendance à oublier à mesure qu’ils s’établissent dans la capitale. Ce livre est aussi un appel à se souvenir d’où ils viennent.

 

 

(4) Roger (2017-04-17) :  Anthologie « Demain dès l’aube » de Jacques Charpentreau (Hachette Jeunesse, dernière édition,  2015.Voici à mon avis le socle commun qu’il faudrait populariser. Le concepteur de cette anthologie, poète lui-même, décida de demander à d’autres poètes, ses amis, de choisir, chacun séparément, ce qu’ils jugeaient être les cent plus beaux poèmes français pour la jeunesse. Ce vote, fait démocratiquement, aboutit à une liste des cents textes les plus cités. (…) Dès que je pris connaissance de l’ouvrage, je le recommandai chaudement autour de moi.  Cette anthologie devint dans mes classes de seconde un des piliers de mon enseignement. . Je sais qu’un certain nombre de ses lecteurs en ont fait leur livre de chevet et de méditation

http://www.retorica.fr/Retorica/22-poe-anthologie-demain-des-laube-charpentreau-2007-06/

La découverte de l’identité français doit passer, à mon avis, par ces poèmes lus, chantés, étudiés. Ceci pour tous les jeunes français de toutes origines, de souche ou non.  A partir de là on peut s’interroger sur trois déclarations qui resteront d’actualité après les élections présidentielle et législatives de 2017. Nous et l’Autre circulons et nous rencontrons à travers ces professions de foi.

 

(5)  09 FRA identité – Fillon 2017-04-13

 

« …je n’accepte pas la constitution de communautés avec leurs propres règles, leur propre vision de la femme, leur propre conception du droit, leur propre système de valeurs pouvant parfois aller à l’encontre de celui de la République. La France, ce n’est pas une collection de communautés qui ne se parlent pas et ne partagent rien. Vivre en France, c’est accepter d’entrer au sein de la communauté nationale, la seule qui existe, et de respecter ses lois, ses coutumes et ses devoirs. Il appartient à l’État de faire respecter cela, mais il revient aussi aux autorités religieuses de stopper les dérives rigoristes et « sécessionnistes » dont vous parlez. Le Talmud déclare que « la loi du pays est ta loi ». Il y a de la place pour plusieurs amours dans un même cœur, mais une seule loyauté (…) » (François Fillon, Causeur, 11 avril 2017)

 

(6) 09 FRA identité – Mélenchon – 2017-04-13

 

« L’ascension de Jean-Luc Mélenchon tient à son talent de tribun, c’est un fait. Mais elle traduit aussi des réalités plus profondes. Les classes dirigeantes doivent d’abord se demander pourquoi La France insoumise, radicale à souhait, séduit aussi un électorat modéré. Difficile d’y voir autre chose que la rébellion d’une partie croissante de la population contre une société trop inégalitaire et angoissante, que Mélenchon a su capter.

Mais l’homme du Front de gauche a aussi réorienté son discours. En un mot, il s’appuie, lui aussi, sur l’identité française. Non pas celle de Marine Le Pen, dont il est aux antipodes sur bien des points, mais une identité républicaine, protestataire et patriote qui vient de loin. Doté d’une bonne culture historique, il convoque les mânes de la Convention montagnarde, des canuts et de Lamartine, de la Commune et de Jaurès, du Front populaire et de François Mitterrand, toutes traditions très nationales. Il a aussi pris sur les frontières une position claire : il est hostile au droit d’installation. Autrement dit, il veut contrôler l’immigration, ce qui lui permet de rester audible par les classes populaires. Sous cet angle, Mélenchon est bien français, ce qui lui permet de déborder son pré carré, quoi qu’on pense de ce tropisme patriotique. (…) » (Laurent Joffrin, « Tropisme » éditorial Libération, 12 avril 2017)

Roger (2017-04-16) : Laurent Joffrin crédite Mélenchon d’une bonne culture historique ». Il semble la commencer à la Révolution française. Il fait ainsi l’impasse sur dix voire quinze siècles de notre histoire… qui ont construit le socle de notre identité.

 

 (7) 09 FRA identité Macron  – 2017-04-13

 

« (…) Le modèle républicain français repose sur l’intégration. Cela ne saurait être remis en cause. À son origine, il a pris pour s’imposer des mesures coercitives. Il a éliminé les parlers régionaux, uniformisé et centralisé les programmes scolaires, délégué dans les provinces nos hussards noirs. Puis, nous avons séparé l’Église et l’État pour asseoir la laïcité. Ce fut la République de conquête et de combat ; il le fallait. La victoire de la morale républicaine est passée par une certaine réécriture de l’histoire nationale, par la formation de canons littéraires un peu figés. La vision de l’identité nationale par la IIIe République, jacobine et laïque, put certes vaincre les communautarismes mais elle fit grincer des dents : l’Action Française lui opposa les beautés du félibrige et d’une France millénaire bâtie par la chrétienté. Il y a quelque miracle aujourd’hui à trouver dans le même camp des héritiers de Lavisse et des héritiers de Maurras. Les cris de joie des maurrassiens lorsque la IIIe République s’effondra devraient à jamais séparer ces lignées. Mais la crainte du multiculturalisme communautariste aujourd’hui les réunit, et notamment le communautarisme musulman. Aux uns il semble défier radicalement les lois de la République, aux autres il semble contradictoire avec les racines chrétiennes de la France. Et lorsque je dis que je ne fais pas de la laïcité une arme de combat mais une arme de liberté, lorsque je dis que la France n’existe pas uniquement par ses racines chrétiennes, je déplais simultanément à M. Finkielkraut et à M. Buisson. Je suis en butte à la fois à Jacques Julliard et à Éric Zemmour. N’est-ce pas étonnant ? (…) » Emmanuel Macron, Causeur, 2017-04-13)

 

(8) Roger (2017-04-16) : Je voulais approfondir cette question en évoquant deux ouvrages historiques importants mais l’article présent est assez dense en lui-même. Il s’agissait de :

13 HIS Boucheron Histoire mondiale de la France

13 HIS Gueniffey Napoléon et De Gaulle

Ce sera pour plus tard…

 

Roger et Alii – 2 390 mots – 14 800  caractères – 2017-04-17

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