09 FRA Monarchie république 2016-10

 

Chaque année, le 21 janvier, date anniversaire de l’exécution du roi Louis XVI, certains mangent rituellement une tête de veau et d’autres assistent à une messe d’expiation. Ce conflit rémanent nourrit l’identité française et contrarie une vision apaisée de la monarchie et de notre pays. A partir de cette constatation j’ai tenté de mettre en ordre une série d’informations que je commente éventuellement au passage. Roger.

A 09 FRA Cazeneuve et la Révolution française 2016-10-22

B 09 FRA patriotisme gauche et droite 2016-10-22

C 09 FRA monarchie sondage 2016-10-22 

D 09 Monarchie Macron vide 2016-10-22 

E 09 Monarchie Macron Renouvin 2016-10-22 

F 09 Monarchie Bourbons vs Orléans 2016-10-22 

G 09 FRA monarchie Jean de France 2011 

H 09 FRA Monarchie Figaro Magazine 2015 

I 09 FRA Monarchie Louis de Bourbon Wikipédia 2016 

J 09 FRA Monarchie Louis de Bourbon discours extraits 2016-10

K 09 FRA Monarchie Louis de Bourbon discours texte complet 2016-10

L 09 FRA laïcité féminisme 2016-10

Il me semble inutile de donner une conclusion à cet ensemble de textes

Roger et Alii, retorica, 2016-10-24.

 

A

09 FRA Cazeneuve et la Révolution française 2016-10-22

www.bvoltaire.fr/…/cazeneuve-fait-defection-pour-la-canonisation-dun-martyr-de-la-rev

Cazeneuve fait défection pour la canonisation d’un martyr de la Révolution

 HIER

« Le 16 octobre dernier, à Rome, le pape François a canonisé sept nouveaux saints, dont les Français Élisabeth de la Trinité et Salomon Leclercq.

« Il est d’usage, dans une pareille circonstance, que le gouvernement du pays d’origine des nouveaux saints soit représenté. En 2015, c’est Bernard Cazeneuve qui avait ainsi assisté à la canonisation de Jeanne-Émilie de Villeneuve. Le très laïc ministre de l’Intérieur, que certains disent franc-maçon, s’était plié de bonne grâce à cette tradition qu’il n’avait pas manqué de qualifier de « républicaine ».

« Mais Cazeneuve aurait refusé, selon Le Canard enchaîné, de se rendre à Rome cette fois-ci. Toujours bien informé, le volatile du mercredi croit savoir que la personnalité de Salomon Leclercq ne permettait pas au premier flic de France d’honorer la cérémonie de sa présence. En effet, le nouveau saint a quelque chose de dérangeant pour un pur républicain.

« Né le 14 novembre 1745 à Boulogne-sur-Mer, Nicolas (Salomon en religion) Leclercq était un Frère des écoles chrétiennes, institution fondée par Jean-Baptiste de La Salle pour l’éducation des enfants pauvres. En 1790, l’Assemblée nationale décréta la Constitution civile du clergé, sanctionnée par le roi le 24 août. Le texte rompait le concordat de Bologne de 1516 en faisant des ecclésiastiques des fonctionnaire de l’État, et contenait les germes d’un schisme que le pape Pie VI dénonça rapidement.

Comme la quasi-totalité des évêques et la moitié des prêtres, le frère Salomon refusa le serment rendu obligatoire le 26 novembre. Devenu réfractaire, démis de toute fonction cléricale, il subit alors comme tous les autres la persécution du nouveau pouvoir révolutionnaire.

«  Resté à Paris, le frère Salomon Leclercq fut arrêté le 15 août 1792 et enfermé à la prison des Carmes. C’est là qu’à l’instigation de Danton, de nombreux religieux furent massacrés au cours des journées de septembre. Tués à l’arme blanche dans les jardins du couvent, ils inaugurèrent la longue cohorte des martyrs de la Révolution. 188 d’entre eux furent béatifiés par Pie XI le 17 octobre 1926.

« Évidemment, pour un ministre socialiste pour qui la République se confond avec une France née en 1789, le martyre d’un prêtre a quelque chose de dérangeant. Car Salomon Leclercq est mort pour ce qu’il représentait, et non pour ce qu’il avait fait. À l’image de Jacques Hamel, ce n’est pas sa personne qui était visée, mais la vocation qu’il avait choisie, la fidélité à sa foi, la persévérance dans son engagement en faveur des plus pauvres, animé par une profonde charité chrétienne.

« Ce faisant, Bernard Cazeneuve, cohérent avec lui-même, montre le visage le plus sectaire de la France contemporaine. Incapable de regarder l’Histoire en face, il ne peut accepter que le régime scellé par le sang de ses innombrables victimes, du roi aux humbles paysans vendéens, soit ramené à ses origines. La République de monsieur Cazeneuve a quelque chose de terriblement robespierriste : nimbée d’une pureté irréelle virant à l’utopie sanglante, elle n’ose pas affronter son passé. Incapable de repentance, elle s’identifie à la France pour mieux faire oublier qu’avant elle, quatorze siècles de monarchie à l’histoire tumultueuse ont fait de la France ce qu’elle est.

« Et on nous parle sans cesse de « vivre ensemble »…

(Boulevard Voltaire, 20 octobre 2016)

 

Roger (2016-10-22) : L’article du Canard enchaîné précisait que Bernard Cazeneuve avait été remplacé par Ségolène Royal. Je ne partage pas toutes les contributions du Boulevard Voltaire mais j’approuve cette analyse. Rendre justice à un martyr innocent me paraît fondamental.

 

 

B

09 FRA patriotisme gauche et droite 2016-10-22

Roger (2016-10-22) : J’emprunte cette analyse au journaliste bien connu Alain Duhamel. Patrie, c’est la terre des pères, c’est le patrimoine mais aussi le patriotisme. C’est enfin la République, au sens étymologique du terme la « chose publique » : elle appartient à tous, gauche et droite et non pas gauche vs droite comme certains s’obstinent à le penser. On peut être royaliste et républicain.

« En France c’est la monarchie qui a fait l’Etat, et c’est l’Etat qui a fait la nation  contrairement à nos voisins allemands, anglais, italiens ou espagnols où c’est au contraire la nation qui a fait l’Etat (…) La conscience du patriotisme est sortie des guerres de la Révolution, puis de l’Empire, même si l’idée de nation s’esquisse dès Philippe Auguste et culmine avec Louis XIV (…) » Le patriotisme est un héritage jacobin et napoléonien qui est à gauche sous la Restauration et le reste jusqu’à la défaite de Sedan. Sous le boulangisme et l’affaire Dreyfus le nationalisme parle plus fort que le patriotisme d’autant que l’internationalisme pacifique brouille les cartes avec les illusions de Jaurès.

Dans l’entre-deux guerres la gauche se veut « alors à la fois internationaliste, pacifiste et patriote, cependant que la droite se divise entre nationalistes et munichois. » Après la Libération la gauche est patriote mais la guerre froide, la décolonisation et l’idée européenne brouillent les cartes. « Durant la guerre d’Algérie, il y a des socialistes nationalistes et des socialistes décolonisateurs. Le patriotisme barrésien mais émancipateur du général de Gaulle éclipse de toute façon les fractures et les contradictions du patriotisme de gauche ».

« La Révolution culturelle de 1968 » ignore le patriotisme. La gauche s’intéresse à l’Europe. « La droite chiraquienne est plus patriote qu’européenne » et Mitterrand cumule patriotisme et Europe. Le FN s’accapare le patriotisme avec un « nationalisme de repliement, d’isolement, de xénophobie. » Les socialistes, sauf Ségolène Royal, perdent sur les deux tableaux et donnent « le sentiment de n’être ni des Européens heureux ni des patriotes épanouis. » Hollande veut sortir de cette phase stérile en revendiquant le patriotisme. (d’après Alain Duhamel, Libération, 3 décembre 2015)

 

Roger (2016-10-24) Cette mise au point de Duhamel m’a paru excellente et propre à figurer dans le dossier «09 FRA Monarchie république ». Hollande, à mon avis, a su revendiquer le patriotisme mais pas l’Europe.

 

 

C

09 FRA monarchie sondage 2016-10-22

 

« La monarchie n’a peut-être jamais été aussi moderne : n’est-ce pas Emmanuel Macron qui déclarait qu’il manquait un roi à la France ?

En savoir plus sur http://www.bvoltaire.fr/benjaminleduc/le-retour-du-roi,280291#bVDLCM8QrWj8LSFt.99

« Un sondage réalisé par BVA, du 22 au 23 août 2016, sur commande de l’Alliance royale, montre que pour 31 % des Français, remplacer le président de la République par un monarque donnerait une meilleure image de la France dans le monde. Ce chiffre est en progression par rapport au précédent sondage, datant de 2012 (et non 2007, comme l’indique LCI qui a relayé l’information), où ils n’étaient que 24 %. Autre erreur dans l’annonce de LCI : « Près d’un Français sur quatre estime, par exemple, que cela aurait des conséquences positives sur l’unité nationale (39 %) et la stabilité du gouvernement (37 %). » 39 % ou 37 % font « plus d’un sur trois » et non « près d’un sur quatre ». Nuance.

« Pour ceux qui n’ont pas suivi la poussée royaliste, on pouvait lire sur la Toile, le 21 janvier dernier à l’occasion de la commémoration de la mort de Louis XVI, des messages de ce genre : « Est-ce que François Hollande a l’intention de prendre part aux commémorations du jour ? » ou encore, de la part de royalistes de longue date, « Que se passe-t-il ? Il y a 10 ans, la messe de requiem pour Louis XVI rassemblait un pelé trois tondus, et cette année, tout le monde en parle comme si c’était l’événement de l’année ! »

Quoi qu’il en soit, le royalisme fait encore peur au système. Ainsi, en 2012, l’Alliance royale souhaitait présenter un candidat royaliste à l’élection présidentielle. Cependant, elle n’obtint pas les 500 parrainages. Certains maires expliquèrent qu’ils renonçaient à donner leur parrainage suite à des appels de leur préfet ou d’autres autorités qui les menaçaient de leur couper les subventions (pour la rénovation d’école, salle de sports, etc.) s’ils ne retiraient pas leur parrainage. Cette situation pourrait bien changer puisque, désormais, il y a des élus Alliance royale dans plusieurs conseils municipaux.

« Parmi les raisons de ce retour en grâce de la monarchie, il y a certes le rejet du système en place, et le spectacle qui se déroule quotidiennement sous nos yeux ne peut qu’alimenter ce rejet. Mais il faut bien voir aussi que les institutions françaises coûtent deux fois plus cher que la couronne britannique ou quatre fois plus que celle d’Espagne. Une Restauration accompagnée d’une véritable simplification du mille-feuille administratif, mais dans le respect de nos réalités provinciales et régionales, permettrait sans nul doute des économies non négligeables et une baisse substantielle des impôts. Notons aussi – même si l’argument mercantile n’est pas le plus important – que la famille royale est génératrice de richesses, ne serait-ce qu’à travers les événements majeurs, à la fois familiaux et nationaux : couronnement, mariage, etc. Alors qu’en France, allongement de la durée de vie aidant, nous continuons à entretenir grassement les « maisons » des anciens présidents de la République, sans pour autant qu’ils nous rapportent un seul centime d’euro !

« Mais surtout, une monarchie héréditaire permettrait de libérer la France du régime des partis et de lui donner un véritable arbitre suprême, garant de l’unité nationale et de sa continuité historique, là où la République ne crée que divisions, fractures et haine de soi. Dans la situation actuelle du pays, un roi n’aurait eu aucun scrupule à dissoudre l’Assemblée nationale, permettant de mettre fin à l’état de manifestation permanent dans lequel vit notre pays depuis fin 2012.

Depuis saint Rémi, de nombreuses prophéties ont évoqué ce grand monarque qui sauvera la France, accompagné par un grand pontife qui sauvera la foi, les deux étant des jumeaux issus de la maison de France. Certes, une prophétie n’engage personne, mais la naissance des fils jumeaux de Louis XX, duc d’Anjou, peuvent donner à réfléchir…

Et puis, en guise de clin d’œil à l’actualité, la monarchie n’a peut-être jamais été aussi moderne : n’est-ce pas Emmanuel Macron qui déclarait, il y a peu, qu’il manquait un roi à la France ? »

 

En savoir plus sur http://www.bvoltaire.fr/benjaminleduc/le-retour-du-roi,280291#bVDLCM8QrWj8LSFt.99

Roger (2016-10-22) : Emmanuel Macron évoque le « vide » créé par l’absence d’une monarchie constitutionnelle en France. Il ne s’agit pas de combler ce vide mais simplement d’en avoir conscience, de le dire et d’en tirer des conséquences pratiques. Je reviens sur cette idée dans les fichiers suivants.

 

 

D

09 FRA Monarchie Macron vide 2016-10-22

Planet.fr 8 juillet 2015 : « … lors d’un entretien accordé au magazine 1 et repéré par Le Point, Emmanuel Macron a eu des mots qui risquent fort d’alimenter les critiques à son égard. « Il manque un roi » à la France, a-t-il répondu au journaliste qui lui demandait si « la démocratie est forcément déceptive ». Et le ministre de poursuivre en expliquant que « la démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même ».

« Selon lui, « dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont (il) pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort ». Précisant sa pensée, Emmanuel Macron a ensuite estimé : « On a essayé ensuite de réinvestir ce vide (…) mais la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu ».  Faut-il y voir une pique adressée à François Hollande et à son credo de campagne « un président normal » ? »

Roger (2016-10-22) : « Il manque un roi à la France » dit Emmanuel Macron qui précise un peu plus loin qu’il s’agit d’un « vide » qui n’a pu être comblé, « réinvesti ». Je n’y vois aucune pique à l’endroit de François Hollande mais une constatation qui va loin. Royaliste, Macron ne semble pas croire au retour de la monarchie, même sous sa forme constitutionnelle, du moins dans un avenir proche. Il faut donc faire avec ce « vide » que la figure présidentielle ne peut remplir. La démocratie est plus une méthode de consultation que de gouvernement se plaisait à dire Pierre Mendès France. Il arrive un moment où, selon nos institutions, le président de la République doit faire un choix éclairé en fonction du seul bien commun, au delà de forces contradictoires et ce après de multiples consultations qui doivent, pour l’essentiel, devenir accessibles à tous. Le choix gouvernemental peut être contestable mais on n’a pas intérêt à le contester. Mieux vaut en comprendre la logique et l’expliquer. Ceci pour la stabilité des institutions et de la société. C’est, à mon avis, la bonne manière de combler le « vide ». On peut évidemment faire des propositions pour l’avenir en veillant à leur cohérence.

 

E

09 FRA Monarchie Macron Renouvin 2016-10-22

 

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2015/07/26/royaliste-emmanuel-macron-ce-qu-en-pense-bertrand-renouvin.html

 

 

« Bertrand Renouvin a donné dans son blog une analyse pertinente des déclarations d’Emmanuel Macron. « Royaliste, Emmanuel Macron ? » Sa réponse n’est naturellement pas en tous points ce que serait la nôtre. Notamment sur quelques points d’histoire. Mais son commentaire est tout à fait intéressant pour qui persiste à croire – comme lui, sans doute, et comme nous – en un avenir du royalisme français. La conclusion de son billet est, au fond, une forme d’interrogation : « Il sera du plus haut intérêt d’observer comment Emmanuel Macron mettra sa carrière personnelle en accord avec ses conclusions politiques. » Mais n’est-ce pas là l’enfermer dans une sorte de gageure ? Pour réaliser cet accord entre ses conclusions politiques et sa carrière personnelle, sans-doute faudrait-il qu’il en sorte … Mieux vaut, peut-être, faire confiance à l’avenir : qui nous dit quelles conséquences plus larges qu’elles n’ont aujourd’hui ces déclarations, cette réflexion, pourraient faire germer si les circonstances d’une hypothèse monarchique venaient à se créer, à se réunir ? Dans ce sens, en effet, Renouvin a raison : elles sont à prendre au sérieux. LFAR

« Les propos d’Emmanuel Macron sur « la figure du roi » suscitent maints commentaires narquois ou indignés. Elle est à prendre au sérieux. Emmanuel Macron dit fort justement que la démocratie ne se suffit pas à elle-même : « Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. »

« Un entretien accordé à la presse n’est pas aussi médité qu’un écrit théorique et je m’en voudrais de reprocher à Emmanuel Macron ses raccourcis. Sans doute reconnaîtrait-il sans difficulté que Napoléon n’a rien à voir avec de Gaulle pour cette simple raison que l’Empire n’a pas comblé ce qui manque à la démocratie mais s’est établi sur sa négation. Sans doute reconnaîtrait-il également que Louis XVIII et Louis-Philippe ont rempli leur fonction symbolique (incarner la nation, garantir paisiblement le lien social) en permettant l’institution progressive du régime parlementaire. Il aurait pu ajouter que le général de Gaulle comprenait si bien l’absence de roi qu’il souhaitait que le défunt comte de Paris puisse lui succéder à la présidence de la République dès lors que cette solution serait acceptée par le peuple souverain.

« Ces précisions ne diminuent en rien la force du propos d’Emmanuel Macron : en référence aux théorèmes d’incomplétude de Gödel*, il affirme que le système démocratique a besoin pour fonctionner d’un principe extérieur à lui-même : le thème du « roi absent » ne signale pas un royalisme de regret mais un point décisif de la logique politique qui porte à considérer la monarchie royale comme puissance instituante de la démocratie – ce qu’elle fut effectivement dans maintes nations européennes.

« Plus surprenant : la manière dont Emmanuel Macron actualise sa réflexion. Après avoir constaté que la démocratie française ne remplit pas l’espace, il poursuit : « On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu. » Bon lecteur de Pierre Rosanvallon, de Marcel Gauchet, de Jean-Pierre Dupuy, de Claude Lefort, le ministre de l’Economie et des Finances affirme donc que le président de la République n’existe pas. En d’autres termes, François Hollande, homme de chair et d’os, est un néant politique comme le fut Nicolas Sarkozy. Nous avons fait ce constat depuis belle lurette mais ce qui pouvait apparaître comme une impudence militante est aujourd’hui magistralement attesté.

« Il sera du plus haut intérêt d’observer comment Emmanuel Macron mettra sa carrière personnelle en accord avec ses conclusions politiques.

« * Une théorie qui permet de démontrer les théorèmes de base de l’arithmétique est nécessairement incomplète car elle utilise des énoncés ni démontrables, ni réfutables ; une théorie est cohérente si elle utilise des énoncés qui n’y sont pas démontrables. Gödel a fait l’objet de débats nourris dans les années quatre-vingt, auxquels participèrent Jean-Pierre Dupuy et Régis Debray. »

Le blog de Bertrand Renouvin

Roger (2016-10-22) : Emmanuel Macron explique dans une confidence télévisée que sa vie comme personnage politique actif ne durera pas plus de « dix ou quinze ans ». Et après ? et pourquoi ? Macron est d’abord un littéraire qui a très mal vécu son échec à l’entrée de Normale Sup. Il jette actuellement toutes ses forces dans le combat politique mais ceci n’aura qu’un temps. Je crois que Solon (Grèce, 640 – 558 avant J.-C.) est son modèle secret. Après avoir fait fortune dans l’import-export d’huile d’olive, Solon se lance dans la politique, réforme les institutions athéniennes, puis prend du recul, se retire des affaires publiques pour voyager à travers la Méditerranée afin d’étudier les autres systèmes politiques. Il rassemble une énorme documentation sur les royaumes du Nord pour une épopée qu’il n’écrira pas. Elle servira à Platon pour son « Atlantide ». Voir :

http://www.retorica.fr/Retorica/13-his-atlantide-1-platon-2003-09/

http://www.retorica.fr/Retorica/13-his-atlantide-2-solon-2009-12/

 

Il semble que, passée la cinquantaine, Emmanuel Macron se consacrera, lui aussi, à un grand œuvre de nature littéraire. A vérifier bien entendu mais la politique est pour lui une fonction et non un métier.

 

 

F

09 FRA Monarchie Bourbons vs Orléans 2016-10-22

 

d’après « Aujourd’hui j’ai appris. Histoire » www.unedeplus.fr/ Histoire

Qui est aujourd’hui l’héritier du trône de France. 3 nov 2009

 

« Pour la majorité des royalistes, le « roi de France » est aujourd’hui le Prince Jean d’Orléans (ne en 1965), Duc de Vendôme, « Jean IV », descendant de Louis Philippe ( dernier roi de France de 1830 à 1848).
.

Pour les légitimistes (qui n’avaient pas accepté l’accession au trône de Louis-Philippe), l’héritier est Louis de Bourbon (né en 1974), Duc d’Anjou, « Louis XX », aîné des descendants mâles d’Hugues Capet en primogéniture. Il est  le descendant direct de Louis XIV.

« La querelle dynastique oppose les branches Bourbons et Orléans.

Les Orléans considèrent que l’ancêtre de Louis de Bourbon, Philippe de France (petit-fils de Louis XIV) avait renoncé au trône de France en montant sur le trône d’Espagne sous le nom de Philippe V.

« Les Bourbons considèrent que les Orléans sont illégitimes depuis que Philippe d’Orléans, père de Louis-Phillipe a voté la mort de Louis XVI sous le nom de Philippe Egalité. »

 

.Réponses :

La Hulotte 24 décembre 2009

Les Bourbons considèrent aussi que la renonciation de Philippe, petit fils de Louis XIV, n’est pas valide car elle n’a pas été enregistrée par le Parlement à l’époque (si, si, ça marchait comme ça) et comme selon les règles dynastiques, le Prince Louis est en fait le dernier héritier direct de Louis XIV, le trône lui revient.

folcher 6 février 2010

Je suis très attachée à l’histoire de France, celle d’avant la révolution, et comme La Hulotte, le prétendant légitime au trône de France est le prince Louis, espagnol (cela me gêne quand même), descendant d’Hugues Capet.

Je suis révulsée de penser que certains envisagent les descendants de Napoléon, quelle honte…. De toute façon, la royaliste que je suis a la nostalgie de notre monarchie qui ne sera jamais ce qu’elle a été car la France actuelle ne correspond plus à cet ancien régime. Oui je suis une passéiste avec les valeurs qui vont avec et très déçue de nos contemporains et l’avenir ne me fait pas rêver.

Chorus 13 juillet 2012

Le royalisme est une idée intéressante de parti politique. Ceci dit, ces idéaux ne sont pas compatibles avec ceux du peuple français. De nos temps, cela paraît impossible mais je pense honnêtement qu’une monarchie constitutionnelle ferait du bien à la France. Non seulement assurerait les même fonctions que notre République actuelle, mais elle donnerait aussi un symbole à la France. Quelque chose en quoi croire en somme. Quant au choix du Roi, je pense que le candidat plus légitime serais Louis de Bourbon. Même s’il ne porte pas le vrai nom de famille des rois de France (qui est d’Orléans)

 

Roger (2016-10-22) : Toutes ces réflexions me paraissent très intéressantes.

 

 

G

09 FRA monarchie Gens de France 2011_06

 

Le mouvement monarchique peut sembler anachronique à beaucoup. Néanmoins en ces temps troublés il a quelque chose à nous apprendre à travers notamment le mouvement Gens de France fondé – et ce n’est pas un hasard – par Jean de France. Roger Retorica

 

  1. Né en 1965, Jean de France, duc de Vendôme est, depuis 2004, le dauphin de France reconnu par les orléanistes. S’il devait devenir roi de France il le serait sous le nom de “Jean IV” avec le projet politique d’une monarchie constitutionnelle, à l’image des monarchies européennes actuelles. Il penserait à la présidence d’une grande institution comme la Croix Rouge où, dit-il “je pourrais délivrer une vision à long terme, alors que les politiques ont le nez dans le guidon.” Après des études de philosophie et de droit en France, il a obtenu aux Etats-Unis un MBA en administration des affaires. Il vit, entre autres activités, de la gestion du domaine que lui a laissé sa grand-mère paternelle, la comtesse de Paris. Il a épousé en 2009 Philomena de Tornos et fait avec elle un “pélerinage de noces” à saint Jacques de Compostelle. Depuis 2010, il ont un enfant prénommé Gaston. (d’après Wikipédia)

A l’occasion de la parution de son livre “Jean de France. Un prince français” (2009) il déclare : “Pour moi être prince c’est se référer à des principes, c’est-à-dire toujours aller au fond des choses, aller pour chaque question aux causes essentielles. (…) Il s’agit d’abord de transmettre ce que j’ai reçu, que, sans nul mérite de ma part, je tiens de ma seule origine. Ayant moi-même pris conscience de ce que je suis, je veux aider les Français à prendre conscience d’eux-mêmes. Il faut que tous sachent d’où viennent les étonnants privilèges dont ils jouissent. Pour reprendre leur ascension historique vers toujours plus de justice et de liberté vraie, et vers une présence toujours plus forte dans le monde, il faut qu’ils sachent qui ils sont, de quel héritage ils profitent et à quelles conditions leur avenir peut être assuré.” (déclaration à la Lettre de Gens de France, juillet – Août – Septembre 2009)

 

  1. Jean de France UN PRINCE FRANÇAIS entretiens avec Fabrice Madouas”, éd Pygmalion (2009, ) Fabrice Madouas, journaliste à Valeurs actuelles, est en réelle empathie avec Jean de France. Celui-ci se réfère inlassablement à l’héritage capétien qu’il assume. Il dit notamment : « Notre pays est un puzzle dont les rois ont associé les pièces à force de patience. » (…) « Il faut rassembler autour d’un projet commun. C’est ainsi qu’ont procédé les Capétiens pour assurer l’unité de ce pays ». Ceci sans souci d’échéances électorales. « On peut servir son pays sans chercher à se faire élire». Voici quelques extraits significatifs de l’ouvrage

Histoire. – “Les Français ne sont liés ni par l’idée de race, ni par l’intérêt mercantile mais par une histoire commune.”

   – “Le nom de “France” signifie “liberté”. Au lieu de nous lamenter sur le passé, demandons-nous ce que nous pouvons faire pour notre pays !”

Education. – “On ne peut pas demander aux gens d’aimer un pays qui n’a plus de projet parce qu’il a nié son héritage.”

France. – “Si j’avais un ouvrage à écrire, il pourrait s’intituler : “Le rôle social du modèle chrétien de la famille”. Un père, une mère, des frères et des sœurs : tous les ingrédients sont là pour faire l’apprentissage de la vie en société.”

   – “Les Français valent la peine qu’on se donne de la peine pour eux.”

   – “Comment avoir un grand projet quand nous bornons notre réflexion à cinq ans, la durée d’un mandat présidentiel ?”

Justice. – “Si la justice est la première des fonctions régaliennes, c’est que le besoin de justice est la plus pressante nécessité du peuple.”

   – “La justice est le fondement du consentement populaire et, par conséquent, de l’autorité véritable.”

Foi. – “Le christianisme n’est pas une religion parmi d’autres : nous lui devons ce que nous sommes. Bien des difficultés seront aplanies si les uns s’en souviennent et si les autres l’admettent.

Culture. – “C’était cela le mécénat des princes : fournir aux artistes les moyens d’exprimer leur talent, les princes contribuant en contrepartie, à l’édification de leur cité par leur travail.”

Economie. – “Il revient à l’Etat de définir le cadre juridique, social, fiscal propice à la prospérité des familles et des entreprises/ Mais nous aurions tort de céder au “tout-Etat” après avoir sacrifié au “tout-libéral”.

   – “Les entreprises familiales ont “fait” du développement durable bien avant qu’on en parle ! Pour elles, il ne relève pas d’une mode mais d’une façon naturelle de conduire leur activité.”

Diplomatie. – “Il est frappant de constater que les pays qui émergent ou qui retrouvent leur place s’appuient tous sur leurs traditions culturelles et sociales.”

   – “L’Europe se fait contre les peuples et sans l’homme. Allons-nous commettre la même erreur que l’Union soviétique ?”

   – “Une nation chargée d’histoire comme la nôtre ne saurait survivre intellectuellement et moralement sans un projet de nature universelle.”

Défense. – “La défense est une compétence régalienne, c’est même la première obligation d’un Etat vis-à-vis de ses citoyens. Assurer la sécurité des Français, ce n’est pas nier les dangers, c’est au contraire s’y préparer.”

   – “En matière de défense, il ne faut pas se laisser prendre aux mirages de l’actualité, mais au contraire raisonner à long terme.”

   – “C’est l’amour du beau, du bien et du vrai qui vous incite à défendre la terre et les valeurs qui ont forgé l’adulte que vous êtes.”

Institutions. – “La monarchie, c’est un prince dont l’arbitrage est admis par tous car il n’est l’homme d’aucun camp. La monarchie c’est un rapport direct, personnel, entre le roi et le peuple.”

   – “Ce que beaucoup appellent démocratie est un système où le peuple a le pouvoir de donner son avis, de consentir aux lois et surtout d’être garanti dans ses libertés : ce qui n’exclue nullement la forme monarchique du pouvoir.”

(relevé sur la revue Gens de France juillet – août – septembre 2009)

 

  1. Résister à la désagrégation sociale. “Les Français se voient désormais entraînés dans la spirale de la désagrégation sociale. Le salarié à qui on vantait les miracles de la croissance découvre la dure épreuve du chômage, le chef d’entreprise qui rêvait de perspectives “mondialisées” constate qu’il ne peut plus assumer ses charges, la mère de famille qui croyait à la “libération” des femmes perd les protections lui permettant d’élever elle-même ses enfants, et même l’immigré attiré par l’espoir d’une vie meilleure ne se voit plus que comme un déraciné sans avenir. (…) Notre pays doit par tous les moyens résister à la désagrégation sociale. C’est sur ce point que je souhaite faire entendre ma voix. La montée du chômage, l’éclatement des familles, l’urbanisation sauvage, les migrations non contrôlées, le poids de la fiscalité, les crises de l’enseignement, d’autres facteurs encore, constituent autant de sources d’éclatement du lien social.

   Je voudrais en parler dans le langage qui est le mien : le langage “capétien”, qui est d’abord langage d’indépendance et d’unité.”

D’où, l’importance des nombreuses rencontres de Jean de France avec des publics très divers auxquels il présente son livre, recueillant soigneusement les avis de ses auditeurs. Il commente cette idée de Soljénitsyne citée dans son livre : “Toute culture nationale est bénie, les nations sont les couleurs de l’humanité.” Partout, y compris aux Etats-Unis, il en profite pour retisser ou resserrer des liens patrimoniaux. Ainsi les relations des Orléans avec l’Amérique lui tiennent à cœur : Louis- Philippe, exilé, fit un séjour de quatre ans à Philadelphie. (d’après la lettre de Gens de France, août 2010).

 

  1. François Reloujac, économiste, a écrit pour Gens de France une analyse des crises économique, financière et politique. Pour lui la première cause est politique : “Elle résulte de la facilité qui a conduit les hommes politiques à réduire le fondement de leur pouvoir à une simple question financière.” On a admis que “celui qui a l’argent a le pouvoir.” “Tout le discours politique contemporain est orienté vers l’augmentation du pouvoir d’achat immédiat et son corrolaire : l’achat – direct ou indirect – des voix aux élections.” Le suffrage universel était autrefois conservateur mais aujourd’hui “l’on assiste à un emballement des promesses suivi d’un cumul de déceptions.” C’est l’insatisfaction permanente. “Elevés comme des dieux par les survivants de la guerre”, leurs enfants devenus adultes ont vécu de consommation et d’inflation jusque dans les années soixante-dix : “ils n’avaient pas voulu d’enfants pour ne pas avoir à partager avec une progéniture encombrante.” Ensuite ils ont découvert qu’il leur fallait protéger leurs retraites d’où “les fonds de pension dans le monde anglo-saxon ou l’assurance-vie dans le monde latin.” Envols de la dette publique et du crédit à la consommation en sont les conséquences. Les mots ne sont plus compris : l’appel allemand à la rigueur est attribué à une tendance névrotique héritée de la Grande Dépression. Alors qu’on ne peut pas indéfiniment vivre au-dessus de ses moyens.

Les hommes politiques ont favorisé “le développement des multinationales apatrides qui sont les grands feudataires d’aujourd’hui.” Les feudataires étaient les vassaux du roi. En son temps Hugues Capet (vers 940 – 996) , comte de Paris, arrière-petit-fils de Robert le Fort (815/830 – 866) , avait su assurer l’unité de la nation contre ces grands feudataires. Aujourd’hui les grands feudataires sont des personnes morales apparemment intouchables : on peut couper une tête, elle repousse ailleurs. Le droit du lieu géographique est devenu, avec l’Europe, “le droit du pays d’origine, celui du prestataire de service, celui du marchand.” Enfin toute disposition nouvelle est soumise “à une présentation et à un jugement médiatique” plus élargis et plus forts que du temps d’Hugues Capet où tout le monde partageait les mêmes valeurs. Nous disposons de moyens bien plus importants. Il faut la rencontre des volontés : “la volonté de celui qui accepte de relever le défi de servir ainsi des peuples définis et la volonté de ceux qui acceptent de se mettre à son service. Car, en donnant la primauté à l’économie, ce que notre monde a oublié, c’est que la politique est un moyen de servir et non de se servir, que c’est un service et une solidarité.” (fin du résumé)

 

  1. Le souci de la justice. Jean de France explique : ““La main de justice a été et sera toujours la symbole du roi de France” disait mon grand-père dans son Essai sur le gouvernement de demain. On croit souvent que la justice sociale, c’est que chacun ait autant que tous les autres. C’est une perspective illusoire et trompeuse qui, dans la réalité, ne peut qu’aboutir aux injustices les plus graves. En revanche, l’exigence de respect du bien commun impose de faire en sorte que chacun puisse disposer de ce qui lui est nécessaire. (…) Je ne crois pas à la fatalité de l’injustice. C’est la justice qu’il faut rendre fatale.” Jean de France a réuni un groupe d’experts dans le Cercle Vauban. Celui-ci publiera dans le courant 2011 “Onze propositions pour les PME”. Le site gensdefrance.com et le nouveau siège social (1 rue de Courcelles 75008 Paris, secretariat@gensdefrance.com) confirment le dynamisme de l’association.

L’année Henri IV (2010) n’a pas reçu l’hommage officiel qu’on aurait pu attendre. Pourtant Henri IV inaugure une monarchie “absolue” c’est-à-dire indépendante des partis et des puissances financières. Il écrit la politique dans la pierre : l’axe Louvre – Tuileries dessine le grand axe est-ouest de Paris ; le pont Neuf est très innovant car bâti entièrement en pierres ; la place Royale (place des Vosges) est la première grande place parisienne ; enfin Henri IV n’a pu mener à bien son projet de place de France sur laquelle auraient débouché des rues radiales représentant les provinces françaises. Il faudrait parler aussi du “grand Dessein” qui préfigurait l’Europe. Nicolas Sarkozy le disait dans un message lu à Rome le 11 décembre 2009 devant la statue de Henri IV à Saint Jean-de-Latran : “… la France moderne n’est pas née en 1789” mais plutôt sous Henri IV, et il ajoutait : “Je forme le vœu que 2010 soit l’occasion pour tous les Français de redécouvrir son œuvre fondatrice.

Le site henriIV.culture.fr rend justice à ce très grand roi. Dans une tribune au Figaro (14 mai 2010, date anniversaire de la mort du roi) Jean de France montrait “comment le roi Henri, avec son célèbre panache blanc, son étonnante vitalité, sa capacité sans égale à entraîner les hommes et fédérer les énergies, a rendu à une France déchirée, exsangue, le goût du “vivre ensemble””.

(d’après Gens de France, lettre n° 20, janvier 2011)

 

Roger et alii, Retorica, 12 900 caractères, 2011

 

 

H

09 FRA Monarchie Figaro Magazine 18 juillet 2015

Dans la couverture du Figaro Magazine en date du 18 juillet 2015, on voit la photo du futur « Louis XX, Roi de France » avec la légende « Louis de Bourbon, aîné des Capétiens. » Le Figaro Magazine et Stéphane Bern, pourtant orléaniste, veulent ainsi « faire connaître le roi pour ensuite le reconnaître » (voir Vexilla Galliae et l’IMB (Institut de la Maison de Bourbon).

Roger (2016-10-22) Entre « connaître » le roi potentiel et le « reconnaître » il y a un abîme, le fameux « vide » évoqué par Emmanuel Macron. Peut-on et faut-il combler ce « vide » ? A mon avis, il suffit d’en avoir conscience pour tenter de le combler dignement sans avoir recours à une monarchie même constitutionnelle.

 

I

09 FRA Monarchie Louis XX Wikipédia 2016-10-22

Voir « Louis de Bourbon (1974) » (Wikipédia)

(…) Prises de position.

« Dans une interview à Paris Match le 13 juin 2010, Louis de Bourbon déclare être monarchiste, « mais pas antirépublicain », et se positionne pour « une monarchie constitutionnelle à l’espagnole, avec un roi qui fait office d’autorité morale, d’ambassadeur de son pays à l’étranger, garant de l’unité du pays, rappel de l’Histoire ».

Dans le même entretien, il prend la défense de la mémoire du général Franco : « C’est mon arrière-grand-père. Ma grand-mère maternelle, dont j’étais très proche, était sa fille unique. Le gouvernement espagnol actuel fait tout pour effacer son héritage. On abat des statues, on rebaptise des rues, et c’est regrettable. Franco a créé la classe moyenne en Espagne, il a créé des forêts, des lacs et des routes, il a empêché que le pays n’entre dans la guerre et que le communisme s’installe. Évidemment il y a eu la guerre civile, mais il ne l’a pas voulue. Il ne faut pas gommer l’Histoire. »

« Le 8 janvier 2013, il s’investit dans le débat politique français en s’exprimant publiquement contre le projet de loi introduisant le mariage homosexuel en France. Il réitère son soutien au mouvement issu de la contestation de cette loi dans une interview accordée au Mouvement Catholique des Familles en décembre 2013.

« Le 25 janvier 2014, au terme d’une cérémonie d’hommage au roi Louis XVI, tenue en la chapelle expiatoire, il prononce un discours où il déclare son soutien au projet de loi restreignant le droit à l’avortement en Espagne, qu’il salue comme un changement législatif majeur.

« Le 1er avril 2016, présent à Argenteuil pour l’ostension de la Sainte Tunique, il condamne le laïcisme qui « fait reculer l’esprit d’unité que représente la foi ».

« Dans un discours marquant la Saint-Louis, le 25 août suivant, il réaffirme encore son attachement à l’identité chrétienne de la France, déclarant notamment que « nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères ». Le 8 mai précédent, il avait déjà affirmé au cours de la cérémonie de réinstallation de la statue de saint Louis dans la collégiale de Poissy « qu’en France la foi et l’attachement aux valeurs chrétiennes sont les meilleurs fondements de la vie publique. » »

 

Roger (2016-10-22) : La fiche Wikipédia de « Louis de Bourbon », duc d’Anjou est intéressante à plus d’un titre. Les choix de l’éventuel Louis XX ne sont pas les miens pour l’essentiel. On n’attend pas de lui qu’il cherche à les imposer car ce serait un roi partisan qui mènerait le pays à la ruine. On attend de lui qu’en tous temps et tous lieux il cherche la vérité et la justice.

 

J

09 FRA Monarchie Louis de Bourbon discours extraits 2016-08-26

 

Lu sur le site Boulevard Voltaire du 25 août 2016

 

À l’occasion de la fête de Saint Louis, le 25 août, le prince Louis de Bourbon, descendant direct de Louis XIV et de Saint Louis, a adressé à la France un communiqué officiel. En voici quelques extraits. Un texte qui vient à point.

 

« La laïcité républicaine est un leurre »

 

« C’est justement au nom de l’Histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal… Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ennemi désigné… »

 

« Mais l’Histoire, dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’Histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Épreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent Ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère… Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas. »

 

« Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un État comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité, cela lui vient de ses origines. Clovis ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance… »

 

« Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout-puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu… »

 

« Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays, c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères. Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté… »

 

Un seul de nos Présidents, ou prétendants à la présidence, aurait-il été capable d’écrire un aussi beau texte ?

 

En savoir plus sur http://www.bvoltaire.fr/florisdebonneville/louis-xx-la-laicite-republicaine-est-un-leurre,279161#lBfBXhsMqP3UqPok.99

 

Roger (2016-10-22) : Les extraits de ce discours m’ont paru fondamentaux et c’est pourquoi je les ai retenus. Je donne un peu plus loin le discours dans son intégralité. Ce qui m’a posé problème c’est la phrase : « Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères. » A mes yeux la « laïcité républicaine » est un pléonasme. Elle est par définition soucieuse de la république, de la « chose publique » (« res publica ») , du bien public. La séparation des Eglises et de l’Etat demande à ce dernier de surveiller les Eglises pour qu’elles concourent harmonieusement à ce bien public. Il faut reconnaître que cette notion de laïcité reste quelquefois mal comprise. C’est pourquoi je l’aborde dans un autre fichier 09 FRA laïcité féminisme à travers des échanges entre la journaliste Caroline Fourest et le rabbin Delphine Horvilleur.

 

K

06 FRA Monarchie Louis de Bourbon discours texte complet 2016-10-22

 

publié par le salon beige 25 août 2016

 

Guerre de civilisation et crise d’identité : le double mal qui ronge la France

Déclaration de Monseigneur le duc d’Anjou :

 

Mes chers compatriotes,

 

La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer. Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques évènements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

 

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ennemi désigné.

 

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, Il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

 

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce que elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Epreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

 

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un Etat comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de « Fille aînée de l’Eglise », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

 

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles. Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’Etat, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

 

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps, de l’épopée des grognards de l’Empire au « debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle « mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du  matérialisme; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

 

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

 

Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires. Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir se comprendre !

 

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes.

Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

 

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

 

Louis de Bourbon, duc d’Anjou

 

Roger (2016-10-24) : Ce discours donne de quoi méditer.

 

L

09 FRA Laïcité féminisme 2016-10-24

A l’occasion de la sortie du livre de Caroline Fouret « Génie de la laïcité » (Grasset), Marion Ruggieri pour la revue « Elle » (octobre 2016) a mené un « entretien croisé » sur la laïcité entre la journaliste et le rabbin Delphine Horvilleur. Cet échange a permis de préciser certaines notions.

Delphine Horvilleur : « La laïcité est très mal interprétée. En arabe ou en hébreu, toute tentative de traduction du terme implique une notion de vide, de manque, comme si une personne qui s’inscrivait dans un système laïque était forcément défaillante. En anglais, on parle de « secularism » [non-interférence du religieux dans les affaires politiques et locales, du pays, ndlr], ce qui n’a rien à voir. »

Caroline Fourest : « Le secularisme américain protège la liberté religieuse des interventions de l’Etat. La laïcité française protège la liberté de l’Etat de toute emprise religieuse. Cela s’explique par deux histoires distinctes. La Révolution française s’est faite contre une monarchie de droit divin catholique tandis que les protestants ont soutenu la révolution américaine.

D.H : C’est comme si en Amérique on mettait Dieu « au-dessus » tandis qu’en France il est « à côté.»

 

Caroline Fourest explique : « Avant de vibrer pour l’idéal républicain laïque et universaliste, je suis passée par un processus communautaire : quand on découvre très jeune que l’on est homo, dans une société normative voire homophobe, c’est une bouée de sauvetage qui permet de se construire. » De son côté Delphine Horvilleur évoque une discussion avec son grand-père en 1989 au moment de la première affaire du voile au collège. Elle avait 15 ans et lui 75, rabbin de formation et proviseur de lycée : « Pour lui, marcher dans la rue avec une kippa était une provocation, la religion étant une affaire domestique et privée. » Il était attaché à la fraternité et sa petite fille, qui ne le comprenait pas alors, préférait la liberté.

 

C.F remarque que dans le monde anglo-saxon la laïcité à la française passe « pour une forme de persécution des religions et même pour une forme de racisme. Certains, en France, sont très influencés par cette vision du monde. (…)  On a des antiracistes qui passent leur journée à « raciser » les autres et à découper le féminisme en fonction de la couleur de peau » ; on l’accuse alors de pratiquer un « féminisme de Blanche. (…) Pour ma part, je pense que ceux qui cherchent à faire croire qu’on peut être féministe sans défendre la laïcité sont des gens qui ont renoncé à se battre pour l’égalité par peur du racisme. » D.H note qu’une jeune femme « peut choisir de se couvrir les cheveux ou pas, mais peut-elle dire que c’est son choix personnel et souverain ? (…) … qu’on le veuille ou non, ce voile sera contaminé par des siècles de patriarcat et de misogynie. »

 

C.F : « Le Coran parle d’un voile à rabattre sur la poitrine, et ce sont les interprètes masculins qui l’ont transformé en obligation. Puis c’est devenu, surtout depuis les années 90, le drapeau d’un islam politique. (…) Quand une femme invoque la pudeur, c’est sa vérité et je ne la conteste pas. Mais on ne peut pas nous interdire de regarder dans quel contexte ce signe est émis. (…) D.H, sur la querelle du burkini : « La point légal ne va pas résoudre cette question. Il faut, à encore, engager une véritable révolution théologique sur ce sujet. » C.F : « La plage n’est pas l’école publique, donc sur le burkini ma position est simple : je suis contre le burkini en tant que féministe, mais en tant que laïque, je suis contre le fait de l’interdire à la plage. La laïcité n’a pas à régir ce qu’on porte à la plage. »

 

D.H ne se reconnaît pas dans un « certain discours laïque sur l’école, lieu « pur », neutralisé de toute influence de la culture de naissance. » Pour elle, cette pureté est dangereuse ». C.F « Personne ne demande ça en réalité, tous les enfants viennent à l’école avec leur histoire familiale, géographique, religieuse. L’école n’a pas à cultiver leur différence, mais leur esprit critique et leur citoyenneté. Chacun son rôle : les parents assurent la transmission, l’école est un espace de liberté où ils peuvent devenir quelqu’un par eux-mêmes, pas seulement en fonction de leur famille. Comme le disait Ferdinand Buisson, ce n’est pas la foi que l’école laïque veut éradiquer du cœur des élèves, c’est la haine. » D.H : « Je dis souvent : « il faut « appartenir » pour pouvoir « à part, tenir. » Hélas, aujourd’hui, il y a une hystérie autour de la religion, qui n’est plus perçue que comme une malédiction »

 

D.H est quelquefois qualifiée de « rabbin laïque » et ceci lui convient : « Je suis profondément attachée à la laïcité et je suis devenue rabbin parce que je suis particulièrement attachée, au nom de ma tradition, à pouvoir la questionner. » C.F a coupé le cordon avec l’Eglise d’abord comme « femme aimant les femmes » mais aussi : « Rien ne vibrait, le discours des gens me paraissait en totale contradiction avec ce qu’ils étaient. Pour moi, le livre sacré, c’est l’Encyclopédie. »

 

D.H : « Pendant des millénaires, l’exégèse a été faite par des hommes, pour des hommes. Pour eux, le féminin c’est l’autre, l’élément contaminant. » Elle note que dans tous les discours fondamentalistes, on bute sur le corps des femmes mais « La religion n’est pas par fatalité l’ennemie de la femme, elle l’a été. » [D.H a développé cette notion dans son livre « En tenue d’Eve, Féminin, pudeur et judaïsme » Grasset, 2013]. C.F s’étonne : « On a bien des féministes anti-avortement qui se disent pro-vie. (…) Ce qui me pose problème, c’est quand ça les pousse à se soumettre à des textes qui font la part belle aux hommes. D’ailleurs, ma thèse est qu’une grande partie de l’attraction des jeunes hommes pour le retour au religieux est motivée par les avantages que procure la domination masculine à travers le sacré. (…) En vingt ans de travail sur les extrémistes religieux, catholiques, juifs et musulmans, je suis très peu tombée sur des gens apaisés sexuellement. (…) D.H : « Encore une fois, ce n’est pas un hasard si on retrouve dans tous les fanatismes, les mêmes haines, tabous et obsessions d’un monde pur et hermétique. Il faut vraiment aujourd’hui prêcher quasi religieusement une certaine impureté, la force de l’impureté. (…).

 

D.H remarque que ce n’est pas facile d’être rabbin pour une femme : « Je suis obligée de réfléchir, quand je mets un décolleté ou une jupe, au message que je fais passer. J’ai dû développer une conscience particulière, parfois un peu liberticide. Mais j’aime penser à tout ce que le féminin apporte à cette fonction ». C.F : « Moi, j’ai toujours transgressé les codes masculins – féminins, y compris vestimentaires, et c’est ce qui m’a coûté le plus cher. »

 

Roger (2016-10-24) : J’ai tenté, plusieurs fois, de rédiger pour Retorica, une fiche sur la laïcité française. J’y ai renoncé. Par contre cet échange entre la journaliste Caroline Fourest et Delphine Horvilleur m’a paru dire l’essentiel. C’est pourquoi j’en ai retenu ce que je juge essentiel. Je le place dans le dossier « Monarchie république » car tout est lié.

 

Roger et Alii, retorica, 10 340 mots, 62 400 caractères, 2016-10-24

 

 

 

 

 

 

 

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