10 GEO Israël Palestiniens 2015 11

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes implique le devoir d’assurer leur survie par eux-mêmes et la négociation. Ils ont aussi bien sûr le droit de se suicider. Ce qu’avaient évité de faire les Gaulois occupés par les Romains : ils ont gentiment collaboré avec l’ennemi et ont construit cette civilisation gallo-romaine qui a fondé la France.

C’est ce qui se passe apparemment pour les Palestiniens. Ils ont une Autorité mais ils auront beaucoup de mal à construire un Etat viable compte tenu de l’hostilité permanente que certains d’entre eux manifestent envers Israël. C’est pourquoi je parle de Palestiniens et non de Palestine.

J’ai retenu quatre textes (A, B, C, D) qui me paraissent synthétiser le problème :

A. Le premier est le texte de René Backman que j’intitule 10 GEO Israël surdité. Il m’a été communiqué par Colette et a donné naissance à ce dossier.

B. Le second est une réponse indirecte 10 GEO Palestiniens Daesh

C. Le troisième est l’affirmation par le Coran de la légitimité d’Israël 10 GEO Israël Coran

D : Le quatrième est la solution imaginée par Yehoshua et Rivlin  pour sortir du conflit 10 GEO  Israël Yehoshua

Les reproches de René Backman sont parfaitement fondés mais il oublie l’essentiel : la volonté de détruire l’Etat d’Israël

L’intifada menée par certains jeunes palestiniens a tous les caractères des actions mortifères de Daesh. Le certitude de mourir sous les balles de Tsahal peut satisfaire une minorité mais la grande majorité des Palestiniens, jeunes et moins jeunes,  veut vivre en paix à côté ou avec les Israéliens.

D’ailleurs dans le monde musulman apparaissent, ici ou là, les textes du Coran qui affirment par avance  la légitimité des prétentions israéliennes

Une fois le terrain ainsi dégagé reste la proposition de Yehoshua. J’en cite l’essentiel : Le président israélien Reuven Rivlin, de droite et partisan du Grand Israël, veut accorder tous les droits civiques et la nationalité israélienne aux Palestiniens. « C’est un grand ami, on a été boy-scouts ensemble,  un vrai démocrate. Je me suis longtemps opposé à lui.  Mais il est honnête dans sa proposition. Il veut donner la citoyenneté à tous les Palestiniens de Cisjordanie. Pas à ceux de Gaza, car Gaza a été libéré de la présence israélienne. »

Roger à Colette (7 nov 2015) Je pense faire une synthèse de cet ensemble pour le site www.retorica.info  sous le titre de 10 GEO Israël Palestiniens. Je vous laisserai le mot final si vous me donnez votre avis.

A. 10 GEO Israël surdité

La surdité israélienne, moteur de la révolte palestinienne par René Backmann Médiapart 15 octobre 2015

Benjamin Netanyahou se trompe et trompe son peuple en affirmant que la violence des Palestiniens exprime le refus de l’existence même d’Israël. Ce que révèle la révolte palestinienne, c’est le désespoir devant l’absence d’horizon et la destruction systématique par Israël des conditions de la paix.

Ce n’est pas une surprise : à la révolte qui a éclaté à la mi-septembre 2015 dans les territoires palestiniens occupés et qui a déjà fait une trentaine de morts parmi les Palestiniens et sept chez les Israéliens, le gouvernement de Benjamin Netanyahou n’a pas trouvé d’autre réponse qu’un brutal durcissement sécuritaire. Après avoir déployé des renforts policiers et militaires, autorisés à ouvrir le feu à balles réelles sur les manifestants, le premier ministre israélien et son cabinet de sécurité, réunis en urgence dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 octobre, ont autorisé les forces de sécurité à boucler et à placer sous couvre-feu, si elles le jugent utile, les quartiers arabes de Jérusalem. Quelques heures plus tard, des check-points étaient installés par la police et l’armée aux principaux accès à Jérusalem-Est.

C’est, comme d’habitude, la pire réponse que l’on pouvait apporter à la colère palestinienne. Comme l’intifada des pierres, en 1987, comme la deuxième intifada, en septembre 2000, le soulèvement en cours n’est pas une imprévisible irruption de violence, un orage dans un ciel clair. Il résulte de la rencontre, en apparence accidentelle, mais inévitable, entre un événement qui joue le rôle de détonateur et une masse critique de colère, d’humiliation, de désespoir, de frustration, prête à exploser à la moindre étincelle.

Le 9 décembre 1987, l’étincelle avait été le passage d’une patrouille israélienne lors de l’enterrement, dans le camp de Jabalia, au nord de la bande de Gaza, de deux ouvriers palestiniens tués deux jours plus tôt près d’Ashkelon, lors d’une collision entre leur taxi collectif et un véhicule israélien. Un jeune homme, Hatem el-Sissi, qui avait lancé une pierre aux soldats, avait été abattu d’une rafale. Les pierres avaient commencé à pleuvoir sur la patrouille et, en quelques jours, le soulèvement avait gagné l’ensemble de la bande de Gaza et la Cisjordanie, malgré l’instauration par l’armée de l’état de siège.

L’étincelle de Jabalia avait provoqué l’explosion d’une révolte nourrie par vingt ans d’occupation militaire, de colonisation, de lutte armée impuissante, d’humiliations et de violence israélienne impunie. La « guerre des pierres » avait débouché, en octobre 1991, sur la conférence de Madrid, puis sur les négociations secrètes d’Oslo et la Déclaration de principes de septembre 1993.

Le 28 septembre 2000, c’est la visite d’Ariel Sharon, chef de l’opposition israélienne, sur l’esplanade des Mosquées, sous lourde protection armée et malgré les mises en garde de l’Autorité palestinienne, qui avait provoqué de violents affrontements. En trois jours, l’armée israélienne, en application des consignes de fermeté du premier ministre travailliste Ehoud Barak, avait tué trente Palestiniens et fait 500 blessés. Lassés d’un processus de paix bafoué depuis sept ans par Israël, furieux de l’échec, deux mois plus tôt, des négociations de Camp David, dont la responsabilité avait été rejetée, sans grand courage, par Ehoud Barak sur Yasser Arafat, les Palestiniens étaient descendus dans les rues, spontanément, pour réclamer la fin immédiate de l’occupation, affrontant l’armée sur les check-points, aux lisières des territoires occupés et autour des colonies israéliennes.

En un mois, au cours de ces confrontations inégales, près de 200 Palestiniens avaient été tués, un tiers d’entre eux avaient moins de 17 ans. La violence de cette répression avait débouché en novembre sur la militarisation de la révolte, une partie des forces de sécurité palestiniennes se joignant aux manifestants pour affronter, les armes à la main, l’armée israélienne. Quelques mois plus tard, commençait la longue série d’attentats suicides meurtriers, généralement imputés au Hamas ou à d’autres groupes islamistes, invoqués par les gouvernements israéliens successifs pour entreprendre la construction du mur de séparation, destiné en fait à annexer les zones de Cisjordanie où se trouvaient les principales colonies israéliennes.

La masse critique qui vient d’exploser début septembre n’est pas difficile à identifier. Sa nature tient en peu de mots et quelques chiffres. Un processus de paix détruit par le refus israélien et la pusillanimité américaine ; une Autorité palestinienne faible, contestée, en panne de légitimité ; une division politique, géographique, entre la Cisjordanie et la bande de Gaza de plus en plus inacceptable. Et surtout, un développement explosif de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est – 200 000 colons en 1993, plus de 570 000 aujourd’hui – qui affirme clairement le refus israélien de voir naître un État palestinien. À cela s’ajoute une indifférence coupable de la communauté internationale, monde arabe compris. Indifférence cruellement ressentie par les Palestiniens lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU, où malgré le cri d’alarme lancé par Mahmoud Abbas et le lever historique des couleurs de la Palestine devant le siège des Nations unies, aucun des chefs d’État présents – à l’exception du président iranien Hassan Rohani – n’a jugé utile d’évoquer le conflit israélo-palestinien.

Acteur majeur de la deuxième intifada, Marwan Barghouti, qui purge depuis treize ans une peine de prison à vie en Israël pour terrorisme, vient de faire parvenir au quotidien britannique The Guardian, depuis la cellule n°28 de la prison de Hadarim, au nord de Tel-Aviv, une lettre dans laquelle il analyse, en excellent connaisseur des deux sociétés, les causes profondes de la révolte en cours. « L’escalade, constate-t-il, n’a pas débuté avec la mort de deux colons israéliens. Elle a débuté il y a longtemps et s’est poursuivie pendant des années. Chaque jour des Palestiniens sont tués, blessés, arrêtés. Chaque jour le colonialisme avance, le siège contre notre peuple à Gaza se poursuit, l’oppression et l’humiliation persistent. Alors que certains veulent que nous soyons accablés par les conséquences potentielles d’une nouvelle spirale de la violence, je continue à plaider, comme je l’ai fait en 2002, pour que l’on s’attaque aux causes de cette violence : le déni de liberté pour les Palestiniens. Certains ont suggéré que la raison pour laquelle nous ne sommes pas parvenus à conclure un accord de paix est le manque de volonté de feu le président Yasser Arafat ou le manque de capacité du président Mahmoud Abbas alors que les deux étaient prêts et capables de signer un tel accord. Le véritable problème est qu’Israël a choisi l’occupation aux dépens de la paix et usé des négociations comme d’un écran de fumée pour faire avancer son projet colonial. »

À cette colère, nourrie de la déception de toutes les occasions manquées, restait à trouver un détonateur.

Comme en 2000, c’est le statut des Lieux saints de Jérusalem qui l’a fourni. Les premiers heurts ont eu lieu le 13 septembre, lorsque les forces de l’ordre israéliennes ont expulsé la garde jordanienne traditionnellement chargée de la garde du site, et se sont opposées aux Palestiniens présents sur les lieux pour protester contre l’afflux attendu de fidèles juifs à la veille des célébrations de Yom Kippour et de Soukkot. Au cours des jours suivants, les affrontements se sont multipliés à Jérusalem et en Cisjordanie, au cours desquels trois Palestiniens ont été tués et 41 blessés, tandis que Mahmoud Abbas mettait en garde contre un « risque d’intifada ».         

C’est après deux semaines d’affrontements, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est entre manifestants palestiniens et soldats israéliens, qu’un couple de colons a été tué par balles lors d’une attaque attribuée au Hamas, le 1er octobre, alors qu’ils circulaient en voiture entre les colonies d’Itamar et Elon Moreh, dans la région de Naplouse. Embuscade suivie d’une série d’agressions à l’arme blanche contre des civils israéliens en Cisjordanie comme en territoire israélien. À ces agressions meurtrières mais isolées, actes de « vengeurs solitaires » sans guides, sans stratèges et sans autres liens entre eux que les réseaux sociaux, Netanyahou a réagi en annonçant une « nouvelle intifada » et en appelant les Israéliens à un « état d’alerte maximal ».

Après quoi il a officiellement autorisé l’armée à utiliser des tireurs d’élite contre les jeteurs de pierre, alors qu’elle avait déjà lancé les opérations de représailles habituelles en pareil cas en dynamitant les maisons qui abritent des terroristes présumés ou avérés. Le gouvernement a également décidé de confisquer les biens des familles des terroristes et de révoquer leurs titres de résidents lorsqu’ils vivent à Jérusalem. Quant au maire de Jérusalem, Nir Barkat, ancien membre du Likoud, élu en 2008 avec le soutien de l’extrême droite et des religieux nationalistes, il a appelé ses concitoyens à circuler armés alors que certains de ses administrés lui demandaient (déjà) de placer sous couvre-feu les 300 000 habitants palestiniens de Jérusalem-Est.

En d’autres termes, Netanyahou, qui ne doit la stabilité – relative – de sa coalition qu’à l’appui de l’extrême droite nationaliste et religieuse, a été une nouvelle fois incapable d’apporter une réponse autre que militaro-sécuritaire à un problème politique. Désarçonné par l’attitude de Mahmoud Abbas, adversaire résolu du recours à la violence, qui n’a pas officiellement rompu la coopération sécuritaire – même si sur le terrain ses forces de sécurité ne font pas obstacle aux lanceurs de pierres qui visent les soldats israéliens –, Netanyahou ne peut sérieusement accuser l’Autorité palestinienne, débordée par son propre peuple, d’incitation au terrorisme. Certes, Mahmoud Abbas a rappelé mercredi soir dans une intervention à la télévision palestinienne le droit des Palestiniens à se « défendre », mais il a surtout insisté sur son attachement à « une résistance populaire pacifique ».

Le premier ministre israélien se contente donc de durcir son discours, de renforcer les forces de sécurité, d’annoncer que « tous les moyens » seront employés « pour ramener le calme » tandis que l’extrême droite et même certains membres du Likoud lui demandent « d’intensifier la construction » dans les colonies. Dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme comme par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui critique « l’usage apparemment excessif de la force par les forces de sécurité israéliennes », cette hystérisation sécuritaire a déjà provoqué la liquidation ou la neutralisation expéditive, par des soldats ou des civils israéliens armés, de plusieurs Palestiniens impliqués dans des agressions à l’arme blanche ou des attaques à la voiture bélier. Elle a aussi produit, en Israël, des dégâts collatéraux imprévus. À deux reprises en une semaine, rapporte Haaretz, deux Israéliens, égarés par le désir de vengeance, ont poignardé d’autres Israéliens qu’ils avaient pris pour des Palestiniens. 

Loin d’admettre qu’il est peut-être temps d’examiner les causes profondes de cette révolte et qu’il n’y a pas de solution militaire à tous les problèmes posés par l’existence des Palestiniens – ce qui avait conduit, en 1993, les émissaires des deux camps à Oslo –, Benjamin Netanyahou répète que la violence provient du « refus de l’existence même d’Israël » et des incitations à la haine proférées par les dirigeants palestiniens.

Ce qui confirme, une fois encore, l’aveuglement d’une majorité et d’un pouvoir qui semblent avoir perdu, depuis longtemps, tout contact avec la réalité. Et qui bénéficie, à chaque tour de clé punitif ou sécuritaire, du soutien de l’opinion publique. C’est un fait : indifférente à l’isolement diplomatique qui guette Israël, et aux critiques venues de l’étranger – assimilées en bloc à des manifestations d‘antisémitisme –, la majorité de la population israélienne choisit à chaque élection une majorité plus à droite, plus nationaliste et plus intolérante que la précédente, et ne se résout pas à voir mis en péril le statu quo dans lequel elle vit aujourd’hui, à l’abri de la force démesurée de son armée et de la passivité du reste du monde.

Quelques voix, pourtant, celles du dernier carré des partisans d’une paix négociée reposant sur la coexistence pacifique de deux États, affirment leur désaccord et portent un autre regard sur cette révolte, dans laquelle la jeunesse et la société civile palestiniennes, en rupture ouverte avec leurs dirigeants, jouent un rôle majeur.

« La guerre n’a pas commencé avec les victimes juives et elle ne prend pas fin quand plus aucun juif n’est assassiné, écrit dans Haaretz Amira Hass, qui fut correspondante de son journal à Gaza et Ramallah et demeure une observatrice éclairée de la société palestinienne. Les Palestiniens se battent pour leur vie, au sens plein du terme. Nous, juifs israéliens, nous battons pour notre privilège en tant que nation de maîtres, dans la pleine laideur du terme. Que nous remarquions qu’il n’y a une guerre que lorsque des juifs sont assassinés n’enlève rien au fait que des Palestiniens se font tuer tout le temps et que tout le temps nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour leur rendre la vie insupportable. La plupart du temps, il s’agit d’une guerre unilatérale, conduite par nous pour les amener à dire oui au maître, merci beaucoup de nous laisser en vie dans nos réserves.

« Quand quelque chose dans l’unilatéralité de la guerre est perturbé, et que des juifs sont assassinés, alors nous accordons notre attention. Les jeunes Palestiniens ne vont pas se mettre à assassiner des juifs parce qu’ils sont juifs, mais parce que nous sommes leurs occupants, leurs tortionnaires, leurs geôliers, les voleurs de leurs terres et de leur eau, les démolisseurs de leurs maisons, ceux qui les ont exilés, qui bloquent leur horizon. Les jeunes Palestiniens vengeurs et désespérés sont prêts à donner leur vie et à causer à leur famille une énorme douleur parce que l’ennemi auquel ils font face leur prouve chaque jour que sa méchanceté n’a pas de limite. […] Les privilèges sont le principal facteur qui déforme notre compréhension et notre réalité en nous aveuglant. À cause d’eux nous échouons à comprendre que même avec une direction faible « présente-absente », le peuple palestinien, dispersé dans ses réserves indiennes, n’abandonnera pas et qu’il continuera de puiser la force nécessaire pour résister à notre contrôle malveillant. »

« C’est contre la colonisation continue des territoires conquis en 1967 que se révoltent une fois de plus, en ce moment, les Palestiniens, écrit de son côté l’historien Zeev Sternhell, inlassable militant d’une solution fondée sur la coexistence de deux États. Ils comprennent que la colonisation vise à perpétuer l’infériorité palestinienne et à rendre irréversible la situation qui dénie à leur peuple ses droits fondamentaux. Ici se trouve la raison des violences actuelles et on n’y mettra fin que le jour où les Israéliens accepteront de regarder les Palestiniens comme leurs égaux et où les deux peuples accepteront de se faire face sur la « ligne verte » de 1949. »

Mais qui entend ces voix ? Depuis l’assassinat d’Itzhak Rabin, le 4 novembre 1995 – il y aura dans quelques jours vingt ans –, aucun responsable politique israélien de premier plan n’a eu le courage de rappeler à son peuple que la création d’un État de Palestine dans les limites de la ligne verte n’est pas seulement une justice rendue bien tard aux Palestiniens, mais aussi une garantie de sécurité pour l’avenir d’Israël. Au contraire. Les dirigeants successifs du pays, de quelque obédience politique qu’ils soient, ont laissé se développer, quand ils ne l’ont pas ouvertement encouragée, la colonisation des territoires occupés, détruisant un peu plus à chaque pelletée de mortier la possibilité de voir naître un État palestinien. Le tout, sous le regard indifférent ou complice du reste du monde. Ce qui inspire à Hanan Ashrawi, ancienne ministre de l’enseignement supérieur de l’Autorité palestinienne, aujourd’hui députée au Conseil législatif et figure respectée de la société civile, ce résumé fulgurant des rapports israélo-palestiniens : « Nous sommes le seul peuple au monde auquel on demande de garantir la sécurité de son occupant tandis qu’Israël est le seul pays au monde qui prétend se défendre de ses victimes. » 

10 GEO Palestiniens Daesh 2015-10-19

Pour en sortir, seulement la vérité … (Communiqué de France-Israël Marseille sur la vague de violences palestiniennes, jeudi 15 octobre 2015)

Une bouffée de violence raciste entamée en septembre vient de frapper cruellement un certain nombre de familles juives israéliennes. Un père de famille Alexander Levlovitz meurt, sa voiture lapidée. Un couple trentenaires, Naama et Eitam Henkin, assassinés devant leur 4 enfants (2 à 9ans), un rabbin percuté par une voiture et poignardé. Un père de famille lardé de coup de couteaux qui expire, deux enfants dont un en sang, la mère blessée, Adèle Benet, qui crie « aidez-moi », sur qui on crache, à qui on ricane. Un homme de 74 ans tué par balles. Un femme de 70 ans poignardée,…

Ce qui frappe, c’est le jaillissement du racisme à l’état pur, furie bouchère et calcul politique mêlés . Il y a la transe macabre des assassins. Dans un festival orgiaque de haine ethnique, ils portent leurs coups à des êtres humains désarmés et terrorisés, de tous âges et de tous sexes, uniquement parce qu’ils appartiennent à la race haïe. Et la curée coïncide avec les cérémonies de pardon et de joie qui scandent la vie religieuse de la cible raciale. Il faut noyer dans le sang la victime et le soubassement le plus intime de son identité de peuple. Le moment a été choisi, le lieu, l’emplacement sacré du Temple antique, le mode opératoire, le couteau et la voiture bélier.

La référence ne trompe pas: c’est la prescription morale et opératoire de DAESH. Détenteurs du pouvoir, ils décapitent et crucifient des enfants chrétiens, ou ils tuent, violent, et vendent des jeunes Yésidies. A leurs compagnons des terres Infidèles, ils conseillent: « si tu as une arme, tue avec le maximum de Juifs et de Chrétiens. « Si tu as une voiture roule leur dessus. Si tu n’en n’a pas, prends un couteau ou un tournevis. Si tu n’en as pas, prends un bâton. » La France a subi l’épreuve d’Israël, mais à une échelle bien moindre. il y a moins d’un an, à l’annonce des fêtes chrétiennes de fin d’année, des énergumènes musulmans subitement saisis d’une ivresse de sang, frappaient au hasard avec des armes à feu, des couteaux, et des voitures, sur les marchés illuminées pour Noël, dans les rues, n’importe où. On craignait tant de voir en eux des soldats de la barbarie contemporaine, qu’on leur inventait des profils de déséquilibrés ou d’évadés des services psychiatriques.

Mais pour les Juifs en terre des Grandes Traditions, c’est une vieille histoire. Celle des  émeutes de Nabi Moussa de 1920 à Jérusalem. Celle des pogromes de Hébron et Jérusalem en 1929 où le futur mufti nazi Amin el Husseini orchestrait les meurtres et les mutilations. Jusqu’à la campagne d’attentats-suicides qui accompagna les premiers balbutiements du 21ème siècle. Ce qui a changé pour le camp du racisme palestinien, les tueurs, les incitateurs et leurs chefs, les Ismaël Haniyeh, les Mahmoud Abbas, esq., c’est qu’ils n’ont plus affaire à des créatures désarmées mais à un État qui a appris à se défendre.

Hélas, les médias occidentaux ont globalement pris le parti de grimer les victimes en coupables et les as du couteau et de la voiture bélier en jeunes désespérés et excédés par les humiliations de l’occupation. Cette transmutation n’est pas simple à réaliser. Mais dans les cercles qui pilotent de près ou de loin les rédactions, des professionnels ont prouvé encore leur art de formater l’opinion.

On a ciselé à Mahmoud Abbas un portait de dernière carte occidentale pour éviter le chaos en « Palestine ». En célébrant en lui un « homme de paix » commode, du pape François à Anne Hidalgo, de Clinton à Obama, de Chirac à Hollande, on fait fausse route. Abbas a conduit la cause qu’il est censé représenter dans un marécage moral et une fosse politique malodorante dont elle ne se remettra pas.

Mahmoud Abbas, c’est d’abord la corruption. Son prédécesseur et maître, Yasser Arafat, avait amassé une fortune qui concurrençait celle de la reine d’Angleterre. Les flots d’argent euro-américain se perdent dans des comptes que la famille Abbas a accumulés sous toutes les latitudes pour des montants qui se chiffrent non as en millions, mais en milliards. On ne bâtit pas l’avenir politique à son peuple sur le détournement des ressources publiques.

Mahmoud Abbas, c’est l’autocratie autoritaire. Il poursuit un mandat présidentiel expiré depuis six ans sans songer à des élections. Il a fait le vide autour de lui. Mohamed Dahlan est réfugié en Jordanie, Salam Fayyad a été renvoyé sans ménagement, de même qu’Abed Rabbo plus récemment. Dans les prisons de Abbas, on torture, on exécute, jusqu’à faire douter ses zélotes d’Europe du Nord. Souvent le petit peuple exècre le cacique amer et replet de Ramallah, et combien de fois la protection israélienne lui a sauvé la vie!

Mahmoud Abbas, c’est l’incitation à la haine comme système. Il a organisé tout au long de sa carrière de président, un culte national des « martyrs », c’est-à-dire des symboles du refus sanglant de la coexistence et de la paix. Pour enclencher la bouffée de violences actuelle, il déclarait le 16 septembre dernier, à la TV palestinienne: «  La mosquée al-Aqsa est à nous… et ils n’ont pas le droit de la souiller avec leurs pieds infects…Nous bénissons chaque goutte de sang qui est versée pour Jérusalem, un sang immaculé et pur, un sang versé pour Allah, selon la volonté d’Allah. Tous les martyrs iront au Paradis, et les blessés seront récompensés par Allah. » Parlant des accords d’Oslo le 30 septembre, à l’ONU, il disait « nous ne pouvons pas continuer d’être liés par ces accords. » On la première prescription de ces « accords, » c’est l’engagement palestinien de renoncer à la violence et au terrorisme.

Mahmoud Abbas c’est le blocage de toute solution de compromis au Proche-Orient. Il a refusé l’accord général proposé par Olmert en 2008, et il a torpillé ensuite toutes les négociations, posant comme préalable la satisfaction de ses exigences. Ces dernières semaines il a repoussé les demandes réitérées de Benjamin Netanyahou de relancer des discussions.

Voici le message que l’Israélien lui a envoyé de la tribune de l’ONU, le 1er octobre, juste avant les premières boucheries: 

 » Président Abbas, je sais que ce n’est pas facile. Je sais que c’est difficile. Mais nous devons à nos peuples, d’essayer, d’essayer encore. Ensemble, négocions réellement et cessons de négocier la négociation. Asseyons-nous réellement autour d’une table et tentons de résoudre les problèmes qui nous divisent. Reconnaissons-nous mutuellement. N’utilisons pas l’État palestinien comme un tremplin pour établir une nouvelle dictature islamique au Moyen-Orient. Faisons-en quelque chose qui vivra en paix aux côtés de l’État juif. Si nous réussissons à faire réellement tout cela, ce sera un acquis remarquable pour nos peuples. »

On connait la réponse de Mahmoud Abbas.

Il avait désavoué en 2003 la stratégie d’attentats suicides d’Arafat après avoir constaté son échec. A la place, il poursuit le projet d’étranglement final d’Israël par des pressions internationales de plus en plus insupportables. Et pour nourrir le feu des pressions, il organise périodiquement des accès de violence. Leur cruauté, il l’espère, fera perdre à Israël le contrôle de ses nerfs, et alarmera l’Occident.

Les États-Unis et l’Europe, la France en particulier, doivent changer de politique. Ils doivent faire la chose la plus difficile au monde, avoir confiance dans les effets salutaires de la vérité.

La vérité c’est que l’enjeu n’est pas « l’occupation » Les organes du mouvement éradicateur palestinien se sont constitués avant 1967. Le Fatah a été créé en 1959 et l’OLP en 1964, alors que la guerre des six-jours n’avait pas encore projeté Israël au-delà des lignes de 1967.

La vérité, c’est qu’Israël veut la paix et qu’il est prêt depuis longtemps à poser la question des territoires disputés, mais qu’il ne renoncera jamais à sa sécurité, comme le prescrivent les résolutions 242 et 338.

La vérité, c’est bien identifier la vraie racine du conflit, -et en tirer toutes les conséquences-, qui est le refus palestinien de reconnaître les droits historiques et légaux d’un pouvoir juif quelconque dans l’ancienne Palestine.

La vérité, c’est ensuite de faire de cette question, le préalable et la condition permanente de tout soutien politique, de tout financement d’une force politique palestinienne.

On verrait sans doute naître alors parmi les Palestiniens un parti du compromis, du développement, et de l’intelligence, au lieu des essaims de petits bouchers indécents, de djihadistes féroces, et d’opportunistes recrus de dollars.

Ceux qui ne méprisent pas au plus profond d’eux-mêmes les populations palestiniennes et leur destin savent que c’est leur seule chance d’échapper au sort moral et matériel qui les accable.

C. 10 GEO Israël Coran Cheikh Adwan 2014 02

Al Qods al Arabi et d’autres médias arabes ont publié cet article le 1er février 2014.

Le  Cheikh Ahmad Adwan qui se présente comme un savant musulman et qui vit en Jordanie, a déclaré sur sa page personnelle Facebook qu’il n’y a pas une telle chose comme la « Palestine » dans le Coran.

Allah a assigné la Terre Sainte pour les enfants d’Israël jusqu’à ce que le Jour du Jugement arrive (Coran, sourate 5 – « La Sourate de la Table », verset 21), et «Nous avons fait les enfants d’Israël les héritiers de la terre  » . (Coran, Sourate 26 – « La Sourate des Poètes », verset 59)

«Je dis à ceux qui déforment le livre de leur Seigneur, le Coran: D’où avez-vous apporté le nom de Palestine, vous êtes menteurs, vous maudissez, quand Allah a déjà nommé « La Terre Sainte » et l’a légué aux enfants d’Israël jusqu’à ce que le Jour du Jugement arrive. Il n’y a pas une telle chose comme «Palestine» dans le Coran.

Votre exigence sur la Terre d’Israël est un mensonge et constitue une attaque .. du Coran, sur les Juifs et leurs terres Par conséquent, vous ne réussirez pas, et Allah vous fera échouer et vous humiliera, car Allah est celui qui va les protéger (les juifs) «

Le cheikh a ajouté: «Les Palestiniens sont des tueurs d’enfants, de personnes âgées et de femmes.

Ils attaquent les Juifs et ils utilisent ces (enfants, personnes âgées et femmes) comme des boucliers humains et se cachent derrière eux, sans pitié comme si leurs enfants n’étaient pas leurs propres enfants , afin de dire à l’opinion publique que les Juifs se destinaient à les tuer. C’est exactement ce que j’ai vu de mes propres yeux dans les années 70 (septembre noir), quand ils (les Palestiniens) ont attaqué l’armée jordanienne, qui les abritait et les protégeait. Au lieu de la remercier (l’armée jordanienne), ils ont amené leurs enfants à l’avant et face à  l’armée jordanienne, afin de faire croire au monde que l’armée tuait leurs enfants.

C’est leur habitude et leur coutume, leur méchanceté, ils ont des  cœurs de pierres à l’égard de leurs enfants, et mentent à l’opinion publique, afin d’obtenir son soutien. «

La raison de son ouverture à l’égard du peuple juif – « vient de ma reconnaissance de leur souveraineté sur leurs terres et ma croyance dans le Coran, qui nous a dit et c’est souligné  dans de nombreux endroits, comme Allah dit » Oh peuple (c’est à dire  Les enfants d’Israël), entrez dans la Terre sainte qu’Allah vous a attribué »(Coran, sourate 5 – » La Sourate de la Table « , verset 21), et Sa parole« Nous avons fait les enfants d’Israël les héritiers de la terre  « (Coran, Sourate 26 – » La Sourate des Poètes « , verset 59) et beaucoup d’autres versets.

Il (Adwan) a ajouté: « Les Juifs sont des gens pacifiques qui aiment la paix, qui ne sont pas hostiles et ne sont pas des agresseurs , mais si ils sont attaqués, ils se défendent tout en causant le moins de dommages aux assaillants que possible C’est un honneur pour eux que Dieu les ait choisis  -.. je fais état des raisons du choix clair d’Allah  dans mes livres et brochures. Quand Allah les a choisis, il ne l’a fait pas par politesse,  il a fait ce choix juste car les Juifs le  méritaient » .

Aschkel Rédaction Israël-flash via elderofziyon

D. 10 GEO Israël Yehoshua 2015-10-31

« En Israël, un Etat d’urgence ? Face à l’impossibilité croissante d’une solution à deux Etats au Proche-Orient, l’écrivain israélien Avraham Yehoshua prône désormais le cheminement vers un Etat unique binational. » (V.R) Depuis 1967 il plaide en faveur de deux Etats mais devant la nouvelle flambée de violence dans les Territoires occupés et la poursuite de la colonisation qui mêle inextricablement les deux populations il ne voit que le cheminement transitoire ou définitif vers un Etat unique bi-national.

« Aujourd’hui, l’ennemi est à l’intérieur, un ennemi arabe et un ennemi juif : pas seulement les Palestiniens des Territoires occupés, mais les Israéliens qui pensent qu’il faut entrer encore davantage dans ces territoires, et les occuper pour l’éternité. » (A.Y) Les agressions au couteau sont « des suicides parce que ces jeunes sont immédiatement tués ». Il n’est plus possible d’évacuer les 500.000 colons de Cisjordanie sans guerre civile. « Par la colonisation, Israël a détruit la solution à deux Etats. Mélanger deux populations totalement différentes ne pouvait aboutir qu’à une catastrophe. C’était une terrible erreur » (A.Y)

« Dans les zones B et C qui ne dépendent pas de l’autorité palestinienne, et où les colonies s’étendent, les Palestiniens vivent une occupation brutale, sans fin, puisque personne ne parle d’une annexion, qui leur donnerait de facto la citoyenneté israélienne. Personne ne leur a proposé ce que Ben Gourion a donné aux cent quarante mille Arabes d’Israël juste après la guerre de 1948. Ils venaient de se battre contre Israël, et le Premier ministre leur a dit : vous êtes citoyens. Et les Arabes israéliens, qui sont une minorité de 1,6 million, sont des citoyens loyaux d’Israël. » (A.Y)

Ils sont solidaires du peuple palestinien mais en Israël il y a des juges, des consuls et des ambassadeurs qui sont arabes mais aussi des « cinéastes, des écrivains, des musiciens. Officiellement, il ne leur manque pas de droits. Il y a évidemment de la discrimination, mais les juifs marocains s’en plaignent aussi . » (A.Y) Un Etat binational serait pour eux un soulagement. Certains extrémistes veulent jeter les juifs à la mer car il y a des fous partout. « Mais beaucoup d’Arabes des Territoires veulent une citoyenneté. La zone C qui représente 62 % de la Cisjordanie, entièrement sous contrôle israélien, où les colonies se développent, ne compte que cent cinquante mille Palestiniens. On pourrait commencer par leur donner la citoyenneté israélienne, donc des droits et la Sécurité sociale. » (A.Y) Cette idée d’Etat binational n’est pas neuve et elle dépasse les clivages politiques. « Bien sûr, elle comporte des dangers. Mais toutes les solutions en comportent. » (A.Y) Si un Etat palestinien existait il serait déjà envahi par les réfugiés syriens et irakiens qui parviennent en Europe. Les Américains sont les responsables de cet exode « avec leur guerre stupide de 2003.  Pas les Européens, qui ne peuvent pas faire grand-chose. En revanche, vous, (les Européens), avez une responsabilité historique et morale envers les Juifs et les Palestiniens. Car il y a eu la Shoah en Europe, et les Palestiniens ont payé le prix de la création de l’Etat d’Israël. Vous avez le devoir et le pouvoir d’imposer une solution.»

Le président israélien Reuven Rivlin, de droite et partisan du Grand Israël, veut accorder tous les droits civiques et la nationalité israélienne aux Palestiniens. « C’est un grand ami, on a été boy-scouts ensemble, un vrai démocrate. Je me suis longtemps opposé à lui. Mais il est honnête dans sa proposition. Il veut donner la citoyenneté à tous les Palestiniens de Cisjordanie. Pas à ceux de Gaza, car Gaza a été libéré de la présence israélienne. On a évacué les colonies et les postes militaires, mais le Hamas a continué ces tirs imbéciles au lieu de faire de Gaza un modèle de petit Etat palestinien. Tout le monde était prêt à subventionner cet Etat pour qu’il devienne un nouveau Singapour ! Aujourd’hui beaucoup d’Israéliens se disent que si on créé un Etat palestinien en Jordanie, ce sera un Gaza bis. » Les pères de Rivlin et de Yehoshua étaient orientalistes et amis. Leurs familles ont vécu pendant plusieurs générations à Jérusalem. « Nous avons tous deux le sentiment qu’on peut vivre avec les Arabes » (A.Y)

« …70 % des Israéliens sont nés en Israël. On ne peut pas associer origine et opinions politiques. Il y a des Juifs russes de gauche et des Israéliens de cinquième génération de droite. La montée de la religion aggrave le conflit territorial. C’est un facteur très négatif dans la quête de la solution. (…) Evidemment, beaucoup de gens ont peur. Les Arabes israéliens aussi ont maintenant peur de venir travailler avec les Juifs. Si on abîme notre relation avec eux, ce sera une catastrophe (…) Un Etat binational, vu comme une étape vers deux Etats, permettrait de sortir de cette impasse. » (A.Y).

(d’après des propos recueillis par V.R Vincent Rémy, Télérama, 21/10/15)

Colette (7 nov 2015) : Roger, tout ce que vous dites est fondé sans doute mais nous sommes en France, loin, au calme, sans violence, libres et en sécurité… Si vous viviez au quotidien dans ce que sont les territoires occupés palestiniens avec les exactions des colons extrémistes…et  celles de l’armée… qui n’est plus l’armée des années soixante ni soixante-dix ! si vous aviez entre 15 et 20 ans, violence au quotidien et aucun avenir… vous penseriez sans doute autrement et peut être feriez comme eux ???

   

AUJOURD’HUI

Roger et Alii

Retorica

(6 100 mots, 37 400 caractères)

1 commentaire

Laisser un commentaire ?