11 GRA dictée en quarante mots 2014_09

1. Le « quarante mots » est un élément de la méthode Mellerio-Sanglier. Il consiste à écrire un texte en quarante mots qui peut être un récit, un essai, plus rarement un dialogue ou un poème. Ce texte doit être assez bien rédigé du point de vue de la correction du style mais sans plus. Sa finition relève de la « part aidante du maître ».  Il est important que le prof définisse bien le genre : le récit raconte, l’essai analyse ;  le dialogue et le poème sont facilement identifiables. Le texte final (récit ou essai de préférence ) va constituer le texte de la dictée.

2. Pourquoi se limiter à 40 mots ? Parce que c’est l’unité minimale qui offre un sens complet. Beaucoup de choses peuvent s’écrire en quarante mots. On pourrait  penser à un texte d’auteur. Mais il est important de partir des intérêts du ou des élèves en leur donnant immédiatement la parole. Ceci est en lien avec la méthode naturelle de lecture et d’écriture (MNLE) chère au mouvement Freinet.  Le texte de la dictée est ainsi profondément lié à la personnalité du ou des élèves.

3. La correction peut se faire en deux temps. Je prends l’exemple d’un élève seul avec le prof. Celui-ci se borne à entourer en rouge les erreurs. Il les montre à l’élève qui corrige. A 80 % les erreurs relèvent de l’inattention car la pratique quotidienne du français à inscrit dans le mental de tout le monde les structures fondamentales de la langue. Restent 20 % qu’il faut expliquer et c’est le deuxième temps. L’explication est rapide, succincte, facilement assimilée. Cela relève de la « grammaire en quatre pages » de Célestin Freinet.

4. La dictée négociée. J’emprunte le reste de cette réflexion à la notion de « dictée négociée » (Véronique, 5 sept 2009, liste Freinet second degré). Muriel pose une question assez pointue : «L’interrogation raisonnée de l’orthographe à travers une phrase de la composition  des élèves : rapidement, c’est quoi ?  » Voici la réponse de Véronique : « Ah, c’est ce que d’autres appellent la * »phrase du jour ». L’enseignant dicte une phrase sur un point qu’il veut aborder dont il a repéré la récurrence dans les copies d’élèves,(l’idéal serait de prendre une phrase de ces écrits à mon avis). Il la dicte à l’ensemble de la classe qui l’écrit sur son cahier de brouillon. Il passe un peu au hasard, repère les erreurs, envoie un élève l’écrire au tableau. On regarde. Les élèves comparent et on liste toutes les graphies différentes sous la première proposition.

« Et puis on cause, on questionne : on trouve des « ils les regardes » fréquemment par exemple. Il faut questionner le premier qui a écrit un* S.* Et inévitablement, il répond qu’il a mis un S parce qu’il y a un les devant. Et il faut le féliciter pour la logique de cette réponse et lui dire que toutefois, il s’est trompé. Mais ce n’est pas toi, qui va le lui expliquer, c’est un autre enfant qui lui, a mis « Ent » et qui va proposer une autre explication, timidement, parce que du coup il n’est plus sûr de rien…

« Ce que j’aime bien, justement, c’est le raisonnement, le cheminement de l’enfant, sa capacité à expliquer ce qu’il fait, de donner du sens ou de voir qu’il faisait au « pif » et que ça marche mieux avec la logique.

« Pour le lexique on prend tout bonnement un dictionnaire. Je pense que cette méthode pourrait être améliorée et je prends les propositions qui viendraient.

« Dans le même genre, la dictée négociée *est une dictée faite à toute la classe. Puis temps de correction individuelle (flèches pour les accords, mots dont on n’est pas sûr, entourés, etc. ) Ensuite, les élèves sont mis par groupe de niveau (3 ou 4 élèves). Les excellents ensemble, les niveaux moyens, les plus faibles (qui peuvent avoir la même dictée mais à trous par exemple. Et là, ils comparent. *Et ils doivent ne me rendre qu’une seule copie.* Parfois, ils se plantent royalement et ne rendent pas la meilleure (je prends les autres pour voir…) alors ensuite, on discute. « Pourquoi avez-vous choisi celle-ci ? »

« Ces dictées ont été des moments de joie pour moi. J’étais là, je ne faisais rien, et j’entendais « mais non, là, tu mets *er* parce qu’on peut dire « prendre ».

« Ils ont le droit de venir consulter le dictionnaire pour deux mots, le dictionnaire est sur mon bureau, ils doivent « emporter le mot dans leur tête pour le mémoriser. »

« Je ne fais pas de distinction, pour répondre à une de tes questions en privé, entre erreur et faute. J’essaie plutôt de remplacer le mot « faute » par « erreur » parce que je trouve faute un peu culpabilisant pour l’enfant, mais chassez le naturel… car ma vieille terminologie est bien ancrée.

Roger et Alii

Retorica

(820 mots, 4.700 caractères)

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