12 GUE Occident Décalogue Pater 2016 04

Nous sommes en pleine guerre idéologique, politique et militaire entre Daesh et l’Occident judéo-chrétien. Si nous ne savons pas réinventer nos racines nous périrons. C’est l’objet même du site www.retorica.fr (voir accueil) et de ce fichier. Celui-ci contient les textes fondateurs du christianisme et du catholicisme.

Roger

(1). La « règle d’or » est une maxime universelle. Elle s’énonce ainsi : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on le fasse. » Lire Olivier du Roy « La règle d’or, histoire d’une maxime morale universelle  » (2 volumes, Cerf, 2012). Le lien avec le Décalogue peut se faire par les « lois noahides » généralement méconnues.

(2). Lois noahides (voir Wikipédia) “Nos rabbis ont enseigné : Sept commandements ont été donnés aux fils de Noé [c’est-à-dire à l’humanité]. Ils concernent les lois, le blasphème, l’idolâtrie, l’inceste, le meurtre, le vol et le prélèvement d’un membre sur un animal vivant.” (Talmud Sanhédrin 56a. Le Talmud est un ensemble de commentaires juifs). On les traduit sous des formulations moins elliptiques, par exemple :

1. Faire des tribunaux,

2 Ne pas maudire Dieu,

3 Rejeter l’idolâtrie,

4 S’abstenir de l’inceste,

5. S’abstenir du meurtre,

6. S’abstenir du vol,

7. S’abstenir de manger un animal vivant.” (Sanhédrin 56a)

Ces lois correspondent dans la Genèse au moment où Dieu bénit Noé et ses fils après le Déluge. Il leur dit notamment :

”Toute faune qui vit sera pour vous en nourriture,

comme herbe verte ; je vous ai donné tout.

Seulement vous ne mangerez pas de chair

avec son être, son sang.” (Gen 9, 3-4 Traduction Chouraqui)

(3). Ensuite les dix commandements ou Décalogue sont donnés à Moïse au mont Sinaï pour tous les peuples de la terre. Mais seuls les Hébreux les acceptent, de mauvais gré d’ailleurs. Il en existe deux versions, très proches l’une de l’autre (Exode 20, 1 à 17 et Deutéronome 5, 6 à 21). Leur succès mondial vient du fait qu’ils étaient une sorte de commentaire de la « règle d’or » et que le christianisme les a repris à son compte. En voici une version française rimée pour la piété populaire. Je l’ai relevée d’après le catéchisme de l’évêché de Nantes (1826). Mais le style me fait penser que ce texte remonte au XVII° siècle. Pour faire bonne mesure j’y joins les commandements de l’Eglise qui en étaient indissociables.

1. Un seul Dieu tu adoreras,

Et aimeras parfaitement

2. Dieu en vain tu ne jureras,

Ni autre chose pareillement.

3. Les dimanches tu garderas,

En servant Dieu dévotement.

4. Tes père et mère honoreras,

Afin de vivre longuement.

5. Homicide point ne feras,

De fait ni volontairement.

6. Luxurieux point ne seras,

De corps ni de consentement.

7. Les biens d’autrui tu ne prendras,

Ni retiendras à ton escient.

8. Faux témoignage ne diras,

Ni mentiras aucunement.

9. L’œuvre de chair ne désireras,

Qu’en mariage seulement.

10. Biens d’autrui ne convoiteras,

Pour les avoir injustement.

Les commandements de l’Église

1. Les Dimanches Messes ouïras,

Et les Fêtes pareillement

2. Les Fêtes tu sanctifieras,

Qui te sont des commandements.

3. Tous les péchés confesseras,

A tout le moins une fois l’an.

4. Ton Créateur tu recevras,

Au moins à Pâques humblement.

5. Quatre-Temps, Vigiles jeûneras,

Et le Carême entièrement.

6. Vendredi chair ne mangeras,

Ni le Samedi mêmement.

(4). Une sagesse élémentaire voudrait que l’on revienne à la règle d’or. Sinon nous périrons. Elle n’exige pas la croyance en Dieu. Du reste dans le Talmud on relève deux remarques importantes que je redonne ici selon une formulation personnelle.

Dieu a créé le Mal pour respecter la liberté de l’homme. Mais il a aussi créé son antidote, la Tora (la loi, les dix commandements). Il suffit de respecter la Tora pour faire reculer et disparaître le Mal.

Dieu dit : Que les hommes m’oublient ou me combattent, peu importe. Il me suffit qu’ils respectent ma Tora car je suis dans la Tora.

(5) Hélène (28 avril 2016) : La plupart des commandements sont nécessaires, importants sinon indispensables,  mais quand j’arrive au 9ième …… pourquoi tant d’acharnement contre la chair ?

Bonne et/ou fraiche est-elle si mauvaise qu’on doive s’en priver ? 

Toutes les belles et grandes émotions ne sont-elles pas bonnes à vivre ? »

Roger (30 avril 2016) Vous avez tout-à-fait raison. Voici une explication qui me semble raisonnable. Dans la Bible le Décalogue se présente sous deux formes, très proches l’une de l’autre : Exode 20, 1 à 17 et Deutéronome 5, 6 à 21. Voici les passages qui nous intéressent :

« 7. Tu ne commettras pas d’adultère (…)

10. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. »

On voit qu’ils sont très différents de la formulation catholique :

Le 7 est devenu le 6 :

 6. Luxurieux point ne seras,

De corps ni de consentement.

et le 10 a été scindé en deux :

 9. L’œuvre de chair ne désireras,

Qu’en mariage seulement.

10. Biens d’autrui ne convoiteras,

Pour les avoir injustement.

Le texte biblique est de nature juridique. Il a pour but de protéger la femme en l’assimilant aux biens qui ne doivent même pas être convoités, la convoitise menant au crime, de même que l’adultère. Le texte catholique bouleverse l’ordre primitif du Décalogue. L’acharnement contre la chair qu’on y voit est donc plutôt le fait du christianisme. Le plaisir sexuel est au contraire magnifié dans le judaïsme : il est demandé de satisfaire sa femme le soir du shabbat. Il est vrai que les trois monothéismes passent, dans les faits, par des phases de confiance ou de défiance vis-à-vis du plaisir sexuel féminin.

(6) Pater Ave 2012 2016 Cet article peut légitimement surprendre. Le Pater Noster et l’Ave Maria, sont les traductions latines de “Notre Père” et “Je vous salue Marie”. Par commodité, je les désigne par leur titre latin abrégé, soit donc Pater et Ave. Ainsi qu’on le disait autrefois dans le sacrement de confession (devenue “réconciliation” aujourd’hui) : “Comme pénitence vous me direz un Pater et trois Ave”). Pour étudier et comprendre la portée de ces deux prières chrétiennes, j’ai consulté les documents suivants :

a) Notre père qui êtes aux cieux : recherche Google

b) Notre père Wikipédia

c) Notre Père qui es aux cieux analyse de Benoît XVI

c’) Analyse de l’église orthodoxe

d) Je vous salue Marie : recherche Google

e) Je vous salue Marie Wikipédia

f) Kephas. Je vous salue Marie, une longue histoire.

(7) Voici le texte du Pater utilisé depuis Vatican II (1962) dans l’Eglise catholique. Il a été légèrement modifié en 2014

Notre Père, qui es aux Cieux,

Que ton nom soit sanctifié,

Que ton règne vienne,

Que ta volonté soit faite

Sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,

Pardonne-nous nos offenses

Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,

Et ne nous soumets pas à la tentation, (2014 : Ne nous laisse pas entrer dans la tentation)

Mais délivre-nous du mal.”

Son origine est le Kaddish juif (= “sanctification”). Quand les apôtres demandèrent à Jésus comment prier celui-ci leur indiqua spontanément la prière qu’ils connaissaient tous en bons juifs qu’ils étaient. Mais il existe de nombreuses versions du Kaddish ; dans l’une d’elle on lit :

Que soient reçues (acceptées) les prières et supplications

de toute la Maison d’Israël

devant leur Père qui est au ciel, et dites Amen.”

Jésus, lui, proposa à ses disciples sa propre version du Kaddish à la fois personnelle et conforme à la tradition. Cette version est perdue. On la connait par la traduction grecque. Voir plus loin.

(8) . C’est la prière d’une personne qui s’adresse à une autre personne qui est “Notre Père”. Objection : pourquoi pas “notre Mère” ? On lira un peu plus loin la réponse de Benoît XV. Disons que Dieu est à la fois Père et Mère mais il prend son aspect yang (masculin) dès qu’apparaît une figure yin (féminine), la Shekhina (la “Présence”) dans le judaïsme et la Vierge Marie dans le christianisme. C’est pourquoi il sera aussi question de l’Ave Maria. Dieu est partout en tant qu’Energie primordiale. C’est par un anthropomorphisme abusif mais commode que le Pater le fait siéger au plus haut des Cieux, qu’on ne peut confondre avec le ciel : noter la majuscule et le pluriel. La sanctification du nom (dans “que ton nom soit sanctifié”) , c’est l’hommage qu’on lui rend et qui remplace les sacrifices du Temple. Celui-ci existait encore du temps de Jésus mais maintes fois Dieu dit dans la Bible hébraïque (“Ancien Testament”) que le Temple était très secondaire par rapport aux prières et aux actions.

(9) “Que ton règne vienne. Plus que le règne de Dieu, il s’agit du règne de sa Loi avec le précepte fondamental, la règle d’or : “Aime ton prochain comme toi-même” et plus concrètement “Aime le bien de ton prochain comme toi-même tu aimes le tien. Un très joli midrach (commentaire talmudique) fait dire à Dieu : “Qu’ils m’oublient s’ils veulent mais qu’ils respectent ma Loi”. “Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel”. Ce passage évoque la même idée mais avec une notion supplémentaire, de nature ésotérique, qu’on retrouve dans la Table d’Emeraude : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Par la prière, il y a une circulation constante entre la divinité et l’homme qui en est une parcelle puisque Dieu “fit l’homme à son image”.

(10) La construction générale du Pater est la suivante d’après : http://www.eglise-orthodoxe.eu/texte_notre_pere.htm Il s’agit d’un décalque du grec d’après la version de Matthieu (6. 9 -13) plus longue que celle de Luc (11. 2 -4)

1 Père à nous qui [es] aux cieux 2 sanctifié [soit] le Nom de Toi

3 Vienne le règne de Toi 4 accompli [soit] le vouloir de Toi

5 comme au ciel 6 ainsi sur terre.

—–

7 Le pain de nous sur-essentiel 8 donne-nous aujourd’hui

9 remets les dettes de nous 10 comme nous avons remis aux débiteurs de nous

11 et [ne] nous laisse pas entrer dans la tentation

12 mais délivre nous du malin.

 car c’est à Toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire

aux siècles des siècles. Amen.

Le premier récitatif (1 à 6) répète la formule “de Toi” et on peut l’appeler “dans le ciel de Toi” et le second récitatif pourrait être appelé “sur la terre de nous”. Le premier récitatif descend du ciel vers la terre et le second (7 à 12) est une triple et même quadruple imploration qui monte de la terre vers le ciel.

(11) Le “pain quotidien est une facilité de traduction car le pain “sur-essentiel” est le pain fondamental dont il faut disposer tous les jours. C’est un pain vital, un pain de Vie. Autre facilité : “pardonne-nous nos offenses / comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé”. Il est en réalité question de remise de dettes. Or cette remise de dettes ne peut être que générale et se produit tous les cinquante ans, à l’occasion du Jubilé. Alors la collectivité redevient en paix avec elle-même et avec Dieu. En passant au christianisme le texte rendait inintelligible une notion qui fut remplacée par le pardon des offenses. La dernière demande touche à la tentation du mal. Là aussi la traduction courante ne rend pas bien compte du problème. La tentation est là et le malin (le Satan) aussi. Le Satan c’est “l’accusateur” en hébreu qui témoigne contre l’homme devant le tribunal de Dieu. C’est la rançon de la liberté humaine : le mal que je fais, comme le bien, dépend uniquement de moi.

(12) « Ne nous soumets pas à la tentation » (1962) / « Ne nous laisse pas entrer dans la tentation ». Mais à partir du moment où j’ai reçu le pain vital, que les dettes sont remises, annulée, Dieu me portera secours pour m’empêcher d’entrer dans la tentation et je serai ainsi délivré du Mal, de Satan. Dieu m’a laissé libre mais j’ai besoin de son énergie. D’où la formule finale : le “règne”, la royauté totale, la “puissance” et la “gloire” appartiennent à Dieu seul. Cette dernière formule est classique dans le judaïsme. Jésus construit cette prière selon des parallélismes qui en facilitaient la mémorisation, mais l’original hébreu est perdu. La circulation des sens qui se répondent les uns aux autres est impressionnante dans le texte grec et on la perçoit dans le décalque.

(13) Dieu, mère. Dans son étude

eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2905074_pater_2

Benoît XVI aborde la question de la mère : “Dieu, n’est-il pas aussi mère ? L’amour de Dieu est comparé à l’amour d’une mère : « De même qu’une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai » (Is 66, 13). « Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas » (Is 49, 15). Le mystère de l’amour maternel de Dieu ressort de façon particulièrement impressionnante du mot hébreu rahamim, qui signifie en fait le sein maternel, mais qui finit par désigner la compassion de Dieu pour l’homme, la miséricorde de Dieu. Dans l’Ancien Testament, des organes du corps humain servent à maintes reprises à désigner des attitudes fondamentales de l’homme, mais aussi les dispositions de Dieu, tout comme le cœur ou le cerveau disent aujourd’hui encore quelque chose de notre propre existence. Ainsi, l’Ancien Testament présente les attitudes fondamentales de l’existence non pas en termes abstraits, mais dans le langage métaphorique du corps. Le sein maternel est l’expression la plus concrète pour signifier le lien intime entre deux existences et l’attention portée à la créature faible et dépendante qui, dans son corps et dans son âme, est totalement protégée dans le sein de sa mère. Le langage métaphorique du corps nous permet donc de comprendre plus profondément les dispositions de Dieu vis-à-vis des hommes qu’un langage conceptuel quel qu’il soit.” Ce qui nous conduit à l’Ave Maria, autre prière fondamentale du catholicisme.

(14) Ave Maria Voici cette prière en français

« Je vous salue, Marie pleine de grâce ;

Le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes

Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu,

Priez pour nous, pauvres pécheurs,

Maintenant, et à l’heure de notre mort.

Amen. »

« Le Je vous salue Marie est une prière composée de deux parties définies à des époques différentes. La première partie est l’antienne Ave Maria, paroles de l’ange lors de l’Annonciation (Luc 1,28) et d’Élisabeth au moment de la Visitation (Luc 1,42), en usage depuis le ve siècle. La seconde partie comporte le titre de Théotokôs (« Mère de Dieu »), défini au IIIe concile œcuménique, le concile d’Éphèse, en 431. Cette seconde partie du Je vous salue, Marie sont les ultimes paroles prononcées sur son lit de mort par saint Simon Stock, supérieur de l’Ordre du Carmel, en 1265 : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. » L’Église joignit ces paroles à cette prière, ce qui donna sa forme définitive à l’Ave Maria. » (Encyclopédie Wikipedia)

(15) L’histoire de l’Ave Maria a duré quinze siècles. C’était une prière usuelle au Moyen-Age La première partie est une louange.. La seconde partie est une supplication. Sur tous ces problèmes consulter :

Kephas – Je vous salue, Marie : une longue histoire

www.revue-kephas.org/02/2/Guillaume127-133.html

La construction des deux prières Ave Maria et Pater noster est la même et c’est certainement volontaire : une descente du divin vers les humains et une remontée des humains vers le divin. La présence du féminin avec l’Ave Maria fait glisser davantage le Pater Noster vers le masculin. La féminité de l’Ave est celle de la maternité qui donne la vie. Au passage on peut songer à Eve, en hébreu hawa, “la mère de tous les vivants”. La seconde partie évoque la Vierge Marie comme “mère de Dieu” et protectrice de l’humanité. Mais la vie c’est aussi la mort. Il s’agit d’en faciliter le passage. Donc prière du concret, de l’humainement concret. En ce sens cette prière complète le Pater Noster, plus théologique, plus philosophique. Le Pater a une dimension sociale et collective, l’Ave une dimension personnelle et existentielle.

(16) Le chapelet. Les deux prières sont récitées d’une manière répétitive au moyen d’un chapelet. qui sert à les compter. Le chapelet (= “petit chapeau”) était une couronne de fleurs (v.1200), ainsi appelée par analogie avec la couronne de roses (ou rosaire) dont on ornait la tête de la Vierge Marie. Il désigna (vers 1390) le collier de grains enfilés devenu objet chrétien de dévotion. Ce collier est composé de cinq dizaines de grains pour les Ave, précédées chacune d’un grain plus épais pour les Pater. Un tour de chapelet est dit en une vingtaine de minutes Le rosaire est la récitation de trois chapelets (soit 150 Ave, donc environ une heure). La dévotion au rosaire date du XIII° siècle. Elle était destinée aux moines et moniales quand ils ne savaient ni lire, ni écrire. “Le rosaire; c’est la liturgie du pauvre” (Sylvie Germain “Songes du Temps”). C’est un outil de méditation collective, dit à haute voix en évitant toute distraction volontaire. « Le rosaire ne se limite pas à la récitation des prières qui le composent. En récitant chaque dizaine du rosaire, il convient de méditer sur un mystère (soit de la vie de Jésus, soit de celle de Marie). Comme l’a souligné le pape Jean-Paul II, l’objectif du rosaire est avant tout de « contempler avec Marie le visage du Christ ». Cette contemplation fait appel à l’imagination, ce qu’Ignace de Loyola appelle une « composition de lieu » : il s’agit de reconstituer dans son imagination et de voir en esprit tel ou tel évènement de la vie de Jésus de Nazareth. Chaque dizaine est l’occasion de méditer un mystère particulier, pour prier d’en obtenir le fruit spirituel. » (d’après Wikipédia).

(17) L’usage d’un collier de grains pour prier serait peut-être une invention indienne. On le rencontre dans beaucoup de religions : hindouisme, bouddhisme notamment tibétain, islam notamment soufi et naturellement christianisme. C’est donc un outil de méditation très répandu. Il est d’ailleurs curieux de constater que les vingt minutes nécessaires pour réciter un chapelet correspondent à la durée d’un zazen (méditation assise et silencieuse) dans le bouddhisme zen.(zen = méditation). Les modalités sont très différentes d’une religion à l’autre mais l’esprit profond reste, à mon avis, le même.

(18) Claire-Marie (21 nov 2012) : Je suis simplement curieuse de savoir ce qui a motivé cette fiche intéressante, au surgissement surprenant. J’ajoute que ça ne me gêne pas, mais j’ai vraiment envie de savoir… 🙂 Roger (24 novembre : L’article sur le Pater et l’Ave a pour origine des réflexions sur le Ramadan au collège. De très jeunes musulmans font le ramadan dès le primaire. Ils en tirent une fierté légitime : c’est l’islam. Quand ils s’en prennent à un petit coreligionnaire pour le priver de son pain au chocolat, nous sommes dans l’islamisme. Comment s’opère le glissement ? Par le raisonnement suivant.  L’islam est la meilleure des religions ; il faut que tout le monde la pratique, de gré ou de force pour être heureux ; ce qui existait avant l’islam n’a aucune valeur et doit être détruit. Ceux qui refusent de se convertir ou qui veulent sortir de l’islam sont mis à mort. Les imams les plus lucides, les plus conscients des enjeux refusent ce glissement et cherchent à établir des ponts avec les deux autres religions à l’origine de l’islam, à savoir le judaïsme et le christianisme. Les trois monothéismes, comme les trois mousquetaires, sont en réalité quatre. Il faut ajouter la laïcité, aussi surprenant que cela puisse paraître. Les laïques ont beaucoup de mal à admettre que Jésus est à l’origine de leur doctrine. Jésus dit en effet : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »(Lc 20, 20-26 ; voir également Mc 12, 13-17 et Mt 22, 15-22)

http://www.bible-service.net/site/654.html

On veut ignorer que la démocratie occidentale est née plus du christianisme que des Grecs. Les premiers évêques étaient élus par le peuple et par acclamations au nom du célèbre  « Vox populi, vox dei« . 

Le judaïsme et l’islam sont des théocraties qui ont du mal, surtout l’islam, à séparer le spirituel du temporel. Jésus y parvient facilement parce que la théocratie juive est une théocratie critique qui réfléchit sur elle-même. De nombreux midrachim (commentaires rabbiniques) en portent témoignage et notamment celui-ci peu connu : « Peu importe, dit Dieu, qu’ils m’oublient, pourvu qu’ils n’oublient pas ma Loi« . L’incroyance ne gêne pas le judaïsme. Par contre, ce qu’il réprouve c’est l’oubli du « Aime ton prochain comme toi-même ». C’est ce qui se passe en Israël où les électeurs de Natanyahou pratiquent le  : « Aime ton prochain juif comme toi-même« . C’est une absurdité criminelle. Mais quand on reçoit 10.000 missiles en 10 ans, cela finit par lasser et on veut que cela cesse. 

Dans cette partie à quatre la laïcité qui devrait jouer son rôle plein et entier se disqualifie quand elle se veut anticléricale. Elle s’en prend au judaïsme et au christianisme dont elle est issue et qu’elle devrait soutenir. Seule face à l’islamisme elle ne fait pas le poids car celui-ci pratique le jihad sous toutes ses formes : séductions, menaces, mensonges sont parfaitement licites. D’où des massacres de chrétiens au Nigéria, au Pakistan et ailleurs. Consulter l’Observatoire de la Christianophobie. Les monarchies pétrolières sont profondément islamistes ; elles appliquent à la lettre la prescription de l’aumône qui concerne un quart des revenus. Des sommes énormes sont ainsi consacrées à répandre l’islam, construire des mosquées et financer des groupes terroristes.  Depuis 25 ans en Belgique, des associations pieuses versent à des femmes 200 € par mois afin qu’elles portent la burqa et créent ainsi le trouble dans les sociétés occidentales en vue de les affaiblir, de mieux les pénétrer, de mieux les convertir. Par chance l’islam de France reste peu perméable à ces pratiques. Il faut soutenir fermement cet islam-là.

Donc il faut faire le front commun judaïsme – christianisme – laïcité. Beaucoup de laïques sont issus de la tradition chrétienne qu’ils veulent ignorer. C’est pour les inviter à revenir à leurs sources que j’ai fait cette recherche sur les deux prières fondamentales du christianisme que sont le Pater et l’Ave et aussi sur le Décalogue. 

Le texte (1942) du pasteur Martin Niemöller reste d’une brûlante actualité :

« Lorsqu’ils sont venus chercher les communistes

Je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes

Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu’ils sont venus chercher les Juifs

Je n’ai rien dit, je n’étais pas Juif.

Puis ils sont venus me chercher

Et il ne restait plus personne pour protester. »

(19) Stéphane (21 nov) : Très très intéressant … Cependant le christ reste un imposteur pour les juifs … Descendant de David … Roger (24 nov) : En fait la pensée juive a évolué suite à Vatican II (1962 – 1965). Tu as raison il y a eu pendant  des siècles le Jésus imposteur dont le Talmud dit beaucoup de mal,  notamment sur sa naissance et sa vie de bâtard. Aujourd’hui une minorité de rabbins se penchent sur la question et voient en Jésus un prophète d’une qualité exceptionnelle, pleinement juif, mais dont le message a été repris et amplifié par saint Paul. Il reste une dernière étape : reconnaître en Mahomet à la fois le guerrier et le mystique. Voir élection multiple :

http://www.retorica.fr/Retorica/02-bib-election-multiple-2010-02/

Cette reconnaissance nous permettrait de mieux lutter contre l’islamisme.

Roger et Alii

Retorica

4 000 mots, 23 600 caractères, 2016-04-30

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