12 GUE Terrorisme islamiste – stratégie – laïcité – 2017-08

 

J’essaie de mettre de l’ordre dans ces notions apparemment complexes. Leur solution se trouve dans l’article 35 de la loi 1905 qu’il faut appliquer, à mon sens, sans faiblesse. Roger

(1) 12 GUE Terreur – terrorisme – terrorisme islamiste

« Le mot « terrorisme » est attesté pour la première fois en novembre 1794, il désigne alors la « doctrine des partisans de la Terreur »5, de ceux qui, quelque temps auparavant, avaient exercé le pouvoir en menant une lutte intense et violente contre les contre-révolutionnaires. Il s’agit alors d’un mode d’exercice du pouvoir, non d’un moyen d’action contre lui. (…)Le philosophe Philippe-Joseph Salazar fait remonter le concept de terrorisme au jus terrendi, « notion qu’on trouve chez le juriste romain Pomponius et dans les Digestes de l’empereur romain d’Orient Justinien. Le jus terrendi est le droit d’inspirer au criminel une « terreur salutaire », afin de le maintenir dans le respect de la loi. La menace de l’exécution en relève, par exemple. Mais les Romains en envisagent aussi une autre acception : selon eux, l’usage de la terreur permet de chasser du territoire tous ceux qui voudraient en enfreindre les lois. En somme, le jus terrendi a une dimension éthique — la terreur comme effet dissuasif — mais aussi étatique — quand il s’agit d’imposer sa souveraineté » (« Terrorisme » Wikipédia)

En principe la Terreur n’a qu’un temps mais très vite elle devient une méthode de gouvernement et n’a donc plus de fin, dans tous les sens du terme. C’est le cas du terrorisme islamiste. « L’objectif visé par le terrorisme islamiste est la promotion d’une vision religieuse et radicale du monde et les organisations qui l’utilisent le perçoivent comme un commandement divin3,4,5. Bien que, dans sa définition religieuse, le djihad ne soit pas spécialement lié à la politique ni à la violence6, au début du xxie siècle il est facilement associé à la violence politique exercée en son nom dont un des buts serait de « contraindre [des États] à un retour aux lois de Dieu et à la société prophétique de l’islam originel [et] à épurer l’ordre politique en place7 » (« Terrorisme islamiste. » Wikipédia)

 

(2) 12 GUE islamonazisme – Ferry – 2017-08-22

 

«  (…) Les historiens sont là pour nous rappeler que, pendant la Saint Barthélémy, on est allé jusqu’à embrocher des enfants vivants avant de les mettre à rôtir dans l’âtre au seul motif qu’ils étaient protestants, le tout, bien entendu, au nom de l’amour du Christ. Quant à la guerre de Vendée, elle a atteint dans l’abomination des sommets inimaginables, entre bons Français pourtant. Donc, ces gens (les islamistes) ne sont pas essentiellement différents de nous (…) » Partir de « ce que nous connaissons, de ce que nous avons vécu nous-mêmes dans la vieille Europe, de ce qui se rapproche le plus de l’islamisme fanatique, à savoir le nazisme. » Luc Ferry voit « six points communs » :

« D’abord un formidable sentiment d’humiliation, que le fondamentalisme vient puiser dans l’histoire de la colonisation, comme l’Allemagne hitlérienne l’avait trouvé dans le traité de Versailles.

En second lieu, une misère sociale et humaine, celle des pays dévastés par les guerres communautaires, celle des banlieues pourries (…)

Ensuite, une idéologie forte, pleine de sens et d’avenir radieux, de vierges ou de retour à l’âge d’or, face à des Etats laïcs désespérement neutres, parce que volontairement dépourvus d’idéologie officielle.

En quatrième lieu, le fondamentalisme partage avec le nazisme une vision communautariste ou, pour mieux dire, « holistique » du monde : le fanatique ne connaît pas d’individus, mais seulement des « membres » au sens biologique du terme, c’est-à-dire des parties d’une totalité organique qui ne possèdent aucune autonomie personnelle. (…) Il n’est plus ni femme, ni enfant, ni innocent qui tienne : il faut éradiquer la communauté d’en face « sans épargner les petits », comme disaient déjà les nazillons français.

Toutes ces idéologies culminent alors dans une véritable détestation de l’Europe des Lumières, une fureur hostile qui, dans le nazisme, s’enracinait dans le romantisme allemand, mais qui, dans le fondamentalisme d’aujourd’hui, se cristallise sur Israël, bras armé de l’Occident en terre d’islam, un pays démocratique coupable de tous les pécdhés qu’on vient d’énumérer. » Puis « les Etats-Unis, chefs du camp occidental, puis vers la France, pays de la laïcité par excellence, une laïcité qui serait tout simplement mortelle au fondamentalisme.

Enfin sixième et dernier point : si le nazisme, hélas, nous a appris une chose, c’est que le pays le plus cultivé de la terre pouvait massivement adhérer à la politique la plus irrationnelle et la plus atroce que l’humanité ait connue. (…) ce ne sont malheureusement ni la culture ni l’éducation qui garantissent en toutes circonstances le recul de la barbarie. »

(d’après Luc Ferry « Penser la haine et l’ »islamonazisme », Figaro 2 oct 2014)

 

(3) 12 GUE Daesh Amok repentir 2016_01_08

 

Il faut admettre que le « terroriste » de l’un est le « martyr » de l’autre. Chaque fois que nous abattons un « terroriste » nous en faisons un « martyr ». Comment éviter cette mutation ? En le prenant vivant chaque fois que c’est possible. Et c’est souvent possible. En tirant dans les jambes. En affamant en cas de siège. En développant les R.G pour anticiper les attentats et comprendre de l’intérieur une communauté devenue fragile. Il faut distinguer l’explosif du détonateur. L’explosif c’est la haine accumulée dans une communauté. Le détonateur c’est le combattant qui va se faire tuer. Pour le comprendre et le neutraliser il faut travailler soigneusement la rhétorique en évitant de prendre un mot pour un autre.

 

(4) 12 GUE Daesh Rhétorique 2015-10-06

« Dans « Paroles armées » (Lemieux éditeur), Philippe-Joseph Salazar analyse des frappes linguistiques du djihadisme. Très percutant ! » Philosophe de formation, l’auteur pratique « la rhétorique, qui est l’art non pas de blablater, mais de proclamer et de mobiliser ». La France « est devenue un théâtre d’opérations ». Mais le pouvoir parle simplement de « vigilance » au lieu de recourir à la « force proclamatrice des valeurs républicaines » : déficit argumentaire qui s’ajoute au déficit budgétaire. On est loin des appels au peuple de Danton « De l’audace, encore de l’audace » (1792) ou du général de Gaulle « La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre » (1940). « Nous sommes Charlie » s’en rapproche. «  Pour gagner la guerre du langage il faut, selon Salazar, lui opposer chaque mot, dire « conversion » et non pas « radicalisation », « dieu » (avec minuscule) au lieu d’  « Allah », « soldat » ou « combattant » à la place de « terroriste », et qualifier la complicité avec l’ennemi, conformément au Code pénal, de « trahison ». » « Tel est le programme de ce livre dense, compact, souvent dérangeant » (F.P) (d’après F.P : Frédéric Pagès, Canard, 30 sept 2015)

 

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-un-djihadiste-tue-sa-mere-qui-voulait-lui-faire-quitter-daech-08-01-2016-2008076_24.php

 

Un djihadiste syrien de 20 ans a exécuté en public sa mère qui avait tenté de le convaincre d’abandonner le groupe État islamique (EI), a affirmé vendredi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). La mère, Lina, une postière de 40 ans, a effectué les 50 kilomètres reliant Tabaqa, où elle habite, à Raqqa, capitale de facto de l’EI, pour implorer son fils, Ali Saqr, de la suivre en lui exprimant ses craintes qu’il trouve la mort dans des bombardements de la ville par la coalition conduite par les États-Unis.

Le jeune homme, qui a appartenu successivement aux modérés de l’Armée syrienne libre (ASL) et au Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, avant l’EI, a aussitôt informé ses supérieurs qui ont arrêté cette femme pour « apostasie » . Il a ensuite abattu mercredi sa mère d’une balle dans la tête devant une centaine de personnes rassemblées sur une place de Raqqa face à la poste.

Atrocités

L’OSDH a recensé une cinquantaine de « crimes » méritant la mort chez l’EI. Parmi eux figurent notamment l’adultère, l’homosexualité, la zoophilie et le fait pour un djihadiste d’« exposer ses parties génitales ». « Trahir des musulmans », critiquer un sermon religieux, travailler avec la coalition, couper des routes et… capturer et torturer un militant anti-EI ou un adversaire armé sans autorisation des autorités djihadistes figurent parmi la liste des actions considérées comme un délit par l’EI.

L’EI s’est fait connaître pour ses atrocités, notamment les exécutions par décapitation, la mise à mort par le feu ou la destruction de monuments appartenant au patrimoine mondial de l’humanité.

 

(4) Amok, c’est un coup de folie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Amok_(ethnologie)

Le meurtrier n’est pas vraiment fou mais il a emmagasiné en lui tant de haine (explosif) qu’elle se déverse en une violence meurtrière et suicidaire (détonateur). Le tuer, comme c’est souvent le cas, c’est parachever son projet et nourrir la propagande de Daesh près de la communauté du combattant. Le goût du martyre cela se diffuse, cela s’apprend, cela se manipule, cela se travaille. Il faut donc prendre vivant le combattant pour le ramener à la raison. C’est-à-dire au repentir , notion éminemment religieuse. Dans un coup de folie (amok) le combattant s’est placé hors humanité. De ce fait il mérite la mort. Et une mort aussi atroce que celle qu’il donne. Mais ce faisant on se place, à son tour, hors humanité. Et on alimente la machine au lieu de l’arrêter. Comment y parvenir ?

 

(5) 10 GEO Arabie saoudite repentir djihadiste 2016-01-05

« Des centres de réinsertion pour… terroristes. L’Arabie saoudite a ouvert des centres uniques au monde afin de remettre les anciens djihadistes dans le droit chemin. Khaled, ex-électronicien d’Al-Qaïda, témoigne de son expérience. » (…) « Aujourd’hui âgé de 38 ans, ce Saoudien a été pensionnaire du centre de réhabilitation de Thoumana, à une trentaine de kilomètres de Ryad. Ce centre, lél           ange improbable de prison, d’école et de centre de vacances a été créé en 2006 avec une mission inédite : réinsérer des jihadistes repentis. Ici, des centaines de terroristes ont séjourné pour se défaire de leur passé. » Il a passé cinq ans à Guantanamo. Il fabriquait des télécommandes pour des bombes qui ont tué beaucoup de monde. Dès son arrivée au centre il a été pris en main par des médecins. Il a touché 600 € par mois, a repris sont métier d’électricien, s’est marié, a eu deux petites filles, refuse tout contact avec ses anciens compagnons. Il dit : « Je sais que j’ai fait beaucoup de peine autour de moi. Je ne veux plus vivre comme un homme traqué. J’ai une famille. Je veux la préserver. » (…) Le centre dispose de nombreux équipements, dont une salle de billard. On y dispense des cours d’informatique, d’anglais et surtout de religion. « Dix pour cent des pensionnaires ont replongé dans l’islamisme radical, expliquent les autorités saoudiennes. » Plusieurs autres centres, « cinq étoiles pénitentiaires », sont en construction. La liste d’attente pour y entrer est longue : l’Arabie saoudite compte plus de 3.000 islamistes en prison.   (d’après Clarence Rodriguez, Aujourd’hui en France 12 mai 2013)

  • (6) 12 GUE Daesh repentir Benyettou 2016-01-09
  1. Farid Benyettou, « l’émir des Buttes-Chaumont » a été le premier mentor des frères Kouachi. Ce prédicateur qui prônait autrefois le djihad en Irak condamne aujourd’hui les attentats en France, au point de passer pour un traître dans la sphère islamiste. « Il y en a qui vont dire que je suis une balance, mais j’assume », dit-il. Mediapart l’a longuement rencontré. » (Mathieu Suc, Médiapart, 8 janvier 2016)La confidence va durer 6 heures. Depuis février 2012, Farid Benyettou est devenu infirmier .

 

  1. «  (…) Il est loin le temps où Chérif et Saïd Kouachi faisaient pression sur une de leurs sœurs, mariée à un converti et en pleine grossesse, pour qu’elle divorce et épouse Farid Benyettou… « Ils me le décrivaient comme étant l’homme le plus merveilleux du monde. Farid savait lire et écrire l’arabe littéraire, était très intelligent. Ils ont vraiment fait sa publicité », raconte Aïcha Kouachi aux enquêteurs de la Sous-direction de l’antiterroriste (SDAT). Entre-temps, l’émir des Buttes-Chaumont a beaucoup changé. (…) Il a purgé six ans de détention. « La prison m’a ouvert, avoue-t-il aux antipodes de l’idée, pourtant pas totalement injustifiée, d’un lieu privilégié de la radicalisation. Auparavant, ma vie se résumait à la mosquée et à mes amis fondamentalistes comme moi. J’avais arrêté mes études en seconde. Je fonctionnais en vase clos. À Osny, les autres détenus ne savaient pas pourquoi j’étais là. J’étais le seul islamiste, j’étais tranquille. Je me suis fabriqué mon monde à moi. Je m’inscrivais à tous les ateliers possibles : théâtre, sculpture, les échecs, l’informatique, la lecture… J’ai pris des cours d’anglais, d’espagnol. » Il passe son baccalauréat et un conseiller d’orientation lui martèle : « Tu as le droit de rêver. » Alors Farid Benyettou rêve de devenir infirmier. Entre quatre murs de béton, il s’évade. Dans le cocon de sa cellule, le fils prodigue de l’islam radical trouve un équilibre. »

 

  1. Il est libéré en janvier 2009 retrouve ses amis mais les liens se distendent. « Au printemps 2012, il arrête de donner ses cours de religion dans la foulée des assassinats commis par Mohamed Merah sur des militaires à Montauban et dans une école juive à Toulouse. « Des élèves me demandaient : “Est-ce qu’on a le droit de tuer des femmes et des enfants ?” Je leur répondais. Mais le soir, quand je rentrais chez moi, ça me dérangeait qu’on en arrive à me poser ces questions. Si quelqu’un de plus éloquent que moi prenait la parole, ils allaient l’écouter, ils allaient le faire… » Titulaire d’une bourse du conseil régional d’Île-de-France, Farid Benyettou vient enfin de commencer ses études d’infirmier, elles l’accaparent aussitôt. Il en profite pour couper les ponts avec ses anciennes fréquentations. « J’avais une belle occasion de tourner la page. » (…)

 

  1. Farid Benyettou, désormais infirmier, semble bien correspondre à l’homme qu’il prétend être devenu. Il a tenté à plusieurs reprises de contacter Dounia Bouzar pour lui faire part de son expérience. Comme lorsqu’il avait tenté de joindre la police à propos des frères Kouachi, la médiatique anthropologue et directrice générale du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam ne l’a jamais rappelé. Il le regrette, sans pour autant renier ses démarches. « Sur les forums djihadistes, je dois être considéré comme le pire des traîtres. Il y en a qui vont dire que je suis une balance mais j’assume. Si des informations peuvent aider à éviter de commettre des attentats, il faut les communiquer à la police ou aux autorités. » (…) »

 

(7) Laïcité, ennemi mortel du terrorisme islamiste (article 35 de la loi 1905)

 

– La laïcité notamment par l’article 35 de la loi 1905 a de quoi se défendre en attaquant. Voici cet article  :  « Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile. » Par ministre du culte » on peut entendre toute personne qui se livre à ce type de provocation.

 

 

(8) La responsabilité est toujours individuelle, jamais collective. Chacun(e) répond de ses actes de son vivant et même après sa mort. Du terroriste défunt on dira : « Il est mort. Où est-il ? Au paradis. On peut en douter. Il est mort dans un tel état de haine. A-t-il pu même se repentir de ses crimes au dernier moment ? » On n’en dira pas plus mais il est important que la question soit posée. Elle est posée dans le cadre de la laïcité. De même que sont posées dans ce cadre les questions de cultures et de civilisations.

« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. » (Paul Valéry « La Crise de l’esprit » 1919)

Oui et non. La civilisation judéo-chrétienne, quoi qu’en disent des journalistes sceptiques ou islamo-gauchistes, se porte très bien depuis plusieurs millénaires, grâce à la Bible, ses textes fondateurs et ses croyants qui se comptent par millions et milliards d’hommes et de femmes de par le monde. Mais il faut que les croyants et les incroyants occidentaux se réveillent d’une léthargie collective et cessent de considérer les Juifs et les Israéliens comme des boucs émissaires des forfaitures européennes. Un comble ! les inventeurs du « bouc émissaire » sont pris pour cibles ! Il faut se réveiller !

 

Roger et Alii – Retorica – 2 830 mots – 17 100 caractères – 2017-08-23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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