13 HIS Atlantide 2. Solon 2009 12

1. En 13 HIS Atlantide 1. Platon 2003 09 on lit le texte de la BT2 Atlantide. C’est un document de travail sans illustrations ni schémas. Les chapitres et les paragraphes sont numérotés afin de permettre un travail de réflexion en profondeur. J’ai repris les § suivants centrés sur Solon et ce qu’il avait pu recueillir.

– § 44 Solon : son enquête, ses projets,
– § 61 la rencontre de deux mystères,
– § 62 retour sur les “districts”,
– § 63 L’orychalque serait l’ambre
– § 64 Un témoin inattendu : Ulysse.

2. Solon: son enquête, ses projets (§ 44). Pierre Vidal-Naquet, historien, et Luc Brisson, récent traducteur de Platon, ont refusé de s’engager sur le terrain mouvant de la genèse de l’Atlantide. On dit généralement que “Platon a tout inventé”. Je préfère dire “Platon n’a rien inventé mais tout transformé”. Je suis parti de l’idée que Solon avait réellement rassemblé des informations en provenance des peuples du nord appelés par simple commodité Atlantide. Solon, le grand législateur athénien était aussi un grand commerçant (il exportait des olives) et un grand voyageur (il connaissait bien le bassin méditerranéen). Curieux de tout il s’était, je pense, renseigné notamment près des commerçants qui vendaient l’ambre venue du nord. il aurait amassé une documentation impressionnante. Dans sa vieillesse, d’après des témoignages, il en faisait volontiers état au point qu’on disait qu’il radotait. Je pense que Platon a reçu cette documentation, qu’il l’a élaguée pour la recomposer et en faire le texte que nous connaissons.

3 Mégalithes (§ 61) et “districts” (§ 62) J’ai retenu comme valides les hypothèses de Jean Deruelle (1915 – 2001), polytechnicien et ancien directeur des Houillères de Lorraine. Son ouvrage fondamental est “L’Atlantide des mégalithes” (1999 ed. France-Empire). Il eut peu d’écho malgré la solidité de ses hypothèses. On lira avec intérêt un entretien qui résume ses travaux dans

http://artslivres.com/ShowArticle.php?Id=535

La civilisation des mégalithes dure de – 5.000 à – 2.500. Pacifique et très organisée, elle construit ces monuments énormes dont nous ne connaissons que quelques infrastructures. Des traces archéologiques d’une organisation sociale en districts coïncident pour leurs dimensions avec les “districts” décrits par Platon.

4. Les Nordiques chassés par le froid. Je résume les données fournies par Deruelle. Vers – 9.000 commence la vie collective en Palestine (Jéricho), puis à – 6.500 l’extraordinaire civilisation urbaine d’Asie Mineure (Çatal-Höyük). Mais en – 5.000 elles ont disparu. La suite, très contrastée, modèle encore l’Europe actuelle, à l’est comme à l’ouest.


A l’est, depuis l’invention de la métallurgie du cuivre vers -5.000, la vallée du Danube est ravagée pendant 3.000 ans par des migrations successives et violentes : Nordiques (-4.600), Peuples aux Haches de combat (-3.600), « Indo- européens » (-2.600), Peuples de la Mer (-1.300).

A l’ouest la civilisation pacifique des mégalithes se développe, à partir de – 5.000, de la mer du Nord à Malte et bien au-delà en passant par la côte Atlantique. Elle aurait progressivement disparu après -2.500.

En – 2.300, chassés par le froid, les Nordiques descendent vers le sud. De – 2.200 à – 1.800 un temps chaud ramène la prospérité en Europe centrale. Ce qui reste de l’empire des mégalithes est gagné par la violence mais maintient sa maîtrise des mers en Méditerranée.

De – 1.800 à – 1.500 une terrible vague de froid lance de nouveau les Nordiques vers le sud. La dernière attaque aurait été coordonnée par des rescapés de l’empire mégalithique, les “Peuples de la Mer”. La fin du “Timée” de Platon (25b) décrit une gigantesque offensive sur tout le Proche-Orient. C’est presque mot pour mot la copie des inscriptions du temple de Medinet Habou sur les « Peuples de la Mer », qui, vers – 1.200, ravagèrent la Grèce, l’Empire hittite et tentèrent de s’emparer de l’Egypte à la fois par la Lybie et la bande de Gaza. L’Egypte de Ramsès III les arrêta très difficilement. Les déclarations des prisonniers auraient été transmises, huit cents ans plus tard, à Solon par les prêtres égyptiens. Les Vikings (VIII° – XII° siècle), descendants lointains des Peuples de la Mer, seront eux aussi à la fois des marins, des marchands et des guerriers.

5. Une civilisation brillante menacée par les eaux. De nombreuses convergences permettent d’assimiler l’orichalque (§ 63) à l’ambre, produit abondant et réputé pour sa beauté. Il était très demandé et son exportation contribuait à la richesse des peuples de la Baltique. Le climat, alors presque tropical, permettait par ailleurs une agriculture prospère. A une époque il aurait été presque tropical. Ulysse (§ 64) fait naufrage près d’un royaume protégé par des digues. Il doit lutter contre la marée (qui n’existe pas en Méditerranée). Il découvre une civilisation brillante. Homère dit qu’elle disparaît suite à un cataclysme qui détruit ses digues. Tous ces indices désignent un royaume dans la mer du Nord. Il aurait pu être le centre névralgique de la confédération des dix royaumes occidentaux décrite par Platon. Cette confédération se serait disloquée après – 2500. Les digues sophistiquées des Pays-Bas seraient les dignes continuatrices des ouvrages d’art décrits par Platon et Homère. Les inquiétudes sur le réchauffement climatique et la montée des eaux dans le nord de l’Europe font craindre les mêmes catastrophes.

6. Dogger Bank. Jean Deruelle pense, pour de nombreuses raisons, que le Dogger Bank de la mer du Nord aurait été le centre stratégique de la confédération. Ce qui coïncide avec les dires de Solon – Platon. Le Dogger Bank, situé à 350 km des Pays-Bas, est un plateau sous-marin de 300 x 100 km posé sur le sol de la Mer du Nord, et très dangereux en cas de tempête. Installé sur le Dogger Bank, alors faiblement émergé, le royaume aurait construit ses digues après – 7.000 et ceci pendant 4.000 ans. En – 3.000 sa situation et ses digues semblent correspondre dans ses grandes lignes avec ce qu’en disent Platon et Homère. La Grande Plaine du royaume était située à 10 ou 20 mètres en dessous du niveau de la mer. D’où d’énormes digues protectrices et une lutte continuelle. Vers – 2.600 des conditions climatiques dramatiques font rompre les digues de la Grande Plaine. Il faut fuir. Seule la capitale, reste émergée. Vers – 1.800 elle disparaît à son tour, victime d’une dernière montée des eaux. Les survivants rejoignent les Nordiques et les auraient organisés pour tenter de coloniser la Méditerranée. Les Egyptiens les arrêtent. Tel serait le schéma général de cette aventure.

7. L’expédition envisagée Le site suivant, malheureusement inactif, fournit des analyses et des cartes détaillées

http://doggerbank.org/prehistoire.html
Un Groupe de projet avait envisagé des sondages sur le Dogger Bank. Il cherchait, depuis plusieurs années, à susciter un Comité de soutien qui orienterait et financerait les travaux sur le terrain. Tous les renseignements sont visibles sur le site indiqué. Mais rien n’a avancé dans ce projet qui pourrait être une grande aventure archéologique européenne.

Roger et Alii
Retorica
(1.140 mots, 7.080 caractères)

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