13 HIS Atlantide 3 Doggerland 2010 07

C’est le 3° fichier consacré à l’Atlantide après 1. Platon 2. Solon et 3. Doggerland.Le présent fichier déplace l’intérêt du Dogger Bank vers le Doggerland et la double catastrophe qui les a détruits. Il y aura certainement encore d’autres découvertes mais je crois que l’essentiel est dit.
Roger 30 juin 2015

1. Herman Wirth (1885 – 1981) Il faut d’abord saluer la mémoire de l’archéologue et anthropologue allemand Herman Wirth (1885 – 1981) , génial précurseur – quoique très controversé en son temps – des acquis actuels sur le Doggerland: “ Sans corroborer toutes les thèses de Wirth, les recherches des Britanniques Renfrew et Hawkins et du Français Jean Deruelle ont permis de revaloriser les civilisations mégalithiques ouest-européennes et de démontrer, notamment grâce au carbone 14, leur antériorité par rapport aux civilisations égyptienne, crétoise et mésopotamienne.” (Wikipédia). Dans son livre majeur “L’ascension de l’humanité” (1928) Wirth insiste sur les alternances de glaciation et de de réchauffement. “ Vers 12.000 avant notre ère, le climat se réchauffe (…). La [terre recouverte par la] Mer du Nord disparaît sous les flots et, selon la thèse très contestée de Wirth, les populations arctiques-nordiques émigrent par vagues successives pendant plusieurs millénaires dans toute l’Europe, le bassin méditerranéen et le Moyen-Orient, transmettant et amplifiant leur culture originelle, celle des mégalithes.” (Wikipédia, article Wirth). “ Pour prouver l’existence d’une patrie originelle arctique, Wirth a recours aux théories de la dérive des continents de W. Köppen et A. Wegener (Die Entstehung der Kontinente und Ozeane, 1922) et aux résultats de l’exploration des fonds maritimes arctiques et des restes de flore qu’O. Heer y a découverts (Flora fossilis artica, Zürich, 1868-1883). A la fin du tertiaire et aux débuts du quaternaire, les continents européen et américain étaient encore soudés l’un à l’autre. La dérive de l’Amérique vers l’ouest et vers le sud aurait commencé lors de la grande glaciation du pléistocène. Le Groenland, les Iles Spitzbergen, l’Islande et la Terre de Grinell, avec le plateau continental qui les entoure, seraient donc la terre originelle de la race arctique-nordique, selon Wirth. Le plateau continental, aujourd’hui submergé, s’étendant de l’Ecosse et l’Irlande aux côtes galiciennes et asturiennes serait, toujours selon Wirth, la seconde patrie d’origine de ces populations. Comme preuve supplémentaire de l’origine « circum- polaire » des populations arctiques-nordiques ultérieurement émigrées jusqu’aux confins de la Chine et aux Indes, Wirth cite l’Avesta, texte sacré de l’Iran ancien, qui parle de dix mois d’hiver et de deux mois d’été, d’un hiver si rigoureux qu’il ne permettait plus aux hommes et au bétail de survivre, d’inondations post-hivernales, etc. La tradition indienne, explorée par Bal Gangâdhar Tilak (The Arctic Home in the Vedas, 1903), parle, elle, d’une année qui compte un seul jour et une seule nuit, ce qui est le cas au niveau du pôle.“ (même article de Wikipédia).

2. Présentation du Doggerland : “Doggerland est le nom donné par les géologues à l’étendue émergée qui se situait jadis dans la moitié sud de la mer du Nord actuelle, reliant la Grande-Bretagne au reste de l’Europe durant la glaciation de Würm. Des études géologiques ont suggéré que le Doggerland était une terre émergée s’étendant de l’actuelle côte est de l’Angleterre à la côte ouest du Danemark. Cette zone était probablement habitée par des hommes de la période mésolithique. Le nom « Doggerland » est emprunté au Dogger Bank. Des chaluts en mer du nord ont récupéré des restes d’animaux terrestres tels que des mammouths ou des lions des cavernes, ainsi que des outils et des armes préhistoriques. Au maximum glaciaire, le niveau de la mer était plus bas d’environ 120 mètres comparé à l’époque actuelle, ce qui faisait émerger une grande partie de l’actuelle mer du Nord et la totalité de la Manche. Différents fleuves comme le Rhin, la Tamise, la Seine, la Somme, se rejoignaient dans un fleuve se jetant en Atlantique (expliquant que l’on retrouve les mêmes poissons d’eau douce dans ces fleuves actuellement isolés). D’autres fleuves comme le Trent coulaient vers le nord. La ligne de partage des eaux se situait au niveau des Pays-bas (et non dans le Pas de Calais).“(Wikipédia, article Doggerland en français). Sur les cartes géologiques Dogger Bank est délimité par un contour en rouge. Doggerland couvrait 400.000 km2 (les deux-tiers de la France) et Dogger Bank est d’environ 17.600 km2 Son nom vient de dogge (“bateau de pêche” en vieil hollandais). “Ses dimensions approximatives sont de 260 km du nord au sud et de 95 km d’est en ouest. Il se situe à une profondeur entre 15 et 36 m, soit une moyenne de 20 m sous le niveau de la mer”. (Wikipédia)

3. Tim Lambert a réalisé un documentaire de 80 mn “L’Atlantide de l’âge de pierre” (Fr/GB/USA 2010, France 5 27 juin et 4 juillet 2010). Dans des vidéos annexes Tim Lambert témoigne de sa fascination pour le Doggerland et les problèmes soulevés. En fin de documentaire, il insiste sur le fait que toutes les grandes métropoles se sont développées au bord de la mer. Dans le passage chasseurs-cueilleurs à agriculteurs-éleveurs, on oublie souvent les pêcheurs- chasseurs-cueilleurs. Tim Lambert comble cette lacune et offre la synthèse des derniers travaux en cours avec des présentations en 3D tout à fait convaincantes. Il fournit au passage des explications vraisemblables au problème de l’Atlantide. Le titre du documentaire “L’Atlantide de l’âge de pierre” semble d’ailleurs un hommage au livre de Jean Deruelle : “L’Atlantide des mégalithes” (2002). Ce documentaire de Tim Lambert, quoique intéressant est difficile à suivre car l’auteur, limité par le format de 80 mn, ne peut approfondir certaines données pourtant fondamentales. C’est la rançon de tous les documentaires scientifiquement sérieux. Ils exigent d’être regardés la plume à la main pour que le lecteur vérifie ensuite et compléte les informations données.

4. Mésolithique. Le mésolithique succède au paléolithique et précède le néolithique. Il s’étend entre 10.000 et 5.000 ans. Il n’est pas encore atteint par l’agriculture qui naît il y a 8.000 ans au Proche-Orient (6.000 ans avant notre ère). A partir de 12.000 ans avant notre ère, vit sur le Doggerland une civilisation fondée en majorité sur le poisson (salmonidés etc… soit 60 % de leurs protéines) mais qui pratique aussi la chasse et la cueillette. La pêche et la navigation leur font creuser des bateaux à l’aide d’outils apparemment primitifs mais efficaces. On les a retrouvés dans des tribus indiennes du nord-ouest Canada (culture Haïda) Cependant les glaciers fondent et la montée des eaux se produit à raison de un centimètre par an, ce qui est beaucoup sur des centaines d’années. Il faut donc se replier sur les terres les plus hautes. Le mode de vie est partout le même et on en a trouvé des vestiges, notamment au Danemark et en Bretagne. Les dépotoirs de coquilles sont énormes. On y creuse des tombeaux pour honorer les ancêtres et ces dépotoirs, souvent situés sur des hauteurs, signalent à des clans errants éventuels que ce territoire est déjà occupé.

5. Deux catastrophes : rupture du lac Agassiz et tsunami Storegga. En Amérique du nord le lac Agassiz s’était formé il y a environ 11.700 ans (9.700 avant notre ère). Il couvrait jusqu’à 440.000 km2 . Mais il y a 8.500 ans (vers – 6.500) les glaciers reculèrent. Les eaux du lac débordèrent et finirent par faire sauter, il y a 8.200 ans ( vers – 6.200) , le verrou de glace de l’actuelle baie d’Hudson. Le lac se vida dans l’Atlantique nord (20 fois les chutes du Niagara) et en fit baisser la température de 5 °. La montée des eaux se fit d’un mètre en dix ans sur le Doggerland. Il fallut se réfugier dans les terres avoisinantes (comme les îles Shetland au nord de l’Ecosse), au Danemark, en Norvège et sur le Dogger Bank. Presque au même moment le tsunami de Storegga ravagea toute la région (côtes d’Islande, de Norvège, des îles Féroé). Les iles Shetlands connurent une vague de 25 mètres de eau se déplaçant à la vitesse d’un avion. (Songer au séisme et au tsunami du 26 décembre 2004, Sumatra, 250.000 morts sur 1000 km). Voici l’analyse d’un chercheur suédois :

L’un des événements les plus dramatiques en Europe du Nord après l’âge de glace fut, à mon avis, un tsunami. La chaleur du Gulf Stream fit peut-être fondre l’hydrate de méthane sur la pente continentale de la Norvège de sorte que la lame sous-marine détruisit Storegga, il y a 8.100 ans. Le tsunami ainsi créé a pu détruire totalement Doggerland. A peu près en même temps, le reste du lac Agassiz, un lac de glace qui couvrait le Canada, s’est évacué par le détroit d’Hudson, entraînant une augmentation du niveau des mers, de 0,2 à 6,5 m selon le lieu que vous choisssez. L’île coula et devint le Dogger Bank. La civilisation Kongemose disparut. La qualité des outils baissa dramatiquement, de même que l’approvisionnement en nourriture et les guerres apparurent. Tout ceci résulte des études archéologiques menées dans la Suède du sud.

Ce double évènement, rupture brutale et tsunami, survenu aux environs de 6.100 avant notre ère, a coïncidé étroitement avec le naufrage final de Dogger Bank dans la mer du Nord. Dans mon livre, je pense que c’est le souvenir de cet évènement, quoique peut-être très déformé à force d’être raconté et re raconté à travers les âges, qui émerge dans le récit de Platon sur le naufrage de l’Atlantide. C’est un thème qui peut avoir été utilisé et réutilisé maintes et maintes fois, comme celui de Gog et Magog, mais Dogger Bank et le tsunami Storegga peuvent en être l’origine” (.http://atlantisinireland.com/history.php, site de Ulf Erlingsson, chercheur suédois en géomorphologie et recherche sous-marine, auteur d’un essai surAtlantis and Paleogeography. Ses travaux portent également sur l’ADN des populations du nord de l’Europe).

6. Mégalithes, une civilisation du souvenir. L’archéologie a prouvé que mille ans après la catastrophe, le souvenir en restait vivace. On venait en barque, sur le Dogger Bank, jeter des outils pour honorer ou apaiser l’âme des défunts. C’était vers 5.100 ans avant notre ère. La vie avait repris ses droits. Les pêcheurs s’étaient convertis sans problèmes majeurs à l’agro-pastoral, sauf dans les endroits où il y eut compétition pour s’installer sur des terres déjà occupées. Un peu lasses du poisson, ces populations découvrirent les joies du pain, du fromage et de la bière. On est dans le Néolithique (5.000 – 2.000 avant notre ère). Ces civilisations ont construit Carnac et Stonehenge, ce qui suppose une organisation sociale très développée. Les statues-menhirs en portent témoignage. On en trouve un peu partout en Europe du Portugal à l’Ukhraine. Elles datent de 3.600 à 2.400 avant notre ère. (Lire de Michel Maillé “Hommes et femmes de pierre. Statues-menhirs du Rouergue et du Haut-Languedoc”, Toulouse 2010). Quand on songe aux circonstances rocambolesques de la découverte de certaines de ces statues- menhirs, on devine que beaucoup ont été détruites et que d’autres restent à découvrir. L’archéologie progresse constamment.

Le noyau même de l’Atlantide date de ces époques mais il faut ôter au texte de Platon les oripeaux grecs et méditerranéens qui en obscurcissent le sens.

Roger
 et Alii
Retorica
(1.860 mots, 11.400 caractères)

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