13 HIS juifs Roger Akriche 2016

 

Roger Akriche était mon beau-frère et un ami. Mon judéo-christiano-bouddho-taoïsme faisait bon ménage avec sa propre singularité. Lors de son enterrement j’ai prononcé l’éloge qui suit. J’ai souhaité en garder la trace car l’itinéraire de Roger illustre une conception intéressante du judaïsme français au XX° siècle. C’est pourquoi après bien des hésitations, j’ai choisi pour l’accueillir d’ouvrir dans Retorica une section « 13 HIS juifs ».

Roger

Hommage à Roger Akriche (1928 – 2016)

Rendre hommage à Roger Akriche c’est rendre hommage à une personnalité attachante et complexe dans ses multiples fidélités. Il fut à la Bibliothèque Chambord de Montauban un conservateur consciencieux à l’extrême, estimé et aimé de son personnel ainsi que de toutes les personnes qui avaient l’occasion de bénéficier de ses avis et conseils.

Il fut un militant communiste exemplaire tant que le communisme lui sembla fidèle à lui-même c’est-à-dire soucieux du bien-être des masses et de la défense des minorités. Il resta fidèle à la lutte des classes et à la socialisation des moyens de production.

L’histoire le passionnait. Elle lui avait appris que dans le passé, les défenseurs des juifs persécutés se trouvaient surtout parmi les rois. La monarchie a dans ses gênes la vocation, la légitimité et la force de défendre les minorités. C’est ainsi que Roger Akriche devint cette espèce rare, un marxiste royaliste puis progressivement un royaliste marxiste.

En même temps, linguiste dans l’âme, il approfondissait sa connaissance de l’hébreu dont il devint un fin connaisseur. Cela lui fut bien utile quand avec un groupe d’amis il fonda, à Montauban, en 1983, le « Cercle d’Etudes Juives et Hébraïques » Il en assura la partie linguistique tant qu’il en eu la force. Ce Cercle poursuit son activité avec son autre groupe Tora et Tradition. Il n’oublie pas son fondateur.

Pardonnez-moi, messieurs, mais son judaïsme n’était certainement pas celui du Talmud et des rabbins. Sa philosophie était celle de Diderot dont il se plaisait, quand il pouvait encore parler, à rappeler la réflexion : « Il faudrait que l’on pût être croyant sans être un imbécile et athée sans être un scélérat»

Sioniste de gauche il était partisan pour Israël de la solution des deux Etats. Il avait cru et croyait encore aux accords d’Oslo mais déjà la maladie dont il connaissait l’issue fatale le privait progressivement de l’écriture et de la parole. Dure épreuve qu’il affronta avec un stoïcisme constant.

Que la terre lui soit légère dans son retour vers l’Eternel.

Roger Favry 2 mai 2016

roger.favry@wanadoo.fr

 

Roger et Alii

Retorica

420 mots, 2 700 caractères, 2016-05-25

 

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