13 HIS Maurras sophiste antisémite 2000_07

13 HIS Maurras sophiste antisémite  2000_07

Cette étude sur l’Action française me renvoie à ma jeunesse. En classe de première (1953-54), j’ai connu un professeur d’histoire-géographie assez haut en couleur, brave homme abrupt, écologiste avant l’heure et surtout militant fervent d’Action française. Il avait perdu une dent lors des émeutes du 6 février 34. Je pense qu’en vieillissant il a tout à fait ressemblé au personnage de Pélagie décrit par Samuel Corvair dans son roman << L’Homme qui voulait comprendre >> (Editions du Petit Véhicule, 2000).  En somme cette étude est la réponse aux questions que ce professeur m’avait involontairement posées par ses choix politiques qui furent un temps, en partie, les miens. 

1. Le terme de << sophiste >> désigne depuis l’Antiquité des penseurs au charisme réel mais dont les raisonnements ne sont corrects qu’en apparence.  Charles Maurras (1868-1952) peut être légitimement considéré comme un sophiste moderne. Ce journaliste et penseur a exercé, via l’Action Française, pendant des dizaines d’années, un magistère politique et culturel qu’il est difficile d’imaginer . On comprend mieux la portée de ce magistère quand on le compare à celui du philosophe Alain son contemporain (1868-1951). L’un et l’autre ont été formés par le positivisme d’Auguste Comte (1798-1857) dont l’importance dans la pensée française est souvent méconnue. Auguste Comte a nourri tout la pensée du XX° siècle et la nourrit encore. Selon le propre aveu de Maurras comme d’Alain Le meilleur de leur pensée vient d’Auguste Comte, selon leur propre aveu. Le cas de Maurras est très spécifique. Car tout n’est pas faux dans sa pensée de Maurras mais quand elle dérape les conséquences politiques et sociales sont immenses. C’est vrai en matière d’antisémitisme et de démocratie où l’influence de Maurras s’est révélée particulièrement pernicieuse.

Pour comprendre comment Charles Maurras a pu être le grand sophiste français du XX° siècle il faut partir

(1). de son testament politique qu’il convient de  commenter brièvement

(2). des autres textes de Charles Maurras,

@(3) de sa postérité aujourd’hui, dans ce XXI° siècle qui va s’ouvrir.

2. (1) Charles Maurras « Mes idées politiques », préface de Pierre Gaxotte, Ed Albatros 1937, réédité en 1986.

Lorsque Maurras meurt en 1952, il n’a pas complété cet ouvrage rédigé en 1937. Pourtant la “divine surprise”, l’arrivée du maréchal Pétain, a comblé une partie de ses vœux et on aurait pu attendre du maître qu’il tirât les conclusions de cette expérience. Il ne l’a pas fait. Voici quelques extraits significatifs de l’ouvrage. Je les ai brièvement commentés.

p. 27<< Nouée, scellée par le Contrat, l’Association mérite d’être tenue pour la merveille des chimies synthétiques de la nature humaine. Cette merveille, bien introuvable à l’origine des connexions sociales, naît à leur centre florissant, dont elle est le fruit. L’Association contractuelle a été précédée et fondée – et peut donc être soutenue – par tout ce qui a part à << la constitution essentielle de l’humanité >> : il faut lui souhaiter de poser avec force sur les conglomérats préexistants, mi-naturels, mi-volontaires, que lui offre l’héritage gratuit de millénaires d’histoire heureuse -, foyers, villes, provinces, corporations, nations, religion. >>

Commentaire. On remarque le style imagé, lyrique, romantique même de Charles Maurras qui prétendait avoir le romantisme en horreur. Je renviendrai sur cette contradiction qui n’est pas seulement stylistique. L’idée de << millénaires d’histoire heureuse >> semble confirmée par les récentes découvertes en préhistoire et en anthropologie.

p. 42<<… l’égalité ferait tout fondre et chacun n’aurait plus rien. >>

Commentaire. En première approche on pourrait admettre cette idée à condition de remarquer que Maurras confond très souvent sans les préciser trois << égalités >> bien différentes, celle des talents, celle des biens, et celle des droits.

La première est une absurdité car les talents sont inégaux : l’un est plus fort, l’autre plus agile etc. La seconde est une utopie irréalisable : à biens initialement égaux deux personnes les feront fructifier de manière inégale en fonction de leur intelligence, de leur esprit pratique etc. La troisième au contraire est une notion juridique incontournable car la liberté des uns doit impérativement s’arrêter à la liberté des autres sinon l’inégalité des talents et des biens mène à l’asservissement des plus faibles. C’est ce qui se passe dans un monde livré à l’ultra-libéralisme. Le sophisme consiste à ne pas vouloir distinguer ces trois égalités ou ces trois inégalités.

L’une des formules choc de l’Action Française a toujours été : << Liberté. Point. Egalité. Point. Fraternité. Point. >> Pour signifier que ces trois notions n’existaient pas et que n’existant pas elles n’étaient pas recevables. C’est confondre la réalité et l’idéal, La réalité sera toujours décevante car il y aura toujours à faire. Mais c’est l’idéal qui conduit l’action humaine. L’Action Française a le droit de refuser cet idéal et même de le combattre. Mais où va-t-elle alors ? Que propose-t-elle à sa place ? Et que feront les démocrates face à cette volonté de les détruire ?

3. p. 43 Maurras approuve << l’admirable << Parabole des chiens de prairie >>  >> dûe à Edgar Poe

<< – Eh quoi, les vieux Américains se gouvernaient eux-mêmes ? Pas possible ! << Ils avaient donc en tête cette idée, la plus drôle du monde, que tous les hommes pouvaient naître libres et égaux. >>

Mais cela ne dura que << jusqu’au jour où un individu nommé Mob (ou Popu) établit un despotisme auprès duquel, celui d’Elagabal était un paradis. Ce Popu (un étranger soit dit en passant) était, dit-on, le plus odieux de tous les hommes qui aient jamais encombré la terre. >> >>

Commentaire. Que la liberté et l’égalité primitives n’aient pas duré, c’est malheureusement vrai. Mais sous quelles formes concrètes existaient-elles ? La liberté et l’égalité sont éprouvées alors à travers le sentiment d’harmonie du monde qu’il faut entretenir ou restaurer. Il faut regarder du côté du chamanisme ou du tao plus que de la politique au sens moderne du terme.

p. 45 Maurras dénonce le fait suivant. Les élections du 3 mai 1936 mènent Rucart, simple capacitaire en droit, au ministère de la Justice, alors qu’il s’agit d’un ministère technique.

Commentaire. L’incompétence au pouvoir est l’un des arguments anti-démocratiques développés par Maurras. Cela arrive en démocratie comme en monarchie. Mais la liberté d’opinion, concrétisée par la liberté d’association et celle de la presse, permet de limiter les dégâts. Un ministre réellement incompétent est rapidement écarté. Un ministre compétent mais sans charisme ou autorité intérieure l’est d’ailleurs tout autant.

p. 48 Maurras dénonce le décret Le Chapelier (1791) qui nie les << prétendus intérêts communs du travail >> au nom de la démocratie politique et de son individualisme contractuel.

Commentaire. Ceci est exact. La Révolution française est confisquée par la bourgeoisie. Il faudra presque un siècle pour que la liberté syndicale soit reconnue. On comprend mieux la portée de ce décret injuste à la lumière des deux déclarations des Droits de l’homme, celles de 1789 et de 1948. Celles-ci consacrent les droits des individus plus que ceux des personnes. L’individu est seul. La personne est faite de multiples liens sociaux. Ceux-ci doivent donc être défendus. C’est la famille, la communauté de vie, le village, le département (création en partie artificielle de la Révolution), la région (ou la province, le << pays >>), la nation mais aussi l’Europe et l’humanité.

p. 50<< … l’économie industrielle ne joue point dans le cadre de la planète ! La planète n’est pas << un >> atelier comme l’on prétendu les Say. (J.B Say 1867-1932, économiste français, libre-échangiste.) Le cadre réel de l’économie, c’est la Nation. (Quand une grève française ne permet pas d’honorer une commande venue d’outre-Manche ou d’outre-Rhin elle est perdue pour nos ouvriers et gagnée par l’Etranger). >>

Commentaire. La mondialisation a changé en partie les données du problème. Mais d’où vient la << grève française >> sinon de l’insuffisance des salaires ? Maurras en est d’ailleurs conscient et a quelques fortes pages sur le sujet.

4. p. 53 << La démocratie occupe l’Etat législateur par son gouvernement divisé et diviseur.
La démocratie travaille, menace, obsède et paralyse son patronat.

La démocratie excite et agite son prolétariat. >>

Commentaire. Il faut replacer ceci dans le contexte de l’entre-deux guerre où les démocratie allemande (République de Weimar) et française font souvent preuve de mollesse et d’indécision. En 1962 j’ai entendu Mendes-France dire à Rennes, lors d’une conférence à l’UNEF, que la démocratie était plus << une méthode de travail qu’une méthode de gouvernement >> car en bout de chaîne il faut bien que quelqu’un prenne une décision même impopulaire. Mais il doit l’expliquer après avoir recueilli le maximum d’avis.

p. 59<< En ces temps pastoraux le Socialisme revêtait une forme humaine, que la démocratie ne dénaturait pas. >>

Commentaire. Maurras ne fait pas la distinction établie ci-dessus par Mendès-France. On va entrer dans l’incantation anti-démocratique.

p. 61<< C’est que le mal ne vient pas du Communisme, ni du Socialisme, ni de l’Etatisme radical,mais de la démocratie. Otez la démocratie, un communisme non égalitaire peut prendre des développements utiles, à la lueur d’expériences passées >>  (bien communaux, congrégations). << Pour la même raison, un Socialisme non égalitaire conformerait son système de propriétés syndicales et corporatives à la nature des choses, non à des utopismes artificieux. Un Etatisme non égalitaire peut avoir les mêmes vertus… – Quoi ! L’Etat ! – Oui, l’Etat ! Mais quel Etat ? Non l’Etat de la démocratie, simple pillage universel, où chacun se rue et dont personne ne retire que des débris. L’Etat du bien public peut concevoir telle ou telle entreprise déterminée que l’intérêt national justifie. Quand Louis XIV fondait les Gobelins, nulle maxime ne l’astreignait à généraliser le système, ni à le prolonger s’il eût été trop onéreux. >>

Cette critique de la démocratie est très classique. On la trouve au XVII°s, par exemple dans la tragédie << Cinna >> de Corneille. Aux yeux de Maurras une démocratie ne peut être forte ni avoir le sens du bien commun, ce qui est faux. Pour rendre la démocratie forte et soucieuse du bien commun il faut en prendre les moyens pratiques. Voir la fable sur << Les Troglodytes >> de Montesquieu. Voir aussi Tocqueville << Sur la démocratie en Amérique >>. Tocqueville observe que l’activité inquiète de la démocratie commence et abandonne nombre de projets alors que la dictature n’en mêne qu’un seul à terme. Mais finalement la démocratie l’emporte et va plus loin que tous les autres régimes. Ceci est confirmé par les travaux du prix Nobel d’économie 1998 Amartya Sen. Ils prouvent que le meilleur remède à la famine c’est… la démocratie. Car l’information circule et on peut transférer d’un pays ou d’une province riche à un pays ou une province affamée les denrées qui manquent. Sen prend en contre-exemple la Chine, conduite par la monarchie absolue de Mao-Tse-Toung (sous couvert de communisme). Elle a connu l’une des pires famines de l’histoire universelle lors du Grand Bond en avant de 1958-1961. On estime aujourd’hui que près de 30 millions de personnes sont alors mortes de faim. Amartya Sen conclut << On a peine à croire qu’elle aurait pu être menée dans un pays tenant des élections régulières et doté d’une presse indépendante. Tout au long de cette atroce calamité, le régime n’eut à affronter aucune pression des journaux, qui étaient muselés, ni des partis d’opposition, inexistants.>> (Le Monde du 28 oct 1998) Et il écrit ailleurs << Les famines tuent des millions de gens dans divers pays, mais elles ne tuent pas leurs maîtres. Les rois et les présidents, les bureaucrates et les chefs, les officiers et les commandants ne crèvent jamais de faim.>>

5. p. 109<< Nous croyons que le peuple n’a pas des besoins moins exigeants que l’élite. Il lui faut de la vérité comme du pain. >>

Commentaire. Cette opposition entre le peuple et l’élite est très courante chez Maurras. Mitterrand, marqué dans sa jeunesse par cette culture d’extrême-droite, aimait parler des << petites gens >>. Cette opposition est un sophisme car les meilleurs éléments (<< l’élite >> définie par la << méritocratie >>) viennent du peuple et ils devraient s’en souvenir. Mais << l’élite >> se paie souvent de mots. On peut penser ici aux énarques qui ont pris la place des aristocrates. L’essentiel est évidemment de dire  la vérité. C’est une question d’éthique et aussi de survie collective. L’idée de Maurras est juste mais il  existe des vérités qu’il vaut mieeux différer. Et ceci ne relève plus du débat mais de l’action politique quotidienne dont Maurras ne dit rien dans ce livre.

p. 126<< Le droit qui a besoin de la force pour être reconnnu, en a besoin encore pour être. >>

Commentaire. Ceci nous renvoie aux rapports entre justice et force définis par Pascal. Il faut que la justice soit forte. Donc accord sur ce point.

p. 128<< La loi et le consensus. … Une loi doit être acceptable. La loi n’est pas la loi lorsque son énoncé suffit pour provoquer les gens à l’enfreindre. Elle veut un assentiment, naturel et prompt.>>

Commentaire; Trop de généralités pour qu’on s’entende réellement sur elles. De quelle loi s’agit-il ? Quels << gens >> seraient provoqués à l’enfreindre ? Que signifie concrètement << un assentiment, naturel et prompt.>> ?

p. 160<< Une juste loi politique n’est point une loi régulièrement votée, mais une loi qui concorde avec son objet et qui convient aux circonstances. On ne la crée pas, on la dégage et on la découvre dans le secret de la nature des lieux, des temps et des Etats. >>

Commentaire. Montesquieu disait déjà que les lois étaient relatives aux climats. Ce à quoi Voltaire rétorquait qu’il existait des lois générales. Ici c’est Voltaire qui a raison. Il est clair que l’esclave aspire à la liberté. Cela ne le console nullement de savoir qu’il est esclave en raison des lois de son pays. Par ailleurs, sous la plume de Maurras, ce paragraphe est très ambigu. Une loi juste est au contraire une loi claire, régulièrement votée par des instances représentatives à la suite d’un débat mené publiquement. Loi qui peut être remise par le même processus  L’analyse de Maurras est dangereusement impressive, lyrique et romantique. Contrairement à ce qu’il voulait être.

6. p. 167<< Notre maîtresse en politique, c’est l’expérience.

L’expérience ressemble à la Muse, elle est fille de Mémoire. >>

Commentaire. Ces idées, très justes en elles-mêmes, nous renvoient à Auguste Comte. On trouve des développements comparables chez Alain. Mais :

1. L’expérience est consignée par l’histoire. Celle-ci repose sur des récits analysés. Outre que la Mémoire est défaillante et sélective, l’histoire et donc l’expérience offre des leçons ambigües. Il faut donc les tirer avec prudence. Une affirmation péremptoire mène très souvent au sophisme. Il reste à éviter l’autre écueil le relativisme du << tout se vaut >>. 

2. Maurras n’a pas tiré les leçons de la catastrophe que fut la seconde guerre mondiale. Or l’Action Française, conduite par Charles Maurras, a exercé une double action néfaste :

a) Elle a façonné les esprits pour rendre admissible en 1940 le statut des Juifs puis leur déportation. Car l’antisémitisme veut frapper des juifs en chair et en os, au cœur même de affectivité et de leurs familles sans parler de leurs droits et de leurs biens.

b) En luttant contre la démocratie l’Action Française a entretenu un climat de guerre civile contribuant ainsi à diviser la nation. Et ceci pose un grave problème : que peut la démocratie face à des ennemis qui utilisent la liberté d’expression pour la détruire ?

p. 171 << L’égalité ne peut régner nulle part ; mais son obsession, son désir, établissent un esprit politique directement contraire aux besoins vitaux d’un pays : l’esprit démocratique tue la discipline militaire et le peuple a besoin d’une armée ; l’esprit démocratique, par l’envie qu’il distille, tue la concorde civile, la cordialité, la paix entre particuliers, et le peuple a bsoin de concorde, de paix, de cordialité.

Dans un Etat puissant, vaste, riche et complexe comme le nôtre, chacun assurément doit avoir le plus de droits possibles, mais il ne dépend de personne de faire que ces droits sont égaux quand ils correspondent à des situations naturellement inégales. >>

Commentaire. Maurras oublie les << soldats de l’an II >>, les armées populaires au sens où venant du peuple elles sont aimées de la nation. Faisons le tri :

La démocratie c’est :

1. le suffrage universel : Maurras l’accepte, on verra pourquoi un peu plus loin.

2. le parlementarisme : Maurras le refuse

3. le droit d’association qui donne des contre-pouvoirs : Maurras l’accepte

5. l’éducation à la démocratie pour chercher le bien commun : Maurras l’ignore et y verrait bourrage de crâne, manipulation des esprits etc. Pourtant sans cette éducation, une société s’effondre.

6. la vertu républicaine, le travail sur soi : Maurras l’ignore. Montesquieu montre que sans apprentissage de la vertu civique une société ne peut subsister (<<Les Troglodytes >>).

7. p. 197<< Naissance de la démocratie : le libéralisme (titre)

Les libéraux classiques et leur postérité anarchique et démocratique, issue de 1789, professent qu’un homme en vaut un autre, et de là, justifient également la suppression des rangs sociaux, celle des corps de métiers, la disparition de toute variété dans les statuts des provinces, des villes, des foyers. Où l’ancien régime voyait une combinaison d’êtres différents par la valeur, le rôle, la fonction et qui ne devenaient pareils qu’au cimetière, la régime moderne a rêvé d’une juxtaposition de personnes supposées égales et identiques. En appliquant cette doctrine, les politiciens la diluaient afin d’en adoucir les absurdités par l’adjonction de principes contraires, mais, à l’état pur et franc, voilà ce qu’elle dit, voilà ce qu’elle fait, et pas autre chose. >>

Commentaire. La critique est juste. L’assimilation de la démocratie au libéralisme doit nous faire réfléchir. Pour le reste, même du temps de Maurras, les conseils généraux et les municipalités existaient. Avec la décentralisation sont venus les conseils régionaux. Et, via les associations loi 1901 en y ajoutant les associations religieuses (loi 1905) le tissu social se structure d’une manière permanente. L’individu n’est plus isolé face à l’Etat. Mais il est vrai qu’il l’a longtemps été. La crise de l’affaire Dreyfus a conduit directement au droit reconnu des associations.

p. 211 << Nous n’avons jamais songé à supprimer le suffrage universel. On peut dire que le suffrage universel doit élire une représentation et non un gouvernement, sans vouloir supprimer ce suffrage, et en voulant tout le contraire.

Car ce suffrage, entre bien des vertus ou bien des vices, possède une propriété fondamentale, inhérente à son être même : le suffrage universel est conservateur. >>

Commentaire. Cette idée est intéressante. Il est vrai qu’au moment de voter les électrices ou les électeurs vont préférer la sécurité (et même l’immobilisme dangereux) à l’aventure (même exaltante et riche de potentialités).On en est ainsi au 55/45 %.Mais très souvent la partie conservatrice (55 %) est déchirée par des rivalités internes alors que la partie progressiste (45 %) se donne un idéal, même flou. Et peut l’emporter. Elle va gouverner mais sans pouvoir oublier que sa majorité n’est que relative.

8. p. 215<< La république est une oligarchie.

(…) Comme tous les gouvernements du monde, dès qu’ils sont un peu installés, la République est, dans sa somme, un gouvernement de familles. Quelques milliers de familles y occupent par les assemblées et par les administrations, ce que l’on appelle les allées du Pouvoir. >>

Commentaire. Aristote nomme << aristocratique >> le régime démocratique car celui-ci repose sur l’élection des meilleurs, des plus capables. Mais s’ils disposent d’un soutien financier familial important, leur élection en est facilitée. Et on fil des générations des dynasties se reproduisent. Le problème n’est pas de savoir qui prend le pouvoir mais comment il l’exerce. Et donc de développer les contre-pouvoirs dans le sens de l’intérêt général. La démocratie autorise ces contre-pouvoirs. Une monarchie constitutionnelle aussi puisque son fonctionnement se veut démocratiques.

p. 236 Maurras dénonce les quatre << Etats confédérés >> : juif, protestant, franc-maçon, métèque. (quatre oligarchies).  En note il distingue deux sortes de protestants : ceux qui, profondément enracinés, ne peuvent être mis en cause pour leur patriotisme ni leur nationalisme et les protestants <<avancés>> qui se sont laissé << dénationaliser >>. << C’est à une équipe essentiellement protestante que l’on doit l’école primaire anarchique. >>

Commentaire. C’est le seul passage du livre où Maurras évoque les juifs. Mais son antisémitisme est au cœur de sa doctrine comme le montre la seconde partie de cette étude. Le sophisme consiste ici à présenter comme accessoire, ce qui était pour lui l’obsession majeure. << Métèque >> semble être pris au sens grec du terme (l’étranger dans la cité) mais sous la plume de Maurras il recouvre aussi les juifs étrangers. Ce qui fait que les juifs sont cités deux fois ! Les juifs étrangers fuyaient les pogromes russes puis nazis ; ils venaient vers la France, patrie des Droits de l’Homme et de Victor Hugo. Signalons que le droit d’asile est appliqué nommément pour la première fois par Henri IV en faveur des musulmans chassés par les catholiques espagnols. Le sud-ouest en accueillit 50.000 au début du XVII° siècle. La France, terre d’accueil, c’est donc une tradition bien enracinée.

En ce qui concerne le rôle des protestants dans la naissance de la morale laïque, le coup d’œil de Maurras est juste quoique malveillant. L’Ancien Testament prône plutôt la justice et le Nouveau plutôt la charité. C’est une lecture protestante de l’Ancien Testament qui jettera les fondements de la laïcité comme le montrent des études historiques récentes.

9. p. 248<< Il n’est pas vrai de dire que les crises économiques sont toujours les causes des crises politiques. Pourtant il serait faux de dire qu’elles ne le sont jamais. La vérité est que les unes et les autres sont tour à tour cause et effet. >>

Commentaire. C’est tout à fait exact.

p. 249<< Nous ne sommes pas sectateurs de l’Etat-Providence,mais l’Etat a pourtant d’autres fonctions que la gendarmerie. Il a, sinon des fonctions d’économe, celles de contrôleur et de président de l’économie, et nous entendons bien que sa protection ne s’arrête pas aux produits, elle doit s’étendre aussi et tout d’abord à l’homme, leur producteur.`

Que pourrait être l’avenir de la race, de la nation, si l’Etat se désintéressait des conditions faites par la vie à ses nationaux. >>

Commentaire. En ce qui touche la fonction de l’Etat; ceci est tout-fait vrai. En ce que concerne la notion de << race >> et de << nationaux >> il y aurait beaucoup à dire. Mais pas ici.

p. 304. << Le Roi peut le méconnaître (l’intérêt général), il peut l’oublier. Mettons les choses au pire. Un esprit médiocre, un caractère faible l’exposent à l’erreur et à la méprise. Il n’importe pourtant ! Sa valeur, la valeur d’un homme, est incomparablement supérieure à celle de la résultante mécanique des Forces, à l’expression d’une différence entre deux totaux. >>

Commentaire. Le royalisme est un pari irrationnel. On remarque le sophisme développé par Maurras. Le roi même médiocre est jugé supérieur au peuple réduit à l’état de Forces mécaniques. Or l’expérience montre que du peuple émergent constamment des leaders qui s’emparent des pouvoirs ou construisent des contre-pouvoirs. Le seul problème est de suivre attentivement et collectivement le processus pour éviter les dérives. C’est une question pratique d’éducation civique initiale et permanente où les médias doivent être contraints de jouer leur rôle car la survie de la communauté nationale est en jeu dans ses relations avec la communauté internationale et les communautés particulières auxquelles appartiennent les personnes, des doubles ou triple fidélités étant possibles : on peut être à la fois basque, protestant et français !

10. Conclusion. Beaucoup d’idées sont justes dans ce livre. Mais aussi quelques sophismes majeurs. Surtout Maurras ne dit pas le fond de sa pensée. Il faut aller la chercher ailleurs.

11. (2) Maurras dans les autres textes.

D’abord un détour par le Dictionnaire encyclopédique d’histoire de Michel Mourre (Bordas) qui fait autorité.

A l’article Action française il est dit que ce mouvement né en 1898 était d’abord républicain et opposé au parlementarisme avant de professer le << nationalisme intégral >> : monarchie traditionnelle, autoritaire, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée (voir Maurras << Enquête sur la monarchie >> 1900). Ce mouvement veut renverser le régime démocratique par un coup de force. Il s’oppose après 1918 à la réconciliation franco-allemande. Il prétend mettre << la violence au service de la raison>>. Très curieusement l’article n’évoque pas l’antisémitisme qui est pourtant la colonne vertébrale du mouvement.

Par contre à l’article Antisémitisme on lit que Maurras prône un << antisémitisme d’Etat et non raciste >>. Il réclame pour les juifs à l’exception de quelques-uns assimilés depuis très longtemps les mêmes mesures discriminatoires qu’à l’égard des étrangers. Noter qu’actuellement le problème se joue sur la différence entre assimilation et intégration que Michel Mourre semble confondre.

Enfin l’article sur Charles Maurras (1868-1952) note qu’il a été formé par le positivisme d’Auguste Comte. Néo-païen et néo-classique il refuse le délire verbal du romantisme. Il veut découvrir les lois qui commandent la vie et la mort des sociétés. Il a une conception fixiste de l’humanité. L’évolution de l’histoire lui paraît une illusion romantique. Il veut une politique soustraite à tout entraînement passionnel, fondée sur des constantes et des prévisions vérifiables. Pour lui la nation est la forme la plus parfaite de la société humaine. << Dans << l’Action Française >> il publiait d’immenses articles où les injures les plus basses à l’égard de ses adversaires se mêlaient à de puissantes démonstrations intellectuelles et à de belles envolées littéraires >> (Michel Mourre). Inquiet de l’impréparation de la France il approuve les accords de Munich (1938) et fait campagne contre la guerre en 1939. Il s’oppose aux << collaborateurs >> de Paris et aux << dissidents >> de Londres manifestant de manière constante son hostlité aux juifs, aux francs-maçons et aux démocrates.

Pour alléger cette étude, déjà trop longue, il était inutile d’évoquer les relations avec les catholiques et le Vatican (1926-1939) qui, du reste, restent étrangères à cette étude sur Maurras comme sophiste.

12. L’antisémitisme est le fondement même de la pensée de Charles Maurras comme le prouvent les extraits ou les faits  suivants.

<< Tout paraît impossible ou affreusement difficile sans cette providence de l’antisémitisme. Par elle tout s’arrange, s’aplanit et se simplifie. Si l’on n’était pas antisémite par volonté patriotique, on le deviendrait par simple sentiment de l’opportunité. >> (L’Action française, 28 mars 1911). Texte cité à la fois par Bernard-Henri Lévy (voir plus loin) et Zeev Sternhell << La droite révolutionnaire, Les origines françaises du fascisme, 1885-1914, >> Seuil 1978 Points-Histoire).

Commentaire. Ce texte terrible montre que consciemment et en toute lucidité, Maurras appliquait la thématique du bouc émissaire :

a) Faute d’oser aborder les difficultés réelles il va les attribuer à un adversaire qui n’y est pour rien. Dreyfus n’était pas à l’origine des graves problèmes d’espionnage connu par l’Etat-Major français. Tandis qu’on l’accusait les fuites continuaient et l’Allemagne s’applaudissait de cette erreur criminelle. Les Juifs n’étaient pas responsables des difficultés françaises mais les en accuser << simplifiait >> les choses.

b) Les difficultés réelles demeuraient et les solutions pour les résoudre devenaient de plus en plus problématiques.  Ainsi le sophiste était-il puni par là où il avait péché. Malheureusement c’est tout un peuple qui allait en payer les conséquences. L’ << antisémitisme d’Etat >> a laissé des traces profondes, entretenant des clivages qui ont failli nous mener plusieurs fois à la guerre civile, c’est-à-dire à l’opposé des intérêts de la nation.

2. Un ouvrage récent (<< Charles Maurras >> de Bruno Goyet, Editions Presses de Sciences Po, 308 p. 2000) rappelle que se félicitant  du Statut des juifs d’octobre 1940, il réclama leur recensement et la confiscation de leurs biens. Maurras approuva  la création du Commissariat général aux questions juives mais jugea ses moyens et ses pouvoirs insuffisants. Contre les juifs << un seul remède, le ghetto, le camp de concentration, et pour ceux qui voudraient continuer, la corde. >> écrivait-il le 25 février 1943). (d’après une recension du Monde, 2 juin 2000)

3. On lit ceci sous la plume de Bernard-Henry Lévy dans << L’idéologie française >> (Grasset, 1981) <<… faut-il rappeler par exemple les textes innombrables de Maurras sur les << miasmes >>, la << lèpre >>, les << microbes >> juifs ? L’aveu, maintes fois renouvelé, que l’antisémitisme << constitue l’un de nos points de départ essentiel >> ? Tels accès de démence, fréquents dans l’Action française, sur les ghettos immondes >> qui << favorisent les épidémies >> et qui font de la << pullulence >>, de la << vermine>>, du << choléra >> juifs, une << peste chronique et une infection en permanence >> ? Le rôle que joua la Ligue dans la diffusion des Protocoles des Sages de Sion et la constance surtout, unique dans notre histoire, avec laquelle ces << journalistes >> entretinrent, un siècle durant, un climat de pogromes larvé ? Les prises de position du maître, dans les années 40 enfin, quand il estimait les mesures de Vichy insuffisantes, la route longue encore pour parvenir à l’élimination définitive du judaïsme ? >> 

4. Citons enfin Bertrand Renouvin.<< La République au roi dormant >> (Hachette 1985). Bertrand Renouvin est l’animateur du courant monarchiste rival, la Nouvelle Action Royaliste. << Les juifs sont au premier rang des << ennemis de l’intérieur >>, non pour des raisons raciales (Maurras n’est pas disciple de Gobineau) mais parce qu’ils sont réputés constituer un groupe de pression étranger à l’intérêt national : << La force juive, son moyen d’acquérir et de retenir la richesse, vient de ce qu’elle est un Etat dans l’Etat, une nation unie dans notre nation divisée, puis entre les nations diverses et ennemies. >> (p. 105) Aux juifs, Maurras ajoute les protestants, les <<métèques>> et les francs-maçons, qui forment les <<quatre Etats confédérés>> agents de trouble et de dislocation. Et aussi << leurs complices >> dreyfusards, anticléricaux, républicains, communistes etc…

Ces redites ont le mérite d’éclairer d’un jour cru ce que fut l’action de Maurras jusqu’à sa condamnation en 1945 (réclusion à perpétuité et dégradation nationale dont il rendit responsables bien évidemment les Juifs).

13. (3) La postérité de Charles Maurras.

Dans cette affaire il faut dire un mot de Georges Bernanos. Bernanos rompit avec Charles Maurras mais pas avec l’antisémitisme tant ce poison avait profondément infecté << l’élite >> entre les deux guerres. Voici une citation éclairante de Bernard-Henri Lévy dans une note de << L’Idéologie française >> :

p. 107 note (B.H. Lévy remarque que Bernanos restera toujours fidèle à Drumont, voir << La Grande Peur des bien-pensants >> et il poursuit : ). Sait-on que, jusque dans << Français si vous saviez >>, en contrepoint de son hommage aux combattants du ghetto de Varsovie, Bernanos continue de saluer son <<vieux maître Drumont>> (Gallimard, 1961, p. 322) ? Qu’en janvier 1944, alors qu’il a pris les distances que l’on sait avec Vichy, il continue de reprendre à son compte la thèse maurassienne – et ignoble – de la collusion judéo-nazeie ? Qu’il en vient à reprocher alors à Hitler d’avoir <<déshonoré à jamais >> le très doux, très noble, très responsable <<mot>>… d’<<antisémitisme>> (<<Le Chemin de la croix des âmes >>, Gallimard, 1948, p. 417) ? Bernanos ou la quintessence même de l’antisémitisme à la française.

Commentaire. Il est ahurissant de voir Bernanos faire l’éloge des combattants du ghetto de Varsovie victimes justement de l’antisémitisme nazi. C’est qu’il croit qu’il y a des degrés dans la haine. On devine naturellement que l’antisémitisme qu’il approuve est celui qui s’en prend à la finance juive. Il connaissait certainement ce mot de la fin du XIX°s : << L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles >>. Car la finance juive n’était pas plus importante que la finance protestante ou la finance catholique. Il y aurait tout un développement à faire sur les rapports des Juifs et de l’argent mais ce n’est pas le lieu. Disons simplement que la perception de la finance juive était fausse. A l’arrivée d’Hitler en 1933, elle représentait, sur la place de Berlin, environ 5 % des capitaux allemands.

14. Bien que l’Action Française se réclame explicitement de tout l’héritage de Maurras, elle tait l’antisémitisme de son fondateur dans son document de présentation << Qu’est-ce que l’Action française ? >> Ce silence de l’Action française est probablement dû à trois raisons :

1. Revendiquer l’antisémitisme est désormais un délit puni par la loi.

2. Il faudrait expliquer cette prise de position antisémite à la lumière de la Shoah. A moins de tomber dans le négationnisme c’est évidemment impossible.

3. Ce serait surtout se confondre avec le Front National de Le Pen et le MNR de Bruno Mégret. Pour qui << la question juive >> reste centrale comme elle l’était pour Maurras. Et le négationnisme ne leur fait pas peur. L’antisémitisme détermine de manière essentielle les orientations de ces partis, en fédérant des sensibilités diverses qui vont des chrétiens intégristes à la nouvelle droite païenne. (Voir d’Olivier Guland << Le Pen, Mégret et les Juifs, L’obsession du complot mondialiste >>, Ed La Découverte, 222 p, 2000, recension du Monde, 19 05 2000).

L’Action Française n’est pas le Front National. Mais son dépliant << Qu’est-ce que l’Action française ? >> est lourd de menaces latentes.

* L’A.F se présente comme une << élite >> et cette auto-proclamation un peu naïve accompagne un projet dangereux.

* En effet l’A.F veut instaurer la monarchie << par tous les moyens, même légaux >> . On reconnaît là le style de Maurras, volontiers provocateur. Cela signifie le choix délibéré de la conspiration, du coup d’Etat, de la guerre civile et sans le dire du recours à l’Etranger pour financer l’armement et donc obérer l’avenir une fois le pouvoir pris par l’insurrection. Ce choix de la violence c’est la porte ouverte à toutes les provocations, à toutes les magouilles et à toutes les trahisons. On pourrait alors retrouver sinon << l’antisémitisme d’Etat >> cher au fondateur du moins la recherche d’un nouveau bouc émissaire. En attendant ces riantes perspectives l’Action Française se dit prête à pratiquer le << compromis nationaliste >> sur telle ou telle campagne d’intérêt public. On va y revenir.

15. Le reste n’appelle pas de commentaires. L’histoire de France n’a jamais été un long fleuve tranquille. Les monarques ont quelquefois singulièrement démérité. On a vu comment Maurras s’accommodait de leurs faiblesses. La démocratie pose évidemment de graves problèmes. Comme le disait Churchill << c’est le pire des régimes à l’exception de tous les autres. >> On a vu l’opinion de Mendes-France à ce sujet. D’où la nécessité de faire fonctionner la démocratie au mieux et non de l’abattre. Enfin la nation n’est pas l’alpha et l’oméga de toute politique. Montesquieu remarquait déjà au XVIII°siècle :

Si je savais quelque chose qui me fût utile, et qui fût préjudiciable à ma famille, je la rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose utile à ma famille, et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime.” (Montesquieu1689-1755 Cahiers).

A l’heure de l’Europe, de la mondialisation et de l’écologie cette hiérarchie des devoirs garde toute son actualité.

16. Mais le problème de fond reste entier. Que peut la démocratie face à des ennemis qui utilisent la liberté d’expression pour vouloir la détruire ? Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ? 

Un exemple significatif. Insurrection est << l’organe de combat des jeunes royalistes d’Action française >>. La revue présente ainsi son bulletin d’abonnement :

<< La contre-révolution est insolente

OUI je tiens à vivre les aventures de la sympathique équipe d’Insurrection dans sa guérilla bimestrielle.

NON je ne veux pas que le facteur soit en retard dans ses livraisons

PEUT-ETRE en échange la poste retiendra-t-elle ma carte d’électeur

MAIS je m’en fiche pas mal.

DONC je m’abonne >> etc…

Qu’est-ce qu’une carte d’électeur pour ces jeunes gens ? Un simple bout de carton. Font-ils vraiment partie de la communauté nationale ? Savent-ils que des étrangers se sont battus pour intégrer notre communauté et devenir des citoyens français ? Où est le patriotisme de ces jeunes gens ? Est-ce là la future << élite >> ?

Une société a le droit de se défendre mais pas n’importe comment. Il y a d’abord l’éducation démocratique et le débat démocratique. Les prises de position anti-démocratiques y ont leur place. Mais déjà le << compromis national >> paraît suspect puisqu’il s’accompagne de la volonté de prendre le pouvoir << par tous les moyens même légaux >> Comment faire confiance ?. D’où la transparence politique et financière à exiger de tous les mouvements politiques, syndicaux, culturels, humanitaires. D’où aussi la surveillance attentive des mouvements qu’il faut bien qualifier de factieux puisqu’ils se proposent de prendre le pouvoir contre la volonté populaire. D’où aussi, quand il le faut, des mises en examen et des sanctions qui peuvent aller jusqu’à la prison et pas au-delà. Encore faut-il que cette dernière ne soit que l’enfermement dans le respect total des personnes. C’est dire que ce problème de l’Action française en soulève bien d’autres.

Roger

Retorica

(6.230 mots, 38.700 caractères)

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