14 INF Charlie continuum 6 (§ 20 à 22) 2015_01_17

14 INF Charlie continuum 6 (§ 20 à 22) 2015_01_17  

J’ai un problème de gestion du flux des informations qui me parviennent et que je vous renvoie. J’ai aussi un problème d’ordinateur et je commence par là. 

Ma machine principale donne des signes de faiblesses. Or ma liste de correspondants n’est mise à jour que sur cette machine avec ses entrants (inscriptions) et sortants (désinscriptions). Pour éviter les impairs je vais donc arrêter mes envois collectifs pendant huit jours, le temps de faire réviser l’engin. Cela vous fera des vacances et nous donnera le temps de réfléchir. Par contre je peux correspondre avec vous individuellement sur ma machine secondaire. 

J’en viens à la gestion des flux. J’ai en souffrance des dizaines de messages, de textes, de liens tous plus intéressants les uns que les autres. J’y réponds toujours individuellement, enfin presque, (voir § 20. Philippe) mais la mise sur « charlie continuum » n’est pas toujours évidente. C’est vraiment un problème de rhétorique concrète, d’inventio comme on dit. J’ai quelques pistes mais je fais d’abord confiance à votre sagacité. A vos claviers. Merci d’avance.

Roger

§ 20. Philippe (10 jan) :  jeux de je, je de jeux

jeux de on, jeux de .ons

Je suis Philippe.
Je ne suis pas Charlie.
Je ne suis pas un autre toi.
Nous ne sommes pas un Etre unique.
Je veux me dégager de cette hypnose.
Je veux casser la boucle médiatique, magnétique, hypnotique.
Je veux sortir de ce tunnel émotionnel, et penser par moi-même.

On nous prend pour des duchmolls ou quoi ?

Roger (16 jan) Philippe donne la couverture de Sigmund Freud « Psychologie des foules et analyse du moi » (Petite bibliothèque Payot). Je pense aussi à « La psychologie des foules » (1895) de Gustave Le Bon, toujours d’actualité

Philippe (15 jan) Hello Roger, A toi évidemment de décider de publier mes deux textes ou pas, et je ne te ferai jamais le moindre reproche pour avoir ta politique éditoriale. Je suis seulement surpris, donc curieux de connaître tes raisons, puisque « Je m’avance vers celui qui me contredit, qui m’instruit. »  Amicalement, Charlie 😉

Roger (15 jan) : Je n’ai pas souvenir de ton premier envoi. Par contre j’ai enregistré ton second « Jeux de je » du 13 janvier que j’ai beaucoup aimé mais je n’ai pas eu le temps d’en faire profiter notre liste-forum. Je dois traiter beaucoup de messages. Renvoie-moi le premier et je ferai ainsi d’une pierre deux coups. Je ne publie pas de photos mais je peux indiquer des liens. Tu ne me contredis jamais et tu m’instruis toujours.

Philippe !16 jan) Ah oui, c’est cela, c’est parce qu’il y avait deux billets 😉

http://www.legorafi.fr/2015/01/15/les-enfants-en-colere-apres-la-publication-de-caricatures-jugees-injurieuses-envers-le-pere-noel/

Roger  (16 jan) : J’aurais dû donner le lien tout de suite.  Ce site est à visiter.

§ 21 Michel (16 jan) : Vraiment intéressant, ce que dit « Piero ». Marie-Françoise (16 jan) : Merci à Piero pour son article très documenté sur les musulmans le Coran et l’islam mais je persiste à penser que l’on ne peut dire à une enfant de six ans élevée (sans son consentement d’ailleurs) dans la religion musulmane d’un père algérien musulman convaincu et d’une mère athée qui s’est convertie, que les musulmans trouvent normal de tuer les autres.

Cette enfant a déjà de la difficulté à accepter sa double appartenance est-ce le moment de la troubler un peu plus ?

 Ne faut il pas attendre qu’elle ait un peu plus grandi et soit capable d’analyser tout cela par elle même pour discuter de tout cela avec elle.

Elle n’est pas un cas isolé tous les enfants de son âge élevés dans cette croyance doivent percevoir cela aussi pour peu qu’on leur laisse la liberté de penser… Ce dont je ne suis pas certaine.

Comment appréhender le vivre ensemble dans ce contexte terrible ? Par le rire ? Je ne m’en sens pas vraiment capable !

Claire-Marie (16 jan) : Piero écrit :

« Et comme je me suis renseigné avec l’envie de partager ce que je trouvais et qu’ici tout le monde est assez intelligent pour essayer de comprendre l’autre, tout du moins l’écouter, je me lance... ».

Je suis sensible à deux choses dans cette phrase :

– je me suis renseigné : ça me paraît essentiel pour ne pas parler que de son chez soi.

– parce que pour comprendre l’autre, il faut se renseigner, et essayer autant que faire se peut, de se mettre de son point de vue pour le comprendre de l’intérieur. Il ne s’agit pas de l’adopter, mais de voir les choses d’un autre angle. L’information permettra ensuite la discussion.

Croyante, je me suis aussi renseignée sur l’athéisme, pour le connaître mieux et le comprendre et sur l’Islam, bien qu’ayant déjà eu une formation sur cette religion à un moment où je partais vivre dans un pays comptant 80 % de musulman.

Je voudrais juste insister sur la démarche de Piero et sur le fait qu’on ne dit pas assez qu’un décentrement est absolument nécessaire pour le dialogue. On ne convaincra pas l’autre à coup de valeurs républicaines martelées dans le cerveau de jeunes dont l’orthographe sur Facebook montre en outre qu’ils ont un rapport au langage très imparfaitement construit, malgré leur scolarisation.

(1046 caractères, 5 mn)

Michel (16 jan) :  (à Roger) D’accord avec ta réaction « pédago-freinétiste » aux propos de Floriane, la prof d’Anglais, qui s’est sentie impuissante… (voir continuum 4, fin § 16)

§ 22. Pierre (15 jan) : En clair, les choses sont simples : l’ennemi de l’humain n’est pas l’islamisme, mais bien l’islam tout court, en tant que religion, donc dogme imposé comme définitif, et derrière lui les autres religions, plus anciennes, mais presque aussi intransigeantes en termes d’inégalité ou d’obscurantisme moral.

Roger (16 jan) Non les choses ne sont pas simples hélas ! Il n’ y pas un mais plusieurs islams. J’en distingue au moins cinq : le sunnisme, le chiisme, le soufisme, le tabligh et le salafisme. Le tabligh est un piétisme rigoriste. Les frontières sont quelquefois mouvantes d’un islam à l’autre. Le soufisme est le plus sympathique car non-violent et se veut prosélyte uniquement par l’exemple, le djihad intérieur.

Il faut parler de la « déradicalisation » , terme que je manie mal et qui me fait penser à la dératisation. Je parlerai plutôt de la « reconversion » au sens propre du terme et donc du couple « conversion / reconversion ». On doit pouvoir changer d’option religieuse sans risquer la mort. Cela et l’égalité juridique des femmes sont des incontournables sur lesquels repose toute civilisation. Planet.fr publie le 13 janvier une information où le mentor des frères Kouachi, Farid Benyettou, ancien prédicateur devenu infirmier, condamne leur attentat. « L’islam condamne tout ce qui a été fait, tous ces actes sans exception, l’assassinat lâche et monstrueux des journalistes, des policiers et des juifs. Si vous êtes des meurtriers, ça vous regarde », a-t-il déclaré.

En savoir plus sur http://www.planet.fr/societe-charlie-hebdo-lattentat-des-freres-kouachi-condamne-par-leur-ancien-mentor.763845.29336.html#Sj1Ozi3bFtLEbRx1.99

En somme, quand on revient à la raison, on reste seul avec son crime, face à Allah. On dit qu’il y a des « craignant Dieu » et d’autres qui « en ont peur ». Le fondement de toutes ces atrocités est là. Quelle idée vous faites-vous de Dieu ? est à la base de toute reconversion.

Autre élément positif : le discours du général Sissi, président de l’Egypte et sunnite sociologique aux imams d’Al-Azhar pour leur demander de réformer l’islam : « SISSI ose dire la vérité sur l’islam devant les imams Al-Azhar (avec des gants, certes) et leur demander d’abandonner leur mentalité afin de réformer l’islam. (Dans la vidéo en arabe, observez la tête des imams – durée 2 minutes)« 

Lien :   http://www.raymondibrahim.com/from-the-arab-world/egypts-sisi-islamic-thinking-is-antagonizing-the-entire-world/

Extraits :

« Il est inconcevable que la pensée que nous tenons pour la plus sacrée puisse être la raison pour laquelle la communauté islamique entière est source d’anxiété, de danger, de meurtres, et de destructions pour le reste du monde. Impossible !

Cette pensée – je ne dis pas « religion, mais « pensée » – ce corpus de textes et d’idées que nous avons sacralisés au cours des ans au point qu’en faire le tri est devenu presque impossible, éveille l’hostilité du monde entier. Il éveille l’hostilité du monde entier ! Est-ce possible qu’un milliard six-cent millions de musulmans veuillent tuer le reste de l’humanité qui compte 7 milliards de personnes ?

[…] Tout ce que je vous dis, vous ne pouvez pas le ressentir si vous restez coincés dans votre mentalité. Vous avez besoin de faire un pas en dehors de vous-mêmes pour être capable d’observer et de réfléchir à ce sujet dans une perspective plus éclairée.

Je dis et répète à nouveau que nous sommes dans la nécessité d’une révolution religieuse. Vous, imams, êtes responsables devant Allah. Le monde entier, je le dis de nouveau, le monde entier attend votre prochaine réforme […] » 

D’autres voix dans les pays islamiques s’élèvent pour condamner ces forfaits. Il suffit de les écouter et de les aider. Autre écho convergent qui vient d’Albert Soued :

« L’Islam peut et doit se réformer

La solution la plus logique et la plus efficace est que l’Islam puisse se réformer de l’intérieur. Et c’est possible, puisque le président égyptien Sissi l’a préconisé, il y a à peine 2 semaines.

Voici donc un extrait du discours historique que tous les démocrates du monde musulman attendaient, prononcé le 28 décembre 2014, au Caire, à l’université théologique d’Al Azhar, là même où Obama était venu en juin 2009 prononcer un discours, inspiré par les Frères Musulmans, qui a mis le feu aux poudres pendant 5 ans :

 «Nous devons révolutionner notre religion….Est-il concevable que 1,6 milliards de personnes puissent penser qu’ils doivent tuer les autres membres de l’humanité, qui compte sept milliards de personnes aux fins de pouvoir vivre?… Je dis ces mots ici à Al Azhar, devant cette assemblée d’ulémas…Tout ce que je vous dis, vous ne pouvez pas le comprendre si vous restez coincé dans cet état d’esprit. Vous devez sortir de ce que vous êtes pour être en mesure d’observer et de réfléchir dans une perspective plus éclairée. Je dis et répète que nous sommes face au besoin d’une révolution religieuse. Vous, les imams, êtes responsable devant Dieu. Le monde entier, je le répète, le monde entier attend votre prochain mouvement … car la communauté des croyants est ravagée, détruite ; elle est perdue, et elle l’est à cause de nous ».

Et s’adressant directement au grand cheikh d’Al-Azhar, Abdel Fatah al Sissi conclut ainsi « Le monde entier attend de vous entendre ». Ce qui veut dire que la patience du Président ne sera pas sans limites et qu’il faudra réformer ou céder sa place à d’autres théologiens plus aptes à la modernité.

http://www.memri.fr/2015/01/06/le-president-egyptien-al-sissi-a-al-azhar-nous-devons-revolutionner-notre-religion/

http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/0/1/130/9090/AlAzhar-sous-le-feu-des-critiques.aspx

De nombreux spécialistes et penseurs musulmans, notamment égyptiens, sont d’avis de rendre caduc « le Coran de Médine« , qui viole les droits de l’homme, et de ne retenir que « le Coran de la Mecque« . Cela nécessite l’interdiction en Occident du Coran sous sa forme actuelle.

 Les responsables de la religion musulmane doivent en outre reconnaître la liberté religieuse, y compris la liberté de changer de religion, de quitter l’Islam sans risquer d’y perdre la vie, comme apostat.

 L’Occident doit considérer tout Musulman comme un être responsable et majeur Il faut finir avec la peur de l’autre et des mots, avec l’apaisement inutile et aveugle, avec la faiblesse servile et honteuse, avec la désinformation consciente ou non. »

par Albert Soued, écrivain, http://soued.chez.com pour www.nuitdorient.com

Paris le 15 janvier 2015. »

 Pierre (16 jan) : D’accord pour la complexité de l’Islam, mais d’une part quel est le niveau de relativisme de la grande majorité des Musulmans (sunnite…?); sont-ils capables de cette tolérance dont on parle , mais qui est démentie par bien des textes dits essentiels ? faut-il faire un tri dans les textes et qui le fera ? Le pb du choix dans les textes dits sacrés s’est toujours présentés (le grand écart entre Tora et Evangile est souvent préoccupant: caractère violent, rancunier ou sadique de Dieu opposé à une sagesse universaliste et pardonnante, peuple élu contre universalisme, polygamie contre femme libre. ..),ce qui n’a pas empêché tant bien que mal au fil des époques de trouver tant bien que mal un « modus vivendi » avec l’époque et ses moeurs. L’Islam montre-t-il qu’il est capable de cette souplesse à l’égard de ses pratiquants « de base » aujourd’hui dans le monde ? ce n’est pas évident encore…

Et de l’avis même de responsables et de spécialistes, son principal caractère est précisément l’absence de hiérarchie reconnue et la pauvreté de son encadrement, auquel s’ajoute la relative « jeunesse » de cette religion, comparée aux principales autres (si l’on considère que les diverses « réformes » ne sont que des avatars à la marge du catholicisme, y compris les orthodoxes…) ; alors faut-il se contenter de dire que cette religion n’en est encore qu’à son adolescence, avec les excès provisoires qu’implique cet état ),et qu’un fois jetée sa gourme, il saura mieux revêtir un visage plus « humaniste », en se rappelant qu’avec le même âge l’église catholique sortait juste des sanguinaires et peu morales croisades et développait la Sainte Inquisition.? Je crains que cet optimisme intellectuel ne soit pas satisfaisant, si l’on considère (pas de démocratie sur ce plan) que les religions ne sont pas égales au niveau de leurs exigences,et de leur souplesse (l’exemple parfait de ces différences existant en Asie,où l’on va du plus compliqué,spécifique et sanguinaire au plus épuré et au plus universellement zen…); ce qui signifie, encore une fois, qu’on ne peut faire confiance à la religion pour définir la palace de la religion, mais que celle-ci ne peut-être prévue que de l’extérieur, dans un cadre général,institutionnel…et laïque (exemple de l’école..) Roger : OK malgré des réserves. Ce n’est pas le lieu de les évoquer.

Roger et Alii

Retorica

(2.300 mots, 14.200 caractères)

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