14 INF communication difficultés 2005-08

Difficultés de la communication,

correction s.g.d.g d’une synthèse BTS 1994, 1000 mots

Introduction Cinq textes proposent de réfléchir sur les difficultés de la communication. Il s’agit d’extraits tirés de quatre études :

– Oger Stéfanink : “La communication c’est comme le Chinois, ça s’apprend “ évoque le non-verbal (document 1).

– P. Watzlawick et des collaborateurs : “Une logique de la communication” traitent du comportement (document 4),

– J.P. Lehnisch : “La communication dans l’entreprise”  s’intéresse à la crise du taylorisme (document 2).

– E. Zarifian : “Des paradis plein la tête”  analyse les troubles psychiques (document 3).

– Le dernier extrait provient d’un roman : F. Mauriac : “Le nœud de vipères” (document 5).

Notre réflexion s’articulera selon trois axes : l’interprétation, ses difficultés et la crise.

1.La communication repose sur l’interprétation.

1.1 L’interprétation met en cause le verbal et le non-verbal. Oger Stéfanink observe qu’une bonne communication exige l’accord du verbal et du non-verbal (gestes, mimiques …) . C’est qu’en effet, note Zérifian, l’information fausse entraîne une représentation fausse. Et l’on n’y échappe pas : Watzlawick dégage une évidence fondamentale : on communique toujours et il n’existe pas de “non-comportement”. Mauriac en fournit un exemple concret : pendant des années Isa a fait chambre à part mais en refusant de prendre avec elle ses enfants même tout petits. Et Louis, son mari, n’a pas compris que c’était une invitation permanente et silencieuse à la réconciliation.

1.2 C’est qu’en effet la logique fait mauvais ménage avec la psychologie. Lehnisch analyse une continuité historique : le siècle des Lumières a valorisé la raison ; celle-ci en emprégnant les mentalités a permis, au XIX° siècle, le développement de l’entreprise et de l’industrie puis du taylorisme au XX° siècle. Zarifian en tire la conséquence : dans le monde logique où nous vivons les difficultés et la souffrance psychologiques font peur.

1.3 En somme une attitude trop rationaliste nous a laissé croire que l’interprétation ne devait s’intéresser qu’au message verbal alors que le non-verbal est aussi important pour traduire des réalités psychologiques qui nous font peur aujourd’hui.

2.  D’où les difficultés de l’interprétation.

2.1 Car tout est message. L’action, l’inaction, la parole et le silence ; et les comportements sont en interaction constante remarque Watzlawick. La culture par mots s’accompagne d’une culture par gestes note Oger Stéphanink citant Artaud. Oger Stéphanink note que le mensonge est révélé par le non-verbal. Lehnisch remarque que dans une entreprise les cadres formés à la technique ont du mal à maîtriser la psychologie. Mauriac fournit un bon exemple de ces messages échangés et mal compris : “Tu ne voyais que les enfants” s’exclame Louis et Isa de lui répondre : “Tu me trompais”.   

2.2 Les troubles psychiques font peur. Zarifian s’intéresse à l’image très négative qu’ils ont dans le public.  Les “psy” sont jugés aussi fous que leurs malades. Ceux-ci sont quand même 800.000 dont 73.000 hospitalisés. Au total ces difficultés concernent 25 % des Français, malades et proches. Watzlawick note que c’est dans le malentendu, donc la mauvaise communication que le trouble pathologique fait son lit et s’installe. 

2.3 La peur entraîne l’intolérance, l’exclusion et la solitude. Cette remarque de Zarifian est confirmée par Mauriac. Par leurs haines Louis et le reste de sa famille ont formé un “nœud de vipères”. Au soir de sa vie, Louis en prend conscience. il a fait le tri, filtré, simplifié les autres. Il ne savait pas qu’Isa l’avait vraiment aimé. Il retrouve alors sous la femme épaisse et lourde la jeune fille en blanc dont il est le seul à se souvenir.

2.4 La vie quotidienne offre généralement des situations plus saines. Pour Watzlawik quand les gens s’isolent volontairement les autres comprennent ce message et le respectent. La vérité de la relation entre Louis et Isa apparaît quand elle cache sa figure dans ses mains. Et la mise en garde du proverbe cantonais cité par Oger Stéfanink est finalement optimiste : il faut apprendre à “se méfier de l’homme dont le ventre ne rit pas quand il rit”. 

2.5 Ce qui nous fait peur c’est finalement une situation que nous n’avons pas appris à décoder. Une fois que nous connaissons les règles du non-verbal la communication en est facilitée.

3.  Or la crise économico-politique rend le problème crucial.

3.1 La communication est devenue capitale. La psychologie prend une importance décisive dans une période de crise note Lehnisch. Zafirian évoque d’importantes campagnes de communication menées dans divers pays européens pour modifier l’image des troubles psychiques. Oger Stéfanick relève un fait politique qui va dans le même sens : les Israéliens avaient vérifié la bonne foi du président Sadate en analysant minutieusement ses moindres gestes sur un enregistrement vidéo. 

3.2 Le taylorisme est désormais dépassé. Il a créé des millions d’emplois et avec eux la société de consommation, remarque Lehnish, mais le modèle industriel fait progressivement place à un modèle de communication. Il s’agit, ajoute-t-il, d’un changement rapide et difficile à vivre. Il faut, note de son côté Oger Stéfanink, l’opérer attentivement et avec prudence en évitant la paranoïa de l’interprétation abusive. 

3.3 Ces analyses revêtent une importance stratégique. C’est le cas pour l’entreprise insiste Lehnisch. C’est le cas aussi pour le secteur hospitalier note Zarifian : “Psycom” est une opération de communication menée conjointement par quatre hôpitaux psychiatriques parisiens pour changer leur image dans le public. Selon Watzlawick la règle d’or dans ce domaine reste l’interactivité : il faut constamment vérifier l’adéquation du message au public. 

3.4 La crise économique, politique et sociale que nous connaissons serait donc surtout une crise des représentations mentales induites par des communications d’abord mal puis progressivement mieux comprises.

Conclusion La leçon du dossier est contenue dans le proverbe cantonais. Tout est dans l’attention portée au non-verbal afin de comprendre ce qui est vraiment communiqué pour cesser d’en avoir peur et trouver des solutions.

Je pense que ceci est profondément vrai. La programmation neuro-linguistique s’appuie sur l’idée que 7 % de ce que nous communiquons est transmis par les mots, 38 % par le ton, 55 % par le langage corporel (gestes, mimiques et micro-mimiques). La sympathie, l’antipathie, l’indifférence s’éprouvent d’abord physiquement. Certaines sociétes primitives font de l’absence de communication un usage terrible. L’individu condamné à mort continue à vivre au milieu des siens mais personne ne lui parle, ne l’écoute ou ne le voit. Il devient comme transparent aux regards. Il n’existe déjà plus et il meurt au bout de quelques semaines. Notre société adopte la même conduite pour ceux qu’elle exclut. 

Roger et Alii

Retoricai

(7.000 caractères)

 

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