14 INF Wikipedia EDMA Adorno 2015_06

Wikipédia eu pour ancêtre EDMA laquelle a inspiré Retorica. Adorno, philosophe contestataire furieusement contesté à son tour en 1968 a fait l’objet d’un article Wikipédia et d’un article EDMA, ce qui permet de comparer les méthodes d’exposition des deux encyclopédies évolutives. Pour en savoir plus consulter un fou de classements : http://www.bibliobsession.net/

Roger

1. D’abord traitée par le mépris et copieusement vilipendée par des universitaires l’encyclopédie coopérative Wikipédia née en 2001 s’est rapidement imposée et a su gommer la plupart de ses péchés de jeunesse. Pas tous bien sûr. Et heureusement : il faut la consulter avec précaution en multipliant les vérifications quand on sent devoir douter de l’information qu’elle fournit. L’article « Histoire de Wikipédia » (voir Google) raconte par le menu cette aventure intellectuelle prodigieuse. La WikiRevue trimestrielle permet d’entrer dans l’activité et les projets de animateurs (faire sur Google « WikiRevue n° 9 »)

2. Avant Wikipédia il y eut EDMA (Encyclopédie du monde actuel) initiée par les éditions Rencontres et Charles-Henri Favrod à partir de 1959 et surtout 1965. On lira avec intérêt la note de synthèse rédigée en 1977 par André Decollogny intitulée « Portrait d’une encyclopédie de l’actualité. L’encyclopédie du monde actuel » (46 pages, dactylographiées).

Portrait d’une encyclopédie de l’actualité. L’encyclopédie du …

www.enssib.fr/…/63788-portrait-d-une-encyclopedie-de-l-actualite-l-enc

EDMA se présentait sous la forme de fiches bristol perforées à trier à l’aide d’aiguilles à tricoter. La formule dura de 1959 à 1969. Le tirage atteignait alors 25.000 exemplaires. Les abonnés étaient surtout français (75 %), suisses (11 %) et belges (9 %). EDMA livra au total 6.500 cartes perforées à classer dans des coffrets, beaucoup de coffrets ! L’éditeur dut abandonner cette présentation originale mais finalement malcommode. Une nouvelle équipe indépendante regroupa les principaux articles dans des ouvrages thématiques au format « Livre de Poche ». Le premier titre « La Psychanalyse » parut en 1975. On les trouve encore assez facilement chez les bouquinistes. Les éditions Rencontre cessèrent leur activité en 1972.

3. L’essentiel était le contenu et la méthode. Voici ce qu’en dit André Decollogny : « Se présentant sous la forme d’une fiche en papier bristol imprimée recto-verso dans sa première version, d’une double page dans la version actuelle du « Livre de Poche », chacun des articles d’EDMA constitue une unité d1information réduite a un nombre de paragraphes variant de quatre a six, et contenant 500 à 600 mots. Limitée aux definitions utiles et a l’exposé des seuls points significatifs, elle correspond à un temps de lecture de deux minutes environ.

Dans cette optique, le rédacteur de chaque article a pour souci, d’abord de définir aussi clairement que possible l’objet traité : c’est la matière du premier paragraphe; ensuite de signaler les aspects les plus significatifs de cet objet au regard de l’actualité, ce qui implique de renoncer délibérément à résumer et, par conséquent, d’accepter certaines lacunes ou omissions : cet exposé est contenu dans les para- graphes 2, 3, 4, selon un ordre chronologique ; enfin, de terminer l’article, chaque fois que le sujet s’y prête, par une courte problématique indiquant les points controversés s’ils sont significatifs : c’est la matière du dernier paragraphe. »

4. Roger (3 juin 2015) : J’ai suivi passionnément l’aventure EDMA et la documentation Retorica en a repris la formule générale pour la rédaction des fichiers. Mais mon problème était celui du classement des documents. J’ai trouvé le cadre général des 34 sections qui me donne toute satisfaction moyennant quelques adaptations.

Etienne (6 juin 2014) : Oui un grand bravo [aux fichiers Retorica] Serait-ce toutefois trop demander de mettre tous ces articles en ligne (en les surlignant à cet effet) car je n’ai pas toujours le temps de les lire à leur réception. Roger (8 juin) : Effectivement c’est trop demander car je ne sais pas faire !

La logique voudrait que je mette immédiatement sur site le fichier envoyé.

Je ne le fais pas pour deux raisons :

1. Je n’alimente plus le site retorica.info depuis bien longtemps : manœuvres trop complexes

2. Les fichiers-articles que j’envoie sont transitoires. Avant de les mettre sur le nouveau site retorica.fr, je dois les revoir pour les actualiser en fonction des réactions que je reçois.

Pour pallier cette double difficulté voici ce que je fais :

– J’enregistre le fichier ; il se trouve alors sur le bureau ; je le place dans un dossier spécial Retorica où il se classe automatiquement grâce à son objet alphanumérique (ici 27 RET Tremplin etc.) 

– Chez moi, ce dossier Retorica est nommé EncycloRET,  immense dossier actualisé (encycloRET 2014)  qui recueille TOUS mes fichiers y compris ceux qui concernent mes correspondants (04 COR …) et tous mes papiers personnels (relevés bancaires, factures etc…) dans 18 MAI … Je le fais depuis des dizaines d’années et l’ensemble dépasse le million de documents papiers ou numériques.  

Depuis des années, je cherche à échanger sur ce problème à la fois particulier et général. Impossible je n’ai jamais eu de réponse. Peut-être serez-vous le premier à le faire ! La question est : comment classez-vous vos documents numériques pour les retrouver commodément ?

Etienne (8 juin) : Merci pour ta longue réponse ! J’ai malheureusement les mêmes soucis que toi pour m’y retrouver et je n’ai pas la formation adéquate correspondante qui me (te) permettrait de résoudre ces problèmes. 

Big data, oui c’est la nouvelle révolution mais pour les maîtriser c’est encore une autre histoire.

Question de génération sans doute…?

Roger (9 juin) : Oui, mais comment fais-tu, concrètement pour dominer ta documentation personnelle ? Je t’ai donné ma méthode. Quelle est la tienne ? 

J’ajoute :

1. La classification Dewey/CDU reste obligatoire dans les médiathèques pour retrouver physiquement un document. Mais c’est tout. Sinon les documents numérisés sont jetés en vrac et les moteurs de recherche font leurs investigations à partir de mots-clés. Y compris pour les big data. 

2. Xambox ou la fin du rangement ? Cette machine, mise au point par un ancien élève de l’Ecole centrale de Lille après huit ans de recherche, permet de retrouver n’importe quel papier sans l’avoir jamais rangé. Il suffit d’empiler les documents de tout format et d’appuyer sur un bouton. “La machine, reliée à un ordinateur, les avale un par un, les scanne puis les repose dans un bac. Pour mettre la main sur un papier donné, il suffit d’ouvrir le logiciel sur son PC et de lancer une recherche à partir du mot-clé”, explique le co-fondateur de la  société Xamance. La Xambox localise alors le document et indique sa position dans le bac. La machine (1690 € HT)s’adresse notamment aux PME et aux professions libérales (médecins, pharmaciens…). (D’après Ann-Karen Bartoszewski, Parisien, 21_01_2008)

3. consulter un fou de classements : http://www.bi+bliobsession.net/

Etienne (9 juin) : Honnêtement, c’est justement là mon problème, je n’ai pas de méthode, autre que faire le ménage de temps à autre… et essayer de ne garder que l’essentiel! Cela dit, et à titre d’exemple, mais ce n’est pas ce que j’appelle une méthode, j’ai donné aux archives du Quai d’Orsay un bon nombre de documents et réuni dans un ouvrage papier tout ce que j’estimais utiles sur l’AFECTI, une association dont je me suis occupé pendant de longues années. A ma grande surprise, il a été vendu à quelques centaines d’exemplaires. Je voulais faire la même chose avec les nombreuses archives d’ONG que j’avais approchées et travaillant dans le monde du développement; mais la vieille Académie des Sciences d’Outremer n’en a pas voulu, sous le fallacieux prétexte de manque de moyens… Alors j’abandonne peu à peu et je cultive mon jardin  tout en montant, ici et là, quelques expositions. Je t’en reparlerai.

J’aime bien ton slogan.

Bon courage pour le site. C’est assurément la bonne solution.

5. Marie-Véronique (29 sept 2014) : Je te remercie pour tous ces messages , ceci étant, je suis submergée de mails que je n’arrive pas lire ou traiter. 

D’autant que maintenant , je suis très souvent absente de mon domicile et les retours sont pénibles car , ce n’est plus ma boite aux lettres qui déborde de courrier mais ma boite à « courriel ».

 C’est la raison pour laquelle , je te demande de ne plus m’adresser de message et de supprimer mon adresse électronique de ton carnet d’adresse.

Je compte sur ta compréhension et je te souhaite une très belle soirée.

Avec tous mes remerciements et mon amical souvenir.

 Roger (29 sept) : Je viens de te désinscrire mais tu risques de recevoir le dernier fichier « 06 EDU maternelles violence Tisseron » déjà prêt à l’envoi. Toutes mes excuses.  Merci de ton message circonstancié  qui me donne l’occasion de revenir sur ce problème récurrent qui concerne toute la liste.

Moi aussi ma BAL déborde. Je détruis les mails au fur et à mesure qu’ils me parviennent. En cas d’absence un peu prolongée je les détruits par centaines sans les lire, sans les traiter. Il me suffit de repérer l’envoyeur et l’objet. Il y faut de la patience  mais je fais immédiatement ce tri pour conserver les messages qui peuvent me servir et dont je code l’objet comme celui que je t’adresse pour ta désinscription (27 RET désinscription Marie-Véronique) . Lorsque j’envoie un mail, son objet est toujours codé : deux chiffres, trois lettres (redondants), mot(s) clé(s). Au fil des années cela constitue une fabuleuse banque de données personnelles où je vais puiser des informations que j’avais simplement survolées. Nous sommes tous confrontés à ce problème et ton mail pose la bonne question. C’est pour résoudre ce problème que j’ai un nouveau site opérationnel www.retorica.fr. Donc, le cas échéant, tu y retrouveras en fonction de tes intérêts (système des « tags ») les fichiers envoyés sur la liste et réactualisés.

6. Adorno vu par EDMA et Wikipédia. Adorno est un philosophe allemand très important. EDMA lui a consacré un article paru deux ans avant sa mort. On peut donc le comparer avec l’article de Wikipédia. Adorno, philosophe de la contestation fut lui-même violemment contesté en 1968, notamment par Cohn-Bendit. Il meurt en 1969.

7. Voici la fiche EDMA :

Philosophie ADORNO (Theodor W.) EDMA 7° année 19 avril 1967 Série C-25 Fiche n° 1728

1. La publication de son « Essai sur Wagner », si elle n’a pas révélé au public de langue française l’œuvre déjà considérable du philosophe allemand Theodor Adorno, lui a néanmoins ouvert une audience beaucoup plus large. Musicologue, il a exercé une grande influence sur les jeunes compositeurs, aussi bien en Europe qu’en Amérique, après la première guerre mondiale. Philosophe et critique marxiste, il se déclare l’ennemi impitoyable de la philosophie allemande contemporaine qu’il considère comme l’héritière du national-socialisme.

2. Né en 1903 à Francfort, Theodor Adorno a fait des études de philosophie, de sociologie et de science politique aux Universités de Francfort et de Vienne. Il travaille ensuite la composition musicale sous la direction d’Alban Berg. Obligé de quitter l’Allemagne en 1933, il a vécu successivement à Paris, Oxford, New York et Los Angeles. Il revint en 1950 à Francfort où il occupe les chaires de philosophie et de sociologie.

3. L’ouvrage qui devait le révéler au public allemand fut une étude sur Schœnberg (« Philosophie de la Nouvelle Musique »). Il retrace l’évolution de la musique polyphonique et montre comment, portant en elle le germe de sa destruction, elle éclate dans l’œuvree de Schœnberg, après les transformations que devait lui faire subir Richard Wagner. Dans son essai sur Wagner, Adorno dépasse le point de vue de Nietzsche et entreprend une révision une révision radicale du « Cas Wagner » en utilisant les disciplines les plus variées : la théorie et l’analyse musicales, l’esthétique générale, la philosophie, la psychologie et la sociologie.

4. Si son œuvre de critique musical fait désormais autorité dans les pays de langue allemande, ses essais philosophiques ont souvent provoqué des controverses passionnées. L’un de ces essais « Jargon de l’Authenticité » (« Jargon der Eigentlichkeit ») entreprend la démystification générale de la philosophie allemande contemporaine. Adorno dénonce un certain langage, celui de « l’authenticité », commun à la théologie, la philosophie, la littérature européenne comme étant le dernier « asile de l’idéologie nazie ». Cet essai, principalement dirigé contre le philosophe Martin Heidegger, dénonce celui-ci comme le plus grand « mystificateur contemporain », expression grandiose de la décadence allemande et de son attitude réactionnaire. Cette attaque très violente s’adresse aussi à Karl Jaspers et Jean-Paul Sartre, en un mot, à tout l’existentialisme issu de Kierkegaard et de Heidegger.

5. La violence que Theodor Adorno déploie dans ses attaques se retrouve dans celles de ses détracteurs. Pour certain, il apparaît comme l’un des plus grands critiques marxistes contemporains ; pour beaucoup d’autres, il ne fait qu’exprimer la victoire inquiétante d’une certaine sociologie qui prétend tout réduire à l’état « d’idéologie ». Adorno fut l’objet en France d’une violente critique, émanant des traducteurs d’Heidegger ; ceux-ci dénoncent l’imposture d’analyses prétendues objectives, qui ne font que dissoudre toute pensée dans une relation sociale. L’influence d’Adorno n’en cesse pas moins de croître depuis son retour dans sa ville natale. Il dirige actuellement l’Institut de recherches sociales de l’Université Gœthe à Francfort.

8. La fiche Wikipédia est plus longue, plus touffue et peut-être plus confuse malgré son cadre très clair. On la consulte facilement via Google. J’en retiens le passage suivant : « Lors des événements de mai 1968, ses étudiants prennent pour prétexte son élitisme culturel pour l’attaquer en l’accusant de complicité avec le pouvoir bourgeois. Adorno critique l’anti-intellectualisme (l’irrationalisme et l’infantilisme) du mouvement de même que le fascisme latent qu’il peut aussi contenir.

Un premier incident a lieu, le 31 janvier 1969, lorsque le comité de grève, à la suite du refus des professeurs Adorno et Habermas de coopérer, envahit les locaux de l’Institut. Adorno demande l’intervention des forces de police et porte plainte pour violation de domicile.

Au semestre d’été 1969, des perturbateurs interviennent dans son cours et lui demandent de faire une autocritique. On écrit au tableau : « Si on laisse faire ce cher Adorno, on aura le capital jusqu’à la mort ». Des étudiantes montent alors sur l’estrade en exhibant leur poitrines dénudées et mimant une danse érotique. Adorno quitte l’amphithéâtre. Des tracts circulent : « Adorno comme institution est mort ».

Adorno écrit alors à Samuel Beckett: « Le sentiment d’être attaqué comme réactionnaire a tout de même quelque chose de surprenant ». Il aurait été profondément affecté par cet événement, expliquant que l’attitude des étudiants avait pour objectif de susciter chez lui une réaction de bourgeois s’offusquant à la vue d’un sein. Il parle de la « brutalité idiote des fascistes de gauche » et se voit à nouveau comme la victime d’une « folie collective ».

Est-ce là ce qui conduit à la mort du philosophe? Pendant les vacances d’été 1969, Adorno est pris de plusieurs attaques cardiaques, en Suisse, lors de son séjour à la montagne, et décède à Viège le 6 août 1969. S’il n’est pas certain qu’Adorno comme « institution » soit effectivement mort à la suite de ces événements, il est possible néanmoins qu’il en ait été physiquement affecté.

Adorno laisse inachevé la Théorie esthétique à laquelle il travaille depuis 1966 et qui a souvent été le thème de son enseignement. Le livre est publié d’après le brouillon par les soins de Gretel Adorno et Rolf Tiedemann en 1970. Il s’impose rapidement comme l’un des plus importants et des plus lus du philosophe. Adorno y développe sa conception de l’art radical comme forme de résistance sociale et de vérité. »

9. Conclusion ? Roger (3 juin 2015) On ne conclut jamais. L’information est vitale. C’est la vie même et on ne l’arrête jamais. Simplement, pour notre usage personnel, nous saisissons quelques bribes d’information que nous classons pour la retrouver commodément. Les moteurs de recherche y pourvoient, à condition de savoir les interroger. Or nous sommes tributaire de deux effets contraires et complémentaires : l’effet Serendip et l’effet lampadaire. Le premier nous fait trouver les informations importantes par hasard et le second nous fait chercher obstinément quelque chose là où il y a de la lumière alors qu’il faut chercher dans l’obscurité sans savoir ce qu’on va trouver. Désespérant ? Non. Il existe un ou plutôt des fils d’Ariane. Il suffit de se laisser conduire par le flux de la vie, jusqu’à notre mort et bien au-delà car rien ne s’arrête et tout est lié : saisir une information c’est potentiellement tout saisir. Saisissant ! De temps en temps nous piégeons des informations… Et c’est ce que fait Retorica : j’en revendique l’aspect foutraque et coopératif en laissant le plus possible la parole aux autres, aux Alii…Voir : 29 SCI Sérendipité lampadaire NDE – EMI 2015_05

Roger et Alii

Retorica

(2.800 mots, 17.400 caractères)

1 commentaire

  1. Michel Michaut

    Très heureux de trouver cet historique des fiches Edma aux quelles j’ai été abonnées jusqu’à la cessation de leur édition en 1972 mais que j’ai pieusement conservées même si elles restent en l’état sans refonte.

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