20 NAT végétarisme – vegans – Zoopolis – 2017-05

20 NAT végétarisme – vegans – Zoopolis – 2017-05

Je n’ai pas voulu retoucher ce dossier copieux. Il comprend des redites mais c’est ainsi. Roger

A// 20 NAT végétarisme – vegans – 2017-05-06

Dans « V comme vegan » (éditions Nova) le journaliste Théo Ribeton étudie cette tendance. Il déclare : « Qui peut encore chercher à prouver qu’il y aurait une légitimité à tuer, alors que notre survie ne le réclame pas ? L’historien des idées Renan Larue a montré que, chaque fois que le végétarisme prend de l’ampleur, il est pourtant accompagné d’un contre-mouvement : des intellectuels se sentent investis de la mission de défendre la viande, comme dernièrement Raphaël Enthoven, Francis Wolff ou Dominique Lestel, auteur d’une « Apologie du carnivore ». C’est, à mes yeux, le signe que la cause végétarienne progresse. » (Télérama, 26/04/2017)

 

B// 20 NAT végétariens (2009_10_11) jalons

 

  1. L’étude sur Pythagore (21 PHI Pythagore (2009_10_10) jalons ) conduit à s’interroger sur le végétarisme ou plutôt sur les végétariens car il faut, chaque fois que c’est possible, revenir au concret.

La première référence est empruntée au “Dictionnaire philosophique” (1764) de  Voltaire :

http://www.voltaire-integral.com/Html/20/viande.htm

“Viande vient sans doute de victus, ce qui nourrit, ce qui soutient la vie; de victus on fit viventia; de viventia, viande. Ce mot devrait s’appliquer à tout ce qui se mange; mais, par la bizarrerie de toutes les langues, l’usage a prévalu de refuser cette dénomination au pain, au laitage, au riz, aux légumes, aux fruits, au poisson, et de ne le donner qu’aux animaux terrestres. Cela semble contre toute raison ; mais c’est l’apanage de toutes les langues et de ceux qui les ont faites.

“Quelques premiers chrétiens se firent un scrupule de manger de ce qui avait été offert aux dieux, de quelque nature qu’il fût. Saint Paul n’approuva pas ce scrupule. Il écrit aux Corinthiens (11): « Ce qu’on mange n’est pas ce qui nous rend agréables à Dieu. Si nous mangeons, nous n’aurons rien de plus devant lui, ni rien de moins si nous ne mangeons pas. » Il exhorte seulement à ne point se nourrir de viandes immolées aux dieux, devant ceux des frères qui pourraient en être scandalisés. On ne voit pas après cela pourquoi il traite si mal saint Pierre, et le reprend d’avoir mangé des viandes défendues avec les gentils. On voit d’ailleurs dans les Actes des apôtres que Simon-Pierre était autorisé à manger de tout indifféremment: car il vit un jour le ciel ouvert, et une grande nappe descendant par les quatre coins du ciel en terre; elle était couverte de toutes sortes d’animaux terrestres à quatre pieds, de toutes les espèces d’oiseaux et de reptiles (ou animaux qui nagent), et une voix lui cria: « Tue et mange(12). »

“Vous remarquerez qu’alors le carême et les jours de jeûne n’étaient point institués. Rien ne s’est jamais fait que par degrés. Nous pouvons dire ici, pour la consolation des faibles, que la querelle de saint Pierre et de saint Paul ne doit point nous effrayer. Les saints sont hommes. Paul avait commencé par être le geôlier et même le bourreau des disciples de Jésus. Pierre avait renié Jésus, et nous avons vu que l’Église naissante, souffrante, militante, triomphante, a toujours été divisée, depuis les ébionites jusqu’aux jésuites.

 

  1. “Je pense bien que les brachmanes, si antérieurs aux Juifs, pourraient bien avoir été divisés aussi; mais enfin ils furent les premiers qui s’imposèrent la loi de ne manger d’aucun animal. Comme ils croyaient que les âmes passaient et repassaient des corps humains dans ceux des bêtes, ils ne voulaient point manger leurs parents. Peut-être leur meilleure raison était la crainte d’accoutumer les hommes au carnage, et de leur inspirer des mœurs féroces.

“On sait que Pythagore, qui étudia chez eux la géométrie et la morale, embrassa cette doctrine humaine, et la porta en Italie. Ses disciples la suivirent très longtemps: les célèbres philosophes Plotin, Jamblique et Porphyre, la recommandèrent, et même la pratiquèrent, quoiqu’il soit assez rare de faire ce qu’on prêche. L’ouvrage de Porphyre sur l’abstinence des viandes, écrit au milieu de notre iiie siècle, très bien traduit en notre langue par M. de Burigni, est fort estimé des savants; mais il n’a pas fait plus de disciples parmi nous que le livre du médecin Hecquet (13). C’est en vain que Porphyre propose pour modèles les brachmanes et les mages persans de la première classe, qui avaient en horreur la coutume d’engloutir dans leurs entrailles les entrailles des autres créatures; il n’est suivi aujourd’hui que par les pères de la Trappe. L’écrit de Porphyre est adressé à un de ses anciens disciples nommé Firmus, qui se fit, dit-on, chrétien pour avoir la liberté de manger de la viande et de boire du vin.

 

  1. “Il remontre à Firmus qu’en s’abstenant de la viande et des liqueurs fortes, on conserve la santé de l’âme et du corps, qu’on vit plus longtemps et avec plus d’innocence. Toutes ses réflexions sont d’un théologien scrupuleux, d’un philosophe rigide, et d’une âme douce et sensible. On croirait, en le lisant, que ce grand ennemi de l’Église est un Père de l’Église.

“Il ne parle point de métempsycose, mais il regarde les animaux comme nos frères, parce qu’ils sont animés comme nous, qu’ils ont les mêmes principes de vie, qu’ils ont ainsi que nous des idées, du sentiment, de la mémoire, de l’industrie. Il ne leur manque que la parole; s’ils l’avaient, oserions-nous les tuer et les manger? oserions-nous commettre ces fratricides? Quel est le barbare qui pourrait faire rôtir un agneau, si cet agneau nous conjurait par un discours attendrissant de n’être point à la fois assassin et anthropophage ?

Ce livre prouve du moins qu’il y eut chez les gentils des philosophes de la plus austère vertu; mais ils ne purent prévaloir contre les bouchers et les gourmands.

Il est à remarquer que Porphyre fait un très bel éloge des esséniens. Il est rempli de vénération pour eux, quoiqu’ils mangeassent quelquefois de la viande. C’était alors à qui serait le plus vertueux, des esséniens, des pythagoriciens, des stoïciens, et des chrétiens. Quand les sectes ne forment qu’un petit troupeau, leurs moeurs sont pures; elles dégénèrent dès qu’elles deviennent puissantes. (…)

Notes.

Note_11 Aux Corinthiens, chap. viii.

Note_12 Actes, chap. x.

Note_13 Philippe Hecquet, médecin, né à Abbeville in 1661, mort le 11 avril 1737, est, suivant quelques personnes, l’original de Sangrado de Gil Blas (liv. II, chap. ii et v). Il est hors de doute que c’est celui que Lesage désigne sous le nom de Hoqueton, dans le même roman, liv. IV, chap. iii. Il est auteur d’un Traité des dispenses du carême, 1709, in-12, où il assure que l’abstinence des aliments gras et le jeûne sont favorables à la santé. (B.) “

 

  1. Voici un poème de Jalalu ‘D-Din Rumi, célèbre poète soufi :

Quand j’étais pierre, je suis mort et je suis devenu plante ;

            quand j’étais plante, je suis mort et je suis parvenu au rang d’animal ;

quand j’étais animal, je suis mort et j’ai atteint l’état d’homme.

            Pourquoi aurais-je peur ? Quand ai-je perdu quelque chose en mourant ?

Dans le Zohar il est dit :

Les âmes doivent réintégrer la substance absolue d’où elles sont sorties. Toutefois, pour cela, elles doivent développer toutes les perfections, dont le germe se trouve en elles. Si elles ne satisfont pas à cette condition durant une vie, elles doivent en commencer une deuxième, une troisième et d’autres encore, jusqu’à ce qu’elles aient rempli les conditions qui leur permettront de s’unir à nouveau avec Dieu.” Les animaux sacrifiés doivent l’être dans les règles pour faciliter leur réincarnation en êtres humains.

Dans l’hindouisme, l’ahimsâ ou non-violence, consiste à n’interrompre l’évolution d’aucun être vivant (Baghavat-Guita “Le chant du Seigneur” 16.1-3). L’homme est abondamment pourvu en végétaux et ne devrait pas être carnivore. Un animal poursuit sa propre progression spirituelle. Mais avant de s’élever à l’espèce animale supérieure il doit accomplir le cycle prévu dans l’espèce où il vit. S’il le quitte prématurément il doit reprendre ce cycle à son début pour l’accomplir totalement. Le tuer revient à ralentir son évolution.

La loi du karma explique que celui qui tue un animal pour s’en nourrir deviendra lui-même une victime lors d’une vie suivante et sera à son tour dévoré. Il y a aussi du karma négatif  à prendre la vie des végétaux qui sont des êtres vivants.

Mais ce karma négatif est annulé par l’offrande à Krishna car le Seigneur dit qu’il accepte de telles offrandes végétariennes. On placera ces nourritures végétales devant un petit autel chez soi où l’on aura placé l’image de Krishna et celle du maître spirituel. En offrant la nourriture végétale on dira : “ Ô Krishna, cher Seigneur, veuille accepter cette humble offrande.” On chante “Haré Krishna” et on peut consommer cette nourriture

Il est dit dans la Bhagavat-Guita : “Toutes les planètes de l’univers, de la plus évoluée à la plus basse, sont des lieux de souffrance où se succèdent la naaissance et la mort. Mais pour l’âme qui atteint mon royaume, ô fils de Kunti, il n’est plus de renaissance.” (8.16)

(D’après notamment “Revenir. La science de la réincarnation”, Editions Bhaktivedanta, 1983. Association internationale pour la conscience de Krishna.)

 

  1. Végétarisme, une histoire d’empathie (d’après Alexandre Koehler, Bouddhisme actualité, septembre 2007). “Un soir, durant sa jeunesse, le Mahatma Gandhi fut amené à manger de la chèvre. Le repas pris, il alla se coucher tranquillement… mais passa la plus horrible nuit de son existence, faisant d’abominables cauchemars dans lesquels il se voyait réincarné en chèvre et conduit à l’abattoir ; rêves de feu et de sang qui le rendirent malade, tant physiquement que psychologiquement, pendant presque une semaine.

Loin de là dans le temps et l’espace, le maître taoïste Tchouang Tseu affirmait, en substance, que se priver de viande pouvait aider à entrer en harmonie avec le Tao, mais qu’en manger permettait sans nul doute de prospérer. (…) Comprendre : prospérité matérielle ou sociale.

Dans la viande “de nombreuses substances, notamment des hormones et des neurotransmetteurs, indiquent à l’organisme psychophysique ayant évolué dans le sens d’une empathie avec l’animal, qu’il est en train de commettre un meurtre. Un meurtre, bien sûr, puisque cet animal assassiné crie la peur et la douleur à travers ces substances transmettrices d’informations que sont l’adrénaline et les catécholamines. Mais également un suicide puisque l’empathie identifie cet animal prétendument étranger à une part d’un soi-même plus vaste incluant le règne animal. (…)

Par contre, chez celui dont l’évolution ne passe pas, ou n’est pas encore passée, par cette empathie avec l’animal, l’absorption de viandes, de bonnes qualités et dans des proportions raisonnables, ne pourra qu’apporter un surcroît de force animale. C’est là une mécanique psycho-biochimique dont la prise de conscience fut sans doute à l’origine, chez certains animistes, de l’anthropophagie. On mange l’autre, en partie par amour, pour devenir lui, et par égocentrisme, pour s’approprier sa puissance. (…)

Donc “… c’est de l’harmonie entre le niveau de conscience d’un individu, et la nature de l’aliment qu’il ingère que dépend la santé. (…)

 

  1. Dans son film “Notre pain quotidien” Nikolaus Geyrhalter a filmé ce que nous ne voulons pas voir : “Non, nous ne voulons pas voir ces milliers d’animaux qui passent leur vie entassés, enfermés dans leurs boîtes, leurs cages, leurs prisons ; voir ce bœuf qui tremble de terreur devant le tueur qui va l’exécuter d’un coup de pistolet électrique et son cadavre être retourné par un robot, saisi par les pattes arrière, suspendu à la chaîne, et son successeur s’affoler à cette vue, rouler des yeux effarés et trembler devant le pistolet qui s’approche…”. (Jean-Luc Porquet, Canard, 2007_03_14).

Ne mangez pas les animaux : “Ce sont plus d’un milliard d’animaux vertébrés terrestres (poules, lapins, cochons, veaux, vaches, chevaux, etc.) que les Français, à eux seuls, font tuer chaque année pour les manger, ainsi que des dizaines de milliards de poissons. Ces derniers souffrent aussi intensément lors de la pêche ou dans les élevages. (…) Est-ce que la morale courante, spéciste (1), qui veut que les intérêts vitaux d’un animal ne sont rien auprès du plus dérisoire de nos propres intérêts , est justifiée ? “ (Les Antispécistes, Bouddhisme actualités, septembre 2007)

(1) : voir item 8.

 

  1. Un steak de bœuf de 100 g exigerait, paraît-il, 1.300 litres d’eau.  Pour produire un kilo de viande comestible, une bête de boucherie consomme jusqu’à sept kilos de protéines végétales et ces mêmes protéines (céréales, légumineuses) conviendraient parfaitement à l’alimentation humaine. Aujourd’hui, les deux tiers de l’humanité se nourrisent de façon quasi végétarienne. On ne peut envisager nourrir toute la terre sur le modèle alimentaire occidental.  De nos jours sévit une suralimentation haute calorie, haute protéine, dans les pays industrialisés : chaque Américain consomme 102 g de protéines par jour en moyenne (dont 71 % d’origine animale), bien au-dessus des 41 g que recommandait la FAO en 1973 (Pimentel 1976). En 1992 ces chiffres avaient évolué : 116 g pour la France, 112,9 pour les Etats-Unis mais 30,8 g pour le Mozambique et 40,3 g pour Haïti (Quid 99). Il faut fournir, globalement, 4 fois plus d’énergie (fossile principalement) pour produire un repas non végétarien qu’un repas végétalien.  L’agriculture moderne est un agro gaspillage  : en Occident elle détourne au profit de bestiaux qui n’en demandaient pas tant, des quantités phénoménales de protéines végétales qui pourraient atténuer la famine  dans les pays pauvres. Ensuite elle s’accapare de vastes surfaces fertiles et une abondante main d’œuvre locale pour produire des denrées non vitales (café, cacao, fruits exotiques y compris bananes) au détriment de culturelles vivrières traditionnelles, non polluantes et peu coûteuses. (Draprès Jean-Pierre Camo, Biocontact octobre 1999).

 

  1. Les néo- végétariens  se privent de viande par intermittence pour leur santé. André Méry, président de l’association des végétariens de France note que les campagnes nationales en faveur des fruits et légumes contribuent à imposer le végétarisme. Les néo végétariens qui ne mangent de la viande que de temps en temps  s’ajoutent au million de

– végétariens (ni viande, ni poisson mais œufs, laitages, miel),

– végétaliens (aliments d’origine végétale uniquement)

–  et de vegans (végétaliens qui refusent tout produit d’origine animale pour leurs vêtements et chaussures y compris cuir ou soie). (d’après Claire Chantry, Aujourd’hui, 2007_05_19)

La Veggie Pride, une centaine de personnes, a fêté dans la rue, le 19 mai 2007, “la fierté végétarienne et végétalienne”. Surtout symbolique, elle prolonge les actions, quelquefois violentes, des années 1970 en Angleterre et aux Etats-Unis et fait écho à l’Animal Liberation Front surtout scandinave. Le refus de consommer de la viande (voire lait, œufs ou fromage) s’accompagne du refus de la vivisection pratiquée dans des laboratoires à des fins d’expérimentation scientifiques. Ils s’insurgent contre le “spécisme” qu’est “l’idéologie raciste qui justifie l’exploitation de l’animal par l’homme”. Ils demandent que les enfants soient élevés dans le respect du végétarisme. Dans les pays anglo-saxons  le livre de Peter Singer Animal Liberation (New York 1975) a eu un grand retentissement, relayé par la philosophe américaine Cora Diamond dans “L’Esprit réaliste” (PUF 2004). Bien que végétarienne pour des raisons personnelle, elle critique le raisonnement végétariste sur les “droits” des animaux. Elle note que seule la part non animale, la part affective, culturelle, historique de l’être humain, peut donner sens et valeur à l’idée scientifique qu’il est un animal.  Il faut refuser les mauvais traitements infligés aux animaux, non parce qu’ils auraient des “droits” mais parce que la présence des animaux enrichit la vie humaine : l’amour mutuel, les jeux, les terreurs, les contes, les fables, les images bouleversantes que nous leur devons. Il s’agit d’aimer vraiment les animaux et peut-être aussi les êtres humains. (d’après Dominique Lecourt, philosophe, la Croix, 2007_06_05).

 

  1. Les abattoirs ne sont rien d’autre que des camps d’extermination… Charles Patterson “Un Eternel Treblinka. Des abattoirs aux camps de la mort” (Calmann-Lévy, 2008, 336 p) :

http://www.scienceshumaines.com/un-crime-contre-l-animalite_fr_21931.html

Deux sites :

http://www.vegetarisme.fr/

http://www.oaba.fr/

(Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir)

 

C// 20 NAT Végétariens (2010_01_11) échos

 

            Il s’agit des échos à 20 NAT Végétariens (2009_10_11) jalons et des prolongements à ces échos. Je les donne par ordre d’arrivée.

 

  1. Adam (2009_10_13) : Merci c’était très intéressant, je le forwarde à mes amis végétariens et végétaliens”. Sophie (2009_10_13) : Très instructif  ! Cela m’étonne toujours de voir comme un problème peut être questionné de manières aussi différentes. Merci pour ce texte (et tous les autres d’ailleurs).”

 

  1. Casimir (2009_10_13) : presque tout plaide en effet contre la consommation de viandes, contre la chasse et contre la tauromachie // la limite du raisonnement rigoureusement humaniste se situe sur un autre point que l’Inde illustre peut-être avec la sacralisation de la vache et des moustiques : à un moment donné, il faut faire face aux surpeuplements animaux (exemple du tigre indien, de l’éléphant africain) et aux menaces (réelles) en provenance d’insectes transmetteurs de maladies.

 

  1. PIerre (2009_10_27) : Quelques arguments – avec retard, désolé – des 2 côtés :

– le contre-végétarisme : comment expliquer au smicard qu’il peut fournir à sa famille un repas complet pour moins de 5 euros avec des produits de grande distribution (pub CARREFOUR),mais que ces produits sont peu protecteurs de la santé et de la planète alors que le même repas acheté végétarien ou même bio lui reviendra 2 à 3 fois plus cher,mais aura l’estampille « économe durable »? Où est l’erreur? Bien sûr dans la construction des marchés mais le citoyen lambda n’y peut rien…

– le pour-végétarisme : beaucoup d’évidences peuvent être reprises : par exemple le gaspillage d’espace agricole dû à l’élevage (malgré la contradiction avec ce qui précède), ou encore (moins souvent citée) la plus forte tendance à la violence chez les consommateurs de viande (est-elle chimique, symbolique ou sociohistorique (thème du prédateur) ?. On peut rajouter une couche de kharma, de respect de la vie, mais pourquoi pas une plus grande subtilité du goût liée à la moindre agressivité des essences végétales (encore la distinction hard_soft…) ; l’argument de la santé cardio-vasculaire est peut être le plus facile à faire passer dans nos sociétés (là encore c’est une préoccupation  de riches cultivés…)

Un terrain d’entente et de compromis a été évoqué : la viande comme exception au lieu de règle, ce qui pourrait mettre beaucoup de monde d’accord (smicards, intellos, éleveurs, grandes surfaces) : le messianisme par la table : plus appétissant que l’eucharistie (pardon pour ce sacrilège relatif), mais qui nous amène à voir d’un autre oeil l’abattage casher ou hallal si l’on se place du point de vue de la souffrance des animaux, nos frères(un peu) inférieurs, auxquels il convient logiquement dans ce débat d’accorder une pensée…”

 

  1. Roger (2010_01_11) :  Toutes ces réflexions sont très intéressantes et méritent d’être méditées. Le surpeuplement animal me paraît se situer plutôt du côté du sanglier français que du tigre indien ou de l’éléphant africain. Mais le surpeuplement conduit aux mesures drastiques et donc à la chasse. La lutte contre les insectes doit se mener modérément sous peine de déséquilibrer l’éco-système au point que dans certaines régions chinoises on en est réduit à polliniser à la main suite à la destruction involontaire des abeilles par les pesticides.

J’ai été sensibilisé à l’écologie en 1954  par un professeur d’histoire-géographie, militant d’extrême-droite et ardent partisan du “La terre ne ment pas”. Il nous expliquait qu’il fallait 3 fois plus d’énergie pour élever du bétail que pour faire pousser des végétaux et qu’il faudrait que l’humanité se convertisse au végétarisme si elle voulait survivre. Aujourd’hui, du fait de la mécanisation et de l’emploi des produits phyto-sanitaires le rapport serait de 1 à 9. Je pense que la conversion à un végétarisme relatif sera un processus lent et inéluctable. Le smicard sera pris comme tout le monde dans le mouvement. La viande rejoindra dans la rareté le bœuf japonais de Kobé, nourri à la bière, massé au saké et qui écoute les plus grands tubes de musique classique. Le wagyu, bœuf du Japon (gyu : bœuf, wa : Japon) comprend plusieurs lignes génétiques car le Japon, pays très montagneux, ne permettait pas le déplacement des troupeaux.

http://www.taptoula.com/2008/06/23/boeuf-de-kobe-wagyu-secret-de-la-meilleure-viande-de-boeuf-du-japon/

En 1991 le bœuf de Kobé valait jusqu’à 3000 F le kilo. En France, à Coutancie (Dordogne) un élevage de ce type a été créé. Il s’agit du bœuf Légendus.

http://www.gourault.com/presse/pdf_conso/g_millau.pdf

http://www.lejapon.fr/blog/index.php?2005/07/20/43-vaches-nourries-a-la-biere

La tendance à la violence chez les canivores semble confirmée par l’expérience d’un ami paysan, végétarien convaincu. Il avait nourri une chèvre uniquement avec de la viande et développé chez elle un comportement agressif.

Nos sociétés occidentales marquées par une culture abusive du porc (“Dans le cochon tout est bon”) ont beaucoup à découvrir en matière de tolérance alimentaire. Dans les années 1990, un élève de seconde, musulman, m’avait témoigné son désarroi. Au self-service, me disait-il, il ne pouvait rien manger car tout était assaisonné de porc. J’ai fait mener une petit enquête par un C.P.E qui a confirmé le fait : le cuisinier en chef s’ingéniait à mettre des lardons partout, même dans des plats où ils n’avaient rien à faire au nom du principe : “Il faut qu’ils apprennent à manger de tout”. Dûment prévenu, le proviseur a mis fin à cette pratique scandaleuse. Je lui avais expliqué qu’il y avait de quoi justifier une manifestation d’élèves…

La consommation de produits hallal ou cacher  n’est pas réservée aux seuls musulmans ou juifs. On lira sur Wikipedia un article bien documenté sur la cacherouth

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cacherouth

et de Julien Bauer “La Nourriture cacher” (PUF, 1996, 127 p. coll. “Que sais-je ?”, excellent petit livre à visée sociologique. Une bonne présentation dans

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0335-5985_1996_num_96_1_1049_t1_0062_0000_2

Sur la nourriture hallal l’article de Wikipedia me semble un peu maigre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Halal

Mieux vaut consulter www.Arrissala.org, association pour la défense des consommateurs musulmans.

En ce qui concerne le lien entre cuisine et religion il faut se tourner vers l’Inde :

http://mumbai.ifrance.com/la_cuisine_de_l_inde.htm :

“L’Inde est un subcontinent qui possède plus de 200 dialectes et presque autant de manières différentes de faire la cuisine. (…) … selon sa caste ou sa religion un indien ne mangera pas les mêmes choses que son voisin. Ainsi la cuisine végétarienne se divise en deux catégories, la cuisine végétarienne pure qui est celle des brahmanes, et des   jaïns, et celle aménagée, incluant certaines viandes ou poissons, que ne dédaignent pas les personnes issues de castes dites « basse ». (…)”

 

  1. A  l’occasion du sommet de Copenhague : “Communiqué de presse – 3 décembre 2009. L’élevage émet davantage de gaz à effets de serre que tous les transports réunis. Pourtant, le rôle majeur de la surconsommation de viande et de l’élevage est systématiquement ignoré. Des solutions simples existent mais vont à l’encontre d’intérêts économiques. Face à l’inertie des pouvoirs publics, des citoyens, des personnalités* et des organisations se mobilisent. Fabrice Nicolino, Pierre Rabhi, Allain Bougrain Dubourg, Jean-Marie Pelt, Corinne Lepage, Jean-Paul Jaud, Jean-Claude Pierre, Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset et Franck Laval sont en grève de la viande pour briser le silence ! Ils exigent dès aujourd’hui une reconnaissance de l’impact de la viande sur l’environnement, la sous-alimentation et la souffrance animale. Ils réclament un moratoire sur l’élevage intensif et des mesures énergiques pour faire baisser la consommation de viande.” Consulter : http://www.viande.info/.

A un appel de sir Paul McCartney au Partement européen le 3 décembre 2009 Interbev, lobby des professionnels de la filière viande bovine, a réagi par une campagne de publicité : “A l’occasion du sommet de Copenhague nous rappelons que l’élevage herbivore français est un atout essentiel à nos équilibres environnementaux et alimentaires.” Interbev affirme que nos concitoyens ne mangent pas de viande trois jours par semaine. “En France, l’élevage herbivore contribue à hauteur de 11 % aux émissions de gaz à effet de serre, le logement pour 20 %, l(industrie pour 21 % et les transports pour 27 %.”  (2009_12_11). Gaëlle Dupont fait le point de la question dans le Monde : elle relève notamment : “Il faut entre trois et neuf calories végétales , selon les espèces, pour produire une calorie animale. Déjà quelque 40 % des céréales  cultivées dans le monde sont destinées à alimenter le bétail.” La production  devrait doubler d’ici à 2050, passant de 229 à 465 millions de tonnes. Mais en France la consommation de viande est passée de 150 grammes par jour en 1999 à 117 grammes en 2007. Sur les émissions de méthane  par les ruminants (37 % du méthane émis du fait des activités humaines) intégrer dans les rations de l’huile de lin les feraient baisser d’un tiers. Une sélection génétique rigoureuse permettrait de réduite la ration des vaches de 40 %. Des changements de méthode culturale permettraient de stocker davantage de carbone dans le sol. Ne pas oublier enfin que l’élevage fait vivre un milliard de personnes pauvres dans le monde. (le Monde, 2009_12_23)

 

Maïthé (15 jan 2010) : Ces divers éclairages me parlent et me donnent envie d’aller aux liens et aussi d’appliquer sans fanatisme.

Nous diminuons les quantités et nous limitons en viande . Quand nous mangeons du jambon, Jacques ne pense pas que nous mangeons de la viande et aussi quand c’est pintade ou poulet ou poisson. ça m’amuse beaucoup et je ne dis rien mais il va falloir encore diminuer.

Par contre je n’ai pas envie de supprimer totalement car quand j’apprends que des gens sont végétariens je ne sais plus quoi leur proposer tout à coup. Je n’ai pas envie d’être à part pour la convivialité que ça risque de supprimer.

 

D// 20 NAT Zoopolis etc 2016-11-22

Respecter les animaux, en faire même des co – citoyens, c’est le projet de « Zoopolis ». Ceci nous incite à respecter aussi les végétaux. Comment  faire ? L’hindouisme donne la solution. Roger

(1) « Zoopolis. Une théorie politique des droits des animaux » de Will Kymlicka et Sue Donalson. Le livre prend la suite de « Le Silence des bêtes » (1998) de Jacques Derrida et Elizabeth de Fontenay. Il faut reconnaître des droits aux animaux et même un statut de citoyen. Il serait, selon Zoopolis, « interdit de les blesser, de les tuer, de les enfermer, de les posséder et de les réduire en esclavage. » Ce serait condamner l’industrie animalière. Il faudrait que les hommes et les animaux établissent des relations mutuellement bénéfiques. Les auteurs argumentent à partir de la citoyenneté reconnue aux enfants et aux personnes handicapées. Mais les droits des animaux ne peuvent être confondus avec ceux des hommes. Ils ont de multiples sensibilités mais comment leur donner le statut de « personne » ? Or les animaux n’ont des droits que si les hommes les leur reconnaissent. « Un chien qui meurt et qui sait qu’il meurt comme un chien et qui peut dire qu’il sait qu’il meurt comme un chien est un homme. » (Elisabeth de Fontenay). (d’après Elodie Maurot, la Croix,17 nov 2016)

 

(2) « Zoopolis » « En 1975, Peter Singer, dans « Libération animale » (Grasset, 1993) avançait que les animaux, sujets vivants, ont des droits ; vingt ans plus tard, les travaux d’Elizabeth de Fontenay, Jacques Derrida, Robert Garner, Tom Regan, Eva Kittay, repensent la relation entre humains et non-humains comme soumise à une domination dont il s’agit de s’affranchir. » (AdB) « … actuellement les hommes tuent 56 milliards d’animaux par an pour se nourrir, ce que Charles Patterson dénonça voici quinze ans comme un « éternel Treblinka » » (AdB). Une « zoopolitique » distinguent trois modèles de vivre ensemble : les résidents (rats…), les souverains (protection de leur cadre de vie) et les citoyens. Les animaux ne voteront pas mais les hommes les protégeront et deviendront végétariens. Dans « L’animal en république » Pierre Serna explore les résultats d’un concours lancé en 1802 sur les droits possibles des animaux : « puisque les pauvres, les juifs, les Noirs, les esclaves sont devenus citoyens, pourquoi les animaux n’auraient-il pas certains droits ? » (AdB) On gardait en souvenir la « boucherie » révolutionnaire. Cette prise de conscience fait de l’animal un « être sensible ». 28 copies avaient été remises au concours. On y trouvait des savants, des prêtres, des professeurs, des philosophes ; des juristes, des militaires. Les 2/3 des mémoires voulaient interdire les combats d’animaux et la maltraitance avec une « police des rues ». Une « écologie républicaine » voit le jour dénonçant ainsi « les outrances de la chasse, la prédation coloniale, la destruction de l’environnement, la liquidation d’espèces entières. » (AdB) 1/3 des mémoires allait jusqu’au végétarisme. (d’après AdB : Antoine de Baeque, le Monde, 16 déc 2016)

Voir aussi Mathieu Ricard : Plaidoyer pour les animaux, Allary éditions, 2014.

(3) Et les plantes ? Emmanuele Coccia dans « La vie des plantes. Une métaphysique du mélange » (192 p, éd Rivages) montre comment, bien qu’immobiles, les plantes inventent leurs formes, créent notre atmosphère : « sans photosynthèse, pas d’oxygène, pas d’air. Chaque bouffée que nous respirons, c’est du souffle de vivants végétaux. Sortid de l’eau, ils ont créé autour de la Terre un océan gazeux prolongeant la couche liquide. La Terre leur doit l’atmosphère, et nous la vie. » (RPD). « Plus qu’une partie du monde, l’atmosphère est un lieu métaphysique dans lequel tout dépend de tout le reste, la quintessence du monde comprise comme espace ou la vie de chacun est mêlée à la vie des autres. » (EC). La théorie du mélange, propre à ce chercheur inspirait déjà « La Vie sensible » (Rivages, 2010) . (d’après RPD Roger Pol Droit, le Monde, 16 déc 2016) Roger : « Seule une exigence éthique unanimement partagée permettra de préserver durablement, pour tous, la liberté et la paix. » (Jean-Marie Pelt, La Solidarité chez les plantes, les animaux, les humains, 2004) Jean-Marie Pelt insiste beaucoup sur l’intelligence et la solidarité entre plantes, animaux et hommes quand ceux-ci le souhaitent.

 

(4) Mais, à quelle condition peut-on être végétarien ? Il faut interroger l’article « Hindouisme » (Wikipedia). Il s’ouvre sur un jugement de la Cour suprême :

(…) En 1966, la Cour suprême de l’Inde a défini le cadre de la foi hindoue comme suit :

  • l’acceptation respectueuse des Vedas en tant que plus Haute Autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l’acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindoue ;
  • l’esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier le point de vue de l’adversaire, basé sur la révélation que la vérité comporte plusieurs apparences ;
  • l’acceptation des six systèmes de philosophie hindoue et d’un rythme du monde qui connaît des périodes de création, de conservation et de destruction, périodes, ou yuga, se succédant sans fin ;
  • l’acceptation de la croyance dans la renaissance et la préexistence des êtres ;
  • la reconnaissance du fait que les moyens ou les manières d’accéder au salut (moksha) sont multiples ;
  • le fait que, malgré le nombre des divinités à adorer, on peut être hindou et ne pas croire qu’il faille adorer des idoles ;
  • à la différence d’autres religions ou croyances, la religion hindoue n’est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.

 

(5) (…) De nombreuses Upanishad font référence entre le rapport qu’entretient le Brahman (âme universelle) avec l’âtman (essence de toute créature), vision qui est considérée comme libératrice, car menant les actes (karma) d’un tel connaisseur à ne plus s’identifier à son ego transitoire :

« L’âme des créatures est une, mais elle est présente dans chaque créature ; à la fois unité et pluralité, comme la lune qui se reflète dans les eaux. »

— Tripura Tapini Upanishad, V-15 (Atharva-Véda).

« Le Brahman sert de demeure à tous les êtres et demeure en tous les êtres. »

« Pour le yogi qui est connaisseur de Brahman, toutes les créatures vivantes sont Brahman. De ce fait, les distinctions de caste lui sont indifférentes. »

— Pashupata Brahmana Upanishad, sûtra 39 (Atharva-Véda)42.

 

(6) (…) L’environnement dans l’hindouisme a une grande importance. Sanâtana-dharma renvoie à la conception d’une essence éternelle du cosmos, la qualité qui lie tous les êtres humains, animaux et végétaux à l’univers alentour et éventuellement à la source de toute existence.

Cette perspective se retrouve clairement dans les Lois de Manu (qui indiquent les moyens de se purifier d’actes impurs), où l’on indique plusieurs fois que l’ahimsa (« non-violence ») – dharma/devoir premier à cultiver – ne concerne pas seulement le règne animal, mais aussi le règne végétal et l’environnement de manière générale  : On y indique ainsi que celui qui a rendu impure l’eau, d’une quelconque manière que ce soit, doit pratiquer l’aumône pendant un mois pour se purifier de cette mauvaise action/karma ; que celui qui blesse, même sans volonté de nuire, des arbres fruitiers et d’autres végétaux divers, doit, toujours pour se purifier, répéter cent prières du Rig-Véda ou suivre toute une journée une vache en signe d’humilité et ne s’alimenter que de son lait. Ces mesures purificatoires sont là pour rappeler que l’environnement, les végétaux et les éléments naturels (comme l’eau, etc.), sont à respecter, car ils sont aussi l’émanation du Brahman (« Âme universelle ») : les détruire ou blesser à bien des conséquences karmiques néfastes que l’on doit éviter ou éliminer par une quelconque ascèse. » (Wikipédia)

 

(7) Il en résulte que personne ne pourrait se nourrir ! On ne peut le faire qu’avec l’autorisation de la divinité qu’on vénère : on se nourrira de végétal, en petites quantités, par cette permission expresse. L’Occident judéo-chrétien en connaît un écho affaibli avec la prière « Seigneur, bénissez la nourriture que nous allons prendre. »

 

(8) La cassure. extrait de « 26 REL âme approche > 2016 » : La liaison homme-bêtes est constante dans l’Antiquité. Jusqu’au christianisme les animaux avaient une âme, ce qui expliquait la facilité des transformations animaux-hommes-dieux (Actéon, Zeus etc.). Avec le christianisme l’âme devient l’apanage de l’homme. Les animaux en sont dépouillés et dès lors ils ne sont plus protégés par le divin. Désacralisés, exclus de la rédemption, ils sont instrumentalisés. La légende de saint François d’Assise montre que son amour des bêtes ne s’étend pas au cochon qu’il accepte paisiblement de voir privé d’un de ses membres. Il faut au contraire privilégier la “continuité du vivant” dont parlait Platon entre homme-homme et homme-animaux. (d’après Elisabeth de Fontenoy, oct 1999).

 

(9) Retour sur « Zoopolis »

Le multiculturalisme est le fil directeur de ce travail. L’auteur n’est pas satisfait de la théorie libérale classique qui admet l’égalité des droits mais pas pour toutes les minorités. La voie ouverte reconnaît des « droits culturels » qui restent loyaux envers la culture commune. Ceci mène aux droits des animaux : ils ne parlent pas, ils pensent peut-être mais ils souffrent incontestablement. L’approche welfariste reconnaît le bien-être des animaux mais le subordonne aux intérêts humains. L’approche écologique privilégie la santé des écosystèmes dont les animaux font partie. Elle accepte la chasse, l’élevage durable, l’élimination d’une espèce invasive. L’approche des droits de base reconnaît aux animaux des droits inviolables, hommes et animaux étant égaux. Cette théorie est intenable du point de vue politique car les animaux deviennent des « résidents » qui ont des droits négatifs (ne pas être tués) mais aussi positifs y compris pour les animaux sauvages. Il s’agit de concevoir une « zoopolis ».

( d’après Robert Maggiori, Libération 27 octobre 2016)

 

Roger et Alii – Retorica – 5 870 mots – 36 900 caractères – 2017-05-06

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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