21 PHI projet personnel 2008-03

1. Projet personnel, philosophie, sagesse, religion. La première version de ce fichier a été rédigée vers 1990, à la grande surprise et au scandale de certains professeurs qui y voyaient une atteinte à la laïcité. Les mêmes ne se privaient pas de développer devant leurs élèves des analyses ouvertement athées sous couvert de rationalisme ou desprit scientifique. Mais compte-tenu des problèmes soulevés par les élèves en expression libre écrite ou orale ces repères philosophiques et religieux sétaient progressivement imposés. Nous lisions en classe des textes personnels émanant délèves profondément religieux et les débats doctrinaux allaient quelquefois bon train. Au fil des années ce panorama sest allongé dans des proportions excessives et inévitables. On peut le réduire et le simplifier de la manière suivante. Je le propose à un groupe délèves qui choisissent les notions quils jugent fondamentales. On les reproduit, on les distribue à la classe sous la page 800 Projet personnel pistes de travail (voir 27 RET classeur de français) et le reste pourra venir en cours dannées, par fragments. Le projet personnel des un(e)s et des autres peut se construire très progressivement sans forcément être communiqué à autrui. La règle dor en ce domaine est : “On peut tout dire mais on ne peut pas tout se dire.” Que faire de sa vie ? Comment la conduire ? Question fondamentale à laquelle tentent de répondre la philosophie, les sagesses et les religions. Mettons un peu dordre dans ces notions.

2. Philosophie La philosophie (du grec philo + sophia ) est l’amour (philo) de la connaissance, de la sagesse (sophia). Mais létymologie permet de proposer un autre sens : “la sagesse de lamour”, comment aimer avec toute la connaissance et la sagesse souhaitables. La philosophie est à la fois l’art de conduire sa vie et une explication globale du monde. En Occident on connaît de grands systèmes philosophiques : Pythagore, Socrate à travers Platon, Aristote, Saint Thomas (au Moyen-Age), Descartes, Spinoza, Leibniz, Kant, Hegel, Marx, Schopenhauer, Nietszche, Bergson, Husserl, Heidegger, Sartre, Levinas…

Les sagesses sont également des philosophies. Elles sont plus concrètes et moins intimidantes. On connaît les sagesses antiques (épicurisme, stoïcisme, scepticisme, cyniques) et orientales (hindouisme, yoga, bouddhisme, zen, tao). Ces dernières pénètrent en occident et on commence à mieux les connaître . Il existe aussi des sagesses africaines (animisme) et sibériennes ou indiennes (chamanisme)

3. Religion Croyance, religion, secte, superstition sont des notions à préciser.

Croyance (du latin credere : “tenir pour vrai”) : “adhésion de lesprit à une réalité ou à une vérité sans quon puisse en donner une preuve. Synonyme : opinion.” (1) Dans un débat philosophique pour enfants, un petit garçon définissait ainsi la croyance : “Croire, cest quand on sait un peu mais pas beaucoup.” Les notions de “créance” et de “croyance”, “croire” et “crédit” viennent de la même racine indo-européenne kred- qui pouvait signifier “gage” ou “enjeu”. (E. Benveniste Le vocabulaire des institutions indo-européennes, I. économie, parenté, société, ed. Minuit, 1969, chap 15). Faire confiance à quelquun cest lui faire “crédit”. Etre “incrédule” au contraire cest ne pas faire confiance.

Religion (du latin relegere “recueillir” ou religare “relier”) : “Ce sont les liens de la pratique religieuse ou le lien entre les dieux et les hommes ou des hommes entre eux.” (1) Durkheim en donne une définition plus précise dans “Les formes élémentaires de la vie religieuse” (1912) : “Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, cest-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent.” Et il ajoute : Sous toutes ses formes, la religion a pour objet délever lhomme au-dessus de lui-même et de lui faire vivre une vie supérieure à celle quil mènerait sil; obéissait uniquement à ses spontanéités individuelles.” Ceci permet délargir les religions aux idéologies, aux systèmes de pensée quand ils deviennent une pensée dominante (comme le furent le communisme, le fascisme et aujourd’hui l‘islamisme. Note de 2014 : Je distingue l’islamisme de l’islam. J’évite le plus possible les notions abstraites en -isme au profit du concret : communiste, fasciste et aujourd’hui islamistequi, à mes yeux, est un musulman dévoyé.

Secte (du latin sequi : “suivre”) : “groupe dindividus professant une doctrine particulière, par exemple religieuse.” (1) On entend dire quelquefois :”Une religion cest une secte qui a réussi.”

Superstition : (du latin supertitio : “pratique superflue”) Il sagit de rites superflus, religieusement inutiles. Elle comprend des pratiques idolâtres, magiques ou occultes opposées soit à la “vraie” religion soit à la raison critique (Dans ce cas les pratiques religieuses seront facilement traitées de “superstitions”).

Lindifférence religieuse et lincroyance veulent se situer en dehors de ces cadres et construire une vie librement, sur la seule raison.

(1) Les définitions proposées sont souvent inspirées ou tirées de Louis-Marie Morfaux “Vocabulaire de la philosophie et des sciences sociales” (Armand Colin 1980).

On peut partir de lidée suivante : “Ma vie na pas de sens en elle-même mais il y a du sens dans ma vie chaque tois quelle se met au service dautre chose.” (André Comte-Sponville). A partir de la on peut repérer de nombreuses distinctions.

1. les religions transcendantes : les trois monothéismes, les polythéismes : gréco-latin, égyptien, hindouiste

2. les religions immanentes : bouddhisme, taoïsme, animisme, chamanisme

3. les religions civiles ou séculières : athéisme, nazisme, communisme, droits de lhomme, république, laïcité etc

Explication : La dénomination de religions “civiles” ou “séculières” est empruntée à Eli Barnavi dans un entretien avec Régis Debray, dans l’émission de Finkielkraut (Répliques, France culture) au sujet de son livre « Les religions meurtrières » (déc 2006). Comme tout le monde construit sa vie sur quelque chose cela peut devenir une religion. On a entendu des militants communistes dire que pour eux le communisme était une religion. Les déçus du communisme ont pu reporter leur foi sur la laïcité, les droits de lhomme ou la république. On parle de religion “civile” parce quil sagit de croyances qui se donnent la “cité” comme absolu ou “séculières” parce quelles concernent le “siècle” , la vie courante par opposition à la vie religieuse. En Extrême-Orient le confucianisme est une religion civile et, en Chine, lHarmonie et le Patriotisme en sont une autre. En Russie la Patrie (Rodina) est aussi une valeur transcendante, honorée aussi bien par les communistes que par les orthodoxes. Dans les religions immanentes on peut rencontrer des divinités mais ce sont des supports de méditation pour mieux atteindre la vacuité ou des “channels “(des tunnels) qui relient lhomme à lEnergie cosmique et lEnergie cosmique à lhomme. Dans les faits, on remarque des glissements et des chevauchements. On peut recevoir une formation transcendante puis adopter une attitude religieuse civile. La conversion est donc une pratique courante qui fait partie des droits de lhomme. Lislam condamne lapostasie et la punit de la peine de mort. Cette vision profondément rétrograde est totalement disqualifiée dans la mondialisation des croyances où la tolérance est la règle. Cest pourquoi la laïcité peut devenir un absolu à condition dadmettre que les croyances, bien quappartenant au domaine privé, puissent avoir une expression publique si cette dernière reste discrète et ne gêne pas les autres. Application concrète du “Fais à autrui ce que tu veux quil te fasse” (version Michel Onfray du “Aime (et protège le bien de) ton prochain comme toi-même (tu taimes et tu protèges ton bien propre).” (Bible)

Approfondissons certaines notions. La religion prend des formes différentes selon les civilisations. Il existe des religions à visée universelle (bouddhisme, christianisme, islam) et d’autres intéressant des groupes particuliers (hindouisme, confucianisme, shintô,judaïsme),

Certaines religions professent le monothéisme ( du grec mon + théo : un seul + dieu) : elles croient en un seul Dieu personnel (judaïsme, christianisme, islam). Les religions dites polythéistes croient en un principe supérieur et décrivent les grandes forces de la nature sous forme dallégories appelées divinités (paganisme antique, hindouisme). D’autres sont indifférentes à l’idée d’un Dieu personnel ou impersonnel (bouddhisme, tao). Dautres enfin sont liées aux énergies naturelles et cosmiques (animisme, chamanisme).

3. Notions problématiques : Dieu, les renaissances. Dieu. Ce mot est dorigine latine (dies “le jour”) Il signifie Lumière, Energie primordiale. Le monothéisme croit à un Dieu personnel qui se révèle aux prophètes ; ceux-ci reçoivent ses messages dans un état d’extase, denthousiasme. (ce mot grec signifie “être possédé par un dieu”). Concrètement chaque croyant se construit une idée particulière de Dieu. Ainsi on névoque pas dans le judaïsme le “Dieu dAbraham, dIsaac et de Jacob” mais “le Dieu dAbraham, le Dieu dIsaac et le Dieu de Jacob” comme si les représentations mentales de Dieu étaient légèrement différentes chez ces trois illustres croyants. Moïse est le grand prophète du judaïsme. On lui attribue la rédaction de la Tora (ce mot signifie “loi” et désigne les cinq premiers livres de la Bible). Dieu a fait l’homme à son image et à sa ressemblance : l’homme doit être respecté comme parcelle du divin (« Tu ne tueras pas ») ; son âme est immortelle et il ressuscitera à la fin des temps. Le prochain représente une notion fondamentale. Dans le Traité des Pères, Hillel, un sage d’Israël presque contemporain de Jésus, décrit une prise de conscience indispensable dans l’éducation des enfants et des peuples. “Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Et si ce n’est que pour moi, qui suis-je ?” Et si ce n’est pas maintenant, quand ?” C’est un commentaire concret du “Aime ton prochain comme toi-même” dont il existe de multiples formulations, à commencer par celle d’Hillel s’adressant à un païen qui voulait apprendre la Loi, le temps de se tenir sur un pied : “Ce que tu détestes pour toi-même , ne le fais pas à autrui. C’est là toute la Tora. Le reste n’est que commentaire. Va et étudie.” Il faut donc développer les harmoniques de la Loi. “Fais à autrui ce que tu veux qu’il te fasse”, est le précepte fondamental pour l’athée Michel Onfray (Université populaire de Caen, France-Culture 11/08/2006). Il rejoint, sans vouloir le reconnaître, le “Aime (et protège le bien de) ton prochain comme toi-même (tu t’aimes et tu protèges ton bien propre).”

Jésus (mot hébreu qui signifie “salut, sauveur”) est le fondateur du christianisme. Fils de Dieu (expression qui signifie “inspiré par Dieu”), il est qualifié de Christ (oint, qui a reçu lonction royale). Il propose aux chrétiens de suivre son exemple.

Mahomet est le grand prophète de lislam. Le Coran (ce mot signifie “lecture”) lui aurait été dicté par lange Gabriel. que pour Le Coran reprend beaucoup de passages bibliques tant hébreux que chrétiens, venus de la tradition juive et des Évangiles aprocryphes. Mais il ne reprend pas lamour du prochain qui inclut les ennemis. Lislam formule six reproches aux juifs et aux chrétiens :

1. La Loi du Christ est trop dure, inapplicable parce quelle demande daimer ses ennemis 2. … parce quelle demande de rechercher la pauvreté 3. … parce quelle recommande la chasteté et la continence. 4. Juifs et chrétiens sont infidèles à un message trop élevé pour lhomme. 5. Ils ont manipulé les textes. Cest vrai que dans le désert de nombreuses traditions se mêlaient. Dans son excellente traduction du Coran (Folio, Gallimard, deux tomes) Denise Masson pointe dans des notes très abondantes les multiples emprunts du Coran aux deux traditions qui lont précédées. 6. Juifs et chrétiens nont pas voulu inclure Mahomet au nombre des prophètes bien quil en fût un. Cest vrai. Mahomet était à la fois un homme de guerre et un mystique.

Noter que la bonne manière pour lire le Coran est de commencer … par la fin ! Lire dabord les sourates les plus courtes (elles sont rangées par ordre de longueur selon un usage persan). Un arbre se juge à ses fruits. Pascal Bruckner dans “La tyrannie de la pénitence. Essai sur le masochisme occidental” (Grasset, 262 p, 2006, 16,90 ) écrit ceci : Le jour où les plus hautes autorités de lislam reconnaîtront le caractère conquérant et agressif de leur foi, demanderont pardon pour les guerres saintes commises au nom du Coran, les infamies perpétrées à légard des infidèles, des apostats, des mécréants et des femmes, sexcuseront pour les attentats terroristes qui profanent le nom de Dieu, sera un jour de progrès et contribuera à dissiper la suspicion légitime de nombreux peuples vis-à-vis de ce monothéisme sacrificiel”. Les musulmans modérés et les mystiques soufis en sont parfaitement conscients. J’ose ajouter qu’un islamiste est un musulman temporairement dévoyé à condition de savoir lui parler.

Réincarnation. LEgypte ancienne, Pythagore, Socrate, Platon ont cru à la réincarnation notamment sous la forme de réminiscences, de souvenirs dantériorités. Les sagesses orientales, suivies par les deux tiers de lhumanité, vivent encore sur cette idée. Le bouddhisme tibétain a popularisé les lamas tulkus (réincarnés) Et 21 % des Français y croiraient sous des formes diverses. Les chrétiens estiment que la réincarnation est incompatible avec la résurrection. La réincarnation est peut-être une manière imagée de rendre compte des ressemblances dûes au code génétique ou à la psychogénéalogie. Les réactions de notre personnalité viennent de traces psychologiques très lointaines qui constituent un karma” (loi de cause à effet). Les connaître permet den tirer le meilleur parti pour accomplir la mission, la vocation, qui nous été attribuée en cette vie présente.

La méditation et le yoga vont permettre, autant que possible, de faire taire lego afin de jouer le mieux possible notre rôle, comme le ferait un bon acteur. Il sagit dêtre le plus possible en harmonie avec lEnergie dont nous sommes une parcelle et en qui nous devons nous fondre, une fois la mission totalement accomplie.

Toutes les religions recommandent lamour du prochain. Pourtant on massacre beaucoup au nom de Dieu et de sa Vérité. Cela sexplique par des frustrations politiques ou identitaires. Les fanatiques religieux ont le sentiment de nexister quen sopposant et en convertissant de force leurs adversaires.

5. Lincroyance occidentale et orientale L’incroyance est très ancienne et très répandue. Elle a derrière elle une longue tradition philosophique : épicurisme, stoïcisme, scepticisme, cynisme Spinoza, Hegel, Marx… Elle présente des formes diverses et souvent originales : « Nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels », « Dieu c’est-à-dire la Nature » (Spinoza). Parmi les sagesses orientales le bouddhisme, le zen et le tao n’exigent pas la croyance en une divinité et comprennent bien lincroyance occidentale.. Ce nest pas le cas des croyants occidentaux qui font leur ce lieu commun : « …les hommes sont moins bons que vous ne le pensez : 29 % des Français déclarent ne pas croire en Dieu .” (Jacques Martin dans « Dimanche Martin » nov 1991). Au XIX ̄s Dostoïevski s’écriait déjà « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis « . Non, tout nest pas permis pour lincroyant. Comment construit-il sa morale ?

Diderot (XVIII°s) : 1. Faire le bien est agréable, 2. Nous sommes éduqués en ce sens, 3. Des lois punissent les coupables (« Confession de Crudeli » ).

Camus (XX°s): 1. Le bonheur passe avant l’héroïsme, 2. Mais il y a de la honte à être heureux seul (« La Peste »). C’est ainsi que l’homme soliTaire devient soliDaire.

Et voici quelques réponses antiques :

Épicure. Chercher les plaisirs à condition qu’ils ne mènent pas à la douleur. Le quadruple remède (tetrapharmakon ) : Il n’y a rien à craindre des dieux, rien à craindre de la mort, on peut supporter la douleur, on peut atteindre le bonheur. La mort ? Avant on la connaît pas, après on ne la connaît plus. « Carpe diem »: saisis-toi le jour pour (en profiter pleinement). « Je conçois qu’il faille éviter les plaisirs qui entraînent de grandes douleurs et convoiter les douleurs qui débouchent sur de plus grands plaisirs  » (Montaigne, XVI°s).

Stoïcisme. « Distinguer les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous  » (Epictète). « Si un élément externe vous fait souffrir, votre douleur n’est pas causée par cet élément comme tel, mais par votre propre jugement de cet élément ; et vous avez le pouvoir d’annuler celui-ci à tout moment. » (Marc- Aurèle) “Ce nest pas parce quelles sont difficiles que les choses nous font peur ; cest parce que nous en avons peur quelles nous semblent difficiles.” (Sénèque)

Sceptiques. Nos opinions, nos croyances, nos convictions sont incertaines car nos sens et notre mental nous trompent

constamment. Cyniques (du grec = chiens). Diogène vivait comme un chien : il avait appris à se passer de tout et navait donc de compte à rendre à personne.

Le Bouddhisme affirme quatre Nobles Vérités: 1. la souffrance existe, 2. elle a un début, 3. elle a une fin, 4. il existe une voie pour la faire cesser (cest l’octuple sentier : la justesse dans la compréhension, la pensée, la parole, laction, les moyens d’existence, leffort, lattention , la concentration). Trois Poisons créent la souffrance : lavidité, la haine et linattention. Le bouddhisme connaît beaucoup de variantes : bouddhisme tibétain (Vajrayana) le bouddhisme chinois (Chan) et bouddhisme japonais (zen qui vient du chan). On a du mal à comprendre en Occident que le bouddhisme refuse la notion de Dieu mais pas celles de déités. Ce sont des représentations mentales dénergie, des allégories consolantes, dont la plus célèbre dans toute lAsie est Kuan Yin, déité de la compassion, léquivalent de la Vierge Marie dans le catholicisme.

Le Tao. La voie (tao) c’est vivre en harmonie avec l’énergie cosmique à laquelle nous appartenons : “Il faut tout un univers pour quun homme puisse marcher ”. Le Tao joue un rôle fondamental en Chine où sa notion dHarmonie dans léquilibre Yin / Yang inspire la médecine (acupuncture), lart, la vie sociale et politique.

6. Coexistence des croyants et des incroyants

Dans le Talmud (commentaire juif de la Bible) on trouve un passage très curieux. Après le Déluge Dieu aurait donné à Noé et ses fils, donc à l’humanité toute entière, les Lois noachiques (de lhébreu Noah = Noé). Les voici : 1.Faire des tribunaux 2. Ne pas insulter Dieu 3. Interdire les idoles 4. Ne pas tuer 5. Ne pas voler 6. Interdire l’inceste 7. Ne pas dépecer un animal vivant.

Lincroyance est admise à condition de ne pas adorer des idoles (2° et 3° lois). La prohibition de linceste est une loi fondamentale de lhumanité (6° loi). La vivisection, les mutilations corporelles et la torture sont interdites sur tous les êtres vivants , lhomme y est implicitement inclus (7° loi). Le refus de lidôlatrie est fondamental : ce sont toutes les valeurs qui prennent la place de la transcendance divine : pouvoir, consommation, sexe. Plus tard Dieu aurait proposé à tous les hommes dajouter aux Lois noachiques les Dix commandements (ou Décalogue) mais seuls les Hébreux les auraient acceptés au Sinaï par lintermédiaire de Moïse. Plusieurs innovations : croyance obligatoire en Dieu, première loi “sociale” (le repos hebdomadaire pour louerr Dieu), respect des parents, interdiction de ladultère.

La cexistence des croyants et des incroyants est possible, souhaitable, indispensable dans le respect absolu du contrat social fondamental, tel que le définit, comme on la déjà vu le philosophe athée Michel Onfray, : “Fais à autrui ce que tu veux quil te fasse”. C’est la règle d’or commune à tous les hommes. La refuser, comme le font les islamistes, c’est se mettre hors humanité. Les conséquences en sont terribles.

7. Lien avec Retorica. Ce fichier propose des définitions et l’essentiel de la rhétorique repose sur les définitions. « Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde. » (Camus et la sagesse chinoise). « La plupart de nos querelles sont langagières » dit aussi Montaigne.

Roger et Alii

Retorica

(21.000 caractères)

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