22 POE Ronsard – Mignonne – étude 40 mots > 200 mots – 2014 – 03

Les six premiers vers (36 mots) de ce poème célèbre donnent lieu à un commentaire en 200 mots. L’exercice n’a rien d’évident.

Pierre de Ronsard   (1524-1585) Mignonne allons voir… (1545)

Amours de Cassandre (1552)

A Cassandre

 

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au Soleil,

A point perdu ceste vêprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

(…)

(36 mots avec le titre)

 

Pierre S. à Pierre A. Comme vous l’avez remarqué vous-même, vous n’aviez pas vraiment compris la consigne. J’avoue qu’elle a de quoi effrayer et moi-même avant d’entamer le travail je me demandais comment j’allais m’en sortir. Mais comme le champ opératoire était réduit à 36 mots j’ai pu y arriver en prêtant beaucoup d’attention aux mots, à leurs sens et aux liens qu’ils entretiennent entre eux.

 

Commentaire de Pierre S.

 

Connaissant la fin du poème, nous devinons la tentative de séduction d’un amoureux sûr de lui, désinvolte, : “Mignonne”. L’ordre (“allons”) est faussement amical. La promenade du “matin” est au plus-que-parfait, temps du passé : “avait déclose”. Elle prépare celle du soir au passé composé, temps du présent “a point perdu cette vesprée”. Au XVI°s les roses ne tenaient qu’une journée.

C’est une chanson, écrite en octosyllabes avec une construction aabccd (deux rimes plates puis quatre rimes croisées).

L’assimilation de la rose avec la jeune fille commence avec le mot “robe”. Les “plis” de la rose rappellent les plis de la robe de Cassandre. La répétition “robe de pourpre” / “robe pourprée” est une négligence mais en accord avec la nonchalance apparente de Ronsard.

Allons vérifier… est une interrogation indirecte faussement naïve. Elle est dite par le biais de “a point perdu… les plis” mais surtout par le mot “teint”.

L’assimilation est complète : ce matin Cassandre et la rose avaient le même teint frais. On disait depuis le XIII°s “être frais comme une rose” pour “avoir un teint éblouissant”. Ronsard utilise habilement le dicton populaire.

Il veut créer un sentiment de peur chez Cassandre pour la rendre moins farouche.

 

Pierre S. 209 mots, 2.30 h (d’abord 250 mots en 2 heures mais il fallait revoir le style pour abréger le texte, d’où une bonne demi-heure en plus et au total trois brouillons).

 

Roger et Alii – Retorica – 390 mots – 2 300 caractères – 2017-06-29

 

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