22 POE Verlaine – Mon rêve familier – étude 40 mots > 200 mots 2015-06     

Pierre A et Pierre S. étudient la première strophe (44 mots) du sonnet de Verlaine « Mon rêve familier ».

Verlaine (1844 – 1896) Poèmes saturniens (1866) Mon rêve familier

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. (44 mots)

 

Car elle me comprend, et mon coeur transparent

Pour elle seule, hélas! cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l’ignore.

Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,

Comme ceux des aimés que la vie exila.

 

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

 

 

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Auxilia – Pierre A. 21 mai 2015

En quelques mots l’auteur dévoile son intimité et se confie au lecteur. Verlaine nous parle de lui « Je fais souvent » et d’un être aimé : « d’une femme inconnue ».

Ce rêve est-il réalité ? rêverie ? ou fantasme puisqu’il revient régulièrement. Cet amour est souhaité ardemment et il est en perpétuel renouvellement : « pas tout à fait la même ».

Cette femme est comme une apparition divine et elle ressentie comme le grand amour de sa vie. Représente-t-elle sa femme, sa maîtresse, sa mère… ? Peut-être un peu toutes ces femmes sous des traits différents puisque « inconnue » et changeante : « ni tout à fait la même / Ni tout à fait une autre… »

Seule certitude, leur amour est réciproque : « et que j’aime et qui m’aime »

C’est l’amour avec un grand A ! l’Amour parfait qui lie sentiment et compréhension entre deux êtres : « qui m’aime et me comprend ». Cette affirmation démontre que l’auteur est en quête d’idéal féminin.

Ce rêve « étrange et pénétrant » qu’il fait souvent a une notion de souvenir puisqu’il est répétitif, régulier, presque à souhait.

Au fil des affirmations dans ce poème on découvre l’interrogation de l’auteur. Ce rêve est un cri d’inquiétude et d’espérance.

Il est vrai que Paul Verlaine avait 22 ans quand il l’écrivit et il n’était qu’au début de son art et de sa vie d’homme.

(232 mots, 4 heures)

 

Auxilia – Pierre Sanglier 14 juin 2015

J’ai pris évidemment appui sur votre étude 40>200 mots pour rédiger la mienne. Cette dernière serre davantage le texte, ce qui est le but de l’exercice.

Ce texte est le premier quatrain d’un sonnet consacré à un rêve obsédant venu peut-être des « voix chères qui se sont tues. » (v. 14). Il est écrit en alexandrins avec des rimes croisées (abba). C’est la recherche d’un mystère dont la solution est dans le passé alors que le jeune Verlaine (22 ans alors) se projette dans l’avenir.

Ce mystère est traduit par des couples de mots unis par « et » : étrange et pénétrant », « et que j’aime, et qui m’aime »,  « et qui n’est.. » « et m’aime et me comprend ». Y ajouter les sonorités en /AN/ du premier vers « souvENt », étrANge », « pénétrANt » : d’où une musicalité étrange qu’on retrouve dans « et me comprENd »

Le narrateur s’enfonce dans une progression paradoxale consacrée à cette « femme inconnue ». Cet amour est réciproque « et que j’aime et qui m’aime » mais cette réciprocité est plus parallèle que fusionnelle.

D’autant que le rêve change constamment (« chaque fois »). L’hésitation est marqué par le rejet très fort de l’expression parallèle et contradictoire (« ni tout à fait la même / Ni tout à fait une autre »).

Mais l’essentiel est ailleurs : « qui m’aime et me comprend. » Seule cette femme imaginaire rompt une solitude affective.

(Pierre S. 221 mots, 3 heures en plus)

 

Roger et Alii – Retorica – 670 mots – 3 700 caractères – 2017-06-29

 

 

 

 

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