23 POL Anarchie – Insurrection – Maintenant – 2012 – 2017

 

 

Boule de neige, limitée à huit liens  :

 

05 ECO Crises – catastrophes – 2009

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05 ECO crise – France – propositions – 2012-03

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05 ECO Productivités- croissances – 2012

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09 FRA revenu universel – ubérisation- 2016-04

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13 HIS Barbaresques – Turquie 2016-08

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23 POL Complots – conspirations – conjurations- 2015-04

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23 POL Illuminati – Bilderberg – 2015-07

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33 VIO Haine dissolution 2011 – 11

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« Comité invisible. L’insurrection qui vient » (2012-10) attribué alors à Julien Coupat a été complété en 2017-04 par « Maintenant » nettement plus assagi. Voici un large panorama du problème. Roger 2017-04-23

 

(1) “Le Mouvement situationniste. Une histoire intellectuelle” (Ed L’Echappée, 2012) de Patrick Marcolini. Le mouvement comporta seulement 70 membres en 15 ans d’existence.  Tout commence avec le lettrisme d’Isidore Isou, poésie faite de lettres et d’onomatopées. Dans son film “Traité de bave et d’éternité” Isous dissocie “la bande-son de la bande-image”. Les situationnistes ont des liens avec les peintres du groupe Cobra. Pour eux l’art moderne s’est transformé en système stérile.  Ils créent des “situations” inédites et provocantes. Deux jeunes gens, déguisés en prêtres, montent en chaire à Notre-Dame pour prononcer un sermon sur la mort de Dieu. Cornelius Castoriadis ou Henri Lefèvre influencent discrètement  le mouvement qui dénonce le communisme. En mai 68 les idées situationnistes jouent un rôle moteur mais René Viénet dénonce l’horreur maoïste.  Singeant les procès politiques, Debord choisit de “tirer au sort” les exclus et dissout l’Internationale situationniste en 1972. Dans le monde anglo-saxon le situationnisme prépare le mouvement punk.  Il se poursuit dans la revue « Tiqqun » de Julien Coupat.

(d’après Benoît Duteurtre Marianne 2012_05_25)

 

(2) “Comité invisible L’insurrection qui vient” (Editions La Fabrique, 125 pages, 2007) Extraits :

p.7 “(…) Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. A ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui.” (…)

  1. 21 “ (…) La France est un produit de son école, et non l’inverse. Nous vivons dans un pays excessivement scolaire, où l’on se souvient du passage du bac  comme d’un moment marquant de la vie. Où des retraités vous parlent encore de leur échec, quarante ans plus tôt, à tel ou tel examen, et combien cela a grevé toute leur carrière, toute leur vie. L’école de la République a formé depuis un siècle un type de subjectivités étatisées, reconnaissables entre toutes. Des gens qui acceptent la sélection et la compétition à condition que les chances soient égales. Qui attendent de la vie que chacun y soit récompensé comme dans un concours, selon son mérite. Qui demandent toujours la permission avant de prendre. Qui respectent muettement la culture, les règlements et les premiers de la classe. Même leur attachement à leurs grands intellectuels critiques et leur rejet du capitalisme sont empreints de cet amour de l’école. C’est cette construction étatique des subjectivités qui s’effondre chaque jour un peu plus avec la décadence  de l’institution scolaire.» (…)
  2. 22. « Le seul nom de Jules Ferry, ministre de Thiers durant l’écrasement de la Commune et théoricien de la colonisation, devrait pourtant suffire à nous rendre suspecte cette institution. » (…) L’école de Jules Ferry n’est pas l’école de la liberté ; c’est l’école de la soumission. Les gamins qui incendient leur groupe scolaire font simplement ce que nous avons souhaité faire, enfants. L’autorité, la famille, le couple sont en débâcle.
  3. 89 – 90 « (…)  La commune, c’est ce qui se passe quand des êtres se trouvent, s’entendent et décident de cheminer ensemble. La commune, c’est peut-être  ce qui se décide au moment où il serait d’usage de se séparer. C’est la joie de la rencontre qui survit à son étouffement de rigueur. C’est ce qui fait qu’on se dit « nous » et que c’est un événement. Ce qui est étrange n’est pas que des êtres qui s’accordent forment une commune, mais qu’ils restent séparés. Pourquoi les communes ne se multiplieraient pas à l’infini ? Dans chaque usine, dans chaque rue, dans chaque village, dans chaque école. Enfin le règne des comités de base ! Mais des communes qui accepteraient d’être ce qu’elles sont là où elles sont. Et si possible, une multiplicité de communes qui se substitueraient aux institution de la société : la famille, l’école, le syndicat, le club sportif, etc. »
  4. 92 « S’organiser pour ne plus devoir travailler »
  5. 102. « Fuir la visibilité. Tourner l’anonymat en position offensive. »
  6. 103. « Organiser l’autodéfense »
  7. 107 « La commune est l’unité élémentaire de la réalité partisane. Une montée insurrectionnelle n’est peut-être rien d’autre qu’une multiplication de communes, leur liaison et leur articulation. Selon le cours des évènements, les communes se fondent dans des entités de plus grande envergure, ou bien encore se fractionnent. Entre une bande de frères et de sœurs liés « à la vie à la mort » et la réunion d’une multiplicité de groupes, de comités, de bandes pour organiser l’approvisionnement et l’autodéfense d’un quartier, voire d’une région en soulèvement, il n’y a qu’une différence d’échelle, elles sont indistinctement des communes.

Toute commune ne peut que tendre vers l’auto – subsistance et éprouver en son sein l’argent comme une chose dérisoire et, pour tout dire, déplacée.» …

  1. 111 »Saboter toute instance de représentation. Généraliser la palabre. Abolir les assemblées générales. » …
  2. 116 « Libérer le territoire de l’occupation policière. Eviter autant que possible l’affrontement direct. » « Harceler la police, c’est faire qu’étant partout, elle ne soit nulle part efficace . »
  3. 119 . « Un authentique pacifisme ne peut pas être refus des armes, seulement de leur usage. Etre pacifiste sans pouvoir faire feu n’est que la théorisation d’une impuissance. »

 

(3) Les autonomes forment la nébuleuse “toto”. Divisés en îlots, ils refusent toutes les étiquettes. Certains prônent l’insurrection, d’autres un messianisme social. Ils n’existent pas mais sont là tantôt casseurs, tantôt simplement autonomes. Ils sont généralement jeunes ; ils étaient lycéens en 2006 au moment du mouvement contre le CPE (contrat première embauche). Les années Sarkozy les ont radicalisés. Plus âgés, ils comptent dans leurs rangs des intellectuels brillants, tel Julien Coupat. D’où une recherche sur les concepts, propre à des philosophes qui ont suivi Erasmus. Le père d’un de ces militants observe : “La rhétorique est très importante. Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente. Et puis ils votent.” Etre “autonomes” ce n’est pas avoir un emploi et un appartement. C’est vivre sans se lier à un patron ou à un propriétaire. Un universitaire observe : “Ils cherchent d’abord à devenir autonomes par rapport à l’Etat et au capitalisme (…) Ils veulent construire le communisme et l’anarchie ici et maintenant.”

(d’après Isabelle Mandraud et Caroline Monnot, Monde, 2009_11_06).

 

(4) “Les “black blocks” italiens sont très entraînés. 500 casseurs se sont préparés pendant un an pour s’inviter au cortège des “indignés” à Rome le samedi 15 octobre 2011. Fils de bonne famille, précaires, étudiants, quinquagénaires… se sont entraînés en Grèce ou ailleurs. Ils se sont organisés pour l’occasion en deux “phalanges” divisées elles-mêmes en sections de 12 hommes. Chacun a sa spécialité : cockails Molotov, récupération de pavés… Sur le Web ils se sont félicités de leur action et promis de faire mieux la prochaine fois.

(d’après Ariel F. Dumont, Marianne, 2011_10_22).

Elsa Marpeau “Black blocs” (Gallimard Série Noire) Ce polar s’ouvre sur l’assassinat d’un jeune professeur de sociologie. La fille qui l’aimait entame son enquête chez les “totos” et chez les flics.  La narration en cercles concentriques  va vers la lente et inexorable autodestruction d’un idéal gangrené par le pouvoir. Trahisons, retournements, abandons, chacun-pour-soi marquent cet univers. C’est aussi l’histoire d’un flic parano qui veut mettre la main sur “Le livre noir”, sorte de tome 2 de “L’insurrection qu vient”. “Faut tout faire péter” dit un personnage du roman.

(d’après D.H Canard 2012_02_22)

 

(5) Julien Coupat. Deux approches sur Julien Coupat sont possibles : une judiciaire et policière et une autre politique et idéologique. Il a été emprisonné six mois, sans raison évidente. Il s’est expliqué clairement dans le Monde. Son idéologie est primaire, réductrice, conspirationniste. Il se veut révolutionnaire, se défend personnellement de toute violence. Il en rend responsable uniquement l’Etat. Il relativise en permanence la transgression terroriste.

(d’après Alain Duhamel, Libération, 2009_06_04)

“Contributions à la guerre en cours” par Tiqqun (200 pages, La Fabrique 2009). Présentés par Eric Hazan, éditeur de La Fabrique et Giorgio Agamben, ces trois textes datent de 2001. Le collectif revendique l’anonymat et se réclame du dernier Foucault, de Carl Schmitt ou Pierre Clastres. Julien Coupat, 34 ans, était l’un des animateurs de “Tiqqun”. Agamben rappelle le mot d’un jeune communiste lors de la guerre d’Espagne : “Je n’ai jamais été un terroriste. Mais ce que vous croyez qu’un terroriste est, je le suis.” Dans ces textes on lit : “Il suffit de si peu de choses pour être identifié par les citoyens anémiés de l’Empire comme un suspect, un individu à risque. (…) Dans la guerre présente, un rôle nous est réservé. Celui de “martyrs de l’ordre démokratique”, qui frappe préventivement tout corps qui pourrait frapper.” Dans “Minority Report”, film de Spielberg, la police intervient sur les crimes avant même que leurs auteurs ne songent à les commettre. Le groupe Tiqqun, réactivé après le 11 septembre 2001, pratique un énorme  travail intellectuel. Coupat avait arrêté ses études en 1997, après un DEA sur Debord. Ils injurient Jean-Luc Nancy, bombent devant le domicile d’Alain Badiou : “Badiou platonisme pour branchés”. Ils revendiquent tous les “actes étranges”  de la planète, symptômes d’un même ravage. En hébreu tiqqun signifie “réparation”. Les “actes étranges” viennent de Sabbataï Tsevi, faux messie juif du XVII° s mais rien de plus. Le fantasme messianique d’une apocalypse imminente traverse la revue.

(d’après Aude Lancelin, Nouvel Obs, 2009_05_28)

 

(6) Esprit brillant, Julien Coupat lit tout dans la langue de l’auteur : chinois, anglais, allemand, italien, portugais, grec, latin, hébreu qu’il va apprendre en Israël. Esprit brillant mais” très arrogant , assez imbuvable”, dit de lui une étudiante qui l’a rencontré. Il voit dans la communauté rurale de l’Aveyron qu’il fréquente la possibilité de mettre en pratique ses théories politiques.

(d’après Gaël Cogné, Libération 2009_05_29).

C’est un post-situationniste plus qu’un ultra-gauchiste. Il a été influencé par Guy Debord auquel il a consacré son DEA. Sa pensée est suffisamment novatrice pour avoir été citée par les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello dans “Le nouvel esprit du capitalisme”. Michel Foucault  est aussi un inspirateur  quand Tiqqun décrit les sociétés modernes comme “enchevêtrement de normes et de dispositifs par lesquels on tient ensemble les lambeaux épars du tissu biopolitique mondial.”  Enfin Giorgio Agamben est le troisième penseur important du groupe.  Spécialiste de Heidegger, il n’y va pas de main morte (“le camp de concentration comme paradigme de l’Occident”). Ce qu’il cherche, dit son traducteur, “c’est comment sortir des dispositifs qui assujettissent l’individu.

(d’après Eric Aeschimann, Libération, 2009_05_29).

Contribution à la guerre en cours (2009) se situe dans la filiation du dernier Foucault. En 1983, celui-ci dénonçait la propension de la gauche à se figurer l’histoire comme un simple conflit entre l’individu opprimé et l’Etat oppresseur. Il voyait le pouvoir comme un ensemble de dispositifs sociaux (police etc) dont chaque individu est constitué et à l’intérieur duquel il va se former comme sujet. Pour Giorgeo Agamben qui présente les textes “Tiqqun va encore plus loin : pour eux il n’y a plus de différence entre le pouvoir et le sujet. Il n’y a plus de sujet, il n’y a plus de théorie du sujet, mais seulement des “dispositifs””. Tiqqun nomme “Empire” ce pouvoir qui est partout et qui n’a plus de centre. Ce n’est pas l’Empire de Toni Negri, d’ailleurs vertement critiqué au passage. Cet Empire repose, pour Tiqqun, sur le Biopouvoir (de Foucault) et le Spectacle (de Debord)  “L’ennemi de l’Empire est intérieur (…) C’est tout ce qui pourrait arriver, et qui mettrait à mal le maillagedes normes et des dispositifs. L’ennemi est donc partout présent, sous la forme du risque.” L’autoroute est un bon exemple de “dispositif”: “Là, le maximum de circulation coïncide avec le maximum de contrôle (…) Tout a été soigneusement paramétré pour que rien ne se passe.”

Aujourd’hui chacun est sommé d’avoir une identité : grand, blanc, fou, riche (les “prédicats” de la philosophie) et doit se comporter en homme, en employé, en chômeur, en mère. Il s’agit d’être infidèle à cette identité, de “faire la grève humaine”, de refuser “le rôle de la victime”, de se réapproprier la violence, de “laisser être la béance entre le sujet et ses prédicats.

voir www.bloom0101.org

(d’après Eric Aeschimann, Libération, 2009_04_22)

 

(7) Une blague du groupe de Tarnac : “Le terrorisme, il y a plus de gens qui en vivent que de gens qui en meurent.

Le problème de Duquesne dans son enquête “Tarnac, magasin général” : “Comment convaincre quelqu’un de vous faire confiance quand il a beaucoup à perdre.”

(cité par David Duquesne, in “Tarnac, magasin général” 2012, et Ariane Chemin, le Monde 2012_03_02)

 

(8) “Le grand soir” film de Benoît Delépine et Gustave Kervern raconte la révolte de deux frères, l’un est déjà punk (Benoît Poelvoorde) et l’autre le devient (Albert Dupontel), punk prolo, à chien, à bière, SDF, rebelle sans cause… Le frère vend de la literie dans un grand magasin, est licencié, s’arrose d’essence et loupe son suicide dans l’indifférence générale. (d’après Jacques Morice, Télérama, 2012_06_06)

Benoît Poelvoorde déclare : “… je n’ai aucune revendication et je suis assez fataliste. (…) “Terrible ! Ce type qui s’immole dans un supermarché sans que personne ne réagisse, et qui n’est sauvé que par le système d’alerte incendie qui envoie de la flotte… C’est uniquement parce que le monde de la consommation est protégé qu’il ne meurt pas!” (…) “Le film est inspiré du roman de Régis Jauffret, “Sévère”, qui était basé sur l’affaire du banquier Edouard Stern. J’adore Jauffret et j’adore ce livre, mais le tournage s’est très mal passé. Une ambiance pourrie, j’ai rarement vu ça. (…) C’était peut-être le sujet qui était hard. Pour moi, jouer ce mec dominant dominé, sado-maso, c’était difficile” (…) [sur le bien et le mal, il évoque les dégâts de son éducation catholique] “On a l’impression qu’on ne mérite jamais rien. Et on ne peut jamais se plaindre parce qu’il y a toujours quelqu’un dont la situation est pire.” (…) “Je suis resté croyant, à ma façon, bien sûr. Un vrai petit catho mais qui ne pratique plus.”

 

(9) Casimir (2012-10-19) : encore une erreur terminologique sur le mot sujet subject =  jeté dessous //  les sujets de Louis XIV ne sauraient diriger leur vie !  Roger (2012-10-19) Je n’y suis pour rien. Je ne fais que citer

 

(10) « Maintenant… » (2017) L’affaire Tarnac (Corrèze, 2008) est bien loin. Elle a sombré dans le ridicule pour des services de renseignements avides de coups tordus. Le Comité invisible a publié « Premières mesures révolutionnaires » (2013, la Fabrique) puis « A nos amis » (2014) et enfin la préface (2017) de « Maintenant, il faut des armes », recueil de textes du révolutionnaire Auguste Blanqui (2006). Y ajouter le site ami « lundimatin | #100 https://lundi.am/ De toutes parts, le même vide politique. Chaque candidat tente de reprendre à son compte les idées de son adversaire, joue la surenchère, hurle plus fort … »

Les auteurs du Comité invisible jouent à cache-cache mais le tout est cohérent dans la mise en place d’un communisme utopique, originel, peu porté sur la technique, fondé sur la non-volonté de pouvoir, le refus de l’argent, l’éloge de l’amitié et de l’amour. L’un de ces militants écrit : « Avec un peu de chance, on sera la petite oasis au milieu de ce désert de merde… c’était compliqué de trouver le ton juste dans une période aussi catastrophique. » Personne ne croit plus au langage devenu « bavardage mondial ». Ces militants ont vieilli, ont fait des enfants. Ils participent aux discussions verbeuses de « Nuit debout » mais les moments de fraternité l’emportent sur une prise de pouvoir de plus en plus aléatoire. La fin de l’Etat ? dans une société fragmentée, le capitalisme a eu la même idée, qu’eux, les youtubeurs… Les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) prétendent « mettre en lien le monde entier » mais sans contact réel. Ils travaillent à l’isolement réel de chacun. « Contre cela, il y a à sortir de chez soi, aller à la rencontre, prendre la route, travailler à la liaison conflictuelle, prudente ou heureuse, entre les bouts du monde. Il y a à s’organiser. S’organiser véritablement n’a jamais été autre chose que s’aimer. » (préface de « Maintenant… ») Refuser l’argent, le revenu universel, sortir lucidement de l’économie  : « Chaque amour est anéanti d’avance par l’ensemble des autres personnes avec qui l’on pourrait aussi bien être. Chaque amour est anéanti d’avance par l’ensemble des amours possibles. D’où impossibilité d’être là, inaptitude d’être avec. D’où malheur universel. Torture des possibles. (…). Il faut pourtant appeler à « l’expérience de l’amour » car « aimer, ce n’est jamais être ensemble mais devenir ensemble. » Là serait le vrai communisme.

(d’après Quentin Girard, Libération, 20 avril 2017)

(11) Roger (2017-04-23) : Au moment où Daesh prétend détruire la civilisation occidentale, il faudrait bien que le Comité invisible dise ce qu’il pense de ce projet. Apparemment il n’en dit rien, le laisse hors de son champ d’investigation. Sans le dire et peut-être sans vouloir le savoir le Comité rejoint le camp de « la soumission » que dénonce sourdement Houellebecq. A suivre.

Roger et Alii – Retorica – 2 880 mots – 17 900 caractères – 2017-04-23

 

 

 

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