23 POL dette médias banques 2012 – 03

Tous les problèmes sont liés : je passe de la dette, aux médias puis aux banques, donc de la politique, à l’information et à l’économie. Cela donne un peu le tournis. J’en conviens. Ma seule excuse : je cherche… comme vous ! En fait les médias sont aux mains des puissances financières. Elles y injectent les informations qu’elles choisissent. Roger

1. A propos de 23 POL dette publique nos remarques 2012_02 Jean-Marie écrit (2012_03_07) : Diantre, inquiétant cette dette que nos politiques minimisent.Je la savais élevée des 1700 milliards indiqués mais ignorais les à côtés. Les banques confirment qu’elles sont les grandes gagnantes, on ne prête qu’aux riches… L’avenir s’assombrit… Roger : L’avenir s’assombrit-il ? Oui et non. Ces choses existaient et nous ne le savions pas. Maintenant nous le savons. L’information se diffuse lentement mais elle se diffuse grâce à de multiples relais. Je pense au livre de Serge Halimi « Les nouveaux chiens de garde » et au film qui en a été tiré. Dans la présentation papier et sur le site

http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/ on trouve la carte du PPA (« parti de la presse et de l’argent »). C’est tout le réseau impressionnant des médias français. Médias ne signifie pas forcément journalistes. D’après une information venue de la droite, 85 % des journalistes seraient de gauche ou d’extrême-gauche. Ceci me semble vrai si on s’en tient au seul domaine des choix pro-palestiniens. Leurs rédacteurs en chef et les vrais patrons de presse (marchands d’armes notamment qui vivent des commandes de l’Etat) sont très sensibles à l’air du temps. Quand il est favorable à Sarkozy, ils vont vers Sarkozy puis vers Hollande quand le vent tourne. En appliquant toujours le fameux principe : « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

Nous avons du mal à comprendre les mécanismes de l’économie parce que beaucoup d’économistes sont rétribués par les banques et diffusent leur doxa. C’est ce qu’a pu établir avec beaucoup de difficultés Bertrand Rothé dans Marianne (2011_10_15). Je résume. En août 2011 10 articles du Monde traitent de la crise à l’aide de 22 experts ; 16 d’entre eux sont liés aux institutions financières, soit plus de 3 sur 4. Même remarque pour les autres médias. Je cite : « Les banques prennent comme consultants dans l’audiovisuel des professeurs d’Ulm, Sciences-Po, Paris- Dauphine et Polytechnique. (…) Triste constat : les banques sont les premiers employeurs d’économistes dont les débouchés sont très réduits. » Romain Rancière, en liaison avec d’autres économistes de l’Ecole d’économie de Paris, demande une charte de déontologie pour les économistes. Il dit : « … nous devons rompre avec cette règle implicite qui permettait aux professeurs de considérer leurs activités hors les murs de l’université comme relevant du domaine privé. S’ils choisissent d’avoir des activités de conseil, ils devront l’indiquer dans leur CV comme dans les différentes publications académiques. » Il s’agit de mettre au jour les conflits d’intérêts comme dans d’autres domaines comme les laboratoires pharmaceutiques.

Autre action encourageante, celle des indignés du PAF

: http://lesindignesdupaf.org/actions/on-refait-le-20heures/ « Suite à des graves dérives constatées récemment dans le traitement de

l’information sur plusieurs médias, les Indignés du PAF sont partis à la rencontre de ceux qui font ou analysent l’information en France pour comprendre comment en améliorer la qualité. Les dérives ont été constatées dans la fabrication (dès le tournage), dans le traitement (montage, insertions) ou dans la présentation.Comment améliorer les conditions de fabrication de linformation ?

3 points fondamentaux ressortent des entretiens qui seront le fil conducteur des tables rondes. Définir ou redéfinir…

1. au niveau des principes : les notions de journalisme, d’information et de métier des journalistes, en mettant en avant le principe oublié de bien commun;

2. au niveau des structures : spécificité des entreprises dans leurs financements et leurs missions, statut des rédactions, organisme de régulation, cas particulier de l’AFP;

3. au niveau des interrelations :l’équilibre des rapports citoyens/ rédactions/ actionnaires/ Etat dans les instances décisionnaires et de régulation des médias. » Toutes ces actions me semblent encourageantes : il faut les diffuser et les amplifier. C’est un travail à notre portée.” Je repasse, sans transition, au problème des banques.

2. “Jeu pervers des banques européennes” (H. M. Canard 2012_01_04). Je résume. Pour soutenir la croissance européenne, la BCE a ouvert un crédit illimité d’euros aux banques européennes au taux de 1 % pendant trois ans.. Or selon un responsable du Trésor : “les banques n’ont pas la possibilité de dépenser tout de suite”. Mais les banques ne souhaitent pas consentir le moindre prêt à des établissements susceptibles de leur offrir un taux trois ou quatre fois supérieur car ils pourraient faire faillite. Solution : confier le magot… à la BCE, au taux de 0,25 % de rémunération ! Je commente. La peur des banques de ne pas récupérer une créance me paraît à la fois légitime et anormale. Légitime car certaines jeunes entreprises ou auto-entreprises ne sont pas viables et dans ce cas la méfiance et le refus des banques sont justifiés. Mais les banques sont aussi des organismes qui doivent prendre des risques. Pour résoudre cette contradiction, la seule manière est de faire assurer les prêts par des sociétés d’assurance n’ayant aucun lien avec les banques.

3. Les hasards de la consultation sur le net m’ont fait rencontrer un ouvrage important à télécharger. Il s’agit de”Citizen Klein” (www.citizenklein.eu). Attention ! Le téléchargement permet simplement la lecture. Mark Elie Klein est promoteur immobilier et philanthrope. N’arrivant pas à intéresser les banques françaises à ses projets, il a découvert que ces établissements investissent eux-mêmes dans l’immobilier et gèlent le secteur pour favoriser leurs propres filiales (p. 14). Or le logement est le second poste fondamental des ménages et seule une concurrence réelle dans ce domaine permettrait l’indispensable construction de masse (p.15 – 16). Le blocage est tel que Klein affirme devoir se financer à Hong-Kong ou au Quatar. Pour lui, la crise mondiale est parfaitement illustrée par le film “Inside Job” (2010) de Charles Ferguson : “La dépression mondiale, dont le coût s’élève à plus de 20 000 milliards de dollars, a engendré pour des millions de personnes la perte de leur emploi et leur maison. Au travers d’enquêtes approfondies et d’entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace l’émergence d’une industrie scélérate et dévoile les relations nocives qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire. Narré par l’acteur oscarisé Matt Damon, le film a été tourné entre les Etats-Unis, l’Islande, l’Angleterre, la France, Singapour et la Chine. “ (synopsis du film). Pour Klein le désordre mondial a commencé il y a quarante ans avec l’abandon de l’étalon-or. Dès lors la masse de dollars a augmenté de 3.000 %. Depuis 2008, 4.000 milliards d’euros ont été investis (p.30) alimentant ainsi l’industrie financière et non l’industrie économique. Si j’ai bien compris Klein il faudrait nationaliser les banques, leur interdire toute autre activité que la gestion des dépôts et les obliger à prêter aux entreprises (p.33). Il va jusqu’à préconiser l’instauration d’un Délit de Refus de Financement (p.43). L’ouvrage fourmille de considérations intéressantes. Il évoque en particulier le délitement. Au sens propre le délitement est le “découpage d’une pierre en différentes couches”. Le délitement a un sens négatif (“le délitement de l’Europe”) et un sens positif en économie : il s’agit de traiter une dette énorme par différents procédés techniques (“le délitement de la dette de la SNCF”) (p.85). On rejoint ici les solutions de Partouche et du Jubilé biblique. Je les ai déjà évoquées dans des articles précédents.

Roger et Alii
Retorica
(1.260 mots, 8.300 caractères)

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