23 POL monarchie française – effacement de l’Histoire – 2018-09

23 POL monarchie française – effacement de l’Histoire – 2018-09-29

En retravaillant la monarchie française à travers Jean de France (2011) contribution A. et Louis de Bourbon (2018) contribution B. je ne savais pas que j’allai rencontrer la pensée d’Eric Zemmour : contribution C. J’aurais pourtant dû m’en douter. Roger

23 POL monarchie française 2011 – 2018

La notion de monarchie française me semble définie à la fois par Jean de France (2011) et Louis de Bourbon (2018). Les deux contributions qui suivent (A et B)  sont donc complémentaires. Roger

 

  1. 23 POL monarchie Jean de France 2011 – 06

Le mouvement monarchique peut sembler anachronique à beaucoup. Néanmoins en ces temps troublés il a quelque chose à nous apprendre à travers notamment le mouvement Gens de France fondé – et ce n’est pas un hasard – par Jean de France.Roger

  1. Né en 1965, Jean de France, duc de Vendôme est, depuis 2004, le dauphin de France reconnu par les orléanistes. S’il devait devenir roi de France il le serait sous le nom de “Jean IV” avec le projet politique d’une monarchie constitutionnelle, à l’image des monarchies européennes actuelles. Il penserait à la présidence d’une grande institution comme la Croix Rouge où, dit-il “je pourrais délivrer une vision à long terme, alors que les politiques ont le nez dans le guidon.” Après des études de philosophie et de droit en France, il a obtenu aux Etats-Unis un MBA en administration des affaires. Il vit, entre autres activités, de la gestion du domaine que lui a laissé sa grand-mère paternelle, la comtesse de Paris. Il a épousé en 2009 Philomena de Tornos et fait avec elle un “pélerinage de noces” à saint Jacques de Compostelle. Depuis 2010, il ont un enfant prénommé Gaston. (d’après Wikipédia)

A l’occasion de la parution de son livre “Jean de France. Un prince français” (2009) il déclare : “Pour moi être prince c’est se référer à des principes, c’est-à-dire toujours aller au fond des choses, aller pour chaque question aux causes essentielles. (…) Il s’agit d’abord de transmettre ce que j’ai reçu, que, sans nul mérite de ma part, je tiens de ma seule origine. Ayant moi-même pris conscience de ce que je suis, je veux aider les Français à prendre conscience d’eux-mêmes. Il faut que tous sachent d’où viennent les étonnants privilèges dont ils jouissent. Pour reprendre leur ascension historique vers toujours plus de justice et de liberté vraie, et vers une présence toujours plus forte dans le monde, il faut qu’ils sachent qui ils sont, de quel héritage ils profitent et à quelles conditions leur avenir peut être assuré.” (déclaration à la Lettre de Gens de France, juillet – Août – Septembre 2009)

  1. Jean de France UN PRINCE FRANÇAIS” entretiens avec Fabrice Madouas”, éd Pygmalion (2009, ) Fabrice Madouas, journaliste à Valeurs actuelles, est en réelle empathie avec Jean de France. Celui-ci se réfère inlassablement à l’héritage capétien qu’il assume. Il dit notamment : « Notre pays est un puzzle dont les rois ont associé les pièces à force de patience. » (…) « Il faut rassembler autour d’un projet commun. C’est ainsi qu’ont procédé les Capétiens pour assurer l’unité de ce pays ». Ceci sans souci d’échéances électorales. « On peut servir son pays sans chercher à se faire élire ». Voici quelques extraits significatifs de l’ouvrage

Histoire. – “Les Français ne sont liés ni par l’idée de race, ni par l’intérêt mercantile mais par une histoire commune.”

– “Le nom de “France” signifie “liberté”. Au lieu de nous lamenter sur le passé, demandons-nous ce que nous pouvons faire pour notre pays !”

Education. – “On ne peut pas demander aux gens d’aimer un pays qui n’a plus de projet parce qu’il a nié son héritage.”

France. – “Si j’avais un ouvrage à écrire, il pourrait s’intituler : “Le rôle social du modèle chrétien de la famille”. Un père, une mère, des frères et des sœurs : tous les ingrédients sont là pour faire l’apprentissage de la vie en société.”
- “Les Français valent la peine qu’on se donne de la peine pour eux.”
- “Comment avoir un grand projet quand nous bornons notre réflexion à cinq ans, la durée d’un mandat présidentiel ?”

Justice. – “Si la justice est la première des fonctions régaliennes, c’est que le besoin de justice est la plus pressante nécessité du peuple.”
- “La justice est le fondement du consentement populaire et, par conséquent, de l’autorité véritable.”

Foi. – “Le christianisme n’est pas une religion parmi d’autres : nous lui devons ce que nous sommes. Bien des difficultés seront aplanies si les uns s’en souviennent et si les autres l’admettent.”

Culture. – “C’était cela le mécénat des princes : fournir aux artistes les moyens d’exprimer leur talent, les princes contribuant en contrepartie, à l’édification de leur cité par leur travail.”

Economie. – “Il revient à l’Etat de définir le cadre juridique, social, fiscal propice à la prospérité des familles et des entreprises/ Mais nous aurions tort de céder au “tout-Etat” après avoir sacrifié au “tout-libéral”. – “Les entreprises familiales ont “fait” du développement durable bien avant qu’on en parle ! Pour elles, il ne relève pas d’une mode mais d’une façon naturelle de conduire leur activité.”

Diplomatie. – “Il est frappant de constater que les pays qui émergent ou qui retrouvent leur place s’appuient tous sur leurs traditions culturelles et sociales.” – “L’Europe se fait contre les peuples et sans l’homme. Allons-nous commettre la même erreur que l’Union soviétique ?” – “Une nation chargée d’histoire comme la nôtre ne saurait survivre intellectuellement et moralement sans un projet de nature universelle.”

Défense. – “La défense est une compétence régalienne, c’est même la première obligation d’un Etat vis-à-vis de ses citoyens. Assurer la sécurité des Français, ce n’est pas nier les dangers, c’est au contraire s’y préparer.” – “En matière de défense, il ne faut pas se laisser prendre aux mirages de l’actualité, mais au contraire raisonner à long terme.” – “C’est l’amour du beau, du bien et du vrai qui vous incite à défendre la terre et les valeurs qui ont forgé l’adulte que vous êtes.”

Institutions. – “La monarchie, c’est un prince dont l’arbitrage est admis par tous car il n’est l’homme d’aucun camp. La monarchie c’est un rapport direct, personnel, entre le roi et le peuple.” – “Ce que beaucoup appellent démocratie est un système où le peuple a le pouvoir de donner son avis, de consentir aux lois et surtout d’être garanti dans ses libertés : ce qui n’exclue nullement la forme monarchique du pouvoir.”

(relevé sur la revue Gens de France juillet – août – septembre 2009)

  1. Résister à la désagrégation sociale. “Les Français se voient désormais entraînés dans la spirale de la désagrégation sociale. Le salarié à qui on vantait les miracles de la croissance découvre la dure épreuve du chômage, le chef d’entreprise qui rêvait de perspectives “mondialisées” constate qu’il ne peut plus assumer ses charges, la mère de famille qui croyait à la “libération” des femmes perd les protections lui permettant d’élever elle-même ses enfants, et même l’immigré attiré par l’espoir d’une vie meilleure ne se voit plus que comme un déraciné sans avenir. (…) Notre pays doit par tous les moyens résister à la désagrégation sociale. C’est sur ce point que je souhaite faire entendre ma voix. La montée du chômage, l’éclatement des familles, l’urbanisation sauvage, les migrations non contrôlées, le poids de la fiscalité, les crises de l’enseignement, d’autres facteurs encore, constituent autant de sources d’éclatement du lien social. Je voudrais en parler dans le langage qui est le mien : le langage “capétien”, qui est d’abord langage d’indépendance et d’unité.”

D’où, l’importance des nombreuses rencontres de Jean de France avec des publics très divers auxquels il présente son livre, recueillant soigneusement les avis de ses auditeurs. Il commente cette idée de Soljénitsyne citée dans son livre : “Toute culture nationale est bénie, les nations sont les couleurs de l’humanité.” Partout, y compris aux Etats-Unis, il en profite pour retisser ou resserrer des liens patrimoniaux. Ainsi les relations des Orléans avec l’Amérique lui tiennent à cœur : Louis- Philippe, exilé, fit un séjour de quatre ans à Philadelphie. (d’après la lettre de Gens de France, août 2010).

  1. François Reloujac, économiste, a écrit pour Gens de France une analyse des crises économique, financière et politique. Pour lui la première cause est politique : “Elle résulte de la facilité qui a conduit les hommes politiques à réduire le fondement de leur pouvoir à une simple question financière.” On a admis que “celui qui a l’argent a le pouvoir.” “Tout le discours politique contemporain est orienté vers l’augmentation du pouvoir d’achat immédiat et son corolaire : l’achat – direct ou indirect – des voix aux élections.” Le suffrage universel était autrefois conservateur mais aujourd’hui “l’on assiste à un emballement des promesses suivi d’un cumul de déceptions.” C’est l’insatisfaction permanente. “Elevés comme des dieux par les survivants de la guerre”, leurs enfants devenus adultes ont vécu de consommation et d’inflation jusque dans les années soixante-dix : “ils n’avaient pas voulu d’enfants pour ne pas avoir à partager avec une progéniture encombrante.” Ensuite ils ont découvert qu’il leur fallait protéger leurs retraites d’où “les fonds de pension dans le monde anglo-saxon ou l’assurance-vie dans le monde latin.” Envols de la dette publique et du crédit à la consommation en sont les conséquences. Les mots ne sont plus compris : l’appel allemand à la rigueur est attribué à une tendance névrotique héritée de la Grande Dépression. Alors qu’on ne peut pas indéfiniment vivre au-dessus de ses moyens.

Les hommes politiques ont favorisé “le développement des multinationales apatrides qui sont les grands feudataires d’aujourd’hui.” Les feudataires étaient les vassaux du roi. En son temps Hugues Capet (vers 940 – 996) , comte de Paris, arrière-petit-fils de Robert le Fort (815/830 – 866) , avait su assurer l’unité de la nation contre ces grands feudataires. Aujourd’hui les grands feudataires sont des personnes morales apparemment intouchables : on peut couper une tête, elle repousse ailleurs. Le droit du lieu géographique est devenu, avec l’Europe, “le droit du pays d’origine, celui du prestataire de service, celui du marchand.” Enfin toute disposition nouvelle est soumise “à une présentation et à un jugement médiatique” plus élargis et plus forts que du temps d’Hugues Capet où tout le monde partageait les mêmes valeurs. Nous disposons de moyens bien plus importants. Il faut la rencontre des volontés : “la volonté de celui qui accepte de relever le défi de servir ainsi des peuples définis et la volonté de ceux qui acceptent de se mettre à son service. Car, en donnant la primauté à l’économie, ce que notre monde a oublié, c’est que la politique est un moyen de servir et non de se servir, que c’est un service et une solidarité.” (fin du résumé)

  1. Le souci de la justice. Jean de France explique : ““La main de justice a été et sera toujours la symbole du roi de France” disait mon grand-père dans son Essai sur le gouvernement de demain. On croit souvent que la justice sociale, c’est que chacun ait autant que tous les autres. C’est une perspective illusoire et trompeuse qui, dans la réalité, ne peut qu’aboutir aux injustices les plus graves. En revanche, l’exigence de respect du bien commun impose de faire en sorte que chacun puisse disposer de ce qui lui est nécessaire. (…) Je ne crois pas à la fatalité de l’injustice. C’est la justice qu’il faut rendre fatale.” Jean de France a réuni un groupe d’experts dans le Cercle Vauban. Celui-ci publiera dans le courant 2011 “Onze propositions pour les PME”. Le site gensdefrance.com et le nouveau siège social (1 rue de Courcelles 75008 Paris, secretariat@gensdefrance.com) confirment le dynamisme de l’association.

L’année Henri IV (2010) n’a pas reçu l’hommage officiel qu’on aurait pu attendre. Pourtant Henri IV inaugure une monarchie “absolue” c’est-à-dire indépendante des partis et des puissances financières. Il écrit la politique dans la pierre : l’axe Louvre – Tuileries dessine le grand axe est-ouest de Paris ; le pont Neuf est très innovant car bâti entièrement en pierres ; la place Royale (place des Vosges) est la première grande place parisienne ; enfin Henri IV n’a pu mener à bien son projet de place de France sur laquelle auraient débouché des rues radiales représentant les provinces françaises. Il faudrait parler aussi du “grand Dessein” qui préfigurait l’Europe. Nicolas Sarkozy le disait dans un message lu à Rome le 11 décembre 2009 devant la statue de Henri IV à Saint Jean-de-Latran : “… la France moderne n’est pas née en 1789” mais plutôt sous Henri IV, et il ajoutait : “Je forme le vœu que 2010 soit l’occasion pour tous les Français de redécouvrir son œuvre fondatrice.”

Le site henriIV.culture.fr rend justice à ce très grand roi. Dans une tribune au Figaro (14 mai 2010, date anniversaire de la mort du roi) Jean de France montrait “comment le roi Henri, avec son célèbre panache blanc, son étonnante vitalité, sa capacité sans égale à entraîner les hommes et fédérer les énergies, a rendu à une France déchirée, exsangue, le goût du “vivre ensemble””.

(d’après Gens de France, lettre n° 20, janvier 2011)

http://www.la-couronne.org/militantisme/adherez-a-gens-de-france-soutenez-laction-prince-jean-de-france/

 

Roger et Alii – Retorica – 2 100 mots– 
12.800 caractères – juin 2011

 

  1. 23 POL monarchie française Louis de Bourbon / « Nier la famille, c’est nier la vie ! »– Boulevard Voltaire (2018-09-26)

 

Le prince Louis de Bourbon, chef de la maison de Bourbon et descendant légitime de nos rois, a choisi de s’investir dans la politique familiale. À titre personnel, il est déjà père de trois enfants, dont des jumeaux, et cette démarche, qui se veut politique, paraît tout à fait normale.

Ce mois-ci, il s’est en effet rendu en Moldavie à l’invitation du XIIe Congrès des Famille pour y parler en ouverture. Un événement que la presse s’est, bien sûr, empressée d’oublier. À l’heure où notre gouvernement s’apprête sans doute à adopter la PMA, la démarche de notre jeune prince est importante.

« Nous vivons un moment crucial quant au rôle et à la place accordés à l’institution familiale, confrontée à de nombreux assauts », a-t-il déclaré en préambule avant d’expliquer comment les familles doivent lutter dans de nombreux pays « pour résister aux mesures insidieuses qui cherchent à les affaiblir ». Louis XX pense que ce genre de congrès constitue un esprit de résistance qui fait face à « une ruine de la société, voire à celle de la civilisation » si le manque de vraie politique familiale devait se poursuivre.

La famille, c’est la vie, résume-t-il. Le prince ne mâche pas ses mots en affirmant que la théorie du genre, les méthodes contre nature comme la GPA sont des attitudes mortifères. D’ailleurs, ne réduit-on, pas précise-t-il, cette gestation pour autrui à ses initiales pour mieux cacher l’horreur de la pratique que les mots évoquent ? « Nier la famille naturelle, c’est nier la vie. »

Puis il va expliquer pourquoi il s’engage si profondément pour la famille. D’abord en tant que chef de la maison de Bourbon : « Je me trouve héritier d’une famille qui a régné durant plus de 800 ans, qui a fait d’un petit domaine un État puissant et rayonnant en Europe et au-delà. » Une œuvre rendue possible car elle fut l’œuvre d’une famille qui a organisé le pouvoir grâce aux lois fondamentales du royaume qui ont pu assurer la stabilité du pouvoir. « L’aîné des mâles avait le devoir d’assurer la permanence de l’État. » Et cela continue dans les familles royales d’Europe où, dès leur plus jeune âge, les enfants participent à la fonction royale, « prouvant ainsi combien le roi et sa famille sont au service de la société ».

« Le roi en tant que chef de famille symbolisait l’unité de la société en étant le modèle de toutes les familles. Il y avait un lien de famille allant du plus humble jusqu’au roi. Ainsi, loin d’être un objet de droit, chaque Français était avant tout un sujet, c’est-à-dire une personne aux droits inaliénables. » D’évidence, ce lien n’existe plus alors que, pendant des siècles, explique Louis, ce lien donnait du sens à la vie. Et de conclure sur ce chapitre que « voilà pourquoi la France fut un modèle de civilisation à partager ».

« Le roi est aussi un chef de famille, ce que je suis, ce que vous êtes tous. » Louis dit alors combien il est redevable à tous ses ancêtres, à ses proches, à son frère « trop tôt perdu », à son père, mort quand il avait 14 ans. « D’eux tous, je suis redevable de ce que je suis, petit maillon d’une chaîne immense. » Et de poursuivre : « Il est absurde de vouloir croire que l’on serait des individus orphelins qui auraient tout à découvrir ou à attendre de l’État. Que serais-je sans ma femme, sans mes chers enfants, et j’inclus celui qui est annoncé dans quelques mois, mais qui est déjà une personne au cœur de la famille. La famille est une entité en elle-même ; s’attaquer à la famille, c’est ruiner l’équilibre naturel, c’est rompre la chaîne des générations qui va de l’origine du monde à ce qui sera sa fin. Il nous appartient de la défendre, à nous parents, de sa conception à la mort naturelle. »

Le troisième point est le rôle social. Ceux qui cherchent à rompre le pacte social, brisent les familles et conduisent aux totalitarismes. Qu’il soit rouge, brun et maintenant vert. Rappelons Louis XVI assassiné avec femme, fils et sœur ; Nicolas II avec femme et enfants. Ces horreurs montrent combien la famille, malgré toute sa fragilité, demeure pour certains l’ennemi principal.

Et le prince Louis de conclure en proposant à l’UNESCO d’inscrire au patrimoine mondial le modèle de la famille naturelle traditionnelle, « un modèle ayant largement fait ses preuves ». Un discours que nous aimerions voir applaudir des deux mains par une Assemblée hélas beaucoup trop soucieuse de défendre tout ce qui n’est pas naturel.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Bourbon_(1974)

https://fr-fr.facebook.com/louisxxdefrance/

http://www.bvoltaire.fr/louis-de-bourbon-disponible-pour-servir-la-france/

Transmis par Roger et Alii – Retorica – 780 mots -4 500 caractères – 2018-09-26

 

  1. 07 ESS Eric Zemmour polémiste, journaliste, historien – 2018-09-29

 

Eric Zemmour est polémiste, journaliste et historien. Ces trois aspects sont liés entre eux. Il aime la polémique. Les bons mots assassins injustes ou révoltants sont sa marque : elle alimente des haines inexpiables au point que certains veulent le priver de tout moyen d’expression.

 

On connaît la formule célèbre « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

https://www.projet-voltaire.fr/culture-generale/voltaire-citation-apocryphe-je-ne-suis-pas-d-accord-avec-vous/

Personne ne pratique cette tolérance et Zemmour moins que quiconque. Mais vouloir le priver de tout moyen d’expression est révoltant. Cela juge qui le proclame. C’est la marque d’un esprit faux tenté par la dictature.

 

La polémique fait partie du journalisme. Mais on n’est pas forcé de lire les journaux, ni de lire ou écouter Eric Zemmour. Si on le fait, c’est qu’on admet que cet esprit apparemment libre nous aide à réfléchir. Réfléchissons donc.

 

Son travail d’historien est considérable et semble-t-il indiscutable. Il est traversé à la fois de journalisme et de polémique. Le dernier ouvrage de Zemmour « Destin français » (Albin Michel, 600 pages) fournit des preuves peut-être irréfutables d’un phénomène accablant : « C’est le grand effacement de l’Histoire pour correspondre au grand Remplacement du monde. » (Entretien avec Boulevard Voltaire 2018-09-27)

07 ESS Eric ZemmourDestin français Albin Michel 2018 (600 p)

 

4° de couverture« Je savais où je voulais vivre, avec qui je voulais vivre, et comment je voulais vivre. À mes yeux médusés d’enfant, le mot France brillait de tous les feux : histoire, littérature, politique, guerre, amour, tout était rassemblé et transfiguré par une même lumière sacrée, un même art de vivre mais aussi de mourir, une même grandeur, une même allure, même dans les pires turpitudes.

La France coulait dans mes veines, emplissait l’air que je respirais ; je n’imaginais pas être la dernière génération à grandir ainsi.

Il ne faut pas se leurrer. Le travail de déconstruction opéré depuis quarante ans n’a laissé que des ruines. Il n’y a pas d’origine de la France, puisque la France n’existe pas, puisqu’il n’y a plus d’origine à rien. 

On veut défaire par l’histoire ce qui a été fait par l’Histoire : la France. L’Histoire est désormais détournée, occultée, ignorée, néantisée. L’Histoire de France est interdite. On préfère nous raconter l’histoire des Français ou l’histoire du monde. Tout sauf l’Histoire de France.

Mais cette Histoire se poursuit malgré tout et malgré tous. Elle a des racines trop profondes pour être arrachées. Elle s’est répétée trop souvent pour ne pas se prolonger jusqu’à aujourd’hui. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les mêmes lois s’imposent au-delà des générations.

L’Histoire se venge. »

 

Après le phénoménal best-seller Le Suicide français, Éric Zemmour se livre avec force et sans tabou à une analyse de l’identité française en réhabilitant ses fondations.

 

(250 p. 1600 caractères)

 

Télécharger la couverture

 

 

07 ESS Eric Zemmour – effacement de l’Histoire – 2018-09-28

 

« C’est le grand effacement de l’Histoire pour correspondre au grand Remplacement du monde. » (Entretien avec Boulevard Voltaire 2018-09-27)

 

http://www.bvoltaire.fr/eric-zemmour-cest-le-grand-effacement-de-lhistoire-pour-correspondre-au-grand-remplacement-des-populations/

 

Macron a été sacré champion de la Terre. « Je viens d’un pays qui a fait beaucoup d’erreurs et beaucoup de mauvaises choses ».Emmanuel Macron est-il un destin français ?

Tout à fait. Vous avez vraiment tapé juste. C’est exactement une des thèses du livre.
Depuis toujours, dès que la France est affaiblie, les élites ont tendance à sacrifier la France et le peuple français à leurs idéaux universalistes.C’est très frappant. Vous verrez dans le livre. Je remonte le temps. Je suis remonté à l’évêque Cauchon et Jeanne d’Arc. On voit bien que cela a toujours été une tentation des élites françaises. Pour aller vite, depuis 1940, la France est très affaiblie. Et nous avons des élites qui ont décidé de jeter par-dessus bord la France et le peuple français au nom de l’Europe, des droits de l’homme et de l’universalisme.
Macron est vraiment l’incarnation de ces élites-là. Il est passionnant, car c’est une espèce de quintessence chimiquement pure. Quand il dit :«  nous avons fait du mal », c’est déjà le discours de Chirac sur le Vél d’Hiv ou le discours de Hollande sur le Vél d’Hiv et en Algérie.
Paul Thibaud avait écrit un très bon article qui faisait remarquer que, comme les politiques ne maîtrisaient plus rien, ils ont trouvé une posture qui consiste à dire du mal de nos ancêtres pour exister.


Après Macron, son alter ego diabolique, Manuel Valls et sa candidature à la mairie de Barcelone… le nomadisme des élites.

Pour moi, il y a avec Valls deux choses contradictoires. Et je ne suis pas sûr que Valls ait mesuré cette chose-là. La première chose est qu’en effet, il n’y a plus de nation pour les élites. Mais ça commence à faire longtemps. C’est la révolte des élites de Christopher Lasch à la fin des années 70. Il avait très bien vu cela aux États-Unis. C’est évidemment venu chez nous ensuite. Ces élites-là, comme Jacques Attali, Daniel Cohn-Bendit, disent : «  les peuples sur lesquels on s’appuie n’existent plus. Chaque territoire est un hôtel. Nous, nous passons d’hôtel en hôtel. » C’est ce que vous appelez le nomadisme des élites, et c’est très juste.

Mais il y a aussi une deuxième chose, dont on ne parle pas. Ça m’étonne beaucoup. Valls était le chantre du discours républicain, c’est-à-dire «  on devient Français par les valeurs de la République ». Ce discours avait séduit beaucoup de gens, de gauche et de droite.
Aujourd’hui, il nous dit que tout cela n’existe pas, qu’il n’ y a que la loi du sang qui compte. Il est Catalan d’origine. Il est en train de nous expliquer que droit du sol ou non, intégration ou non, la seule loi qui vaille, c’est la loi du sang, puisqu’il revient à ses racines. C’est très étonnant pour un type qui a été construit pas le républicanisme de gauche.

Si vous avez lu mon livre, vous voyez que j’ai un regard très distancié sur la République. Et cela me conforte sur le fait que le message républicain est désormais désuet.


Vous avez déclaré dans votre livre que la France était une mourante qui regardait son millénaire de vie.Ce livre est-il le chant du cygne de la France telle que vous la connaissiez ?

Oui, mais c’est aussi la description de ce qui lui arrive. Je voulais montrer aux gens que tout cela était lié à une histoire millénaire et qu’il y avait des petites pierres comme dans le petit poucet qu’on pouvait retrouver à chaque fois. Certaines époques nous ressemblent de plus en plus.

Je retrouvais la phrase de René Girard dans son dernier livre qui disait :«  nous devons entrer dans une pensée du temps où Charles Martel et les croisades seront plus proches de nous que la Révolution française et l’industrialisation du Second Empire ». Je trouve cette phrase très frappante. Lorsque je dis cela, on dit que j’ai des obsessions et que je ne pense qu’à l’Islam. Pourtant, ces paroles viennent de René Girard. Il a très bien compris que nous étions revenus dans un temps qui est celui des affrontements de civilisations entre chrétienté et islam, des guerres de religion et de la féodalité pré-Etatique.

 

2019 sera-t-elle Lépante ou Constantinople ?

Vous ne croyez pas si bien dire. Avez-vous vu que les seuls pays qui se révoltent contre l’islamisation sont les pays de l’Est ? Ces pays de l’Est se révoltent, parce que la Hongrie a connu trois siècles d’occupation ottomane. C’est un général polonais, Pilsudski, qui a arrêté les ottomans à Vienne en 1683. Il n’y a pas de hasard. Cette histoire revient à une vitesse folle. Tout se remet en place pour nous rappeler à cette histoire.


Lorsque nous lisons votre livre, nous sommes surpris par deux choses.D’un côté, on sent l’envie de renouer avec le roman national. C’est assez amusant, car c’est la vision historique qui a été la plus combattue ces 50 dernières années.De l’autre, on sent presque un désespoir, ou en tout cas quelque chose qui nous dit que c’est ‘’foutu’’, qu’on a vécu une belle histoire, mais qu’elle est derrière nous, et qu’il faut se préparer au chaos.

Le roman national est une tentative réussie de synthèse entre l’Histoire monarchique et l’Histoire républicaine. Le bonapartisme en est la vis. C’est très habile, il met  « nos ancêtres les Gaulois » pour ne pas être uniquement dans le catholicisme, mais aussi le baptême de Clovis. C’est une histoire que j’ai apprise quand j’étais enfant. Je suis assez vieux pour cela.

Je vois bien comment il a travaillé et c’est très intéressant.

Cette histoire arrive à son acmé et montre qu’elle a réussi pendant la guerre 14. ‘’Les deux Frances’’, comme on disait à l’époque, se mettent ensemble dans les tranchées. Les catholiques monarchistes et les républicains laïcards se battent ensemble et gagnent.


Elles gagnent au prix d’un carnage.

C’est une autre discussion. C’est un carnage, mais c’était cela ou la soumission à l’Allemagne et la disparition de la France. C’est bien de dire un carnage, vous avez raison. Ce fut un carnage horrible. La guerre industrielle a tué la guerre. Il n’empêche que ces gens-là ont défendu l’indépendance et la liberté de la patrie. Ce n’est pas rien.

Il ne faut pas toujours voir le côté carnage. Il faut voir aussi ce qu’ils ont défendu. C’était noble et admirable. Ils ont gagné. Le problème est que nous avons perdu la paix. C’est un sujet que j’aborde dans un chapitre sur Clemenceau.

Pour revenir à votre question, il y a effectivement un effet d’accumulation de toutes les crises du passé qui se concentrent aujourd’hui. C’est pour cette raison qu’il y a autant de pessimisme chez moi. L’idée même de roman national est finie. Je n’ai même pas essayé de refaire un roman national. La déconstruction des historiens qui depuis 50 ans nous interdisent de parler de roman national était trop forte. Il n’en reste presque que des ruines.

Si j’avais voulu faire un roman national, j’aurais fait une romance nationale. Ce n’est pas ce que j’ai fait. En revanche, j’ai voulu écrire une Histoire de France réaliste, non pas en fonction des idéaux et des populations d’aujourd’hui, mais en fonction de la réalité historique de l’époque. Aujourd’hui, les historiens ont décidé d’inventer une Histoire de France qui correspond à leurs obsessions et à leurs idéologies actuelles. Ils disent que j’ai des obsessions, mais les leurs sont : une histoire féministe, une histoire des minorités africaines et maghrébines, une histoire pacifiste, c’est-à-dire une histoire qui n’a jamais existée. Dans les livres d’Histoire d’aujourd’hui, sur la Révolution française, il y a deux pages sur Olympe de Gouges, la grande militante féministe. Quand elle est guillotinée en 93 par Robespierre, j’ai coutume de dire pour plaisanter que Robespierre ne sait même pas qu’il l’a faite guillotiner, tellement elle compte peu.

Lors d’une émission sur France 2 mardi dernier, on a vu une grande fresque qui expliquait comment la France a été faite par les immigrés nord-africains et africains avec un grand manitou qui s’appelle de Gaulle. C’est une histoire inventée.


Pétain, l’homme qu’il faut détester et de Gaulle, l’homme qu’il faut aimer. On vous accuse presque de réhabiliter le Maréchal Pétain.

Ils sont tellement allés loin dans la diabolisation de Pétain et dans l’invention d’une histoire qui ne correspond plus à la réalité. Lorsqu’on repose le tableau de Pétain, de de Gaulle, de ce qu’était Vichy à l’époque et de ce qu’était 1940, que je dis que tout le monde se moquait à l’époque du statut des juifs d’octobre 40, à Paris, à Vichy ou à Londres, et que les rats qui s’y intéressent disent «  il a bien raison », car ils estiment à l’époque que les juifs ont une responsabilité dans la défaite, j’ai l’impression de blasphémer. C’est tout simplement la réalité historique. On a tellement réinventé une histoire en disant que l’essentiel de la Seconde Guerre mondiale était la question juive qu’on tombe des nues quand je dis qu’à l’époque, personne n’en parlait. À Londres, ceux qui rejoignent le Général de Gaulle sont d’accord avec Vichy là-dessus.

Aujourd’hui, la réalité paraît blasphématoire. C’est extraordinaire. C’est pour dire la force inouïe de cette déconstruction historique.

Pour moi, c’est le grand effacement de l’histoire pour correspondre au grand remplacement des populations.

 

1550 mots – 9 300 caractères

 

Au total : Roger et Alii – Retorica – 5 100 mots – 30 900 caractères – 2018-09-29

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire ?