23 POL populisme vs migrants – débat – 200 mots – 2018-10

23 POL populisme vs migrants – débat – 200 mots – 2018-10

 

Le débat populisme contre migrants se développe ainsi

 

D’abord le populisme est une attitude normale

23 POL populisme éducation émancipation enracinement  – 2018-10-10

Ensuite l’émigration est elle aussi normale

31 SOC étranger – migrants – Michel Agier – 2018-10-14

Mais il y a conflit entre ces deux normalités

23 POL Populisme – migrants – Elisabeth Lévy – Causeur – 15 oct 2018

Enfin je définis ma propre position en 200 mots

Roger

 

D’abord le populisme est une attitude normale

 

23 POL populisme éducation émancipation enracinement  – 2018-10-10

J’ai voulu savoir ce que cachait la notion de « populisme ». Voici des éléments empruntés à Wikipédia et Chantal Delsol. J’insiste sur la conclusion de cette dernière : « S’il est vrai que les humains ont besoin à la fois d’enracinement et d’émancipation, toute démocratie bien ordonnée devrait éduquer le peuple à l’émancipation et les élites à l’enracinement, portant à chacun ce qui lui manque. » Roger.

(1) « Dans son acception générale d’aujourd’hui le mot populisme désigne une approche politique qui oppose le peuple aux élites politiques, économiques ou médiatiques.(…)

(2) « Jean-Claude Michéa dans sa préface à « La Révolte des élites et la trahison de la démocratie » de Christopher Lasch donne un sens noble au populisme entendu au sens historique du terme comme un « combat pour la liberté et l’égalité mené au nom des vertus populaires ». C’est en ce sens original que le populisme peut se déployer chez l’historien américain en tant que « critique des élites capitalistes avancées ». Le populisme n’est rien d’autre que l’effort des gens simples pour échapper à l’emprise croissante des experts sur l’organisation de leur vie. (…)

(3) « Christopher Lasch analyse la sécession des élites d’avec le mode de vie simple et rustique des gens ordinaires et le besoin des élites d’imposer des normes de vivre ensemble pour mieux s’en exempter elle-même et vivre en marge du plus grand nombre. Les élites emploient le terme de « populisme » pour dissimuler les critiques qui leur sont adressées. En réalité, le populisme vise une conception de la démocratie plus exigeante où le plus grand nombre est capable de juger des affaires publiques et se trouve ainsi responsabilisé. (…)

(4) « Le concept de commun decency, emprunté à George Orwell, et qui en appelle à une vie simple et honnête, témoigne plutôt d’une défiance envers la science et le progrès technique qui complexifient l’existence. Dès lors, le populisme ne témoigne pas d’un divorce entre le peuple et l’élite, qui pourrait se résorber, mais d’une situation normale dans laquelle le peuple affirme ses propres valeurs et sa résistance à l’oligarchie. Le populisme est le terme par lequel l’élite tente de stigmatiser et de discréditer le peuple et ses revendications. (…) »(Wikipédia).

 

(5) Chantal Delsol « Populisme. Les demeurés de l’histoire » (Editions du Rocher 268 p. 2015). Elle ouvre ainsi son propos :  « Le vocable « populisme » est d’abord une injure : il caractérise aujourd’hui les partis ou mouvements politiques dont on juge qu’ils sont composés par des idiots, des imbéciles et même des tarés. »Mondialisation et déplacements de population ont redonné de la force à une notion qui remonte à l’Antiquité.

 

(6) Chantal Delsol conclut : « S’il est vrai que les humains ont besoin à la fois d’enracinement et d’émancipation, toute démocratie bien ordonnée devrait éduquer le peuple à l’émancipation et les élites à l’enracinement, portant à chacun ce qui lui manque. »

 

Ensuite l’émigration est elle aussi normale

 

31 SOC étranger – migrants – Michel Agier – 2018-10-14

 

(1) Michel Agier, anthropologue, « L’Etranger qui vient. Repenser l’hospitalité »,(Seuil, 156 p, 2018). L’hospitalité, loi de survie pour l’humanité, est remise en cause par les politiques migratoires européennes. L’hospitalité prend de nouveaux visages  tandis que les Etats-nations sont « toujours plus obsédés par le contrôle de leurs frontières et de leurs territoires. » (M.A)  Tzvetan Todorov disait qu’à la différence des arbres les hommes n’ont pas de racines mais des jambes.

 

(2) L’étranger est un hôte qu’on accueille et non un ennemi. Ceci pour éviter le chaos mondial. C’est le sens du « Projet de paix perpétuelle » d’Emmanuel Kant (1795) : si on veut la paix il faut se montrer hospitalier. C’est toujours une épreuve car il faut accueillir un langage, une culture, des habitudes. La relation est asymétrique entre l’accueillant et l’accueilli, l’étranger qui repartira ou qui s’installera souvent par un mariage.

 

(3) La relation elle-même, la « xenia » en grec ancien prime sur les individus qu’elle implique. On est « hôte » des deux côtés. C’est un échange, parfois différé, quand l’accueilli devient accueillant. J’accueille parce que j’ai été accueilli. « les hommes doivent se supporter les uns les autres » (Kant). Nous sommes solidaires.

 

(4) Dès le Moyen-Age le traitement des errants a été confié à l’Etat et à l’Eglise. D’où les hospices et les œuvres religieuses de charité : les indigents sont ainsi mis à l’écart. Mais aujourd’hui de nombreux citoyens réinventent l’hospitalité civile. L’Europe se ferme ainsi à l’intérieur et s’ouvre à l’extérieur. Les anti-migrants, selon Michel Agier, sont nettement moins nombreux  mais ils bénéficient d’une surreprésentation médiatique.

 

(5) « …dès qu’une relation s’établit, l’expérience de l’altérité opère et produit des échanges souvent positifs. » (M.A)  Isabelle Coutant l’a montré dans son livre « Les Migrants en bas de chez moi. » La reconnaissance du « principe de fraternité » par le Conseil constitutionnel  est peut-être l’amorce d’un principe juridique d’hospitalité sur lequel travaillent la juriste Mireille Delmas-Marty et Michel Agier tandis que le philosophe Etienne Balibar demande un « droit international de l’hospitalité. »

 

(6) C’est l’appel à un ordre mondial qui dépassera les Etats-nations, avec pour recours l’ONU malgré ses imperfections. Choisir les camps de regroupement  est toujours une mauvaise solution.  Il faut accompagner et organiser cette mobilité au bénéfice de tous. On ne peut pas vivre sans hospitalité.

 

(d’après des propos recueillis par Juliette Bénabent, Télérama, 10/10/18)

 

 

Mais il y a conflit entre ces deux normalités

 

23 POL Populisme – migrants – Elisabeth Lévy – Causeur – 15 oct 2018

« Immigration, une chance pour le populisme Le lobby de l’immigration fait le lit des populismes qu’il dit combattre »

« La doxa immigrationniste tient en trois principes contradictoires: il n’y a pas de problème migratoire, on ne peut pas rien faire contre lui, c’est une merveilleuse révolution. Prétendant imposer aux peuples européens un devoir d’accueil sans contrepartie, le lobby de l’immigration fait le lit des populismes qu’il dit combattre.

« Il faut rendre grâces à Philippe Martinez. Dans une tribune publiée par Le Monde le 26 septembre, le secrétaire général de la CGT a aligné les principaux poncifs disponibles sur l’immigration : « Le fait migratoire est un phénomène incontournable, stable et continu dans l’histoire de l’humanité. » Circulez, il n’y a rien à voir. Il poursuit. « Prétendre que l’on peut stopper ou maîtriser les mouvements migratoires est un leurre politicien et une posture idéologique. Les plus hauts murs n’empêcheront jamais des personnes de fuir, au péril de leur vie, la guerre, la misère économique ou les persécutions. » Acceptez, il n’y a rien à faire. Du reste, il faut s’en réjouir, dès lors que la coexistence culturelle est un enrichissement, voire un enchantement. Dire autre chose, ce serait recourir aux « vieilles recettes de l’extrême droite ». Primo il n’y a pas de problème migratoire, deuxio on ne peut rien faire contre lui, tertio l’immigration est une merveilleuse révolution (…) » (Elizabeth Lévy – Causeur – 15 oct 2018)

 

23 POL Populisme vs migrations 200 mots 2018-10-17

 

(1) Le phénomène des migrations est jugé naturel parce qu’il a toujours eu lieu. Mais il ne va pas de soi. Il se heurte au populisme qui lui aussi est naturel comme affirmation d’un peuple, d’une patrie, d’une culture et d’une religion.

 

(2) L’étranger, le migrant, sera reçu correctement s’il accepte cette réalité. C’est alors un ami qu’on accueille, non un envahisseur qu’on repousse. Sa démarche est individuelle et non collective, soigneusement consignée par un contrat qui définit les droits et les devoirs de chaque migrant.

 

(3) Le peuple accueillant est lui aussi le produit de migrations successives.  Il n’occupe pas entièrement le territoire. Il reste des lieux libres parce que inhabités ou laissés à l’abandon. Il y a toujours de la place.

 

(4) Les migrants sont involontaires, chassés par la guerre ou par la famine. Il faut tout faire pour qu’ils puissent rentrer chez eux. Mais quand ce n’est pas possible. Il faut organiser le voyage  et non pas l’abandonner aux passeurs.

 

(5) Les migrants doivent être accueillis et signer un contrat d’accueil. Les personnes qui les aident doivent être relaxées quand elles sont incriminées.

 

Roger,  181 mots, 4 heures, 2018-10-17

 Michel(18 oct. 2018) 1- il existe une question de « quantité » migratoire.(sentiment de curiosité/ sentiment d’invasion)

2- il existe aussi une question de « moment » de la migration (ds des circonstances pacifiques, de situat économique favorable/ circonst de violence, de crise économique, réelles ou ressenties)

3- ne pas oublier l’aspect « étrangeté »: il est + facile d’accepter un italien (latin, catholique, monogame…quoiqu’un peu sombre de peau) ou un polonais (blanc de peau, catholique, monogame… quoique pratiquant un langue étrange), un syrien ( quoique sombre de peau, arabophone, musulman souvent…mais parfois bilingue, cultivé,..et même chrétien.) qu’un africain (noir, musulman ou animiste, peu éduqué, polygame… bien que « je connaisse des africains très bien », bac+5, monogames…)

 

Il y a sûrement d’autres éléments qui jouent, soit en faveur, soit contre l’immigration.

 

Roger et Alii – Retorica – 1620 mots – 10 200 caractères – 2018-11-03

 

 

 

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