23 POL voile cagoule islam 2016-06-09

 

J’ai une bonne centaine de fichiers sur ce sujet. Comment m’y retrouver ? Je ne garde pour mes synthèses que les fichiers word que j’ai retravaillés avec votre aide. Je pars A/ d’une prise de parole faite en 1990. Je continue avec B / une explication des termes employés dans le Coran (empruntée au Salon beige) et je conclus sur C / un parallèle voile / cagoule (venue du Boulevard Voltaire)

Roger

 

A/   pp3. Faut-il interdire le port du voile au lycée ? (lycée 1990)

 

  1. Introduction. Faut-il interdire le port du voile au lycée ?
  2. Apparemment non car en lui-même le voile ne pose guère de problèmes.

1.1 La déclaration des Droits de l’Homme garantit « le droit de manifester sa religion ou sa conviction, seul ou en commun, tant en public qu’en privé »(art 16)

1.2 Le voile est pratiqué par pudeur. On n’interdit pas les mini-jupes, donc on peut autoriser le voile.

1.3 Interdire le port du voile c’est exclure les jeunes musulmanes qui, françaises ou pas, ont le droit de recevoir l’éducation qui leur permettra de s’intégrer à la société française.

1.4 C’est un sursaut normal et passager devant une situation d’exclusion religieuse (pas de mosquées pour la 2° religion pratiquée en France), ‚économique (les travaux durs et mal payés), culturelle (l’arabe 2° langue pratiquée en France est enseignée dans très peu de lycées), politique (pas de droit de vote aux élections municipales).

1.9 Donc autoriser le port du voile au lycée est une mesure juste, favorisant la tolérance, une meilleure compréhension et finalement l’intégration.

 

  1. En réalité, le port du voile pose de graves problèmes.

2.1 Il marginalise celles qui le portent et qui cherchent à culpabiliser leurs camarades musulmanes qui ne le portent pas. La véritable intégration doit se faire dans le respect de la laïcité : pas de signes distinctifs au lycée.

2.2 Le voile est le symbole du statut inférieur de la femme musulmane (la Charia s’oppose à la Déclaration des Droits de l’Homme art.2). Autoriser le voile c’est compromettre la lutte des femmes dans les pays arabes.

2.3 Ces élèves en viennent à refuser les cours de gymnastique, de sciences naturelles. De la même manière des élèves juifs refusent les cours du samedi. Le lycée est désorganisé.

2.4 Beaucoup de musulmans français ou étrangers souhaitent vivre un Islam modéré‚ et s’intégrer ainsi à la société française. Il faut les aider à résister aux fondamentalistes.

2.9 Pour le bien de tous, pour le calme des établissements, il faut interdire le port du voile.

 

  1. Comparons les deux positions.

3.1 Les opposants ne répondent pas au problème de la pudeur (1.2), les tenants du voile ne disent rien sur le prosélytisme (2.1), la Charia (2.3) et la désorganisation des établissements (2.3)

3.2 Le véritable problème est celui de l’intégration de ces élèves : on se marginalise par le port du voile (2.1) ou on s’intègre en suivant une scolarité normale (1.3). Mais elle n’est plus normale quand on choisit ses cours (2.3)

3.3 La déclaration des Droits de l’Homme est invoquée dans des sens différents mais complémentaires (1.1 et 2.3)

3.4 Le problème de l’intégration est abord‚ sous deux angles différents qui ne s’excluent pas (1.4 et 2.4).

3.9 L’âpreté du débat vient du fait que les protagonistes ne donnent pas au mot « voile islamique » les mêmes connotations, les mêmes colorations : les tenants du voile s’en tiennent à l’objet lui-même et les opposants au symbolisme qu’il recouvre.

 

  1. Conclusion. Au sujet du voile on entend quelquefois un faux argument : « S’ils ne veulent pas se plier à nos coutumes, ils n’ont qu’à retourner chez eux. Après tout quand les Français sont en Arabie Saoudite ils ne peuvent ni boire d’alcool, ni pratiquer leur religion s’ils sont chrétiens ». Mais nous montrer intolérants ce serait justifier une intolérance que, précisément, nous condamnons. Personnellement, je juge que refuser de suivre des cours est plus grave que porter un voile, même si l’usage en France veut que les élèves et les professeurs soient tête-nue en classe. Je connais le cas d’un fils de rabbin qui n’a jamais obtenu son baccalauréat parce qu’il était absent des épreuves qui avaient lieu le samedi. Cette attitude me paraît respectable car elle traduit une foi profonde. Mais elle n’est pas généralisable. Il faut donner à la communauté musulmane les moyens de s’intégrer : cela signifie une compréhension et un respect réciproques. Si on y parvient les voiles disparaîtront rapidement.

 

Remarques. Roger (9 juin 2016) : Il me semblait important de ne rien toucher à cette prise de parole en 3 mn, synthèse de débats menés en seconde et en première. Il était alors surtout question de « foulard islamique ». Aujourd’hui le problème s’est précisé et déplacé vers le visage visible ou pas. D’où la partie C / voile et casseurs.

 

B/ Trois vocables dans le Coran pour le mot « voile ». L’association « Clarifier » (http://associationclarifier.fr) présente les remarques

« … les traductions effectuées par certains spécialistes français utilisent indistinctement le mot « voile » alors que les textes arabes comportent trois vocables ayant un sens différent dans chacun des versets.

> Coran 24, 31 : « Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines […]. Dis-leur encore de ne pas frapper le sol de leurs pieds pour montrer leurs atours cachés ». 

Le mot arabe est ici khimâr (khumur au pluriel). Il désigne « tout ce qui cache ». La tête et les cheveux n’étant pas mentionnés, on peut comprendre qu’il s’agit  d’un fichu-châle servant à couvrir le décolleté.

> Coran 33, 59 : « Prophète, dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs voiles : c’est pour elles le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées ».

Le mot arabe est ici jalâbîb (pluriel de jilbâb). Il désigne un ample vêtement (robe, cape ou manteau) couvrant les habits de dessous, donc plus enveloppant que le khimâr. Là non plus la tête et les cheveux ne sont pas mentionnés.

> Coran 33, 53 : « Ô vous qui croyez ! N’entrez pas dans les demeures du Prophète sans avoir obtenu la permission d’y prendre un repas, et attendu que le repas soit préparé. […] Quand vous demandez quelque chose aux épouses du Prophète, faites-le derrière un voile. Cela est plus pur pour vos cœurs et pour leurs cœurs ».

Dans ce verset, qui ne concerne que les femmes de Mahomet, le mot arabe est hidjâb. Il signifie « tenture » ou « rideau », comme le montre son usage dans d’autres passages où il évoque le fait de dérober aux regards et de séparer certains lieux et certaines personnes entre eux (cf. 7, 46 ; 17, 45 ; 19, 17 ; 38, 32), mais aussi le fait de voiler le cœur et l’intelligence (cf. 41, 5), ou encore de maintenir la séparation entre Dieu et l’homme (42, 51).

Ainsi, le Coran pose des principes sans pour autant décrire un vêtement islamique-type pour les femmes. »

(transmis par le Salon beige, 7 juin 2016)

C/ Voile et cagoule. Il est toujours dangereux de promouvoir une loi inapplicable. L’interdiction du « voile intégral » dans les lieux publics a été votée. Je préférais la formule de Sarkozy : « Le voile intégral n’est pas le bienvenu. » Je propose qu’on remette à chaque femme en infraction un texte en arabe et en français du style : « Le fait que vous soyez entièrement voilée pose problème, notamment dans une période troublée. Nous comprenons votre attitude religieuse et nous la respectons. Mais faites en sorte que votre visage reste découvert. Merci de votre compréhension. Les autorités françaises. »

Un texte de Henri Guizardin, publié par Boulevard Voltaire (lundi 6 juin 2016) « Voile et cagoule, même délit ? » définit, à mon sens, clairement les enjeux. http://www.bvoltaire.fr/henrigizardin/voile-et-cagoule-meme-delit,260950 « L’anonymat que confèrent les cagoules est en contradiction flagrante avec la loi. Rappelez-vous : une loi du 11 avril 2011 édicte l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public. Elle précise que tout manquement à ce principe est puni d’une amende de deuxième classe, d’un montant maximum de 150 euros.

On sait ce qu’il est advenu de l’observation de cette loi dans certains lieux, et l’application corrélative de la sanction. Un bienfaiteur, porté par une sollicitude toute confraternelle, acquitte même les amendes de certaines pauvres femmes en infraction, ignorantes de la loi républicaine parce que reléguées dans des quartiers défavorisés. Mais son activité caritative est en diminution par suite du redéploiement des agents verbalisateurs vers d’autres théâtres d’opérations plus menaçants à l’ordre public.

Or, dans ces zones de turbulence avérée que connaît le pays depuis plusieurs semaines maintenant, des individus interviennent masqués en véritables commandos de casseurs. L’anonymat que confèrent les cagoules est donc en contradiction flagrante avec la loi. (…)Alors, lorsqu’une loi est ainsi violée de manière aussi flagrante, publique et répétitive, ne faut-il pas se (re)poser des questions ?

Le législateur, promoteur démocratique de la règle, est bafoué. La justice, arbitre ultime des discordes, est ridiculisée – quand elle n’est pas complice – et l’État, c’est-à-dire nous le peuple, totalement dépité ! Avant d’être révolté ? »

 

Roger et Alii

Retorica

1 540 mots, 9 300 caractères, 2016-06-08

 

 

5 Commentaires

  1. Chosson Nicole

    Bonjour,

    à l’occasion de la consultation de la BT2 « la démocratie dans ma vie », je tombe sur l’article 23 POL débat « voile cagoule islam » et je suis extrêmement choquée que vous citiez Boulevard Voltaire et le Salon Beige sans mettre en garde le lecteur contre le fait que ces sites sont des paravents de l’extrême droite.
    C’est une des stratégies des fascistes que d’avancer masqués et il convient que les personnes de bonne volonté se méfient.
    Nicole Chosson, en réunion de chantier Doc D2

    1. Roger et Alii

      Je comprends votre émoi sans le partager. Ce qui compte, à mes yeux, c’est le contenu non la source. Le contenu m’a paru juste. C’est pourquoi je l’ai retenu. Je ne l’avais pas trouvé ailleurs. Roger.

  2. Chosson Nicole

    Bonjour,

    à l’occasion de la consultation de la BT2 « la démocratie dans ma vie », je tombe sur l’article 23 POL débat « voile cagoule islam » et je suis extrêmement choquée que vous citiez Boulevard Voltaire et le Salon Beige sans mettre en garde le lecteur contre le fait que ces sites ont des paravents de l’extrême droite.
    C’est une des stratégies des fascistes que d’avancer masqués et il convient que les personnes de bonne volonté se méfient.
    Nicole Chosson, en réunion de chantier Doc D2

    1. Roger et Alii

      Je comprends votre émoi sans le partager. Ce qui compte, à mes yeux, c’est le contenu non la source. Le contenu m’a paru juste. C’est pourquoi je l’ai retenu. Je ne l’avais pas trouvé ailleurs. Roger.

  3. Michel PILORGET

    Il me semble qu’on doive se placer sur 2 plans différents; 1- se voiler le visage (hidjab ou cagoule) est répréhensible pour raisons de risque d’atteinte à l’ordre public avec protection de l’anonymat.
    2- se voiler le visage peut être considéré comme une volonté, un choix d’ordre religieux; à ce titre, on peut le considérer comme critiquable, mais on doit en laisser la liberté de choix.

    Malheureusement, ces 2 façons d’envisager la question sont incompatibles; je ne peux que le constater, sans avoir de solution à proposer.

    N.B. accessoirement, je signale que je m’interroge sur l’importance qu’on accorde à la chevelure, particulièrement chez les femmes: les « bonnes soeurs » avaient les cheveux coupés en prononçant leurs voeux, puis la tête couverte d’un voile; à la Libération (1944) en France, on a « tondu » les femmes accusées d’avoir forniqué avec l’ennemi; on coupait les cheveux des femmes avant de les guillotiner, sous la Terreur (était-ce seulement pour éviter de coincer la lame de l’engin ?); dans les années 50, ma mère avait toujours dans son sac des « mantilles », pour elle et ses filles, au cas ou nous pénétrerions dans une église; …

    Roger : Oui. La chevelure est liée à l’érotisme.

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