24 PSY conscience exploration 2018-07

 

 

  1. Dans l’encyclopédie Retoricala conscience est conscience de soi et relève de la section psychologie (24 PSY). Très rapidement cette approche dépasse la psychologie et concerne la religion (26 REL). Par simple commodité je laisse cet article en 24 PSY. Mais cette exploration débouche sur les renaissances :

http://www.retorica.fr/Retorica/20-nat-vie-mort-renaissance-1996/

http://www.retorica.fr/Retorica/26-rel-renaissances-reperes-2014-06/

 

 

  1. Ensuite l’étymologie. « CONSCIENCE. Le mot latin conscientia est naturellement décomposé en « cum scientia ». Cette étymologiesuggère non seulement la connaissance de l’objet par le sujet, mais que cet objet fait toujours référence au sujet lui-même. Le terme allemand Bewusstsein comporte la même résonance de sens. » (encyclopédie Universalis)

« Empr. au lat. class. conscientia (proprement « connaissance en commun ») « claire connaissance qu’on a au fond de soi-même, sentiment intime, sentiment, conscience » [notion de bien et de mal]. » (dictionnaire  CNRTL)

Donc « cum » signifie « avec quelqu’un» et « en commun ». La « conscience » est donc partagée avec autrui et devient conscience de soi.

 

  1. Le mouvement est le même dans toutes les civilisations : Il y a le savoir, l’élan vers la connaissance de l’extérieur puis le mouvement vers soi, la conscience de soi. Mais ce mouvement ne s’arrête pas. Il se poursuit avec l’interrogation : d’où vient la conscience que j’ai de moi-même ou plutôt : où va cette conscience que j’ai de moi-même et qui me dépasse.

 

  1. Bernhart(2018-07-07) La conscience.

« Le conscient est l’évolution dernière et tardive du système organique, et par conséquent aussi ce qu’il y a dans ce système de moins achevé et de moins fort. D’innombrables méprises ont leur origine dans le conscient, des méprises qui font périr un animal, un homme plus tôt qu’il ne serait nécessaire, « malgré le destin », comme dit Homère. Si le lien conservateur des instincts n’était pas infiniment plus puissant, s’il ne servait pas, dans l’ensemble, de régulateur : l’humanité périrait par ses jugements absurdes, par ses divagations avec les yeux ouverts, par ses jugements superficiels et sa crédulité, en un mot par sa

conscience : ou plutôt sans celle-ci elle n’existerait plus depuis longtemps! Toute fonction, avant d’être développée et mûre, est un danger pour l’organisme : tant mieux si elle est bien tyrannisée pendant son développement. C’est ainsi que le conscient est tyrannisé et pas pour le moins

par la fierté que l’on y met! On s’imagine que c’est là le noyau de l’être humain, ce qu’il a de durable, d’éternel, de primordial! On tient le conscient pour une quantité stable donnée ! On nie sa croissance, son intermittence ! On le considère comme l’« unité de l’organisme »! – Cette ridicule surestimation, cette méconnaissance de la conscience a eu ce résultat heureux d’empêcher le développement trop rapide de la conscience. Parce que les hommes croyaient déjà posséder le conscient, ils se sont donné peu de peine pour l’acquérir – et, maintenant encore, il n’en est pas autrement.  Une tâche demeure toute nouvelle et à peine perceptible à l’œil humain, à peine clairement reconnaissable, la tâche de s’incorporer le savoir et de le rendre instinctif. – Cette tâche ne peut être aperçue que par ceux qui ont compris que, jusqu’à présent, seules nos erreurs ont été incorporées et que toute notre conscience ne se rapporte qu’à des erreurs ! »

                                                             « Le gai savoir »  Friedrich Nietzsche

 

  1. Roger(2018-07-08) Je suppose que c’est ta réponse à la réflexion que j’émettais récemment et que je rappelle simplement pour mémoire : «  Nous sommes entrés dans la sixième extinction de la Terre. Les cinq précédentes ont vu la montée progressive d’une conscience animale puis humaine reflet de la Conscience. Rien ne meurt. Mais au big crunch tout disparaît et survient un nouveau big bang. Ainsi respirerait l’univers. Au delà du CAC40,  l’essentiel c’est de gérer au mieux ce que la Conscience nous offre comme conscience de nous. La perspective d’un Enfer (même très long mais transitoire) est de nature à nous enseigner la Sagesse… »

 

  1. Le tyrannosaurevivait il y a 66 millions d’années en Amérique du Nord. On a découvert qu’il savait chasser en bandes. Avons-nous dépassé son intelligence ? Oui, mais nous avons le même appétit, la même fureur de vivre. Simplement notre terrain de chasse est la technique et l’économie. Nous avons en plus la conscience de nous-même. En soi, elle est simplement connaissance de cette conscience. Le texte de Friedrich Nietzsche me semble confondre conscience de l’action et conscience de la conscience. Il est vrai que la conscience de l’action peut faire bien des erreurs. Mais la conscience de la conscience ne peut rien faire sinon avoir conscience d’elle-même et chercher à l’approfondir ce qui mène à cette Conscience dont nous ne savons presque rien, sinon qu’elle existe.

 

  1. Bernhart(2018-07-09) : « Quand on a bien dressé sa conscience, elle nous baise en même temps qu’elle nous mord. »:

Roger (2018-07-09) :  Sophisme. La conscience vient d’ailleurs. Elle vient de la Conscience et celle-là on ne la dresse pas ou plutôt elle nous dresse. D’où que signifie le « on » de cet aphorisme ?

Bernhart(2018-07-09) : De nos remords? (…)

Oui… C’est une vengeance contre soi-même .Quand on a bien dressé sa conscience, elle nous baise en même temps qu’elle nous mord. Remords tu dois?

Nous autres ermites et marmottes, nous nous sommes depuis longtemps persuadés, dans le secret de notre conscience d’ermite, que cette digne parade de grands mots fait partie des vieux ornements, de la vieille poussière, des ‘antiquailles’ du mensonge et de l’inconsciente vanité humaine.

 

  1. Roger(2018-07-10) : Cette conscience-là ne sort pas d’elle-même. C’est pourquoi nos échanges tournent en rond. Mais à partir du moment où l’on prononce le mot « conscience » un mécanisme libérateur peut  se mettre en route si on accepte de l’écouter. Il nous parle alors de la Conscience universelle qui relie tous les êtres vivants et (apparemment) morts. Car les morts sont bien vivants mais existent dans d’autres dimensions auxquelles mystiques et poètes ont accès et dont ils rendent compte dans leur productions et leurs œuvres. Ont accès  celles et ceux qui en sont dignes par leur ouverture d’esprit. D’où l’intérêt de « Nosso Lar (notre demeure) » de Chico Xavier (éd Philman). Après la lecture de ce livre et d’autres de ce médium brésilien remarquable, le mieux sera de nous donner rendez-vous après notre mort à l’un et à l’autre.

 

  1. Bernhart (2018-07-11) : Ont accès….  celles et ceux qui en sont dignes par leur ouverture d’esprit. oOps!

Oui et non?

Je suis parvenu à avoir la ferme conviction que la vanité est la base de tout, et enfin que ce qu’on appelle conscience n’est que la vanité intérieure.

L’avenir est ce qu’il y a de pire dans le présent.

La conscience du genre humain s’est changée depuis Homère. Le ventre de Sancho Pança fait craquer la ceinture de Vénus. Au lieu de nous acharner à reproduire de vieux chics, il faut s’évertuer à en inventer de nouveaux.

 

Le génie n’est pas rare maintenant, mais ce que personne n’a plus et ce qu’il faut tâcher d’avoir, c’est la conscience.

 

Le matérialisme et le spiritualisme pèsent encore trop sur la conscience de l’homme pour que l’on étudie impartialement tous ces phénomènes. L’anatomie du cœur humain n’est pas encore faite. Comment voulez-vous qu’on le guérisse ?

 

GUSTAVE FLAUBERT

 

Roger 11 juillet Le rendez-vous dans l’au-delà tient toujours. Flaubert n’en parle pas. Dommage !

 

  1. Bernhart (2018-07-11) : Hélas,mes frères,ce dieu que j’ai créé était œuvre faite de main humaine et folie humaine,comme sont tous les dieux.Il n’était qu’homme, pauvre fragment d’un homme et d’un«moi»: il sortit de mes propres cendres et de mon propre brasier, ce fantôme, et vraiment, il ne me vint pas de l’au-delà! (…)

 

  1. Du « génie de l’espèce ».— Le problème de la conscience (ou plus exactement : de la conscience de soi) ne se présente à nous que lorsque nous commençons à compren­dre en quelle mesure nous pourrions nous passer de la conscience : la physiologie et la zoologie nous placent maintenant au début de cette compréhension (il a donc fallu deux siècles pour rattraper la précoce défiance de Leibniz). Car nous pourrions penser, sentir, vouloir, nous souvenir, nous pourrions également agir dans toutes les acceptions du mot, sans qu’il soit nécessaire que nous « ayons conscience » de tout cela. La vie tout entière serait possible sans qu’elle se vît en quelque sorte dans une glace : comme d’ailleurs, maintenant encore, la plus grande partie de la vie s’écoule chez nous sans qu’il y ait une pareille réflexion —, et de même la partie pensante, sensitive et agissante de notre vie, quoiqu’un philosophe ancien puisse trouver quelque chose d’offensant dans cette idée. À quoi servira donc la conscience si, pour tout ce qui est essentiel, elle est superflue ?— Dès lors, si l’on veut écouter ma réponse à cette question et les suppositions, peut-être lointaines, qu’elle me suggère, la finesse et la force de la conscience me paraissent toujours être en rapport avec la faculté de communicationd’un homme (ou d’un animal), et, d’autre part, la faculté de communication en rapport avec le besoin de communication :mais il ne faut pas entendre ceci comme si l’individu qui serait justement maître dans la com­munication et dans l’explication de ses besoins devrait être lui-même réduit, plus que tout autre, à compter sur ses semblables dans la réalisation de ses besoins. Il me semble pourtant qu’il en est ainsi par rapport à des races tout entières et des générations successives. Quand le besoin, la misère, ont longtemps forcé les hommes à se communiquer, à se comprendre réciproquement d’une façon rapide et subite, il finit par se former un excédent de cette force et de cet art de communication, en quelque sorte une fortune qui s’est amassée peu à peu, et qui attend maintenant un héritier qui la dépense avec prodigalité (ceux que l’on appelle des artistes sont de ces héritiers, de même les orateurs, les prédicateurs, les écrivains : toujours des hommes qui arrivent au bout d’une longue chaîne, des hommes tardifs au meilleur sens du mot, et qui, de par leur nature, sont des dissipateurs). En admettant que cette observation soit juste, je puis continuer par cette supposition que la conscience s’est seulement développée sous la pression du besoin de communication, que, de prime abord, elle ne fut néces­saire et utile que dans les rapports d’homme à homme (surtout dans les rapports entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent) et qu’elle ne s’est développée qu’en regard de son degré d’utilité. La conscience n’est en somme qu’un réseau de communications d’homme à homme, — ce n’est que comme telle qu’elle a été forcée de se développer : l’homme solitaire et bête de proie aurait pu s’en passer. Le fait que nos actes, nos pensées, nos sentiments, nos mouvements parviennent à notre cons­cience — du moins en partie — est la conséquence d’une terrible nécessité qui a longtemps dominé l’homme : étant l’animal qui courait le plus de dangers, il avait besoind’aide et de protection, il avait besoin de ses semblables, il était forcé de savoir exprimer sa détresse, de savoir se rendre intelligible — et pour tout cela il lui fallait d’abord la « conscience », il lui fallait « savoir » lui-même ce qui lui manque, « savoir » quelle est sa disposition d’esprit, « savoir » ce qu’il pense. Car, je le répète, l’homme comme tout être vivant pense sans cesse, mais ne le sait pas ; la pensée qui devient conscienten’en est que la plus petite partie, disons : la partie la plus mauvaise et la plus superficielle ; — car c’est cette pensée consciente seule­ment quis’effectue en paroles, c’est-à-dire en signes de communication, par quoi l’origine même de la conscience se révèle. En un mot, le développement du langage et le développement de la conscience (nonde la raison, mais seulement de la raison qui devient consciente d’elle-même) se donnent la main. Il faut ajouter encore que ce n’est pas seulement le langage qui sert d’intermédiaire entre les hommes, mais encore le regard, la pression, le geste ; la conscience des impressions de nos propres sens, la faculté de pouvoir les fixer et de les déterminer, en quelque sorte en dehors de nous-mêmes, ont augmenté dans la mesure où grandissait la nécessité de les commu­niquer à d’autrespar des signes. L’homme inventeur de signes est en même temps l’homme qui prend conscience de lui-même d’une façon toujours plus aiguë ; ce n’est que comme animal social que l’homme apprend à devenir conscient de lui-même, — il le fait encore, il le fait toujours davantage. — Mon idée est, on le voit, que la conscience ne fait pas proprement partie de l’existence individuelle de l’homme, mais plutôt de ce qui appartient chez lui à la nature de la communauté et du troupeau ; que, par conséquent, la conscience n’est développée d’une façon subtile que par rapport à son utilité pour la communauté et le troupeau, donc que chacun de nous, malgré son désir de se comprendresoi-même aussi individuellement que possible, malgré son désir « de se connaître soi-même », ne prendra toujours conscience que de ce qu’il y a de non-individuel chez lui, de ce qui est « moyen » en lui, — que notre pensée elle-même est sans cesse majoréeen quelque sorte par le caractère propre de la conscience, par le « génie de l’espèce » qui la commande — et retranscrit dans la perspective du troupeau. Tous nos actes sont au fond incomparablement personnels, uniques, immensément personnels, il n’y a à cela aucun doute ; mais dès que nous les transcrivons dans la conscience, il ne paraît plus qu’il en soit ainsi… Ceci est le véritable phénoménalisme, le véritable perspectivisme tel que moi je l’entends : la nature de la conscience animaleveut que le monde dont nous pouvons avoir conscience ne soit qu’un monde de surface et de signes, un monde généralisé et vulgarisé, que tout ce qui devientconscient devient par là plat, mince, relativement bête, devientgénéralisation, signe, marque du troupeau, que, dès que l’on prend conscience, il se produit une grande corruption foncière, une falsification, un aplatissement, une vulgarisation. En fin de compte, l’accroissement de la conscience est un danger et celui qui vit parmi les Européens les plus conscients sait même que c’est là une maladie. On devine que ce n’est pas l’opposition entre le sujet et l’objet qui me préoccupe ici ; je laisse cette distinction aux théori­ciens de la connaissance qui sont restés accrochés dans les filets de la grammaire (la métaphysique du peuple). C’est moins encore l’opposition entre la « chose en soi » et l’apparence : car nous sommes loin de « connaître » assez pour pouvoir établir cette distinction. À vrai dire nous ne possédons absolument pas d’organe pour la connaissance, pour la « vérité » : nous « savons » (ou plutôt nous croyons savoir, nous nous figurons) justement autant qu’il est utile que nous sachions dans l’intérêt du troupeau humain, de l’espèce : et même ce qui est appelé ici « utilité » n’est, en fin de compte, qu’une croyance, un jouet de l’imagination et peut-être cette bêtise néfaste qui un jour nous fera périr. Friedrich Nietzsche

 

  1. Roger (2018-07-13) Cette analyse est intéressante mais ne répond pas à la question que je me pose : comment la conscience rejoint la Conscience.

 

Bernhart  (2018-07-13) comment la conscience rejoint la Conscience.

Vous connaissez la réponse elle se trouve dans votre questionnement. Cela est intelligent de votre part d’accorder  crédit à mes analyses, mes supputations parfois douteuses ou pires?

Vous essayez de provoquer chez moi un effet sans suffisante la singerie des grandes marées de l’âme.oOps!

Ma réponse est humaine un peu trop humaine.

La plupart de nos actions ne sont pas exécutées sous le contrôle de la conscience et lorsqu’elles le sont, le sentiment d’en être conscient n’est peut-être qu’une illusion. Comme nous l’avons entrevu à la suite des résultats de l’expérience de Libet, les aspects conscients de notre ipséité, tels que le sentiment d’avoir volontairement causé une action ou la sensation d’être soi (la conscience de soi), ne correspondent pas toujours à la réalité objective (Wegner, 2002 ; de Vignemont, 2002). Ces prises de conscience relèveraient de mécanismes antérieurs au sentiment qu’ils causent, antériorité fondée sur la lenteur des processus aboutissant à l’expérience consciente. La conscience n’aurait donc pas de rôle causal immédiat sur l’activité nerveuse ni sur le comportement. La pensée consciente à laquelle on attribue la cause d’une action ne serait qu’un processus retardé par rapport à l’intention (non consciente) qui a effectivement causé l’action.

Ce rôle retardé d’une conscience de soi « à l’arrière-plan » est pourtant essentiel : il contribue à maintenir l’unité du moi en réalisant la liaison entre l’intention et l’action. La conscience intervient dans la structuration du moi cognitif qui, à terme, par le biais des apprentissages et de l’expérience, modèle les réseaux cérébraux. Le rôle de la prise de conscience dans cette chronologie serait non pas de causer le comportement, mais de provoquer un réarrangement cognitif secondaire nécessaire à la mise en place de mécanismes déclaratifs tels que les croyances ou les préférences.

3 Vidéos pour le fun……..

https://www.youtube.com/watch?v=wjojn6hS_HM&start_radio=1&list=RDwjojn6hS_HM

https://www.youtube.com/watch?v=QesoDrvQMvA&index=10&list=RDMMfouNg9qpI0A

https://www.youtube.com/watch?v=tsaSwWgaF_U

 

Roger à la liste(2018-07-13) : Il est clair que nous ne parlons pas de la même chose.

 

 

Roger et Alii – Retorica – 2 890 mots – 17 800 caractères – 2018-07-14

 

 

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