24 PSY personnes cadeaux 2012

1. “Les personnes sont des cadeaux”. On remarquera qu’on ne dit pas “Les individus sont des cadeaux”.  L’étymologie en donne l’explication. L’individu, du latin individuum traduit le grec atomos “qui ne peut être coupé” (d’où le français atome). L’individu est unique par opposition à gens, spécies : “genre”, “espèce”  (d’où le français genre, espèce). Vers 1680, chez Richelet, individu prend le sens de “membre de l’espèce humaine” ; vers 1738 c’est un “corps organisé qui ne peut être divisé sans être détruit”. Chez Rousseau (1755) c’est le membre d’une collectivité humaine. En 1791 Robespierre l’emploie dans le sens d’une “personne quelconque” et parle avec mépris de l’individu royal.  Vers 1814 l’individu est “l’élément élémentaire d’une société”. En somme cet individu n’a pas d’individualité propre, au contraire de la personne

Persona, en grec puis en latin, c’est le masque que porte l’acteur. Le visage est donc dissimulé d’où la profondeur du couple révélé / caché. Personne prend le sens de « manifestation » dans le christianisme qui évoque “un seul Dieu en trois personnes”, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, le Créateur, l’Homme-Dieu (Jésus) et l’Energie intelligente agissant à travers le monde. Ces trois manifestations ne forment qu’un seul Dieu. La pensée hindoue connaît également ce type de présentation. De même une famille peut être composée d’un père, d’une mère et d’un enfant, trois personnes donc en une seule entité, la famille qui présente trois manifestations La personne est un être humain rempli de mystère, notamment quand on l’intègre dans une collectivité d’une manière concrète et vivante, ce que ne fait pas l’individu abstrait et figé.

2. On comprend mieux l’intérêt du texte qui suit et qui invite à la méditation. Méditer demande du temps. Gurdjieff (1877 – 1949)  disait qu’il fallait lire ses écrits trois fois :

– une première pour une vision sommaire, courante :

– une seconde pour une approche plus intellectuelle ;

– une troisième, la vraie, pour la découverte du sens profond.

Il en va de même pour ce propos qui est lié au prochain (“Aime ton prochain comme toi-même”) et à la règle d’or, thèmes déjà traités dans Retorica.

Le texte qui suit circule sur la toile, généralement sans mention de son auteur. Ce qui est très dommage. Certes le texte appartient à tout le monde mais ne pas en donner l’origine est une faute contre l’Esprit.

  3. Cette méditation semble avoir été écrite par un frère dominicain (O.P) des Etats-Unis Georges B. Nintemann mort le 30 novembre 1996, si on en croit une liste nécrologique de son ordre. D’après Amazon.com cette méditation proviendrait d’une plaquette de 29 pages intitulée “Bible rosary wake” (St Paul Editions 1968). Très teinté d’esprit “Peace and Love”, ce texte a connu un grand succès. Il en circule d’innombrables versions, de toutes longueurs et en toutes langues. Certaines, dont probablement l’originale, sont ouvertement chrétiennes (“Les personnes sont des cadeaux de Dieu le Père”). D’autres sont laïques comme celle que j’ai retenue d’après :

 http://www.camee.ca/les_personnes_sont_des_cadeaux.htm

C’est une version qui est signée, donc authentifiée, du moins apparemment.

4. Les personnes sont des cadeaux

Certaines sont magnifiquement enveloppées

elles sont très attrayantes, dès le premier contact.

D’autres sont enveloppées de papier très ordinaire.

D’autres ont été malmenées par la poste.

II arrive parfois qu’il y ait une  » distribution spéciale « ,

certaines sont des cadeaux dont l’emballage laisse à désirer,

d’autres dont l’emballage est bien fait.

Mais l’emballage n’est pas le cadeau !

C’est si facile de faire l’erreur et nous rions

quand les enfants prennent l’un pour l’autre.

Parfois, le cadeau est très facile à ouvrir,

parfois il faut se faire aider.

Peut-être parce que les autres ont peur ?

Ils ont peut-être déjà été ouverts et rejetés ?

Je suis une personne et donc moi, je suis un cadeau!

Un cadeau pour moi-même, d’abord.

Ai-je regardé à l’intérieur de l’emballage ?

Ai-je peur de le faire ?

Peut-être n’ai-je jamais accepté le cadeau que je suis…

Pourrait-il se faire qu’il y ait à l’intérieur quelque chose

de différent de ce que j’imagine ?

Je n’ai peut-être jamais vu le cadeau merveilleux que je suis.

Ma création pourrait-elle être autre chose que magnifique ?

J’aime les cadeaux que je reçois de ceux qui m’aiment,

pourquoi pas le cadeau que je suis ?

Je suis un cadeau pour les autres,

est-ce que j’accepte d’être donné aux autres ?

Les autres doivent-ils se contenter de l’emballage ?

Peuvent-ils apprécier tout le cadeau ?

Toutes les rencontres sont des échanges de cadeaux

mais un cadeau sans quelqu’un qui le donne n’est pas un cadeau ;

c’est une chose privée de liens avec celui qui donne

ou celui qui reçoit.

L’amitié est une relation entre des personnes qui se voient

comme elles sont en réalité…

Ne sommes-nous pas des cadeaux les uns envers les autres et pour les autres ?

d’après Georges B. Nintemann

5. Variante. Quelques rares variantes fournissent une conclusion un peu plus longue, un peu plus complexe. Je la donne en songeant aux “trois tamis” de Socrate dont j’avais trouvé également des versions différentes et significatives, aptes également à des méditations plus élargies. Chercher sur Google : “trois tamis retorica.info”). Voici donc la variante que je vous propose :

(…)

Toutes les rencontres sont des échanges de cadeaux. 

Une personne est un cadeau, pas seulement pour moi. 

Mais aussi pour les autres à travers moi. Quand une personne devient mon ami et que je me l’approprie, 

je détruis sa nature de cadeau si je le mets de coté que pour moi. 

C’est alors que je peux le perdre, 

mais si je le donne aux autres, je le garde.

Oui, les personnes sont des cadeaux reçus…ou donnés…

http://tempsspi.scoutblog.org/index.php/post/2008/11/09/les-gens-sont-des-cadeaux

Roger et Alii

Retorica

(5.900 caractères)

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