25 REC Histoires drôles L’appeau 2009_04

1. Présentation Quand l’histoire drôle est relativement brève je la classe en 28 RHEtorique humour blague quand elle est vraiment longue je la classe en 25 RECit. Il s’agit ici de conjuguer, d’une manière un peu sauvage, étymologie et ethnologie. L’étymologie populaire veut  trouver à toute force une origine plausible. Le cas le plus connu concerne la “pipe en écume de mer” dont on croit savoir qu’il s’agit d’une déformation du nom de son fabricant Kummer. Cette pipe est faite d’une terre mêlée à de la magnésie. C’est une espèce de craie qu’on trouve à Briançon. Mais un petit malicieux observe que Kummer ou Cummer est un personnage inventé par Alphonse Karr. Le mystère reste entier. Aujourd’hui il s’agit de retrouver l’origine d’expressions du style “Coûter la peau des fesses” ou “Coûter la peau des couilles” ou  l’injure “peau d’fesses”. Cette histoire existe sous  plusieurs versions que je reproduis fidèlement.  Je vais ensuite les comparer selon la technique du parallèle qui  est à la base de Retorica. Roger.

2. Première version (par ordre d’arrivée)

Voilà l’histoire réelle d’une expression connue de tous, mais très souvent mal orthographiée. L’histoire est malheureusement inconnue de beaucoup, aussi, après de longues recherches, je la livre un peu écourtée, mais bien réelle.

  Par un beau jour d’automne 1820, le duc de Mirnouf, passionné par la chasse mais frustré par le maigre gibier qu’il ramenait de ses pérégrinations forestières,  imagina qu’il devait être possible de fabriquer un outil apte à lui faciliter la tâche et rendre plus plaisante sa traque des animaux.

Il convoqua tous les artisans de la contrée pour mettre au concours la concrétisation de cette idée et leur laissa deux mois pour  fabriquer le plus inventif et le plus efficace des appareils.

A peine une semaine plus tard, un marchand du nom de Martin Écouille, se présenta au château, clamant à qui veut l’entendre qu’il possédait ce dont le duc rêvait.

Il obtint sans peine une audience auprès du noble seigneur et s’empressa de lui faire la démonstration de sa merveille.

Devant une assemblée dubitative, mais curieuse, il sortit de sa poche un minuscule sifflet (un appeau) et le porta à la bouche pour produire un son strident qui aussitôt imposa le silence parmi les personnes présentes.

A peine quelques secondes plus tard, des dizaines d’oiseaux de toutes sortes s’étaient approchés et virevoltaient autour de lui, comme attirés et charmés par cette étrange mélodie.

 Le duc imagina sans peine le profit qu’il pouvait tirer d’un tel accessoire lors des ses futures chasses.

 Il s’éclaircit la gorge et ne prononça qu’une seule phrase :

– Combien cela va-t-il me coûter?

 Martin Écouille, sûr de lui, répondit qu’il accepterait de se séparer de son objet en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur.

 Cette requête fit sourire l’assemblée mais le duc garda tout son sérieux et accepta la transaction.

La nouvelle fit grand bruit et se répandit vite bien au delà des limites du duché.

Un marchand avait vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc qui en paya le coût sans broncher.

On ne sait plus aujourd’hui ce que le marchand est devenu par la suite et l’objet n’a, hélas, pas survécu aux années mais cette anecdote a subsisté dans la langue française pour qualifier les objets hors de prix:

« Ça coûte l’appeau d’Écouille ».

3. Deuxième version

Par un beau jour d’automne de l’an de grâce 1243, le duc Enguerrand de Montcerf, passionné de chasse (ça ne s’invente pas) mais frustré par le maigre gibier qu’il ramenait de ses pérégrinations forestières, imagina qu’il devait être possible de fabriquer un outil apte à lui faciliter la tâche et rendre plus plaisante sa traque des animaux. 

Il convoqua tous les artisans des corporations de son fief pour mettre au concours la concrétisation de cette idée et leur laissa deux mois pour fabriquer le plus inventif et le plus efficace des appareils. 

A peine une semaine plus tard, un marchand : le sieur Jehan Évrille, se présenta au château clamant à qui voulait l’entendre qu’il possédait ce dont le duc rêvait. 

Il obtient sans peine une audience au près du noble seigneur et s’empressa de lui faire démonstration de la merveille qu’il vendait. 

Devant une assemblée dubitative mais curieuse, il sortit de sa poche un minuscule sifflet de bois de buis (l’appeau) et le porta à la bouche pour y souffler, aussitôt, de toutes ses forces. Aucun son n’en sortit, mais, tous les chiens du château se mirent à hurler formidablement ce qui, de fait, imposa le silence aux personnes présentes. 

A peine quelques secondes plus tard, des dizaines de faisans, de cailles, de hérons, de grives, et autres perdrix se précipitèrent par les fenêtres et se mirent à virevolter autour de lui, comme attirés et charmés par ce qui apparemment sortait du sifflet et que seuls les animaux entendaient. 

Le duc, subjugué, s’imagina sans peine le profit qu’il pouvait tirer d’un tel accessoire pour assouvir sa passion. 

Empourpré, il se leva d’un bond, s’éclaircit la gorge et ne prononça qu’une seule phrase : 

– Holà, Maître Siffleur, combien cela va-t-il me coûter ? 

Le Jehan, sûr de lui, répondit qu’il accepterait de se séparer de son objet en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur payable en bons écus Tournois d’or. 

Cette requête fit sourire l’assemblée mais le duc garda tout son sérieux et accepta le marché. 

La nouvelle fit grand bruit et se répandit vite bien au delà des limites du duché: Un artisan avait vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc qui en paya le coût sans broncher. 

On ne sait plus aujourd’hui ce qu’il advint de l’ingénieux marchand, ni si le seigneur fit des prouesses cynégétiques, ni, encore, ce qu’est devenu l’objet (d’ailleurs, existe-t-il encore ?). Mais, cette anecdote a traversé les époques et il subsiste de cette merveilleuse histoire une expression très usitée de la langue française pour qualifier une transaction hors de prix : 

« Coûter l’appeau d’Évrille ».

(http://www.orlovi.com/forum/viewtopic.php?p=762540&sid=1ba3767f695bc0b5b5310f438d94d8c5)

Un commentateur se pose la bonne question : Comment cette expression a-t’elle pu se transformer tout d’abord en « Coûter l’appeau d’Ecouille » ou « Coûter la peau d’Effesse (puis par l’ignorance de la vraie histoire « Coûter la peau des couilles ou la peau des fesses…).

4. Troisième version 

12 oct. à 17h35 Pensée dominicale Woogy Edition spéciale Une information nous est parvenue ce jour, par l’AFP, d’une importance capitale et coïncide avec l’histoire précédente, concernant le dénommé Martin Ecouille, inventeur de l’appeau. Des ossements humains auraient été découverts aujourd’hui dans une grotte du duché de Mirnouf. L’enquête a aussitôt été confiée à Scotland Yard, qui passait par là par hasard, et qui aurait d’ores et déjà identifié le propriétaire des os. Il s’agirait, vous l’avez peut-être deviné, d’un certain Martin Ecouille, qui avait fait fortune en vendant son appeau, ce qui avait rendu célèbre l’appeau de maître Ecouille, et Scotland Yard a déjà émis l’hypothèse que l’infortuné marchand aurait été victime d’une embuscade, ce qui lui aurait coûté la vie. Au départ, Scotland Yard avait envisagé que les brigands en voulaient à l’appeau d’Ecouille en s’écriant : « Les bourses ou la vie ». Mais les enquêteurs se ravisèrent en constatant que le squelette de maître Ecouille était seul, que l’argent avait disparu et qu’il ne restait donc que l’appeau sur les os. Fin d’une histoire tragique. Lire la suite…

9 oct. à 19h39 L’appeau sur le revenant (Suite et fin) Woogy Il s’agit là d’une histoire vraie qui ne l’est pas vraiment, mais qui aurait pu l’être. De la même manière, c’est histoire de mon cru qui n’est pas de moi, mais qui aurait pu l’être. Je vous la livre donc comme telle.Ceci est l’histoire d’une expression connue de tous, mais très souvent mal orthographiée. L’histoire du pourquoi est malheureusement inconnue de beaucoup, en voici la version courte, mais bien réelle toutefois. Par un beau jour d’automne 1820, le duc de Mirnouf, passionné par la chasse mais frustré par le maigre gibier qu’il ramenait de ses pérégrinations forestières (ça, c’est comme mon ami Jean), imagina qu’il devait être possible de fabriquer un outil apte à lui faciliter la tâche et rendre plus plaisante sa traque des animaux.Il convoqua tous les artisans de la contrée pour mettre au concours la concrétisation de cette idée et leur laissa deux mois pour fabriquer le plus inventif et le plus efficace des appareils. A peine une semaine plus tard, un marchand du nom de Martin Écouille, se présenta au château clamant à qui veut l’entendre qu’il possédait ce dont le duc rêvait. Il obtint sans peine une audience auprès du noble seigneur et s’empressa de lui faire la démonstration de sa merveille. Devant une assemblée dubitative mais curieuse, il sortit de sa poche un minuscule sifflet, qu’on appelait un appeau et le porta à la bouche pour produire un son strident qui aussitôt imposa le silence parmi les personnes présentes. A peine quelques secondes plus tard, des dizaines d’oiseaux de toutes sortes s’étaient approchés et virevoltaient autour de lui, comme attirés et charmés par cette étrange mélodie. Le duc imagina sans peine le profit qu’il pouvait tirer d’un tel accessoire lors des ses futures chasses. Il s’éclaircit la gorge et ne prononça qu’une seule phrase : « – Combien cela va-t-il me coûter ? » Martin Écouille, sûr de lui, répondit qu’il accepterait de se séparer de son objet en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur. Cette requête fit sourire l’assemblée mais le duc garda tout son sérieux et accepta la transaction. La nouvelle fit grand bruit et se répandit vite bien au delà des limites du duché. Un marchand avait vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc qui en en paya le coût sans broncher.

  On ne sait plus aujourd’hui ce que le marchand est devenu par la suite et l’objet n’a hélas pas survécu aux années mais cette anecdote a subsisté dans la langue française pour qualifier les objets hors de prix:

« Ça coûte  l’appeau d’Écouille ».

  Un peu de culture, ne peut pas faire de  mal.

7 oct. à 22h47 L’appeau sur le revenant ! Woogy

(http://woogy.blog.mongenie.com/)

5. Quatrième  version

A l’automne 1620, le duc de HARDEBOIS, passionné de chasse, imagina qu’il devait être possible de fabriquer un outil capable de lui faciliter la tâche et rendre plus aisée son occupation favorite à savoir, la traque des animaux.

Il convoqua tous les artisans des contés alentours, pour les mettre au défi de concrétiser cette idée et fabriquer le plus ingénieux et le plus efficace des appareils.

A peine une semaine plus tard, un marchand du nom de Martin Hécouye, se présenta au château, disant qu’il était en mesure de proposer un appareil qu’il avait dénommé ‘appeau’ (venant de ‘appel’) !

Il obtint sans peine une audience exceptionnelle et s’empressa de faire à Monsieur le Duc, la démonstration de sa trouvaille. Devant le Conseil dubitatif mais intrigué, il sortit de sa poche un minuscule sifflet qu’il porta à la bouche pour produire un son bizarre, qui aussitôt imposa le silence parmi les personnes présentes.

Quelques secondes plus tard, des dizaines d’oiseaux virevoltèrent autour de lui, attirés et charmés par cette étrange sonorité.

Le Duc imagina sans peine l’avantage qu’il pourrait tirer d’un tel accessoire. Il s’éclaircit la gorge et ne prononça qu’une seule phrase:

« Combien cela va-t-il me coûter ?’

Martin Hécouye, sûr de lui, répondit qu’il accepterait de se séparer de son ‘appeau’ en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur.

Cette requête fit s’esclaffer l’assemblée, mais le Duc rétablit l’ordre et accepta la transaction.

La nouvelle fit grand bruit et se répandit très vite, bien au delà des limites du Duché : « Un marchand a vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc ! »

Cette anecdote s’est transmise et subsiste encore dans la langue française pour qualifier les objets hors de prix, sous forme de l’expression :

Coûter l’appeau d’Hécouye’. 

(http://aliciabx.over-blog.com/article-16043161.html)

6. Conclusion : Après réflexion et mise en parallèle des versions, je note des variations de date, de noms et d’expérimentation. L’élément invariant est celui d’un appeau universel. Un appeau universel aurait été l’arme absolue car les appeaux sont très spécifiques.  Dans la version, peut-être la plus fiable, l’appeau est inaudible aux auditeurs mais pas aux chiens qui se mettent à hurler avant l’arrivée des oiseaux.  C’était un appeau mythique d’où une histoire propre aux chasseurs. Cette version situe l’objet en 1243, ce qui est vraisemblable dans l’invraisemblable. Les appeaux remontent très loin dans le temps. La chasse était réservée à la noblesse. La Révolution française  la démocratise. Cette version  ignore le jeu de mots courant et se termine par : “Coûter l’appeau d’Évrille”. Or cette expression n’existe pas ! On peut penser que “Evrille” est un changement  apporté par décence par un narrateur égrillard. “Coûter l’appeau d’Hécouye” serait la bonne version, avec allusion aux parties anatomiques les plus précieuses pour un chasseur…

7. Annie D. (25 avr 2009) : Mais… nous ne sommes pourtant pas le 1er avril ! Roger (25 avr) : Tu as raison mais ceci entre plutôt dans le cadre de Rectorica, la Rhétorique du rectum…

Trouvaille involontaire d’un élève consultant le site.

Car rien de ce qui est humain ne nous est étranger (Térence) !

Annie (25 avr) : Absolument ! Et…

Je n’ai même rien contre un peu de grotesque : tendance indienne ?

(j’aime bien les grotesques grecs et latins aussi)

Roger et Alii

Retorica

(2.250 mots, 13.700 caractères)

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