26 REL Apollonius de Tyane 2009_08

Voici un homme singulier qui, en son temps, a été comparé à Jésus. Guérisseur, faiseur de miracles, Apollonius de Tyane a bien connu les mondes de l ‘Orient, à l’instar de Jésus ? Car les « années obscures » de celui-ci ont peut-être été consacrées à retisser des liens avec les dix tribus dispersées jusqu’en Afghanistan et peut-être au-delà jusqu’au Tibet. D’où l’intérêt d’Apollonius de Tyane qu’il faut replacer dans son temps. Ce fichier est du type trampoline : il se déploie apparemment sans ordre ni méthode.

Roger.

1. Histoire du Magnétisme Diodore de Sicile (90 – 20) Professeur en Egypte puis à Rome il est l’auteur, entre 60 et 30 d’une compilation historique dite Bibliothèque, en 40 livres (16 conservés) qui mènent le lecteur des origines mythiques du monde jusqu’à 59. Pour mener à bien son projet il voyage beaucoup en Europe et en Asie, et mêle ainsi ses propres observations aux matériaux recueillis dans la littérature abondante à l’époque. Il dit positivement que les malades arrivaient en foule dans le temple d’Isis pour y être endormis par les prêtres. La plupart des patients tombaient alors en crise et indiquaient eux-mêmes le traitement qui devait les ramener à la santé.

http://www.shamanes.com/Magnetisme/histoire2.html

2. Le temple de Sérapis d’Alexandrie était renommé pour rendre le sommeil à ceux qui en étaient privés. Strabon rapporte qu’à Memphis, les prêtres s’endormaient et dans cet état, donnaient des consultations médicales. Arnobe, Celse, et Jamblique enseignaient dans leurs écrits que chez les Egyptiens, il existait de tous temps des personnes douées de la faculté de guérir au moyen d’attouchements et d’insufflations, et qu’elles réussissaient souvent à faire disparaître certaines affections réputées incurables. Certains papyrus parvenus jusqu’à nous, tout comme les nombreux bas-reliefs où se trouvent représentés certains rites particuliers, l’attestent également. Les Grecs par la suite surent emprunter un grand nombre de connaissances au peuple du Nil et ne tardèrent pas à égaler sinon à surpasser leurs maîtres. D’ailleurs les hiérophantes qui desservaient l’autel de Trophonius , s’étaient acquis une grande célébrité dans ces matières. Hérodote rapporte encore qu’à cette époque, des prêtres jaloux d’une magicienne qui opérait des guérisons au moyen de frictions magnétiques, la firent périr.

3. Apollonius de Thiane, illustre thaumaturge « , philosophe grec, adepte de la doctrine de Pythagore, dont il écrivit une biographie, il voyagea beaucoup dans le monde gréco-romain », n’ignorait pas lui non plus ces pratiques : il guérissait l’épilepsie au moyen d’objets magnétisés, prédisait l’avenir et annonçait les événements qui se passaient au loin. A son sujet, nous conservons cette anecdote : dans sa vieillesse, un jour qu’il enseignait sur la place publique d’Ephèse, ses disciples le virent s’arrêter tout à coup et s’écrier d’une voix vibrante  » Courage, frappe le tyran ! « . Il s’interrompit encore quelques instants, dans l’attitude d’un homme qui attend avec anxiété, et reprit :  » Soyez sans crainte Ephésiens ! Le tyran n’est plus ; il vient d’être assassiné “. Quelques jours après, on apprit qu’au moment même où Apollonius parlait ainsi, Domitien tombait sous le poignard d’un affranchi.

4. Apollonius de Tyane est un philosophe néopythagoricien, prédicateur et thaumaturge du ier siècle de l’ère chrétienne, né en 16 ap. J.-C. à Tyane en Cappadoce et mort à Éphèse en 97 ou en 98. Il fut comparé à Jésus de Nazareth, en quelque sorte un « Christ païen » : il eut des disciples et fit des miracles. La Vie d’Apollonius de Tyane de Philostrate est la principale source d’information que l’on ait sur lui. Il fut un grand voyageur, visitant les pays entourant la Méditerranée, alla jusqu’à Babylone et même en Inde où il se lia d’amitié avec des brahmanes. Il marchait pieds nus, portant les cheveux longs, ne se nourrissant que de légumes, refusant les boissons alcoolisées et pratiquant l’abstinence sexuelle, vivant d’aumône, redistribuant aux pauvres les biens qu’on lui donnait et couchant dans les temples. Il pratiquait la prédication, rassemblant sur son passage des foules qui venaient l’écouter condamner le luxe et la décadence des mœurs, convaincre de ne pas consommer de chair animale et prôner un système de vie communautaire. Malgré sa notoriété et ses nombreux disciples, il n’établit pas d’organisation ou de groupe formel, et ne forma aucun successeur pour poursuivre sa tâche de prédication. Apollonius souhaita à la ville d’Éphèse « une couronne de citoyens vertueux » plutôt que de bâtiments et de portiques.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Apollonius_de_Tyane

5. Biographie. Initié grec né au début de l’ère chrétienne, il descendait d’une famille ancienne qui avait fourni à la ville de Tyane quelques-uns de ses fondateurs. Son père s’appelait aussi Apollonius et était de beaucoup le plus riche citoyen d’une ville opulente. Il naquit dans les premières années du siècle et mourut sous le règne de Nerva. À quatorze ans, son père le conduisit à Tarse, où il eut pour maître le Phénicien Euthydème, rhéteur célèbre de ce temps. De là, il se rendit à Aegae, où il se trouva en rapport avec des adeptes de différentes écoles philosophiques. Le penchant naturel de son esprit vers le mysticisme lui fit embrasser de préférence les doctrines de Pythagore, enseignées dans cette ville par Euxène d’Héraclée qui s’adonnait aux plaisirs sensuels et prenait Epicure pour modèle. Apollonius observa toute sa vie les pratiques les plus sévères du pythagorisme antique, tout en mêlant aux doctrines de cette école une forte dose de néoplatonisme. On vantait son désintéressement, sa tempérance, sa chasteté qu’il poussa jusqu’à l’ascétisme.

Pendant cinq années, il pratiqua la vie silencieuse, conformément aux prescriptions de Pythagore. Il entreprit de longs voyages, en compagnie d’un certain Damis, qui devint son disciple. Ses pérégrinations les conduisirent principalement dans trois directions. Tout d’abord, Apollonius et ses compagnons de voyage se dirigèrent vers l’Orient : ils passèrent de la Pamphylie en Cilicie, de là ils allèrent à Antioche, en Syrie, puis à Ninive et à Babylone, jusqu’en Inde où Apollonios conversa avec les sages du pays, les Brahmanes. Ensuite, sous le règne de Néron (54-68), il se dirigea vers l’Occident : il visita les grandes cités de l’Ionie et de la Grèce, Rome, l’Italie et l’Espagne, séjournant à Gadès (Cadix). Enfin il se dirigea vers le sud : il visita la Sicile, passa par Rhodes pour gagner la côte septentrionale de l’Afrique, séjourna en Égypte, à Alexandrie (où il rencontra Vespasien [en 69] et les philosophes Euphratès et Dion de Pruse) et en Éthiopie, conversant avec d’autres sages, les Gymnosophistes. Puis il revint en Asie Mineure, en Grèce et à Rome sous le règne de Domitien (81-96). Son biographe le met ainsi en relation avec plusieurs intellectuels influents de l’époque, avec plusieurs princes qui ont régné à Rome depuis Néron, de même qu’avec des rois étrangers dont il lui fait visiter les États, comme ceux de Phraotès en Inde. Domitien le jette en prison, puis l’appelle devant son tribunal, d’où il s’échappe. Il meurt à Ephése en 97. Beaucoup pensent aujourd’hui qu’il mourut en Inde, et qu’un tombeau vénéré au Kashemire comme étant celui de Jésus, serait en fait celui d’Apollonius. Cette hypothèse mettrait fin à la théorie, reprise dans plusieurs livres, selon laquelle Jésus ne serait pas mort sur la croix mais partit en Inde où il mourut à un âge avancé.

6. La Légende Sa légende a été popularisée par une biographie rédigée par Philostrate l’Athénien, écrite deux siècles après sa mort. Sa légende vivante perdura jusqu’à la chute de l’empire romain, ses condisciples lui élevèrent des statues et des temples et le comparèrent à Jésus Christ. À Rome il fut banni par l’empereur Néron en tant que magicien après avoir ressuscité une jeune fille, et l’empereur Domitien, de force, lui fit couper sa barbe et ses cheveux. À Éphèse, le 18 septembre 96, devant ses disciples, il entra en transes criant « Frappe le tyran ! », alors qu’au même moment, l’empereur Domitien était assassiné à Rome, à l’instigation de sa femme Domitia et du préfet du prétoire. Selon la légende il était aussi capable d’être vu à deux endroits différents au même moment. On appelle ce phénomène : bilocation ou ubiquité.

7. Anecdote curieuse. son biographe Philostrate raconte une aventure curieuse survenue à son héros. Elle offre tous les aspects de la vérité mais… En tout cas elle a suscité de nombreux débats. « Cependant la peste s’était abattue sur Éphèse. Ne trouvant aucun remède à opposer au fléau, les Éphésiens envoyèrent des députés à Apollonius, dont ils espéraient leur guérison. Apollonius ne crut pas devoir différer :”Allons”, dit-il, et au même instant il fut à Éphèse, sans doute pour imiter Pythagore, qui s’était trouvé en même temps à Thurium et à Métaponte. Il rassembla les Éphésiens et leur dit : “Rassurez-vous, dès aujourd’hui je vais arrêter le fléau.” Il dit et mena la multitude au théâtre, à l’endroit où se trouve aujourd’hui une statue d’Hercule Sauveur. Là se tenait un vieux mendiant, qui feignait de loucher ; cet homme portait une besace remplie de morceaux de pain, était vêtu de haillons,et avait le visage pâle et défait. “Entourez, s’écrie Apollonius, cet ennemi des Dieux, ramassez autant de pierres que vous en pourrez trouver, et jetez-les lui.” Un tel ordre étonne les Éphésiens : ils jugent inique de tuer cet étranger, un homme dont la position était si misérable, et qui, par ses prières, s’efforçait de provoquer leur commisération. Mais Apollonius insistait et priait les Éphésiens de ne pas le laisser aller. Quelques-uns se mettent à lui jeter des pierres ; alors cet homme, qui avait paru louche, fait voir des yeux étincelants et flamboyants. Les Éphésiens reconnaissent un démon, et l’ensevelissent sous un monceau de pierres. Après un court intervalle, Apollonius ordonne d’enlever ces pierres, pour qur tous voient le monstre qui vient d’être tué. On les écarte, et que voit-on ? Le vieux mendiant a disparu, et à sa place est là, gisant un énorme molosse, de la taille d’un fort lion, tout meurtri et la gorge remplie d’écume comme un chien enragé. C’est à la place même où le mauvais génie fut ainsi lapidé qu’à été élevée la statue d’Hercule Sauveur. » (Livre IV, 10) Les Éphésiens sont donc délivrés de la peste…

8. Le nom Apollonios de Tyane a été arabisé en Balînûs Tûwânî, et c’est sous ce nom d’auteur qu’apparaît pour la première fois la courte et très célèbre Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste, la Bible de l’hermétisme et de l’alchimie, dans le Livre du secret de la Création (Kitâb sirr-al-Halîka).2 Le texte arabe date du VIe s., il sera traduit en latin vers 1140 par Hugues de Santalla. « C’est ici le livre du sage Bélinous [Apollonius de Tyane], qui possède l’art des talismans : voici ce que dit Bélinous. (…) Il y avait dans le lieu que j’habitais [Tyane] une statue de pierre, élevée sur une colonne de bois ; sur la colonne, on lisait ces mots : ‘Je suis Hermès, à qui la science a été donnée…’ Tandis que je dormais d’un sommeil inquiet et agité, occupé du sujet de ma peine, un vieillard dont la figure ressemblait à la mienne, se présenta devant moi et me dit : ‘Lève-toi, Bélinous, et entre dans cette route souterraine, elle te conduira à la science des secrets de la Création…’ J’entrai dans ce souterrain. J’y vis un vieillard assis sur un trône d’or, et qui tenait d’une main une tablette d’émeraude… J’appris ce qui était écrit dans ce livre du Secret de la Création des êtres… [Table d’émeraude :] Vrai, vrai, indiscutable, certain, authentique ! Voici, le plus haut vient du plus bas, et le plus bas du plus haut ; une oeuvre des miracles par une chose unique… »

• »Le De secretis naturae du Pseudo-Apollonius de Tyane, traduction latine par Hugues de Santalla du Kitâb sirr al-Halîqa de Balînûs », traduction éditée et présentée par Françoise Hudry, Chrysopoeia, Revue publiée par la Société d’Étude de l’Histoire de l’Alchimie, VI (1997-1999) : Cinq traités alchimiques médiévaux, Paris-Milan, Archè, 2000, pp. 1-154.

9. Bibliographie. Œuvres d’Apollonius de Tyane Trois œuvres.

1. La vie

• Philostrate, Apollonius de Tyane : sa vie, ses voyages, ses prodiges (217-245) (traduit du grec par Alexis Chassang) Édition initiale, sous le titre « Le Merveilleux dans l’Antiquité : Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges, par Philostrate, et ses lettres » (ouvrages traduits du grec, avec introduction, notes et éclaircissements par Alexis Chassang). Éditions Didier, Paris, 1862, XVI-492 p. Réédition, sous le titre « Apollonius de Tyane : sa vie, ses voyages, ses prodiges » (traduit du grec par Alexis Chassang, accompagné d’une présentation et de notes de Guy Rachet). Éditions Sand, coll. « Sagesse et spiritualité », Paris, 1995, 348 p., [pas d’ISBN].

Romans grecs et latins (textes présentés, traduits et annotés par Pierre Grimal), éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, 1958, XXII-1529 p. – Inclut une présentation et la traduction de la Vie d’Apollonios de Tyane, de Philostrate, p. 1025-1338.

2. Les lettres. R. J. Penella, The Letters of Apollonius of Tyana, Leyde, 1979.

3. Sur les sacrifices Sur les sacrifices : apud Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique, IV, 13.

4. Le Nuctéméron Le Nuctéméron est un curieux ouvrage, en grec, qui attribue un génie à chaque heure. Nuctéméron signifie « Le jour de la nuit ». L’occultiste Eliphas Lévi a traduit le livre, dont il fait Apollonius de Tyane l’auteur. Eliphas Lévi, Dogme et Rituel de la haute magie (1854-1861) (= Secrets de la magie, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2000, p. 321-332). Extrait : « Première heure : dans l’unité, les démons chantent les louanges de Dieu. »

10. Études en français

• Alfred Émile Sébastien Duméril, Apollonius de Tyane et l’état du paganisme dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, éditions H. Duthu, Bordeaux, 1883, 37 p.. Extrait des Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux et de Toulouse, année 1883, no 2.

• Maurice Magre, Magiciens et Illuminés. Apollonius de Tyane. Le Maître inconnu des Albigeois. Les Rose-Croix. Le Mystère des Templiers. Nicolas Flamel et la Pierre philosophale. Saint-Germain l’immortel. Cagliosbro le charlatan. Mme Blavatsky et les Théosophes., éditions Fasquelle et Bibliothèque Charpentier, Paris, 1930, 302 p.

• Mario Meunier, Apollonius de Tyane ou Le séjour d’un Dieu parmi les hommes.

• Première édition : éditions Bernard Grasset, Paris, 1936, , [pas d’ISBN].

• Réédition : éditions Robert Laffont, coll. « Les Grands initiés », Paris, 1974, 279 p., [pas d’ISBN]. La réédition de 1974 contient, en annexe, des extraits des Vers d’or de Pythagore, ainsi que des Commentaires sur les Vers d’or, de Hiéroclès, traduits du grec ancien par Mario Meunier.

• Jean-Louis Bernard, Apollonius de Tyane et Jésus. Première édition : éditions Robert Laffont, coll. « Les Portes de l’étrange », Paris, 1977, 285 p., [pas d’ISBN]. Réédition : éditions Guy Trédaniel, Paris, 1994, 254 p., (ISBN 2-85707-652-5).

• René Girard analyse un « horrible miracle d’Apollonius de Tyane » , sur la base du récit de Philostrate (Livre IV), pour souligner les différence entre le « gourou » qui fait lapider un mendiant (innocent) et le comportement du Christ face à la femme adultère.

11. Articles connexes (Wikipédia)

• néopythagorisme

• Vie d’Apollonius de Thyane, en 8 livres, traduction en français par Castillon (Berlin, 1774, 4 vol. in-4°); par Chassang : Vie d’Apollonius de Tyane, biographie romancée du philosophe ;

• biographie, textes issu du site de la Loge Apollonius de Tyane, Grand Orient de Suisse

Notes et références

1. (…) Louis Benoit propose que le mendiant lapidé n’était qu’une représentation, un simulacre de théâtre, ce qui sauverait Apollonius du procès en sacrificateur cynique

2. Hermès Trismégiste. La Table d’émeraude, Les Belles Lettres, coll. « Aux sources de la Tradition », 1994, préface de Didier Kahn, p. XIII, 1-12.

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