27 RET classeur 105 Ce qui marche 1997

Roger (24 août 1997) : Je relève les points principaux d’un apport d’Annie. (…) Dans le triangle prof – élève – classe qu’est-ce qui fonctionnait ? et qui fonctionne encore ? mieux ? ou plus mal ? Roger (22 av 2015) : Cette analyse est toujours actuelle.

Annie ( 24 août 1997) :

I. Ce qui fonctionnait assez bien

– Un embryon de conseil coopératif : 6 conseils par an pour quoi faire ? le compagnonnage

– Un embryon d’auto-inter-évaluation : fiches dévaluation collective

– Un embryon de plan de travail : programme annuel avec grille d’évaluation, rappel du planning au 3° T

– Un embryon de recherche documentaire : le contrat autour de l’exposé, les dossiers

– Une place pour l’expression personnelle : les productions : poèmes, articles, portraits pour le journal, les affiches, la plaquette

– Une place pour les technologies nouvelles : ordinateur, vidéo

– Une place pour la communication avec l’extérieur : correspondance nationale, internationale, expositions au collège

– Une place pour la vie extérieur : enquêtes et recherches de terrain

II.Ce qui ne fonctionne plus (ou plus très bien)

– Un embryon de conseil coopératif : difficulté d’écoute aggravée mais reste le compagnonnage

– Une place pour l’expression personnelle : toujours fort intérêt de principe

– Une place pour les technologies nouvelles : six mois sans ordinateur ont montré par défaut l’importance de l’outil, notamment dans la socialisation ( prof remis à sa place, entraide des élèves etc

– Une place pour la communication avec l’extérieur : intérêt moindre pour des correspondants qui correspondent peu eux non plus

– Une place pour la vie extérieure : c’est ma faute ! mon manque de disponibilité actuelle

III Ce qui fonctionne toujours (ou mieux ?)

– Un embryon d’auto-inter-évaluation : toujours pertinent, bien vécu, rôle stimulant ?

– Un embryon de plan de travail : Ça donne des repères, ça rassure : les gosses sont contents de voir où ils vont et puis d’y être allés

– Un embryon de recherche documentaire : dossiers bien accueillis, pas très dominés, recherche de documentation trop variable

IV. Expliquer cette évolution apparente ?

– Données personnelles : manque de disponibilité provisoire, timidité des initiatives (toujours politiquement correctes), effet de la lassitude ?

– Données socio-économiques: liées au milieu où je fonctionne, milieu plutôt favorisé dans la région lyonnaise mais chômage, angoisse, instabilité du domicile, absence professionnelle des parents, familles éclatées et qui se recomposent, exigences de parents et suivi très irrégulier

– Autres ? D’après des analyses de Pierre Guérin et Boris Cyrulnik : une société qui empêche ses enfants de dormir par des rythmes de vie effarants, les carences affectives (qui bloquent) ou la pléthore affective (qui découragent la recherche), les différences garçons / filles sur les plans biologique et culturel, les nuisances de l’école (“On va te poser des problèmes”) développement de l’angoisse.

– D’où développer la coopération, afficher la liste des responsabilités, le compagnonnage des apprentissages et les activités de communication.

V. Ce que je n’ai encore jamais réussi à mettre en place

– Un vrai plan de travail : faire des choix dans les programmes, plan de travail bi-hebdomadaire ou mensuel

– Un travail personnel individualisé : construire des fiches auto-correctives en trouvant une démarche naturelle : ne pas se prendre pour un manuel bis fainéant

– Un choix raisonnable dans la pléthore d’objectifs de savoirs : sur quels critères ? le brevet ? la seconde générale ? quels savoir-faire ? quels savoir-être ?

– Un marché des connaissance : Ça vient de sortir ! celui qui sait offre son savoir à qui ne sait pas… Comment se greffer sur les “arbres de connaissance” ?

VI Expliquer cette incapacité

– Données personnelles

– Données socio-économiques

– Autres ?

Roger (24 août 1997) Beaucoup se reconnaîtront dans ce constat, moi le premier. Avec cette tendance sourde à la culpabilisation (“Peux mieux faire !”, “C’est ma faute !…”) .

Au fil des années on découvre qu’il y a beaucoup de cinéma, beaucoup d’ « idiotismes moraux » (Diderot) dans les programmes, les réactions des collègues, des parents, des inspecteurs, des administrateurs. Etre « politiquement correct » est indispensable à moins qu’on ne veuille pas faire de vieux os. Au Japon la franchise est considérée comme une faiblesse et une faute de goût : ne jamais être dupe de la comédie humaine mais en respecter les formes et l’apprendre aux élèves. Savoir lire les indices.

Au fil des années un certain nombre de réflexes sont acquis (plan de travail etc…). La pratique se modifie. On cherche à aller à l’essentiel et ceci renvoie à sa propre personnalité. L’effet Pygmalion (découvert par Rosenthal) joue aussi : une pratique réussit quand on s’investit dedans… et on finit par ne plus s’y investir ou plus faiblement. Sont bonnes les techniques qui tournent un peu sans nous et dont nous ne pouvons plus nous passer.

Peux mieux faire ? J’aurais pu mieux faire ? Peut-être et après ? Ce que j’aurais mieux fait sur un plan, je l’aurais mal fait sur un autre ! Songeons-y !

Roger et Alii

Retorica

(850 mots, 5.100 caractères)

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