28 RHE figures 1/6 répétitions sonorités

28 RHE figures 1/6 répétition sonorites

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Ce fichier est normalement accompagné de schémas illustrant les points d’articulation. Les demander au site si on en éprouve une réelle nécessité. Près des classes, sauf exception, ce fichier n’a suscité qu’un intérêt poli. Son utilité apparaît lors des ateliers d’écriture en 40 mots quand ils sont orientés vers les allitérations, les cacophonies, les euphonies, les colorations, sonorités etc…

Roger 2000_05

1. figures de la répétition : 

1.1 figures de sonorités 

Les figures de la répétition  agissent au niveau des sonorités (allitérations et versification) et de la syntaxe. Elles ne créent pas de sens mais le soutiennent par leur musicalité.

Notions de base sur les sonorités

La syllabe ( du grec rassembler ) est l’unité phonétique fondamentale. C’est un groupe de consonnes et de voyelles qui se prononcent d’une même émission de voix. En versification l’alexandrin se construit sur 12 syllabes :

“Vous êtes mon lion superbe et généreux.”  (Hugo)

Noter la diérèse (“li-on” 2 syllabes) et le hiatus (“superbe et” 3 syllabes). La voyelle ( de voix ) peut se passer de la consonne (dans /on/ ou /et/) mais la consonne ( de sonner, résonner avec) ne peut pas se passer d’une voyelle d’appui (ex : a, , , , e, èf…). Ne pas confondre lettre et son : /et/ comporte deux lettres mais représente un seul son /é/. D’où l’emploi de l’alphabet phonétique international dans les schémas.

L’air rejeté par les poumons monte et passe par les cordes vocales. La bouche et le nez servent de résonateurs. Voir le schéma n° 1 qui montre la bouche en coupe. Les consonnes sont des bruits produits par la colonne d’air montante. Les voyelles sont des sons produits par les cordes vocales. On sent bien la différence en prononçant les bruit b , k , r  (sans leurs voyelles d’appui ! on dit habituellement  bé, ka, èr ) puis les sons a, e, i  (ils peuvent se prononcer seuls).

Chaque voyelle, chaque consonne se prononce dans un endroit particulier de la bouche : c’est leur point d’articulation . Les lèvres sont étirées ou arrondies, le voile du palais est élevé ou abaissé (nasales). La bouche est un résonateur qui prend constamment des formes différentes.

Les voyelles se construisent à l’intérieur d’un triangle pointe en bas : i , ou, a . Le son i  se prononce derrière les dents, avec les lèvres fermées et étirées . Le son ou  se prononce  en arrière, près du voile du palais avec les lèvres fermées et arrondies. Le son a  se prononce  au milieu de la bouche près de la langue avec les lèvres ouvertes tantôt allongées (fa tal), tantôt   arrondies (ba s). Voir le schéma n° 2. Une voyelle double (ia, ion…) est appelée diphtongue.

Il existe des consonnes et des voyelles nasales. On a l’impression qu’elles sont prononcées avec le nez : m, n . En réalité c’est l’abaissement du voile du palais qui modifie la colonne d’air. Sentez la différence quand vous prononcez a  et an (voyelle nasale) : Schéma n° 3. Les semi-consonnes sont des voyelles qui jouent le rôle de consonnes : Schéma n° 4. Ex : dans oui , le son ou  n’est pas une voyelle mais une semi-voyelle.

En ce qui concerne les consonnes, c’est plus compliqué. Sentez la différence quand vous prononcez p  et f . Leur point d’articulation est très proche l’un de l’autre, il se situe dans la bouche à la hauteur des lèvres. Mais alors qu’on peut traîner sur f , il est impossible de le faire pour p  : on a l’impression de s’étouffer. Dans le cas du f  la colonne d’air est rétrécie mais l’air monte tout de même : il s’agit d’une consonne continue schéma n° 5. Dans le cas du p  la colonne est brusquement fermée puis ouverte. C’est une consonne momentanée  : schéma n° 6.

Chaque langue possède son système phonétique spécifique (pas de /th-/ anglais en français, pas de /ou/ français. en espagnol). Le bébé apprend à prononcer les voyelles avant les consonnes. Il est capable de prononcer n’importe quel son. Mais par imitation il va  adopter le système phonétique de ses parents.

Les points d’articulation des syllabes

Revenons à la syllabe. Quand les points d’articulations  des voyelles et consonnes prononcées se déplacent sans se croiser pas de difficultés. Par contre il existe des situations  plus difficiles. Ex : “Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien” . Prenons /chasseur/. Quand je prononce /cha/ le point d’articulation de la consonne continue sonore (ch) se déplace ensuite vers le point d’articulation du (a), lèvres arrondies et ouvertes (voir schémas 2 et 5). Quand je prononce ensuite /seur/ le point d’articulation de la continue sonore (s) est légèrement en avant de (ch) ; (eu) est une voyelle semi-ouverte prononcée lèvres arrondies ; (r) est une  consonne continue vibrante dont le point d’articulation est bien au-dessous de (ch). Dans /sachant/ les points d’articulation des deux consonnes continues sont inversés et de plus la voyelle (an) est une nasale. D’où une gymnastique phonétique un peu délicate..

On appelle cacophonie des situations phonétiquement désagréables comme ce quatrain satirique sur Victor Hugo, écrit par des adversaires après son premier échec à l’Académie Française :

« Où, ô Hugo, juchera-t-on ton nom ?

Justice, enfin, faite que ne t’a-t-on ?

Quand à ce corps qu’Académie on nomme,

Grimperas-tu de roc en roc, rare homme« .

Allitérations , syllabes longues et toniques

Les allitérations sont des effets musicaux créés par des répétitions de sonorités. Le schéma n° 7 donne les colorations auditives des voyelles  et le schéma n° 8 les colorations auditives des consonnes, colorations dures pour les momentanées et douces pour les continues. Se méfier des interprétations trop figuratives : “jour” a une voyelle sombre (ou) et “nuit” une diphtongue claire (ui)…

A ces colorations s’ajoutent les longueurs de syllabes. Ex : “Mon enfant, ma sœur, / songe à la douceur…” (Baudelaire) En 5 + 5 syllabes, 4 + 3 syllabes longues (soulignées) ce qui accentue l’effet des nasales (en gras)  de la rime en (eur) voyelle éclatante et de la voyelle sombre (ou) ; uniquement des consonnes continues sauf (d, dentale sonore)

Autre exemple :    «   LA NUIT

Elle est venue la nuit du plus loin que la nuit

A pas de vent de loup de fougère et de menthe

Voleuse de parfum impure fausse nuit

Fille aux cheveux d’écume issus de l’eau dormante.« 

 (Claude Roy)

Enfin les accents toniques jouent un rôle important. Ils ne portent pas forcément sur des voyelles longues. Ils précèdent souvent des coupes expressives. Ex :

Elle est venue / la nuit / du plus loin / que la nuit

A pas de vent / de loup / de fou/ re et de menthe

Voleu / se de parfum / impure / fausse nuit

Fille aux cheveux / d’écu / me issus / de l’eau dormante. »

On peut discuter certains de ces accents et de ces coupes  ; l’ensemble donne une impression fluide et ondoyante.

La versification et les rythmes

La versification  a codifié les rythmes :

1. les mètres (la longueur des vers, de 1 à 12 syllabes) avec les coupes (césure à l’hémistiche dans l’alexandrin), les ruptures (enjambement et rejet).

2. les strophes et leurs combinaisons diverses (ode quand elles sont régulières, sonnet : 2 quatrains + 2 tercets)

3. les rimes

– pauvres : une voyelle commune ; ex :  ami / défi

– suffisantes : deux sonorités communes ; é / bon

– riches : trois sonorités communes ; sœur / douceur

– masculines : finissent sur la tonique ; enfant, rêver)

– féminines : finissent sur une syllabe muette (belle)

– plates (aa, bb,) croisées (abab), embrassées (abba)

Les rythmes dépendent de la longueur des syllabes, des syllabes toniques et des coupes qui délimitent les groupes de mots : rythme rapide : 1 – 4 syllabes ; rythme moyen : 5 – 6 syllabes ; – rythme lent : 6-7 syllabes et plus.

Ex : « Du pain, du vin et du Boursin » ;

              “La Sécu,c’est bien ; en abuser, ça craint”

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