28 RHE parallèle synthèse BTS 1991

Voir pour les parallèles littéraires et historiques http://www.retorica.info/Retorica/28-rhe-paralleles-litteraires-historique-2011_06/?print=print

Synthèse sujet II bts
suivi d’un exemple : “Comment ils ont trouvé un emploi.”

Lisez-moi

Je défends vigoureusement la synthèse de documents :

1. La synthèse n’exige pas une forte culture mais une “tête bien faite”. Elle suppose pour être convenablement traitée une maîtrise au moins élémentaire de la “lecture rapide et sélective” : voir le fichier qui traite ce sujet.

2. Le contenu de la synthèse est pratiquement illimité : dossiers très littéraires ou très sociaux. Ce qui permet de proposer des sujets un peu pointus ou très tendance (ex : le tag). J’en ai traité une bonne vingtaine. Consulter le site.

3. La synthèse relève de la dissertation classique en deux ou trois points, deux pour les juristes, trois pour les littéraires.

4. La synthèse peut être une approche du rapport d’entreprise ou d’administration ainsi que de certaines épreuves de synthèse propres aux concours de catégorie A (synthèse d’une dizaine, voire d’une vingtaine de documents).

5. Les décisions administratives ou gouvernementales se prennent à l’aide de synthèses format a4 verso. Il en est de même pour informer par tract, communiqué de presse etc… On a le droit à 200 mots, guère plus. Encore faut-il que cette synthèse soit le reflet exact et dynamique d’un dossier complexe.

6. La synthèse répond à une règle fondamentale : “Je reformule votre pensée pour être certain de vous avoir compris”. Cette règle se retrouve dans le résumé (voir fichier “résumé” et “composition française sujet I”). La synthèse rejoint d’autres sujets comme la comparaison de textes. Elle fait ainsi partie ainsi d’une série d’exercices apparemment différents mais très formateurs et qui vont dans la même direction.

Roger

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Synthèse de documents (sujet II bts)

La synthèse de documents ordonne d’une manière thématique des informations tirées de plusieurs sources. Les sources doivent rester vérifiables. L’avis personnel n’est donné qu’en conclusion.

Les textes proposés traitent le sujet sous des angles différents. Par ailleurs, l’un des documents proposés est souvent une statistique, un dessin humoristique ou une planche de bande dessinée.

Mécanisme de base

On commence par lire tous les textes en soulignant au crayon les idées, les faits et les chiffres importants. On peut aussi noter des croix dans les marges. On dresse ensuite un tableau à double entrée : de gauche à droite les titres de textes, de haut en bas les idées relevées dans ces textes de telle sorte que les idées qui se recoupent ou s’opposent se retrouvent sur la même ligne horizontale, les idées rencontrées une seule fois se retrouvent chacune sur une ligne.

Soient trois documents A, B, C (dessin). On trace un tableau à double entrée. On lit le texte A. On note verticalement ses idées principales en les numérotant : 1, 2, 3, 4…

Puis vient le tour du texte B. Sa première idée, n’ayant aucun lien avec A1, A2, A3 ou A4, figurera donc en 5° position (ligne e) dans la colonne B avec la dénomination B1. Par contre la 2° idée de B (B2) a un lien avec A3 bien qu’elle y soit opposée. Elle va donc figurer sur la même ligne c mais dans la colonne B. Enfin l’idée B3 rejoignant l’idée A1 sera placée à l’intersection de la colonne B et de la ligne a.

Comparé aux textes A et B, le dessin C présente une idée totalement originale : on la place donc à l’intersection de la colonne C et de la ligne f. Mais le dessin C présente aussi une seconde idée qui rejoint A2 : cette idée C2 va être notée à l’intersection de la colonne C et de la ligne b. Une troisième idée C3 semble rejoindre A4 : elle va donc être notée à l’intersection de la colonne C et de la ligne d.

On obtient donc le tableau à double entrée suivant

texte A

A1 ————– A2 ————– A3 ————– A4 ————

texte B

B3 ——— B2 ———- B1 ———-

dessin C
ligne a

C2 ——— C3 ———- C1 ———-

ligne b ligne c ligne d ligne e ligne f

Ce tableau à double entrée est un peu long à établir, du moins au début. Mais il donne la garantie qu’on a bien compris les textes les uns par rapport aux autres.

Chaque ligne (de a à f) correspond donc à un thème que l’on va désigner par un ou deux mots clés. On regroupe ces thèmes par affinités de manière à traiter une problématique que l’introduction de la dissertation présentera après avoir fait mention des trois documents.

Je vois ainsi que deux regroupements sont possibles :
- les lignes a et e
- les lignes b et c
mais les lignes d et f ont une originalité propre qu’il faut respecter.

Trois cas de figures :

– sur un thème donné, 2, 3 ou tous les textes sont d’accord, les nuances ne portant que sur le style ou venant de la nature des documents (dessin, statistique etc…)

– sur un thème donné, les textes ne sont pas d’accord entre eux.

– sur un thème donné, seul un document émet ou suggère une idée. Il faut donc signaler le silence des autres documents.

Reste un dernier cas : tous les textes font silence sur un thème fondamental. Il faut l’évoquer seulement en conclusion. Je me souviens d’une grande leçon à l’entrée de l’ENA, publiée comme modèle, et qui réussissait à parler du “malaise des banlieues” sans prononcer une seule fois le mot “chômage” ni même évoquer cette notion. A ce niveau, la stupidité devient un art et doit être appréciée comme telle.

Toute la synthèse repose sur la pertinence du tableau à double entrée. Pour l’établir on établit une grille à double entrée, adéquate au nombre de textes proposés. On travaille avec crayon à papier et gomme assez lentement, avec des repentirs éventuels, en repérant par lecture sélective les mots clés significatifs et en considérant le tableau comme un champ à renseigner par des informations pertinentes qui peuvent glisser verticalement pour mieux entrer en résonnance horizontale avec des idées venues des autres textes. C’est cette gymnastique mentale qui est fondamentale.

Passage au plan

Nous poursuivons notre exemple théorique :
0. Introduction générale que désigne le chiffre 0 par convention.

1.0 Introduction du premier axe de discussion que désigne 1.0 par convention 1.1 lignes a et e : présentation de leur contenu avec mention de leur origine. 1.2 lignes b et c : présentation de leur contenu avec mention de leur origine 1.9 conclusion partielle que désigne 1.9 par convention

2.0 présentation du second axe de discussion que désigne 2.0 par convention 2.1 ligne d : présentation de son contenu
2.2 ligne f : présentation de son contenu
2.9 conclusion partielle que désigne 2.9 par convention.

9. Conclusion générale que désigne le chiffre 9 par convention. Passage à la rédaction.

Nous poursuivons le développement de notre exemple. Voici la dissertation finale qui, par nécessité, ne va proposer que les enchaînements.

0. Le sujet proposé est abordé à travers les textes A, B et un dessin C. Il pose un problème important : est-il possible de…. ? Deux axes de réflexion s’offrent à nous, 1)…. et 2)…. .

1.0 Le premier axe de discussion concerne la question ….
1.1 A et B sont d’accord pour penser que…(ligne a) mais B ajoute la précision suivante … (ligne e) 1.2 Par ailleurs A affirme que… Ceci semble confirmé par C qui suggère que…. (ligne b).

Cependant A et B semblent s’opposer sur le même thème, A avançant que …. tandis que B, au contraire, soutient que… (ligne c).

1.9 On peut donc dire qu’une première conclusion se dégage, à savoir que….

2.0 Mais le dossier est bien plus complexe comme le montre le second axe de discussion : 2.1 Le texte A et le dessin C se rejoignent pour dire que … (ligne d)

2.2 Le dessin C est le seul à présenter une idée réellement originale et qu’on ne retrouve ni dans le texte A ni dans le texte B …. (ligne f)

2.9 Une seconde conclusion s’impose : ….

9. Nous voyons donc qu’à l’issue de cette étude deux thèmes majeurs s’imposent : …. et …. Par contre on peut s’étonner de l’absence dans les trois documents du thème de ….

Si nous devons émettre un avis personnel disons que…

L’énoncé du sujet

L’énoncé du sujet de synthèse se présente en principe presque toujours ainsi :“Vous ferez une synthèse objective, ordonnée et concise des documents suivants et en conclusion vous exposerez votre propre point de vue.” Les documents peuvent varier de 3 à 6 et incluent le plus souvent un dessin humoristique ou une statistique.

La synthèse va donc consister à reclasser les idées principales en comparant les textes selon trois cas de figure : idées partagées par au moins deux textes, idées sur lesquelles au moins deux textes sont en désaccord, idées rencontrées dans un seul texte. La synthèse est “objective” parce qu’elle ne prend pas parti, elle est “ordonnée” parce qu’elle suit un plan et elle est “concise” parce qu’elle ne se perd pas dans les détails. Avec la conclusion le ton change : on dit “je” et on expose son propre point de vue. Quant à l’introduction elle pose le sujet, elle présente les textes (en les regroupant par genre ou par époque) et elle annonce le plan qui va être suivi. Voir l’exemple qui suit : Comment ont-il trouvé un emploi ?

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Exemple de synthèse : Comment ont-il trouvé un emploi ? Le dossier proposé

En janvier 1990 la revue “L’étudiant” publia un dossier intitulé “Comment ont-il trouvé un emploi ?” document A : Christine
document B : Benoît
document C : Nathalie et Jean-Luc document D : Gérard

document A : Christine

Christine, 20 ans, titulaire d’un DUT (diplôme universitaire de technologie) techniques de commercialisation est “adjointe vente” dans l’un des magasins Printemps à Paris. Un travail vivant et très formateur qu’elle a trouvé tout à fait par hasard. Sortie en juin d’un IUT (Institut universitaire de technologie), elle n’est entrée au Printemps qu’au mois de février suivant. “Je n’ai en fait commencé à chercher vraiment du travail qu’en septembre, explique Christine. Arrivée trop tard au secrétariat de l’IUT qui reçoit les offres des employeurs en juin, je me suis rabattue sur les petites annonces. Déception : on y demandait surtout des gens expérimentés ayant au minimum 25 ans. Je me suis mise alors à envoyer des candidatures spontanées. Au départ, on ignore vraiment comment s’y prendre. Je savais que mon diplôme valait quelque chose mais je ne savais pas pour quel poste il était recherché. J’ai donc très classiquement contacté les grands magasins. J’essayais chaque fois d’aller sur place et de laisser des traces. C’est comme cela que l’on arrive à avoir des infos utiles et à mieux comprendre comment ça se passe à l’intérieur. J’ai obtenu de cette manière ce premier poste dans la centrale d’achat. J’ai rencontré un type dans un couloir qui m’a donné adresse et téléphone, et les infos nécessaires. Sans savoir qui il était dans la boîte, je me suis recommandée de lui par la suite et ça a marché. Une fois en place, j’ai insisté chaque fois que c’était possible pour décrocher un poste fixe plus en rapport avec ce que je voulais faire. Voilà toute l’histoire : 30 % de débrouillardise, 30 % de diplôme et 40 % de chance.”

document B : Benoît

Chercher un premier emploi, même si globalement tous les diplômes finissent par se caser, n’est pas une mince affaire. La période des études est finalement très confortable sans autre obligation que celle de réussir ses examens. Et puis le monde du travail fait souvent peur : il y a l’angoisse de se tromper, de faire le mauvais choix, de pénétrer un territoire inconnu et tellement différent du monde scolaire. “Psychologiquement c’est souvent plus confortable d’emmagasiner des diplômes ou de continuer longtemps à chercher un emploi, explique ce jeune candidat. Un jour, il faut prendre le risque de se lancer. Rien n’est inutile ni irrémédiable. Il faut faire le saut.” CQFD.

document C : Nathalie et Jean-Luc

Nathalie, elle, vient de trouver un poste d’assistante chef de pub après quatre mois de recherche. Elle insiste sur le fait que la période de recherche d’emploi est finalement très enrichissante : “Elle m’a permis de rencontrer beaucoup de gens et de vivre un tas d’expériences. Un conseil : ne pas se décourager et rester dynamique jusqu’au bout.”

Dynamisme, un mot qui revient souvent dans les propos des jeunes chercheurs d’emploi. Certes, le dynamisme ne s’apprend pas, mais on peut le favoriser. “Chercher un boulot; c’est un état d’esprit , estime Jean-Luc, si l’on part du point de vue que l’ANPE c’est bidon, que les petites annonces ne proposent que des postes aux expérimentés et que les entreprises ne cherchent que des jeunes loups, on est fichu d’avance. Ce ne sont pas les obstacles qui vous barrent la route qu’il faut recenser mais vos propres atouts.”

document D : Gérard

Autre exemple, celui de Gérard, récemment promu chef de groupe pollution-dépollution au bureau ingéniérie Citroën-Industrie : “J’ai commencé par me renseigner sur la meilleure manière de chercher un emploi. J’ai effectué un stage de quelques jours auprès de la cellule APEC de Nancy, puis je me suis lancé. Chercher un premier emploi intéressant, cela demande beaucoup de temps. Il faut faire un C.V capable de franchir les barrages, puis passer chaque fois près d’une heure pour faire une lettre de candidature personnalisée en montrant ce que l’on peut apporter de spécifique dans l’entreprise. Chez Citroën, par exemple, j’ai parlé du problème de corrosion pour donner une idée concrète au responsable du personnel. En dehors de la réponse à des petites annonces grapillées dans Courrier Cadres (l’hebdo de l’APEC), j’ai envoyé un très grand nombre de candidatures spontanées. Environ quatre-vingt lettres qui m’ont valu treize rendez-vous, ce qui est un rapport très honnête. Mais attention, pas une seule de ces lettres n’est partie au hasard. Chaque fois, j’étais très renseigné sur l’activité exacte de l’entreprise et j’avais étudié mes chances de succès.”

Gérard n’était pas du tout tenté par une période de chômage, il a mis le paquet pour l’éviter et y a réussi puisqu’il a pris ce poste chez Citroën moins de quinze jours après la fin de la bourse d’Etat qu’il percevait en tant que thésard.

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Relevé des idées

Des problèmes techniques m’empêchent de scanner le tableau à double entrée. Je conseille de le reconstituer soi-même sur un a4 pris en longueur.

Voici mon propre relevé suivi de la concordance des idées entre les quatre documents.

A1 débrouillardise 30 %; hasard 40 %, DUT 30 % (placé exceptionnellement en tête en fin de lecture) A2 attente 6 mois
A3 recourt trop tard au secrétariat de l’IUT

A4 déceptions devant petites annonces
A5 recours aux candidatures spontanées
A6 contacts grands magasins, va sur place, laisse des traces
A7 infos utiles sur fonctionnement, rencontre, adresse, téléphone, recommandation A8 entrer dans place puis y chercher un poste qui convient mieux
A9 diplôme 30 % de réussite.

B1 globalement tous les diplômés se casent
B2 études plus confortables que trouver un emploi
B3 surmonter l’angoisse, mauvais choix dans territoire inconnu B4 rien n’est inutile, rien n’est irrémédiable, se lancer

C1 Na : attente 4 mois
C2 Na ; période enrichissante, rencontres, expériences
C3 Na : ne pas se décourager, rester dynamique
C4 JL : ANPE utile
C5 JL : petites annonces utiles quelquefois
C6 JL : les entreprises ne cherchent pas que des jeunes loups C7 JL : recenser non les obstacles mais les atouts

D1 stage APEC pour apprendre à recenser ses atouts D2 faire un CV capable de franchir les barrages
D3 une heure par lettre de candidature personnalisée

D4 montrer ce qu’on peut offrir de spécifique (contrôle, corrosion) D5 recours aux annonces de l’APEC
D6 80 candidatures spontanées, 13 RV, bon rapport
D7 aucune lettre au hasard, renseigné sur entreprise

D8 attente 15 jours mais beaucoup de préparation D9 étude des chances de succès
D10 stage de quelques jours près APEC Nancy

Tableau à double entrée

Je conseille fortement de le reproduire avec le relevé des idées sur un tableau a4, papier quadrillé à petits carreaux. On comprendra mieux les articulations horizontales. Le tableau demande moins de temps qu’on ne le croit à être réalisé.

texte A

A1———- A2———- A3———- A4———- A5———- A6———- A7———- A8———- A9———-

texte B

B1———- B2———- B3———- B4———-

texte C

C1———- C4———- C5———-

C6———-

C3———- C7———- C2———-

texte D

D8———- D10——– D5———- D6———-

D4———-

D1———- D9———- D2———- D3———- D7———-

ligne a ligne b ligne c ligne d ligne e ligne f ligne g ligne h ligne i ligne j ligne k ligne l ligne m ligne n ligne o

Les unités du texte A forment un groupe compact, ce
pilote. Les unités du texte B forment elles aussi un groupe compact, presque sans rapport avec celles de A. Les unités du texte C sont distribuées entre celles de A et celles de B. Même situation pour les unités du texte D qui offrent une originalité spécifique en bas du tableau.

Plan de la synthèse

0. 4 textes et 5 témoignages : A christine, B Benoît, C Nathalie et Jean-Luc, D Gérard. Quelle stratégie dégager de ces témoignages ?

10. Les facteurs personnels
11. facteurs favorables lignes a et i
12. attente sans se décourager : lignes b et j
19. confiance en soi, patience, tout est utile dans cette période difficile.

20. La technique de recherche
21. IUT, ANPE, APEC, annonces : lignes c et d
22. candidatures spontanées : ligne e
23. contact direct : lignes g et h
24 CV et lettres lignes m, n, o
29. recherche méthodique par moyens classiques mais chercher le contact direct et se valoriser en fonction de l’entreprise

9. reprise de 19 et 29 : confiance en soi, recherche méthodique et savoir saisir le hasard. Démarche de bon sens. Territoire inconnu mais pas hostile, bien méditer les conseils pratiques et les appliquer.

En 4 heures on n’a pas le temps de faire un brouillon complet. On va donc rédiger à part l’introduction générale et la conclusion générale ainsi que les deux conclusions partielles. Le reste est facile à écrire puisqu’on a la trame du tableau à double entrée. Attention ! à cette étape ne plus revenir en arrière pour vérifier un détail sur un texte. S’il y a un oubli, tant pis. L’important c’est l’effet d’ensemble.

———————————————————————————————————-La synthèse rédigée (sgdg : sans garantie du gouvernement !)

0. En janvier 1990 la revue « L’Etudiant » publia quatre témoignages d’étudiants qui avaient trouvé du travail. Le document A raconte l’expérience de Christine adjointe de vente au « Printemps », le document B celle de Benoît, le document C celles de Nathalie assistante chef de publicité et de Jean-Luc, et le document D celle de Gérard chef de groupe pollution-dépollution chez Citroën. Tous ont donc trouvé du travail. Leurs témoignages sont brefs mais denses. Nous étudierons d’abord les facteurs personnels avant d’envisager les techniques de recherches mises en oeuvre.

  • 10  Examinons d’abord les facteurs personnels.

  • 11  Quels sont les éléments favorables ? Pour Christine la débrouillardise joue à 30 %, le hasard à 40

% et le diplìme à 30 %. Benoît remarque que tous les diplômés se casent. Les autres témoignages sont muets sur ces facteurs favorables.
12 Savoir attendre est essentiel : 6 mois pour Christine, 4 mois pour Nathalie, seulement 15 jours pour Gérard mais apräs une longue préparation. Benoît juge qu’il est évidemment plus confortable de faire des études que de chercher un emploi. Nathalie conseille de ne pas se décourager et de savoir rester dynamique.
13 Comment entretenir l’espoir ? Se dire, selon Benoît, que rien n’est inutile, rien n’est irrémédiable, se lancer en surmontant l’angoisse de faire un mauvais choix dans un “territoire ennemi”. Se dire aussi, comme Nathalie que c’est une période riche en rencontres et en expériences. Jean-Luc conseille de recenser non les obstacles mais les atouts. Même remarque pour Gérard qui avait étudié ses chances de succès et fait un stage APEC pour savoir les saisir.
19 Une fois le diplôme en poche, il faut donc compter sur ses qualités personnelles, avoir confiance en soi, se montrer patient en comprenant que tout sert dans cette période éprouvante mais enrichissante.

  • 20  On sera d’autant plus confiant qu’on aura mis au point une technique efficace de recherche.

  • 21  D’abord consulter les annonces. Christine est arrivée trop tard au secrétariat de l’I.U.T pour le faire.

Et elle a été très déçue devant les petites annonces. Jean-Luc pense, au contraire, que les annonces de l’ANPE peuvent être utiles. Gérard a recouru aux annonces et aux stages de l’APEC.

22 Les candidatures spontanées sont utiles selon Christine. Gérard pense de même : sur 80 candidatures spontanées qu’il a proposées il a obtenu 13 rendez-vous, ce qui représente un bon rapport.

23 La recherche d’un contact direct est utile. Christine a contacté les grands magasins, est allée sur place, a laissé des traces, a profité d’une rencontre qui lui a servi de recommandation. Jean-Luc note que les entreprises ne cherchent pas que des jeunes loups. Et Gerard ajoute que l’essentiel est de montrer ce l’on peut offrir de spécifique : dans son cas c’était son intérêt et ses compétences dans les problèmes de corrosion. Christine a pris ce qu’on lui proposait et, une fois dans la place, a cherché et obtenu un poste qui lui convenait mieux.

24 Gérard est le seul à évoquer les problèmes pratiques : faire un C.V capable de franchir les barrages ; ne pas envoyer de lettres au hasard mais se renseigner sur les entreprises et consacrer une heure par lettre de candidature pour la personnaliser en fonction de l’entreprise.

29 La recherche doit être méthodique. Elle s’apprend, notamment à l’APEC. Elle recourt aux moyens classiques (petites annonces, candidatures spontanées) mais le contact direct n’est efficace que si on se renseigne sur les entreprises afin de personnaliser sa candidature.

9 La recherche d’un emploi exige de la confiance en soi, du dynamisme, de la patience et savoir que tout est utile dans cette période difficile. Mais elle exige beaucoup de méthode et cela s’apprend. On profite alors du hasard heureux qui se présente tôt ou tard.

Je pense qu’il est normal d’être angoissé au moment d’entamer cette recherche car l’inconnu paralyse. Le territoire est inconnu mais il est loin d’être hostile. L’essentiel est de se familiariser avec lui par les stages mais aussi par des renseignements pris sur les quelques entreprises où l’on envisage d’entrer. De ce point de vue la démarche de Christine et de Gérard me paraissent complémentaires : le contact direct joint à une candidature personnalisée en fonction de l’entreprise constituent des atouts sérieux.

Compléments sur l’emploi :

Transformer la vision négative du problème en vision positive. Voici des réflexions relevées dans des copies. Il faut les redresser sinon on entretient des conduites d’réchec :
:

– comment ont-ils cherché un emploi ? -> comment ont-ils trouvé un emploi ? -recherche éprouvante -> recherche enrichissante
-avoir du piston -> obtenir des recommandations
-information floue = tuée -> information précise = vivante et utile

-« G. fait un stage de recherche d’emploi. Encore faut-il avoir la chance de trouver un tel stage ».-> G. a fait un stage A.P.E.C.

-je ne tiens pas à me vendre ->je connais mes atouts
-à chacun sa méthode -> je construis ma méthode
-« Oui, c’est évident mais c’est dur à faire » -> Préciser les étapes de la recherche et leur contenu
- Oui… mais : tue tout débat, tout dossier, toute recherche car il annule deux énergies en les

opposant -> Oui…et : additionne deux idées et crée une synergie entre elles selon le principe 1+1 = 3.. -« la recherche angoisse »-> on est angoissé avant la recherche, pas pendant ; visualiser les étapes

de la recherche et les programmes pour cesser d’être angoissé ».
- Ceci relève de la pensée positive et de la p.n.l. (programmation neuro-linguistique). Un ouvrage

très simple, accessible et dynamique : Kare Anderson : “J’y tiens, je l’obtiens, L’art de négocier sans perdant, 100 modèles appliqués”, Ed Marabout, n° 3615 Coll. Voie positive, 1994 )

L’intérim comme solution provisoire intéressante.
- Il n’y a pas d’emploi mais il y a du travail : se mettre à son compte, travailler en sous-

traitance et payer toutes ses charges sociales. Limites et danger de la formule.

Replacer le problème personnel dans le champ social. Les forces sociales antagonistes, les conflits, les luttes et les perspectives à construire : délocalisations, libéralisme sauvage d’une loi de l’offre et de la demande mal comprise, solidarité indispensable au niveau local, national, européen, international..

Roger et Alii
Retorica

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