28 RHE Rire médecin 2008_04

1. Laccumulation.

* “Les frères Goncourt, dans leur Journal, parlent d’une femme qui, au cours d’un voyage en diligence, raconte à l’une de ses amies, qu’elle n’a pas vue depuis longtemps, l’histoire poignante de sa famille. Son père avait été abattu à coups de fusil, sa mère s’était noyée, son mari était mort dans un incendie, il ne lui était resté qu’un enfant, qui vivait en Egypte, et dernièrement, cet enfant se baignait dans le Nil, comme tant d’autres fois, tout enjoué et sans méfiance, quand un crocodile a nagé vers lui. Mais la femme n’est pas pu aller plus loin dans son récit. Les passagers, qui jusqu’alors l’avait écoutée avec une profonde commisération, n’ont pas pu attendre la fin, pas pu attendre que le crocodile ouvre sa gueule horrible et happe l’enfant, et, bien qu’ils aient su, eux aussi, que mot pour mot ce qu’ils entendaient était vrai, ils ont d’un coup tous éclaté d’un rire tonitruant. Mais oui, mes amis. Il y a une limite à tous. Et trop, c’est trop.” Dezsö Kosztolányi (1885 – 1936) Le traducteur cleptomane et autres histoires Ed Viviane Hamy 1994

* Raymond Aron, politologue célèbre, ne souhaitait pas être appelé “maître”. Une fois, dans une université étrangère, le président voulut énumérer tous ses doctorats honoris causa. Le public, d’abord attentif, finit par éclater de rire : trop, c’était trop… (source inconnue).

On ne peut pas contrôler ce type de rire, involontaire et méchant.

2. Baudelaire : Le rire est satanique. “Le rire est satanique, il est donc profondément humain. Il est dans l’homme, la conséquence de l’idée de sa propre supériorité ; et, en effet, comme le rire est essentiellement humain, il est essentiellement contradictoire, c’est-à-dire qu’il est à la fois signe d’une grandeur infinie et d’une misère infinie, misère infinie relativement à l’Etre absolu dont il possède la conception, grandeur infinie relativement aux animaux. C’est du chaos perpétuel de ces deux infinis que se dégage le rire. LE COMIQUE, LA PUISSANCE DU RIRE est dans le rieur et nullement dans l’objet du rire. Ce n’est point l’homme qui tombe qui rit de sa propre chute, à moins qu’il ne soit un philosophe, un homme qui ait acquis, par habitude, la force de se dédoubler rapidement et d’assister comme spectateur désintéressé aux phénomènes de son MOI. Mais le cas est rare. Les animaux les plus comiques sont les plus sérieux ; ainsi les singes et les perroquets. D’ailleurs, supposez l’homme ôté de la création, il n’y aura plus de comique, car les animaux ne se croient pas supérieurs aux végétaux, ni les végétaux aux minéraux.” (De l’essence du rire 1855).

3. “Le nom de la rose” Umberto Eco, dans “Le nom de la rose” (Grasset, 1982) imagine qu’en l’an 1327, dans une abbaye bénédictine située entre Provence et Ligurie, l’ex- inquisiteur Guillaume de Baskerville enquête sur un premier assassinat. Le vieux bibliothécaire aveugle, Jorge, condamne le rire :

– « Notre Seigneur Jésus Christ ne raconte jamais de comédies ni de fables mais de limpides paraboles seulement qui nous instruisent allégoriquement sur la façon de mériter le paradis, et ainsi soit-il. » (p. 137 – 138)

– « Le rire ébranle le corps, déforme les linéaments du visage, rend l’homme semblable au singe. » (p. 138)

– « Le rire est un signe de sottise. Qui rit ne croit pas en ce dont il rit, mais non plus ne le hait. Or donc rire du mal signifie ne pas se disposer à le combattre, et rire du bien signifie méconnaître la force avec laquelle le bien se propage par sa propre vertu. » (idem)

– « L’esprit n’est serein que quand il contemple la vérité et se plaît au bien accompli et ne se rit ni de la vérité ni du bien. Voilà pourquoi Christ ne riait pas. Le rire est source de doute. » (p. 139)

Jorge conserve le seul exemplaire du second livre de la Poétique d’Aristote, celui qui traite de la comédie alors que le premier traite de la tragédie. Grâce à sa pénétration Guillaume de Baskerville a reconstitué la thèse essentielle d’Aristote. Il l’explique :

– « Elle ne parle pas des hommes fameux et puissants, mais d’êtres vils et ridicules, pas méchants cependant, et elle ne finit pas par la mort des protagonistes. Elle atteint l’effet de riducule en montrant , chez les hommes communs, les défauts et les vices. Ici Aristote voit la disposition au rire comme une force positive, qui peut même avoir valeur cognitive, lorsque à travers des énigmes subtiles et des métaphores inattendues, tout en nous montrant les choses différentes de ce qu’elles sont, comme si elle mentait, elle nousz oblige en fait à les mieux observer, et nous porte à dire : voilà, il en allait vraiment ainsi, et moi je ne le savais pas. » (p. 477)

Jorge rend la découverte d’Aristote responsable du discrédit qui commence à s’attacher à la Bible. Mais ce livre lui paraît pire :

– « Ce livre pourrait enseigner que se libérer de la peur du diable est sapience. Et de ce livre pourraît naître la nouvelle et destructive aspiration à détruire la mort à travers l’affranchissement de la douleur. » (p. 480)

Jorge a empoisonné le livre pour tuer tous ceux qui viendraient à le feuilleter. Puis c’est l’incendie de la bibliothèque. Le livre disparaît à jamais. Guillaume de Baskerville tire la leçon de cette histoire pour son jeune secrétaire Aldo de Melk :

– « Redoute Aldo, les prophètes et ceux qui sont disposés à mourir pour la vérité, car d’ordinaire ils font mourir des multitudes avec eux, souvent avant eux, parfois à leur place. Jorge a accompli une œuvre diabolique parce qu’il aimait d’une façon si lubrique sa vérité qu’il osa tout, afin de détruire à tout prix le mensonge. Jorge avait peur du deuxième livre d’Aristote car celui-ci enseignait peut-être vraiment à déformer la face de toute vérité, afin que nous ne devenions pas les esclaves de nos fantasmes. Le devoir de qui aime les hommes est peut-être de faire rire de la vérité, faire rire la vérité, car l’unique vérité est d’apprendre à nous libérer de la passion insensée pour la vérité. »

4. Conduire le rire. L’humoriste Desproges disait : “On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.” On pourrait ajouter “… ni n’importe quand, ni n’importe où… “. Il y a donc un rire canalisé, conscient de ses effets.

5. Le yoga du rire, le Rire Médecin. On riait 18 minutes par jour en 1939, 6 en 2000. Convaincu que le rire est la meilleure des thérapies pour vivre mieux, Madan Kataria, un médecin indien, mit au point en 1995, le yoga du rire. La formule s’exporta très rapidement et des “clubs de rire” sont nés un peu partout. On retire ses chaussures, on se met en cercle et la meneuse ou le meneur de jeu invite le groupe à frapper dans ses mains et poussant des “ho-ho ! ha-ha !” sur une profonde inspiration. Ce que l’on répètera tout au long de la séance. Ensuite vient le “rire bonjour”. On tend la main à quelqu’un, on la serre et on rit. On respire profondément puis on passe au “rire de l’estime de l’autre” : on va vers lui, souriant et chaleureux, en levant un pouce d’approbation. Ceci crée une complicité qui favorise le lâcher-prise”. On reforme le cercle, on refait les “ho ho ! ha ha !” et on se présente en riant : plus on rit, plus on fait rire. Certains vont se tirer la langue dans la pantomine du “rire du lion.” Ensuite on pense à ses soucis pour les relativiser. Dans une seconde partie on s’allonge à même le sol pour retrouver l’”enfant rieur” et rire sans raison… mais d’une manière réellement détendue. La séance hebdomadaire dure environ 1.10 h. On peut lire : “Psychosomatique du rire” de Henri Rubinstein (R. Laffont 1983) et “Rire pour vivre” de Bernard Raquin (Dangles 2000). (D’après Hélène Huret, Psychologies, décembre 2002). Voir le site Clubs des yoga du rire.”

Fondé en 1991 par le le clown américain Howard Buten, le Rire Médecin part du principe qu’il est beaucoup plus facile de soigner un enfant heureux. En France, un enfant sur deux est hospitalisé avant l’âge de 15 ans. Pour ces enfants et leurs familles en proie à l’angoisse, à la solitude et à la détresse, les clowns du Rire Médecin contribue à dédramatiser le milieu hospitalier. Chaque année ils offrent ainsi plus de 50.000 visites aux enfants, aux parents et aux soignants. Le problème est celui du financement. Les membres de la troupe sont payés au cachet et couverts par le régime des intermittents du spectacle. Des mécènes comme le Crédit Lyonnais, la Fondation de France ou les laboratoires Upsa permettent de financer ces actions. (D’après Danielle Rouard, le Monde, 12_11_96 et site le Rire Médecin).

(8.500 signes)

28 RHE rire propre de l’homme 2010_12

Le rire est-il le propre de l’homme ?

Dans la terminologie Retorica un tel sujet relève à l’écrit de la discussion (dissertation brève) et à l’oral de la pp3 (prise de parole en 3 mn). 

Introduction. S’inspirant d’Aristote pour qui l’homme est un animal social et doué de raison, Rabelais affirme que « le rire est le propre de l’homme ». Le rire n’est ni le comique, ni l’humour même s’il a partie liée avec eux. C’est un acte réflexe qui pose problème : le rire est-il le propre de l’homme ?

I. Apparemment on peut affirmer que le rire est le propre de l’homme. 

I.1 Le rire est un acte réflexe lié à son contraire les pleurs. Il s’agirait donc d’une émotion. Mais le rire peut être provoqué mécaniquement par le chatouillement ou le gaz hilarant (protoxyde d’azote)

I.2 Le rire est éminemment social. On rit volontiers en groupe. Ce que savent provoquer les humoristes dans leurs « seul-en-scène ». Une bonne blague fait rire ses auditeurs si elle est bien racontée.

I.3 Après une grande peur le rire signifie qu’on est sorti du danger. Le rire peut être méchant. Il est condamné par l’Eglise (Jésus ne rit pas) et Baudelaire (qui l’assimile à Satan). La personne dont on rit ne présente pas de danger. Mais rire sans raison apparente inquiète. 

I.4  Le rire vient d’un contraste révélé et assumé.  Au-delà du soulagement, le bouddhisme y voit l’occasion d’une illumination qui nous fait pénétrer dans la réalité réelle au-delà de la réalité apparente.  

II. Mais la question du « propre » est plus complexe. 

II.1 Le « propre » de l’homme signifie que le monde animal  est exclu du rire et de la vie sociale qui lui est liée. C’était la thèse des « animaux machines », propre aux cartésiens et qui révoltait tant La Fontaine.

II.2 Les animaux connaissent une vie sociale complexe. Les rats vivent en groupes et couinent quand on les chatouille. Les chiens et les chats témoignent de l’affection à leur maître. L’homme aurait appris la vie sociale en vivant au contact des meutes de loups. 

II.3 Ethologues, anthropologues et philosophes montrent que la frontière est ténue entre l’homme et l’animal. Les singes chimpanzés bononos pratiquent une sexualité non reproductive à la fois homo et hétérosexuelle qui assure la cohésion du groupe. 

II.4 Il en résulte de multiples interrogations autour de l’intelligence, du langage et du droit des animaux à être respectés comme des cousins à peine lointains des hommes.

Conclusion. Le « propre de l’homme » ne réside pas seulement dans le rire. On commence à décoder le comportement des animaux. Le « propre » de l’homme, animal de nature particulière réside dans sa capacité à créer des institutions et des valeurs qui assurent sa survie et son développement. Ceci notamment grâce à la double articulation de son langage oral. Les sons (1° articulation) sont organisés en mots (2° articulation) puis phrases qui servent à communiquer. Le « propre » de l’homme, hélas, c’est aussi de gaspiller les ressources de la nature, ce que ne font pas les animaux…

Longueur : 510 mots. En principe la discussion ou la pp3 ne dépassent pas les 200 – 250 mots. Ici nous sommes déjà dans la dissertation qui commence aux environs de 600 mots

Prolongements

1. Pour y voir plus clair dans ces notions complexes je renvoie au site www.retorica info. Dans la section 28 RHEtorique on trouve quatre articles ;

Comique 16 04 08 panorama

Humour 05 04 08 panorama

Ironie 06 04 08 panorama

Rire 05 04 08 panorama devenu 28 RHE rire médecin (ce fichier)

2. Le fil conducteur le plus intéressant reste la formule de Bergson : “Le rire, c’est du mécaniqué plaqué sur du vivant”. Trois mots fondamentaux : mécanique, vivant et plaqué. Mais le mécanique peut relever du vivant et il faut approfondir la notion de plaqué. Ce que ne dit pas cette formule c’est le contraste qui déclenche le rire dans une sorte d’orage cérébral.

3. Voici une histoire qui n’a rien de drôle et qui pourtant le devient (déjà dite en 1. car bis repetita placent). Elle est racontée par Dezsö Kosztolányi (1885 – 1936)  dans Le traducteur cleptomane et autres histoires Ed Viviane Hamy 1994

“Les frères Goncourt, dans leur Journal, parlent d’une femme qui, au cours d’un voyage en diligence, raconte à l’une de ses amies, qu’elle n’a pas vue depuis longtemps, l’histoire poignante de sa famille. Son père avait été abattu à coups de fusil, sa mère s’était noyée, son mari était mort dans un incendie, il ne lui était resté qu’un enfant, qui vivait en Egypte, et dernièrement, cet enfant se baignait dans le Nil, comme tant d’autres fois, tout enjoué et sans méfiance, quand un crocodile a nagé vers lui. Mais la femme n’est pas pu aller plus loin dans son récit. Les passagers, qui jusqu’alors l’avait écoutée avec une profonde commisération, n’ont pas pu attendre la fin, pas pu attendre que le crocodile ouvre sa gueule horrible et happe l’enfant, et, bien qu’ils aient su, eux aussi, que mot pour mot ce qu’ils entendaient était vrai, ils ont d’un coup tous éclaté d’un rire tonitruant. Mais oui, mes amis. Il y a une limite à tout. Et trop, c’est trop.”

4. L’analyse d’une blague tue généralement le rire même si elle permet d’aborder aux rivages de la stylistique et de la psychanalyse. Voici une blague intéressante communiquée par Martine :

Miracle à Lourdes.

 » Mais qu’est-ce que tu as encore, Maryvonne ? « 

 » On voudrait un deuxième enfant mais y’a rien à faire, on n’y arrive pas. « 

 » Il y a un car pour Lourdes la semaine prochaine, lui dit le curé. Vas-y, ça a bien marché la première fois. « 

 » Bien sûr, dit Maryvonne ! Mais est-ce que ce sera le même chauffeur ???

 Analyse.

a) D’abord on ne sait pas qui parle. Cette absence de l’interlocuteur est importante. Il est exaspéré par les plaintes de Maryvonne. Serait-ce son médecin ?

b) Enclenchement de la blague. Elle a un enfant. Elle en veut un second mais n’y parvient pas avec son mari. 

c) Le “car pour Lourdes” serait la solution. Donc espérance du miracle. Ce qui paraît normal puisque c’est le curé l’interlocuteur mystérieux. On découvre que le premier enfant est aussi l’enfant du miracle. Le mari est stérile. Ce qui explique la plainte de Maryvonne (“y’a rien à faire, on n’y arrive pas.”). 

d) “Bien sûr, dit Maryvonne”. “Enfant du miracle”, c’est ce qu’elle a dit à tout le monde et que tout le monde semble l’avoir cru, y compris le mari et le curé. 

e) Ensuite vient la disjonction et l’effet comique : il n’y a pas eu miracle mais le chauffeur, beau garçon, a su faire le premier enfant de Maryvonne. Elle y a pris du plaisir et elle l’avoue ingénuement : elle veut bien retourner à Lourdes mais avec “le même chauffeur”.

f) Il manque évidemment la réaction du curé mais on peut imaginer son indignation face à cet aveu stupide.

g) Cette histoire est très bien racontée et ménage savamment le suspense. 

h) L’analyse est une simple paraphrase . Elle n’est utile que par les prolongements qu’elle suggère.

i) Par métonymie cette histoire drôle devient une critique de tous les miracles, et d’abord ceux de Lourdes.

j) Cette histoire appartient à un folkore international. Ainsi, en Asie, au Tibet ou ailleurs, des femmes stériles vont consulter, dans des monastères reculés, de saints moines bouddhistes, réputés pour leur aptitude à faire des miracles et notamment soigner la stérilité. Ce qui donnait matière à de mutliples histoires salaces et anticléricales…

5. Pour ne pas conclure. Vous avez la parole et donc le dernier mot.

Roger et alii

Retorica

(7.400 caractères)

28 RHE rire propre de l’homme 2010_12 compléments 2013_05

Danièle (19 mai) : L’idée que le rire et la bonne humeur entretiennent la santé ne date pas d’aujourd’hui. Dès le Moyen-âge, un professeur de chirurgie, Henri de Mondeville qui vécut de 1260 à 1320, a réalisé un certain nombre de traités où il explique l’organisation, du régime de ses patients, conçu en fonction de la joie et du plaisir, où sont proscrits systématiquement les émotions négatives comme la colère, la haine ou la tristesse. Il écrit: « Le chirurgien prendra soin d’organiser tout le régime de son patient en vue de sa joie et de son plaisir ». Au Moyen-âge, on tenait donc la joie et le plaisir comme les éléments nécessaires au rétablissement des malades.

Beaucoup plus tard, William Mc Dougall, professeur de psychologie à Harward, a soutenu, dans un article scientifique, que la première fonction biologique du rire serait de conserver la santé et le bien-être psychique. Pour lui, le rire a deux effets principaux: il interrompt le cours de l’activité mentale en détournant l’attention du sujet, en le déconcentrant et, d’autre part, il active la circulation sanguine et provoque une élévation de la pression artérielle qui entraîne une sensation d’euphorie et l’impression de bien-être. C’est également l’avis du médecin américain J.Walsh, auteur du livre « Rire et santé ». Pour lui, le rire stimule les organes principaux par l’accélération de la circulation sanguine et augmente la résistance physiologique de l’organisme. En France, le docteur Raymond Moody a publié un livre « Guérissez par le rire » dans lequel il passe en revue un certain nombre de cas où plusieurs malades ont été guéris, ou du moins soulagés, grâce à l’utilisation de l’humour ou du rire.

L’exemple le plus extraordinaire de guérison par le rire et par l’humour, reste, pour l’instant celui de Norman Cousins, rédacteur en chef du magazine américain le « Saturday Review”. Sa guérison est probablement un des exemples les plus éloquents de la possibilité propre à chacun de développer ce qu’il appelle « la capacité autonome de guérison naturelle« . Atteint d’une paralysie très grave et généralement considérée par les médecins comme incurable, il prit la décision de refuser le pronostic des spécialistes et il décida, en accord avec son médecin traitant, de se prendre en main. Il tint alors le raisonnement suivant: si les émotions négatives avaient joué un rôle dans le déclenchement de sa maladie, peut-être alors que des émotions positives pourraient rétablir l’équilibre et l’aider à guérir.

Il s’installa à l’hôtel et se fit projeter des films comiques par son infirmière. Dix minutes de rire lui apportaient pour la première fois, deux heures de sommeil sans souffrance. Il passa ainsi quatre mois, immobilisé sur son lit, à rire à gorge déployée et se remit parfaitement. Il raconta son aventure et cet article fut reproduit dans 17 revues médicales. Ce que Norman Cousins a voulu avant tout prouver, à travers son témoignage, c’est que toute personne souffrant d’une maladie doit assurer une part des responsabilités dans sa propre guérison. Il faut mobiliser la volonté de vivre qui à son tour, mobilise les mécanismes naturels de résistance de l’organisme à la maladie. Le médecin peut vous soigner, semble dire Norman Cousins, mais c’est à vous de guérir.

Le rire est la première médecine qui a existé, c’est une soupape de survie. Rabelais l’a dit: « Le rire est le propre de l’homme« . Rigoler, prolonge l’idée, le geste, le mot… Il fait sortir les gens d’eux-mêmes et de leurs soucis quotidiens. La bonne humeur est capitale; elle favorise une perception optimiste et permet un regard différent sur les évènements. Le rire est efficace, parce que les choses sont réinventées, elles deviennent irréelles. On oublie le réel pour s’en divertir. Il y a une énergie dans le rire. Le rire est une énergie contenue qui se libère rapidement, et en se libérant fait vibrer les muscles les plus vulnérables, les plus fragiles qui animent les pommettes (les zygomatiques).

Ce serait formidable si les médecins pouvaient ordonner des « doses » de rire! Rire, c’est la santé. Ne dit-on pas dans le langage populaire: »On va sa payer une pinte de bon sang »?

Roger (22 mai) : Norman Cousins (1915 – 1990). Taper sur Google “Norman Cousins”. On y trouve :

Norman COUSINS – Institut Belge de Biologie Totale des Êtres Vivants ; www.ibbtev.be › … › Les précurseurs de la biologie totale des êtres vivants?  Qui est Norman COUSINS ? Qu’a-t-il apporté à la compréhension des maladies ?

Guérir par le rire – Science-et-Magie

www.science-et-magie.com/sm50/sm0016rire.html

L’été 1964, Norman Cousins, journaliste, est terrassé par un mal irréversible. Son état dégénère rapidement et voilà qu’il se retrouve à l’hôpital, incapable de …

Laissez-moi vous raconter l’histoire de Norman Cousin

www.ressourcespro.com/…/445-laissez-moi-vous-raconter-lhistoire-de-n…  Laissez-moi vous raconter l’histoire de Norman Cousin, cet américain atteint d’ une maladie soi-disant incurable et à qui la médecine donnait à peine six mois à … Cancer et Norman Cousins www.alasanteglobale.com/cousins.html 

Norman Cousins et la psycho-neuro-immunologie. .

Philippe ( 21 mai ) : 

Le rire est le propre de l’homme

quand l’homme a l’âme propre.

Car avec les âmes sales,

il n’y a pas de quoi rire.

docteurduchmoll.com

Roger (22 mai) : Ton calembour est le bienvenu.

Je pense à un autre : « L’amour propre ne le reste pas très longtemps » (film de Martin Veyron 1985).

Roger et Alii

Retorica

(5.500 caractères)

Au total :

Roger et Alii

Retorica

(3.640 mots, 21.600 caractères)

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