29 SCI créationnisme darwinisme 2008 12

I. Sur liste Freinet Second degré Nadine (20 juin 2007) Les relations homme-animal dans nos sociétés occidentales commencent (ou recommencent, je ne sais pas) à intéresser.du monde : je vois passer ça dans différentes revues, dans des livres aussi. La question de l’évolution se pose aussi et là, il y a réellement un problème. J’ai vu arriver au CDI l’autre jour deux élèves de seconde, musulmans probablement, qui participaient à un débat de fin d’année dans le cours de SVT. Ils voulaient argumenter dans le sens de l’opposition au darwinisme et recherchaient les sites traitant de la question. Il suffit de taper « contre Darwin » pour les trouver et j’ai appris en faisant comme eux qu’on trouve aussi bien les sites intégristes chrétiens que musulmans. Je suis allée voir sur l’un des sites musulmans, extrêmement bien fait : iconographie très attractive, fiche très claire pour chaque animal, représentant le fossile et l’animal actuel, semblables. Leitmotiv à chaque page ou presque : le Créateur a voulu que chaque espèce fût telle qu’elle est aujourd’hui, Darwin et les autres ont tout inventé. Il « suffirait » donc de présenter de la manière la plus simple possible quelques espèces présentant des modifications flagrantes depuis leurs fossiles. Si elles ont disparu, comme les dinosaures qu’on a l’habitude de voir, l’argumentation ne tient pas. Je suppose qu’on a des tonnes d’exemples, mais on pourrait choisir les plus évidents. Je me souviens d’un excellent spécialiste de Darwin, Patrick Tort, auteur du Découvertes Gallimard…Ceci dit, les croyants garderont leur foi, mais il s’agit qu’ils ne convertissent pas les autres. Je ne sais pas si les collègues ont une parade efficace à ces arguments, j’espère que oui ; en tout cas, moi, documentaliste, je n’ai rien pu faire d’autre que leur signaler que je jugeais leurs sources pas très scientifiques et j’ai essayé de les accompagner dans leurs recherches pour ne pas les crisper un peu plus. Peine perdue, je pense.

II. Même source : Roland (juin 2007) : De l’origine du vivant. Il n’est pas besoin d’être devin pour pressentir que des débats touchant à la biologie et à l’organisation de la société, passionnés, passionnels vont animer la discussion sur l’origine du monde et sur son devenir.

En effet, il y a 150 ans, en novembre 1859 paraît la première édition de l’origine des espèces de Charles Darwin. Cette publication élargit la voie à différents affrontements à ce sujet, qui sont nés bien avant.

A grands traits simplificateurs quelles sont les thèses en opposition ? La plus ancienne s’appuie sur une lecture littérale des textes dits sacrés. Elle est de caractère fixiste. Le monde tel que nous le voyons est l’œuvre d’un créateur unique qui l’a voulu tel que nous le percevons aujourd’hui. L’apparence des êtres vivants que nous rencontrons chaque jour est une réplique strictement identique à celle que lui a donnée le créateur. En gros toutes les formes qui trouvé place dans l’arche de Noé. A cette conception s’oppose la théorie darwinienne de l’évolution qui affirme que toutes les espèces existantes y compris l’homme ont évolué pendant plusieurs millions d’années à partir d’une seule forme de vie. Mais d’autres l’avaient devancé dans cette voie en s’appuyant sur la description des formes animales connues à l’époque. Cette conception est connue sous le nom de transformisme. La vigilance s’impose Id. Patricia (10 déc 2008) (…) Voilà quelques éléments pour un article sur l’évolution à paraître dans En chantier n°7 (Bulletin Freinet) je ne sais pas du tout comment présenter cela… (…) Il y a des mots et notions difficiles dans le texte de Roland. Simplifie-t-on? ou non? Est-ce qu’on met un extrait de Darwin? Que met-on comme iconographie? (…) Que proposer qui serait utile aux classes et pour susciter une réflexion autour de l’évolution?

III. Même source. Roger (13 déc 2008) scarabée bombardier

1. Le scarabée bombardier est l’exemple préféré des créationnistes et sur le net on trouvera de multiples références le concernant. Pour joindre l’agréable à l’utile, je préfère l’évoquer à travers un roman policier sur le créationnisme avant de proposer un problème égyptien presque aussi ardu.

2. Véronique Roy, Muséum, roman, Fayard 2006 et Livre de poche.  Véronique Roy, archiviste et scénariste, a travaillé plusieurs années au Muséun national d’Histoire naturelle de Paris. Avec l’aide de Luc Finet, elle a écrit un roman policier qui a pour thème l’évolution. Voici quelques critiques concernant ce roman 

: » Museum, de Véronique Roy, est publié aux éditions Fayard, plus haletant, plus subtil et plus drôle que le Da Vinci Code. Bonne lecture ! »  Bernard Lehut (RTL) Au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, les éminences scientifiques sont en émoi: une météorite antérieure à la création du système solaire apporterait la preuve de l’origine extraterrestre de la vie. Les vieilles querelles resurgissent. L’homme est-il le produit accidentel de l’évolution ou le fruit d’un «dessein intelligent», autrement dit, de Dieu? » (France Culture) “Une intrigue efficace dans le monde très particulier de la recherche. »   Isabelle Marchand (Pélerin) 

« Des assassinats comme s’il en pleuvait, des savants fous frisant la caricature: à dessein ou non, ce polar sans frisson ressemble, et c’est son charme, à un pastiche. »  Anne Berthod (L’express) 

3. Extrait : le scarabée bombardier

– Le scarabée bombardier (Brachinus cordicollis) a été utilisé par les créationnistes pour essayer de prouver l’existence d’un dessein intelligent, donc une justification divine de la création. 

“(…) Ce coléoptère possède une particularité assez rare : face à un prédateur, il peut expulser un liquide défensif par l’anus. (…) Le Brachinus possède deux glandes sécrétant l’une de l’hydroquinone, l’autre du peroxyde d’hydrogène, deux chambres de stockage communicantes et deux chambres de combustion. Il se trouve que le mélange de l’hydroquinone et du peroxyde d’hydrogène est explosif. Le scarabée rajoute en temps normal un inhibiteur pour empêcher l’explosion. Mais si un prédateur se présente, il sécrète aussitôt un anti-inhibiteur qui lui permet d’expulser son projectile.

– (…) A vrai dire, il est étonnant qu’un mécanisme aussi complexe soit présent dans un organisme aussi élémentaire. Pour les créationnistes c’est un indice du caractère “miraculeux” de la Création. (…) Si les espèces obéissaient à la sélection naturelle, ce scarabée n’aurait jamais pu survivre car il n’aurait jamais eu le temps de mettre au point, étape par étape, un tel processus de défense comme le prétend le darwinisme. 

– Exact. Qu’un animal ait pu produire deux liquides constituant un mélange explosif sans exploser lui-même est, aux yeux des créationnistes, une aberration qui ne peut s’expliquer sans le recours à l’hypothèse divine. Mais ils ne comprennent rien à la notion de complexité: quoi que vous en pensiez (…) le scénario d’une évolution étape par étape se défend.” (pp. 367 à 369)

4. Une solution simple peut expliquer un problème complexe. Les Egyptiens plaçaient au dessus du sarcophage d’un défunt une longue ouverture tubulaire étroite qui s’ouvrait vers le ciel. Elle était orientée de telle sorte que les rayons du soleil n’y passaient qu’une fois par an, le jour anniversaire de la mort du défunt, éclairant ainsi la tête du sarcophage. Du point de vue scientifique cela signifiait connaître à fond les lois de Newton sur la gravitation, la latitude et la longitude du tombeau, la date et l’heure du décès avec une précision de l’ordre de la seconde. Rappelons que la Terre se déplace autour du Soleil à la vitesse de 108.000 km/h et l’illumination de la tête du sarcophage est très brève. Bien d’autres conditions auraient dû être remplies pour obtenir un positionnement de type GPS. En fait les Egyptiens utilisaient une solution très simple. Au moment de la mort du défunt on positionnait et on fixait solidement au sol une tubulure orientée vers le soleil de telle sorte que les rayons solaires la traversaient de part en part. On marquait d’une croix sur le sol l’endroit de la tache lumineuse. Ainsi à chaque fois que la Terre repasserait par la même position par rapport au Soleil, donc à la même date du calendrier solaire, le même point de projection serait éclairé à la même heure, à la seconde près. On plaçait ensuite la tête du sarcophage à cet endroit précis puis on l’orientait et on construisait  autour le tombeau-pyramide. “Ainsi que l’illustre l’exemple des pyramides, il y a souvent plusieurs manières d’aborder un même problème. C’est pour cela qu’il est faux de dire qu’un problème est difficile à résoudre. Il n’est compliqué que relativement à la manière dont la science l’aborde et aux outils qu’elle offre pour l’appréhender.” (d’après Jacob Ouanounou, La Clef des temps, Une lecture biblique de la science, essai, Edilivre, Editions APARIS, 2008, 470 pages, pp 212-213)

5. L’exemple du sarcophage égyptien ne résout pas l’énigme du scarabée-bombardier mais il incite à chercher une explication en dehors d’un cadre traditionnel. Ainsi que le dit Einstein : “La théorie, c’est quant on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.” (…) “Peu d’êtres sont capables d’exprimer posément une opinion différente des préjugés de leur milieu. La plupart des êtres sont même incapables d’arriver à formuler de telles opinions.

Je suis preneur de toute explication permettant d’approcher d’une manière plus satisfaisante le problème du scarabée-bombardier.

IV. Même source. Hélène (11 déc 2008) : Bonjour à tous, Juste une petit complément sur le créationnisme musulman : la secte harun Yahya a inondé les universités d’un luxueux atlas de la création, elle a également un site web particulièrement « riche » en désinformations, elle accuse notamment le darwinisme d’être responsable de la Shoah, je vous invite à visiter ça à cette adresse :

http://www.harunyahya.fr/index.php Je pense que c’est de cette secte que parle Nadine, secte qui semble avoir de gros moyens financiers.

Le plus bizarre est que notre serveur Amon qui doit filtrer les sites indésirables a laissé passer cette énormité ! (raisons pédagogiques ?)

V. Même source. Roger (15 déc 2008) créationnisme musulman.

1. Le créationnisme musulman comme les autres créationnismes monothéistes s’accompagne d’une mise en cause virulente de la modernité, de la laïcité, de la démocratie, du féminisme, de l’homosexualité, de l’immoralité et de la débauche. Tout cela forme un tout qu’il faut détricoter lentement, patiemment en reconnaissant certaines des tares morales de notre mode de vie. Je reprends l’adresse du mouvement créationniste musulman le plus puissant Harun Yahya “Une invitation à la vérité”, auteur de l’impressionnant Atlas de la Création (800 pages, 6 kg) : http://www.harunyahya.fr/index.php

Il y en a bien d’autres. Je préfère parler de “musulmans” plutôt que d’”islam” qui, après tout, signifie simplement “soumission (à la loi divine)”. Le “Saint Coran” est considéré comme un bloc parfait duquel rien n’est à ajouter, ni à retirer, ni à transformer. D’où le raisonnement pernicieux qui a servi à détruire bien des bibliothèques : “Si c’est dans le Coran, cet ouvrage est inutile. S’il n’est pas dans le Coran, il est dangereux. Dans les deux cas il faut le détruire.” Le Coran, pour être compris, doit être lu en arabe. Les traductions ne sont qu’un pis-aller mais il en est d’autorisées par des responsables religieux. 

2. Pour des personnes, jeunes ou moins jeunes, musulmanes ou non, qui veulent s’informer, la traduction la plus intéressante me semble être celle de “la dame de Marrakech”, Denise Masson (1901-1994, Coran, Gallimard, 1967 et Folio, 2 volumes). Cette traduction est accompagnée dans le second volume de notes très étoffées qui montrent comment le Coran s’est inspiré notamment de la Bible, des midrachim (commentaires) juifs, des évangiles officiels et des évangiles apocryphes. On commencera la lecture par les sourates les plus courtes, celles de la fin, celles qui sont apprises en premier. Une autre traduction est extraordinaire par son respect du dynamisme de l’original, celle d’André Chouraqui (L’Appel, Robert Laffont, 1990). André Chouraqui est surtout célèbre pour sa traduction de la Bible (Ancien et Nouveau Testament), très stimulante mais, à mon avis,  moins belle que celle du Coran.

3. L’islam fait trois griefs aux juifs et aux chrétiens :

a) de n’avoir pas respecté le message reçu.

b) d’avoir manipulé les textes

c) d’avoir refusé Mahomet comme prophète.

Ces trois reproches ne sont pas dénués de vérité. et il faut les resituer dans leur contexte..

4. a). Le message “Aime ton prochain comme soi-même” fonde toute loi morale. Il est souvent moqué en Occident. Michel Onfray, pourtant peu suspect d’indulgence envers le monothéisme, construit sa propre morale sociale sur le même principe mais avec des mots différents. “Fais à autrui ce que tu veux qu’il te fasse” (Université populaire de Caen, France Culture, 11/08/2006). Le message biblique est plus clair, plus actuel si on le traduit correctement : “Aime (et protège le bien de) ton prochain comme toi-même (tu t’aimes et tu protèges ton bien propre).” On ne retrouve pas ce précepte dans le Coran peut-être parce qu’il est humain et n’a pas besoin de la caution divine pour être appliqué.

5. b). A l’époque de Mahomet, dans les environs de Médine, dans les oasis et dans le désert, les traditions se chevauchent. Ceci explique pourquoi le Coran mêle des éléments de la Bible hébraïque, du Talmud, des Evangiles officiels et des Evangiles apocryphes. On a pu considérer le Coran comme un commentaire de la Bible. Une curiosité : la sourate “Jonas” est une analyse d’une grande subtilité du livre de “Jonas” dans la Bible. La comparaison, facile à mener, est très instructive.

6. c). Mahomet a été un guerrier mais aussi un mystique qui souhaitait figurer dans ce corpus flottant. Ce n’était pas possible et il en fut ulcéré. Il a d’abord aimé les Juifs et les Chrétiens avant de les exécrer. Cela n’enlève rien à la dimension mystique du Coran. Il n’est pas indifférent d’en commencer la lecture par la fin plutôt que par le début. En commençant par la fin on découvre les sourates les plus brèves, les plus mystiques, celles qui alimentent les prières des croyants.  Ensuite le livre se complexifie à mesure que les sourates s’allongent. Ce classement par longueur est d’origine persane mais il semble respecter globalement la genèse de l’ouvrage . Ce point reste en discussion.

7. La lecture directe et littérale du Coran, sans intermédiaire, sans commentaire autorisé, est comme celle de la Bible, une lecture intégriste et mystificatrice.  Une lecture ne prend sens qu’à partir d’une interprétation. Cette interprétation dépend des cadres mentaux de la personne qui lit le texte, des contextes qu’elle prend en compte, des commentaires qu’elle consulte. Mais beaucoup s’en tiennent à une lecture littérale comme le faisait  Alexis de Tocqueville : “J’ai beaucoup étudié le Coran à cause surtout de notre position vis-à-vis des populations musulmanes en Algérie et dans tout l’Orient. Je vous avoue que je suis sorti de cette étude avec la conviction qu’il y avait eu dans le monde, à tout prendre, peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est à mon sens la principale cause de la décadence aujourd’hui si visible du monde musulman et quoique moins absurde que le polythéisme antique, ses tendances sociales et politiques étant à mon avis infiniment plus à redouter, je la regarde relativement au paganisme lui-même comme une décadence plutôt que comme un progrès .” (Alexis de Tocqueville, Œuvres complètes, Pléiade, Gallimard, tome IX p.69, cité par Jean-Claude Poizat, Taverny, Marianne du 28/10/2006)

8. Tocqueville lit donc le Coran sans consulter des théologiens musulmans, des marabouts ou des soufis. Or la théologie musulmane est très riche. Elle contient notamment un débat fondamental sur les versets contradictoires dont le plus récent abroge l’ancien. C’est le problème de “l’abrogé” et de “l’abrogeant” :Ainsi on lit : 

2.257 : “Point de violence en matière de religion. La vérité se distingue assez de l’erreur. (…)”

et 9.29 : “Faites la guerre à ceux qui ne croient point en Dieu ni au Jour dernier (…)” En fait l’expression arabe serait beaucoup plus forte et aurait le sens de : “Tuez sans pitié…”.

Selon que l’on choisisse comme “abrogeant” le premier ou le second verset, il y a ouverture religieuse, politique et culturelle ou non. Les grandes périodes de l’islam ont été celles de l’ouverture. Historiquement, le second vient après le premier… mais chaque musulman, la mondialisation aidant, est amené à choisir entre ouverture et fermeture. 

VI. Même source. Roger (13 déc 2008) Douze théories de l’évolution.

La revue “Nouvelles clés” (www.nouvellescles.com)  a publié dans son n° 54 de juillet-août 2007 un dossier : “Comment dépasser le débat “Dieu contre Darwin””. Le dossier est disponible sur le net. Les auteurs définissent non pas deux mais douze théories de l’évolution. Ils se situent dans le dernier courant de cette “grille à douze entrées”. Je me suis hasardé à en faire un résumé :

1. Les néo-darwiniens : nous sommes des machines à survie, des machines robotiques aveuglément programmées.. Les néo-darwiniens sont un des courants du darwinisme

2. Les darwiniens progressistes : les mécanismes génétiques sont plus complexes que ce que l’on pouvait penser…

3. Les collectivistes : les évolutions  s’expliquent, pour la plupart,  par des liens symbiotiques entre organismes

4. Les théoriciens de la complexité : l’auto-organisation explique la capacité de tout organisme dynamique complexe à produire des formes d’ordre supérieures

5. Les directionalistes : une force pousse inexorablement la vie  vers plus de complexité, de maîtrise de l’environnement et de conscience.

6. Les transhumanistes : de même que l’humanisme nous a libérés de la superstition, de même le transhumanisme nous libérera de la biologie en dominant les nouvelles sciences et notamment les nanobiotechnologies

7. Les théoriciens du dessein intelligent :  la complexité du vivant s’explique mieux par un dessein cosmique que par la sélection naturelle

8. Les évolutionnistes théistes : l’évolution n’est pas contradictoire avec la foi en Dieu car science et religion traitent de questions différentes et complémentaires

9. Les évolutionnistes ésotériques : l’évolution est à la fois physique et métaphysique ; ses schémas ésotériques restent cachés

10. Les philosophes du processus : pas de Dieu sans monde, ni de monde sans Dieu ; il faut donc avoir une vision holistique de l’ensemble ; le divin est la propension du cosmos à engendrer de la complexité et du beau sans contrevenir aux lois déjà découvertes.

11. Les évolutionnistes de la conscience : l’extase divine  crée le monde et l’extase du monde réalise le divin ; l’humanité  appartient à et à l’autre ; plus la matière se complexifie plus la conscience s’approfondit

12. Les intégralistes : l’évolution est un processus holistique de la réalité objective et subjective ; à mesure que son extérieur complexifie ses formes, son intérieur approfondit sa conscience ; ils cherchent des passerelles entre des points de vue incompatibles tels que les darwiniens et les créationnistes.

Roger : cette grille me semble diluer le problème car certains courants sont très proches les uns des autres. Je dirai que les courants 1 à 6 sont plutôt darwiniens et 7 à 12 plutôt créationnistes. Mais le courant 5 me semble déjà créationniste avec cette notion de “force inexorable”. 

VII. Même source Roger (22 déc 2008) repères

1. L’âge de l’Univers. Le premier problème est celui de l’information. Le professeur aide ses élèves à s’orienter dans une question complexe qu’ils  abordent sous des angles très divers. Le mieux est peut-être de consulter un site créationniste en français. J’ai repéré l’association de science créationniste du Quebec et ses 11 conférences dont la première sur “l’âge de l’Univers”Un des domaines sur lesquels les scientifiques se penchent est celui de nos origines. Depuis quelques siècles, le naturalisme envahit ce « domaine d’étude ». Il s’agit d’un courant de pensée selon lequel toute structure, aussi complexe soit-elle, peut émerger sans cause antécédente. Toute la matière de l’Univers serait alors sortie du néant (ce qui contredit la 1re loi de la thermodynamique) et se serait agglomérée pour former des systèmes organisés tels que les étoiles et les galaxies (ce qui contredit la 2e loi de la thermodynamique). Ensuite, la vie aurait émergé à partir de composés inorganiques (aucune théorie scientifique crédible n’a pu soutenir cette élucubration) et plus tard, la vie se serait diversifiée par évolution. Concernant l’évolution, le registre fossile, potentiel témoin de nos origines, révèle une apparition discontinue de toutes les espèces fossiles, c’est-à-dire que les fossiles montrent une création plutôt qu’une évolution graduelle.

Les naturalistes ont donc été contraints, devant la réalité de la non-validité de leurs théories, d’introduire un dogme qui leur permettrait de faire survivre leurs croyances. Le temps est devenu leur « baguette magique ». On nous dit qu’il semble impossible que la vie soit apparue sans cause antécédente mais qu’avec le temps tout est possible … On nous impose alors, comme vérité absolue, le « fait » que l’Univers et la Terre dateraient de milliards d’années. Le présent article veut donc faire la lumière sur la méthode que le mouvement naturaliste s’est donné pour vendre l’idée d’un univers de 15 milliards d’années. (…) Il existe plusieurs scénarios créationnistes intéressant concernant l’âge de l’univers. Un des ces scénarios impliquerait pour sa part que la vitesse d’expansion de l’Univers a été presque infinie au moment de la création et stabilisée par la suite. Cela pourrait expliquer un univers tout aussi grand avec un âge relativement jeune. ” (Julien Perreault)

Cette querelle scientifique n’a rien d’étonnant. Notons que l’expression Big Bang a d’abord été lancée ironiquement en 1950 par l’astronome Fred Hoyle qui pensait alors que l’univers était stable. Mais la conférence créationniste sur l’âge débouche sur une affirmation qui constitue un véritable saut qualitatif : “Si l’âge de la terre est jeune, il n’y a pas d’évolution possible de l’homme. Donc, on est obligé de s’en tenir la thèse biblique.”  Les autres conférences développent l’idée que la Bible offre la seule vérité à la fois personnelle,  scientifique et universelle.  Les autres croyances  sont considérées comme fausses.  (http://www.creationnisme.ca/publication/articles/age_univers.jsp?section=publication)

2. Les penseurs juifs sont plus prudents.Tout d’abord, lorsqu’on dit: le monde a été créé il y a 5768 ans, à quel moment de la Création se réfère-t-on ? A la naissance d’Adam ? Or, les six jours de la création ont précédé la formation du premier homme. Nous ne dirons pas que ces six jours représentent des ères géologiques pour faire coïncider la Torah avec la science. En effet, le problème se situe à un autre niveau. Rachi affirme péremptoirement dans son commentaire sur le premier mot de la Torah: « Si c’était comme tu le dis, que la Torah donne l’ordre de la Création, tu devrais être toi-même étonné. Les eaux ont existé avant la terre mais on ne nous dit pas quand les eaux ont été créées ! Tu es donc obligé d’admettre que la Torah ne veut pas nous enseigner l’ordre de ce qui a été créé avant et de ce qui a été créé après (Rachi traduit par le Grand Rabbin Salzer). (grand Rabbin Jacques Ouakin, www.viejuive.com).  La Torah (synonyme ici pour la Loi, la Bible) ne dit donc rien sur une vérité scientifique et universelle. Elle n’évoque qu’une vérité personnelle et une morale centrée sur “Aime ton prochain comme toi-même” (Lévitique 19). 

3. Le dessein intelligent. D’abord peut-on imaginer Dieu ? Oui, mais cette représentation est toujours fausse. Dieu c’est la Nature disait Spinoza. Dieu c’est l’Energie dit la spiritualité orientale reprise par le New-Age. Ici intervient le “dessein intelligent” qui repère dans la Nature une organisation qui semble ne rien devoir au hasard. “Le dessein intelligent (Intelligent Design en anglais) est la thèse selon laquelle « certaines observations de l’univers et du monde du vivant sont mieux expliquées par une cause intelligente que par des processus aléatoires tels que la sélection naturelle » . Cette thèse a été développée par le Discovery Institute, un cercle de réflexion conservateur chrétien américain. Le dessein intelligent est présenté comme une théorie scientifique par ses promoteurs, mais dans le monde scientifique, il est considéré comme relevant de la pseudo-science, tant par des arguments aussi bien internes à la biologie (les promoteurs du dessein intelligent apparaissant aux biologistes comme ne tenant pas compte de nombreuses observations) qu’épistémologiques (en particulier le critère de réfutabilité de Karl Popper). La plupart des commentateurs y voient une résurgence du créationnisme, dissimulée sous une apparence de scientificité. Le dessein intelligent est désormais classé aux États-Unis dans les théories néo-créationnistes, en particulier suite à la publication du Wedge document. D’un point de vue idéologique, les deux thèses sont apparentées (intervention d’une puissance supérieure).” (Encyclopédie Wikipédia). Il est difficile de ne pas voir dans cette contestation une attaque en règle contre le monothéisme et le désir souterrain d’ériger la démarche scientifique en croyance de nature religieuse. 

4. Le récit de miracles. Le lecteur moderne exerce son esprit critique sur tout ce qu’il lit mais il doit se construire une morale ou une éthique personnelle fondée ou non sur le monothéisme. Ainsi il peut s’interroger sur la réalité des miracles. Les miracles ne sont connus que par des récits. Il suffirait de peu de choses pour que certains reçoivent june explication simple. Mais ceci révolte des croyants qui y voient une atteinte à leur foi personnelle. (…) Quand un texte de la Bible ou du Coran est pris dans son sens propre, c’est-à-dire dans son sens littéral, sans tenir compte de son sens métaphorique ou allégorique on peut entrer dans une querelle religieuse inattendue et  quelquefois très violente.  Diderot au XVIII° siècle professait une tolérance mutuelle, fondement de la laïcité quand il disait : “Il faudrait que l’on pût être croyant sans être un imbécile et athée sans être un scélérat.” (citation faite de mémoire, non retrouvée), Le respect doit être réciproque entre croyants et incroyants. Sitôt que l’un des deux camps affirme détenir la vérité, l’intolérance est là. Roger (mai 2015) … et l’intolérance est intolérable !

Roger et Alii

Retorica

(4.270 mots, 26.900 caractères)

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