30 SEX pédophiles occident 2016 04

Le sujet a tellement été tu pendant des siècles de christianisme que sa mise au jour pose de multiples problèmes que j’aborde à grand’peine dans ce fichier trampoline. Roger.

 1. Roger (18 mars 2016 ) « Grâce à Dieu, il y a prescription » a dit en substance le cardinal Barbarin au sujet des cas de prêtres pédophiles dans l’Eglise catholique. Il parlait bien entendu des poursuites qui ne pouvaient plus l’atteindre. Déclaration que je trouve proprement hallucinante qui convoque Dieu bien imprudemment à mon sens. Des victimes ont rétorqué que pour elles il n’y avait pas de « prescription » mais des personnalités traumatisées quelquefois à jamais.  Cette attention au respect des personnes est relativement nouvelle dans l’opinion publique. Elle en est d’autant plus exigeante avec une bonne conscience effarante. Le cardinal Barbarin devient le bouc émissaire d’une lâcheté générale.

Roger (16 avril 2016) Mais il y a pire.  « La pédophilie est-elle un péché ? » se demande Mgr Lalanne, évêque de Pontoise (7 avr 2016). La question est, elle aussi, ahurissante, car la réponse est évidemment : « Oui, c’est un péché, un péché mortel, auquel Jésus a répondu en disant que celui qui scandalisait le plus petit des enfants, mieux valait pour lui qu’il se jette à l’eau avec une pierre au cou. » (Matthieu 18, 5 – 6 : « Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. ») Or l’évêque répond sans revenir à cette parole fondamentale de Jésus : « C’est un mal profond. Les choses sont très, très claires. Est-ce que c’est un péché ou pas ? Je ne sais pas et ça peut être différent suivant chacun. Donc on ne peut pas généraliser. »

« La difficulté, c’est quelle conscience la personne a de ce mal ? Comment elle s’en sent responsable ? […] Quand on commet un péché, on a conscience qu’on blesse la relation à l’autre et qu’en blessant la relation à l’autre, on blesse la relation avec Dieu », explique-t-il.

« On est dans l’ordre du péché, mais est-ce que cet homme est pécheur au sens strict du terme ? Je ne peux pas le dire, à chaque fois, on ne peut pas parler de façon générale » Finalement dans un communiqué ultime Mgr Lalanne conclut :

« La pédophilie, dans tous les cas, est un péché objectivement grave, « un crime atroce qui offense Dieu et blesse la dignité de la personne humaine créée à son image » (Benoît XVI).

« La question difficile qui se pose pour chaque cas, c’est le degré de conscience et donc de responsabilité de celui qui commet des actes aussi atroces.

« Dans tous les cas, l’acte est gravement condamnable. C’est une faute qui doit être sanctionnée car l’on ne peut jamais laisser faire ce qui blesse aussi profondément et aussi durablement un enfant.

« Je sais, pour avoir rencontré, écouté et accompagné des victimes et leurs familles, que leur souffrance est très profonde et durable. »

Mais cette réponse continue à noyer le poisson et le pécheur/pêcheur avec lui. Car la réponse de Jésus ne souffre pas d’échappatoire. On ne transige pas avec le péché. « Que votre oui soit oui, que votre non soit non. » Nous sommes là dans la catégorie du « péché contre l’esprit », le plus grave, celui pour lequel il n’y a pas de remède sinon un repentir qui doit lui aussi être absolu, constant, sans prescription. Mais que dire des autres péchés et singulièrement des meurtres de masse et autres génocides ? Nous sommes au bord de l’abîme spirituel.

3. Que faire ? C’est le sujet d’un film chilien très dérangeant : « El club ».

Synopsis « Dans une ville côtière du Chili, quatre prêtres, marginalisés par les autorités ecclésiastiques, vivent reclus dans une maison isolée. Chacun d’eux a un péché à expier, et ils sont placés sous la direction d’une ancienne bonne sœur. Leur équilibre précaire est bientôt perturbé par l’arrivée d’un nouveau pensionnaire. A peine a-t-il été présenté à ses colocataires qu’à l’extérieur de la maison un vagabond l’accable avec véhémence de bien des exactions. Paniqué, le nouveau venu se suicide. Le père Garcia, psychologue, est alors envoyé pour les aider à faire face au traumatisme et tenter de comprendre les raisons d’un tel acte… Critique En Patagonie, près d’un petit port de pêche, quelques hommes et une femme vivent en reclus, dans une maison battue par les embruns. Les jours se suivent et se ressemblent : repas communs, tâches ménagères et entraînement du chien, un lévrier de course, qui rapporte parfois un peu d’argent. Drôle d’ambiance. Drôle de phalanstère. Quelque chose cloche, d’emblée, dans la monotone quiétude de cette introduction au « club ». Des regards furtifs, des attitudes de conspirateurs. Un flottement. Qui sont ces gens ? Et que font-ils là, cloîtrés ensemble ? C’est là, loin des regards, de la presse et de la justice, que le Vatican met ses brebis galeuses en vacances perpétuelles, aux oubliettes de la société. Les membres du club sont tous des prêtres, ils ont tous quelque chose à se reprocher : délinquance ou pédophilie. L’un a collaboré avec la dictature, l’autre a participé au scandale national du trafic d’adoptions. La seule femme du groupe, doucereusement maternelle et manipulatrice, est la religieuse chargée de s’occuper d’eux…

Du cinéaste chilien Pablo Larraín, on avait goûté les films noirs et grinçants dans les entrailles du régime de Pinochet (Tony Manero, Santiago 73 post mortem), ainsi que le récit brillant et ironique du retour à la démocratie (No). Il s’attaque à ce nouveau sujet avec le même sens de la dérision glacée, le même mélange dérangeant d’humanité et de fiel.

Dans la maison du bord de mer, un nouvel arrivant, « placé » par les autorités catholiques — un autre condamné officieux —, attire la tempête, le drame. Quelqu’un l’a reconnu. Un pauvre type du coin, une épave, une de ses anciennes victimes. Voilà qu’aux portes du jardin l’importun vient et revient beugler, de la voix forte et bizarrement indifférente d’un crieur de village, le détail de tous les abus sexuels qu’il a subis jadis. Il est comme absent, possédé, devenu simple caisse de résonance d’une vérité sordide et violente. Cette scène d’une brutalité inédite fait basculer le film. Elle ne met pas que la petite communauté du club en danger, elle secoue aussi notre confort de spectateur. Rien n’est simple, ni moralement rassurant, dans cette histoire de damnés. A l’instar de la lumière sourde et crépusculaire, couleur d’algues, de béton et de pluie, qui baigne chaque image, tous les antihéros de ce conte implacable sont gris, ignobles et poignants, pathétiques et infiniment seuls, si dérisoires qu’ils en sont parfois comiques. Le portrait de groupe, prêt à tout pour se protéger, avec la complicité objective de l’Eglise, est d’une cruauté buñuélienne. Tous coupables, tous complices, tous victimes. » Cécile Mury Télérama (11 nov 2015)

4. J’avais abordé le problème avec l’islam :

http://www.retorica.fr/Retorica/30-sex-pedophiles-islam-2015_03/

En relisant le fichier, que je viens de compléter, je découvre avec consternation que je n’avais pas évoqué la pédophilie en occident à travers nos grands auteurs comme Gide ou Montherlant,  Wikipédia se pose la question de savoir s’il faut en parler ou pas :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Henry_de_Montherlant

voir aussi

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pédérastie

et

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pédophilie

5. Autre information à méditer. Le père François Lefort finit, en 2005, par être condamné pour des actes pédophiles exercés sur six jeunes Sénégalais. Il a toujours protesté de son innocence. Il a été condamné à 8 ans de prison par la Cour de Nanterre alors qu’il en risquait 20 et qu’à Lyon un père mariste en recevait 15 dont 10 incompressibles. Ce prêtre-médecin a incarné pendant une quinzaine d’années la défense des enfants des rues des grandes villes du tiers-monde. C’est un “héros de l’humanitaire”. Etait-ce un “illusionniste” ? Ses ouvrages donnaient envie d’agir et de prier (“Le Désert de l’homme fou”). Est-il un saint ou un monstre ? Son combat contre la pédophilie était peut-être la réponse à des pulsions auxquelles il a pu céder quelquefois. “Chaque homme dans sa nuit” (Julien Green) est un mystère à lui-même. Il était avec Médecins du monde pour aller au secours des victimes du génocide rwandais. (d’après Christian Delorme, prêtre, La Croix du 29/06/2005)

6. Je pense que l’affaire Barbarin est liée à la polémique qui fait rage autour de l’initiative européenne pro-vie et son slogan « Un de nous »

http://fr.myeurop.info/2013/10/30/un-de-nous-l-initiative-citoyenne-pro-vie-qui-s-me-le-trouble-12495

Personnellement j’y vois un effet collatéral des actions spectaculaires de Daesh : Daesh diffuse une culture de mort. On s’y oppose en défendant la vie, c’est-à-dire toute vie dans sa continuité : d’où refus de l’avortement, de la peine de mort, de l’euthanasie et aussi de  l’eugénisme et du transhumanisme. Sur l’avortement je rappelle la position de Pasolini : « Aucun centralisme fasciste n’est parvenu à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation » (Pasolini) L’idéologie hédoniste a créé la pire des répressions de l’histoire humaine.  « C’est un hédonisme néolaïc, aveuglément oublieux de toute valeur humaniste et aveuglément étranger aux sciences humaines. » (extrait de « Ecrits corsaires »). « La question n’est pas d’être pour ou centre l’avortement, mais pour ou contre sa légalisation. Eh bien, moi, je me suis prononcé contre l’avortement et pour sa légalisation. »  (d’après Sébastien Lapaque, Marianne, 2013_08_10).

7. Bernard (18 mars 2016 ) :

1) depuis la nuit des temps il y a des omertas corporatistes et communautaristes. Les religions n’y échappent pas.

2) je ne connais pas le cas Lefort, mais le bref survol que j’en ai fait sur le Web laisse effectivement planer un doute. Ceci dit, nombreux sont les cas de personnages qui sont en même temps admirables et méprisables. Qui n’a pas sa part d’ombre?

3) le rapprochement Barbarin-DAESH me semble un peu téméraire. Les cultes de la violence et de la mort ont été fréquents dans l’Histoire.

Sur l’IVG : c’est d’abord aux femmes de s’exprimer et de décider! Quand on voit comment les religions -et les monothéistes ne sont pas en reste- traitent les femmes, le réflexe de tout humaniste est de les combattre. Et quand on voit qui se mobilise contre l’IVG et la PMA, on est édifié.

8. Pédophiles en Occident, approche en 200 mots

Roger (3 avril 2016) 200 mots : La pédopornographie n’a pas d’article spécifique dans Wikipédia. Pourtant les pédophiles sont souvent avides d’images et de vidéos de cette nature. Ce qui les incite à entretenir leurs fantasmes et favorise le passage à l’acte.

D’après des statistiques croisées allemandes et françaises ils représenteraient 1 % de la population ce qui est peu mais représente une quantité importante de victimes abusées. Les homosexuels sont environ 10 % mais leur sexualité différente ne présente aucun danger au contraire de celle des pédophiles qui sont des prédateurs.

D’où la nécessité de brider cette sexualité dangereuse. L’Allemagne diffuse des affiches enjoignant aux pédophiles potentiels de se faire soigner au plus tôt. Quand un pédophile prend conscience de ses pulsions il peut les contenir notamment par l’action des psychologues et des groupes de parole qui lui sont ouverts.

Il en est de même pour les victimes. Leurs traumatismes peuvent durer des dizaines d’années surtout quand une chape de silence institutionnelle les empêche de dire leurs souffrances.

Mais les choses changent grâce notamment aux groupes de parole. On a des groupes de parole de victimes, des groupes de parole de pédophiles ou d’ex-pédophiles et enfin des groupes de parole mixtes.

Roger, 200 mots, deux heures, 1 300 caractères, 2016-04-03

9. Remarques

a) Le titre (« Pédophiles en occident ») annonce clairement qu’il y a conflit de civilisation entre l’islam et l’occident sur ce sujet. Voir :

http://www.retorica.fr/Retorica/30-sex-pedophiles-islam-2015_03/ récemment mis à jour.

b) L’occident n’a d’ailleurs pas à se vanter d’une supériorité quelconque en ce domaine de la pédophilie car très longtemps le problème a été tu notamment dans les grandes institutions éducatives. Benoît XVI a certes condamné la pédophilie mais en y voyant un moindre mal :

http://pleinsfeux.org/la-pedophilie-normale-selon-le-pape/

c) Cette lenteur dans la prise de conscience occidentale devrait nous aider à mieux comprendre le problème de l’islam en ce qui concerne la lapidation de la femme adultère. Dans un échange fameux avec Nicolas Sarkozy Tariq Ramadan a proposé un « moratoire » à cette pratique. Sarkozy et tous les commentateurs en ont conclu vertueusement et hypocritement que Ramadan approuvait cette lapidation. C’était évidemment faux. Tariq Ramadan demandait que l’on décrète un moratoire de manière à ce que cet usage cesse en attendant une condamnation formelle. Après tout c’est bien ce qu’a fait la civilisation judéo-chrétienne avec le tournant fameux de Jésus sauvant la femme adultère de la lapidation.

d) Ce qui est troublant mais finalement normal c’est que des maîtres dévoués, au charisme reconnu, ont pu être des pédophiles affichés ou honteux jusqu’au suicide. Ceci explique cela : la pédophilie peut être une maladie professionnelle qu’il faut débusquer au plus tôt et guérir.

e) Pédophilie et pédérastie ont évidemment partie liée. Voir débat :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Pédérastie/Pédérastie_vs_Pédophilie_(pédomanie)_-_Conflit_de_neutralité

Mais l’article de Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pédérastie

me paraît confus de même que le débat qui conclut à un « conflit de neutralité ».

f) Un témoignage me paraît beaucoup plus éclairant : http://www.enseignemoi.com/page/texte/j-etais-un-pedophile-jusqu-a-la-prison-1693.html

La vérité me paraît se situer dans cette confession d’un pédophile repenti après un séjour en prison. Il avait 20 ans quand il s’est pris d’affection pour un garçon de 10 ans. Il y voyait au départ une relation quasi-paternelle, éducative au sens où on entendait la pédérastie dans la Grèce antique et autres pays. Quand le garçon était devenu adulte la relation affective pouvait se poursuivre. Elle était alors tellement forte que les Grecs avaient constitué des bataillons d’homosexuels particulièrement combatifs. Des amitiés homosexuelles sont devenues célèbres : Jean Cocteau et Jean Marais, Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent.

10. Roger (4 avril 2016) : Je n’ai ni le temps, ni le goût d’approfondir le cas de Lewis Caroll. Par contre la série célèbre « Broadchurch » (2013, voir Wikipédia) attire mon attention pour conclure ce fichier : « Dans le village côtier de Broadchurch, dans le Dorset, la mort d’un garçon de 11 ans, Danny Latimer, fait voler en éclats l’équilibre de la communauté du village. L’inspecteur Alec Hardy, nouvellement nommé, et le lieutenant Ellie Miller vont devoir fouiller les secrets de chaque habitant pour trouver le coupable. »(Wikipédia) Parmi ces secrets, la pédophilie n’est pas l’un des moindres…

Roger et Alii

Retorica

2 440 mots, 15 200 caractères, 2016-04-16

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