31 SOC gentillesse Pierre 2012 et 2015

A. Deux cents mots essai 2012

La gentillesse, noblesse ou faiblesse ?

Texte de Pierre, 25 sept 2012


§ I. Tout dépend du sentiment que l’on y met et de la définition qu’on lui accorde. C’est un mot très galvaudé.

§ II Et cela dure depuis plus de deux mille ans. Les premiers Chrétiens n’appelaient-ils pas les païens “les Gentils”. Alors comment peut-on trouver une personne aimable, agréable, voire charmante alors qu’elle lutte contre vous et souhaite votre disparition ?

§ III. Le temps a pu adoucir les mœurs, pourtant moyenageuses pour instaurer des gentilhommes. Là encore on pouvait être un homme noble ou un homme distingué, voire même délicate avec une connotation péjorative.

§ IV La gentillesse peut se transformer en empathie. La personne est plus intéressante que moi et j’en attends un retour. Ou inversement et j’abuse de sa crédulité.

§ V Faire preuve de gentillesse envers quelqu’un c’est quelquefois l’obliger, lui forcer la main et d’autre part c’est une ouverture sur le monde, en allant avec force amabilités au devant d’autrui.

§ VI Croire que la gentillesse est utile est une noblesse de cœur et la considérer comme superflue est une faiblesse d’esprit.

§ VII. La gentillesse est à la vie ce que le pixel est à la photo : plus il y en a plus elle est belle.

(Pierre, 209 mots, 3 h)

 

Remarques de Pierre Sanglier

  • II. La correction proposée allège la phrase ;  “païens” remplace “non-croyants” car les paÏens croyaient aux divinités de la mythologie gréco-latine,
  • III Correction stylistique : “a adouci” est désagréable au son, d’où “a pu adoucir”. Ne pas abuser du voire au sens de “et même” ; c’est un doublet du mot vrai. Son sens originel est “vraiment”  et on le considérait comme un oui atténué. Voire même est possible: “Ce remède est inutile, voire même pernicieux”.  Comme voire est archaïque on peut s’en passer : “Ce remède est inutile et même pernicieux”.
  • IV L’expression initiale (“Il ne faut pas… que la gentillesse se transforme en empathie ») est à la fois brutale et discutable. D’où la correction proposée.

* Titre excellent par son contenu et son jeu de sonorités.

* La notion elle-même pose beaucoup de problèmes.

Je remonte à l’indo-européen et la racine GEN I ou GNE “naître, engendrer” d’où le latin et le français genitor “geniteur”, génital, génération, engendrer, génius (divinité qui préside à la génération), génie (né avec des qualités exceptionnelles), ingénieux (né bien doué), ingénu (homme libre, franc et qui devient crédule, naïf), indigène, engin (outil qui sert à créer, engendrer), généreux, génial etc.

D’après le lexicographe Alain Rey, gens / gentis désigne le groupe de ceux “qui se rattachent par les mâles à un ancêtre commun”. En latin, à l’époque impériale, gentes désignait les populations étrangères par opposition au peuple romain, gens de peu.

Gentil, du latin gentilis “propre à la race, à la famille (gens)” d’où “de bonne race” puis “généreux, aimable” : qui se sent assez fort pour se montrer affable. Vers 1150 le gentil-homme cesse d’être un brave (gentil a ici le sens de “très courageux”) pour devenir un aristocrate. La fonction d’un noble c’est de défendre physiquement, par l’épée les personnes qu’il doit protéger. Ensuite le sens évolue vers la gent et les gens. La gent désigne une nation et les gens désigne des personnes. La gent est souvent ironique : la gent marécageuse designe les grenouilles. Gens est à la fois féminin et masculin : “Les vieilles gens sont soupçonneux.” Littré l’explique par un conflit entre le genre propre du mot qui est féminin (la gens comme dans la gent) et le genre de l’idée qu’il exprime  qui est masculin (hommes, individus).

La définition chrétienne de “Gentils” est complexe. On part du latin gentes qui désigne les nations autres que Rome. Ensuite ce mot va servir à traduire l’hébreu goyim “les étrangers” et le grec ethnikoï. C’est donc le nom donné aux non-juifs par les juifs puis aux non-chrétiens par les chrétiens. Cette appellation caractérisait les nations sous leur aspect religieux, non chrétiens. C’étaient les païens, (nom qui vient de paganus “le paysan” ).terme méprisant pour désigner ceux rendaient hommage aux divinités de la mythologie gréco-latine en se réfugiant dans les campagnes et les  forêts car ils était alors persécutés par les chrétiens qui les avaient chassés après la conversion de l’empereur  Constantin (vers 312 ap J.-C.)

 

B.deux-cents-mots essai 2015

La gentillesse sous toutes ses formes

 

Texte de Pierre, 13 juin 2015

 

Est-ce une force ou une faiblesse ?

Elle s’exprime sous deux formes , en paroles et ou en actes !

Elle est un mélange d’intéressement et de désintéressement ! Car la gentillesse fait du bien à qui la pratique et qui la reçoit !

Elle est invisible et pourtant bien palpable !

Elle est une forme d’empathie puisque c’est s’intéresser à autrui. Ce qui permet de découvrir qu’autrui peut être plus intéressant que nous !

C’est souffrir avec les autres et relève du domaine affectif sans être de la compassion.

Surtout la gentillesse ne doit pas être une forme de pitié.

La gentillesse n’a pas de code. Elle est spontanée, sans calcul. De sorte que porter attention aux autres à tout prix et pas à n’importe quel prix !

Pas de gentillesse commerciale.

La gentillesse est sœur de la charité. En témoigne l’action de mère Térésa, personnage à la gentillesse charismatique.

On peut dire que la gentillesse tend vers la sainteté et elle est une vertu républicaine. Ella a le respect œucuménique et citoyen.

La gentillesse est là pour nous ouvrir au monde par son projet rationnel donc conforme à la raison et au bon sens de tout un chacun.

La gentillesse est un projet d’avenir !

(Pierre, 215 mots, 3.30 heures)

 

Remarques de Pierre Sanglier

 

  1. J’ai corrigé quelques mots au passage. Vous les retrouverez en comparant votre texte avec sa transcription. Un exemple : « « une gentillesse » fait du bien »  est un peu ambigu.  « Car la gentillesse fait du bien… » me semble plus clair. Par contre je n’ai pas corrigé le couple « intéressement » / « désintéressement ». L’opposition normale serait « intérêt » / « désintérêt ».
  2. Cet essai est présenté comme un poème en prose. Car c’est aussi une sorte de poème. Sa forme peut être réutilisée avec d’autres thèmes.
  3.  L’étymologie de gentillesse est éclairante. http://www.cnrtl.fr/etymologie/gentillesse :

Étymol. et Hist. 1. 1176 « noblesse de naissance » (Chr. de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 200); 1176-81 « noblesse de l’âme, des sentiments » (Id., Ch. au Lion, éd. M. Roques, 4078); 2. 1578 « acte, manière empreinte de grâce, de délicatesse » (H. Estienne, Nouv. lang. fr. ital., p. 172 ds Gdf. Compl.; cf. id., I, 238 ds Hug. où H. Estienne attribue l’évolution sém. à l’infl. ital.); 3. 1611 plur. « petits tours divertissants; bagatelles » (Cotgr.); 1remoitié xviies. « trait d’esprit agréable » (Voiture, Lett., I ds Littré). Dér. de gentil2*; suff. -esse*; cf. le synon. a. fr. gentelise, gentilise (2emoitié xiies. ds T.-L.), suff. -ise*, forme collatérale de -esse.

4.En somme la gentillesse c’est la noblesse de l’esprit et du cœur.

 

Transmis par Pierre Sanglier

Roger et Alii

Retorica

(1.200 mots, 7.150 caractères)

Laisser un commentaire ?