31 SOC Politesse gentillesse juin 2012

Politesse et gentillesse ont partie liée :

http://www.retorica.fr/Retorica/31-soc-gentillesse-pierre-2012-et-2015/

A partir du travail de Pierre, son élève, Pierre Sanglier nous offre le développement qui suit ( juin 2012).

Roger.

(1) Discussion : La politesse a-t-elle une utilité sociale ?

Bon sujet. Il manque l’introduction et l’annonce du plan. On attend un plan du type : I. Non elle n’a pas d’utilité sociale puis II. oui, elle en a une. Mais ce plan est discutable, sauf sous la forme : I. Oui elle a une utilité sociale puis II. Mais elle ne doit pas devenir hypocrisie. Vous le traitez subtilement en un texte de 218 mots, 3.30 h. J’en dégage l’armature :

Introduction :  absente

I. La politesse est un terme qui ne devrait pas exister. (expression maladroite)

I.1 Elle devrait aller de soi, comme pratique naturelle, sans souci des “bons usages”

I.2 Elle ne devrait pas venir d’un apprentissage laborieux.

I.3 Ainsi il semble logique de céder sa place dans un bus à une grand-mère ou de dire merci pour un enfant qui reçoit des bonbons.

II. Sans politesse plus de vie sociale

II.1 Sans civilité c’est la loi du plus fort qui régente tout.

II.2 Il faut à l’être humain des règles bien établies

II.3 C’est l’art et la manière de s’adapter mutuellement aux autres, voire même un savoir-vivre avec des personnes bien différentes de nous. 

Conclusion (Je la reproduis telle quelle) : La politesse fait partie des codes  de société. Sans elle plus de respect, de bienséance, plus de courtoisie. C’est un signe de considération indispensable au dialogue social.

L’ensemble est satisfaisant sauf que cela manque d’exemples concrets. On ne les trouve qu’en II.3 alors qu’il faudrait en trouver un pour chaque paragraphe, soit au moins six au total.

(2) Voici une réflexion qui me paraît utile.

(D’après Michel Abescat, Télérama, 2010_08_04) « Deux ou trois bises ? Les modes passent, les vieux codes restent. Même avec Internet, les règles de la sociabilité ont-elles tant changé ? » Dans son livre « Sex@mour » (Armand Colin, 2010) Jean-Claude Kaufmann donne de multiples exemples de rencontres amoureuses ultra-rapides et compulsives. Du moins dans le premier temps de la rencontre. Car dans le second temps on retrouve les codes traditionnels selon un rituel que Kaufmann fait remonter à l’amour courtois du XII° siècle avec « … une progression régulière et contrôlée de l’avancée amoureuse, scandée par des étapes bien ritualisées. » Dominique Picard (« Pourquoi la politesse ? Le savoir-vivre contre l’incivilité”, Seuil 2007) : « Toute notre vie, c’est la reconnaissance de ce que nous sommes que nous recherchons dans les relations interpersonnelles. Notre identité de nous est pas donnée, elle se construit, jusqu’à la fin de nos jours, dans le regard des autres. Respect de soi et respect d’autrui sont étroitement liés. » De nombreux sites de rencontres proposent de nombreux débats sur le « Après le premier verre ? »  : Coucher le premier soir, ou le second, ou plus tard ? Les cultures sont éclatées, note Dominique Picard : « Chaque tribu revendique son identité, sa croyance religieuse, par exemple ou son goût pour telle musique. A chacun ses codes et ses rituels, qui sont autant de signes de reconnaissance et d’appartenance. » Anne-Vincent Buffault (« Une histoire de l’amitié » Bayard, 2010) note que l’amitié, « cette fidélité amicale, cette présence stable dans un monde en perpétuel changement, ce regard critique et bienveillant à la fois, prend d’autant plus de valeur aujourd’hui que les couples sont fragilisés. » (D’après Michel Abescat, Télérama, 2010_08_04)

(3) Cette réflexion est intéressante mais incomplète car il y manque le couple politesse / hypocrisie. “L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.” (La Rochefoucauld, Maximes, 218.) C’est aussi le problème du mensonge par politesse. Les grandes civilisations, comme la japonaise, ont poussé la politesse jusqu’à l’hypocrisie revendiquée et assumée. “J’ai le droit de vous mentir mais vous avez le devoir de m’écouter en souriant et sans me croire. Sinon, vous êtes un naïf et c’est bien fait pour vous si vous tombez dans le piège que je vous tends”. 

(4) On pense à la fable de La Fontaine “Le corbeau et le renard” :

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

Maître Renard, par l’odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

Eh bonjour, Monsieur du Corbeau,

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le Phénix (1) des hôtes de ces bois.

À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie, 

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le Renard s’en saisit, et dit : “Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l’écoute.

Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.”

Le Corbeau honteux et confus

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

(1) oiseau fabuleux, mythique, toujours seul de son espèce,    qui, après un siècle de vie, mourait consumé par le feu,    et renaissait aussitôt de ses cendres. Par extension, être  unique en son genre.

Nous sommes ici bien entendu au-delà de la politesse elle-même, dans la flatterie hypocrite.

(5) Il suffit de peu de choses pour qu’un énoncé soit plus facile qu’un autre à traiter. Exemple : “La politesse est-elle indispensable à la vie en société ?” :

Introduction Annonce du sujet.

I. On reproche à la politesse

I.1 de provoquer un sentiment d’infériorité chez celui qui la connaît mal

I.2 de gêner la vie en société par un excès de règles incompréhensibles

I.3 de développer l’hypocrisie

I.4 elle ne facilité donc pas la vie en société

II. Mais on peut défendre la politesse

II.1 Elle implique le respect d’autrui et chacun aime êre respecté d’où une attitude de réciprocité

II.2 ce qui favorise la communication : on sait qu’on sera écouté

II.3 elle introduit ainsi une loi et une morale qui construisent une civilisation

II.4 elle favorise et même elle fonde la vie en société.

III. Reste le problème de ses rapports avec la sincérité

III.1 Il est indéniable que la sincérité est une vertu

III.2 mais la sincérité doit être tempérée : “Il faut aimer la vérité plus que soi-même mais les autres plus que la vérité” (Romain Rolland)

III.3 donc sincérité et politesse ne doivent pas être antagonistes

Conclusion. Avis personnel.

(6) Voici un extrait d’une pièce de Molière “Le Misanthrope” (Acte I, scène 1) qui résume le problème :

ALCESTE

(…) Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre

Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,

Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments

Ne se masquent jamais sous de vains compliments.

PHILINTE

Il est bien des endroits où la pleine franchise

Deviendrait ridicule et serait peu permise;

Et parfois, n’en déplaise à votre austère honneur,

Il est bon de cacher ce qu’on a dans le cœur.

Serait-il à propos et de la bienséance

De dire à mille gens tout ce que d’eux on pense?

Il existe un Ordre de la Courtoisie française. Sa devise : “La courtoisie est à l’action ce que le parfum est à la fleur” http://www.courtoisie-francaise.com/index.php?flashOK=1 a

Autres mots-clés : galanterie – protocole à chercher sur Google.

Roger et Alii

Retorica

1 220 mots, 7 200 caractères, 2016-04-28

Laisser un commentaire ?