32 THE Molière Dom Juan résumé + mythe 1996

Résumé

Acte I. Sganarelle, valet de Dom Juan, s’entretient avec Gusman, écuyer de Done Elvire, la jeune femme que son maître vient d’épouser. Sganarelle ne lui laisse aucun espoir : Dom Juan est “un grand seigneur méchant homme” qui n’a enlevé Done Elvire d’un couvent que pour l’abandonner, sitôt épousée et courir vers d’autres mariages ! Dom Juan envisage justement de ravir une jeune fille à son fiancé lors d’une  promenade en mer. Done Elvire survient : elle veut l’attendrir puis le menace de sa colère et de celle du Ciel. Ce qui importe peu à Dom Juan, pas plus que de séjourner dans la ville où est enterré le Commandeur qu’il a tué il y a six mois.

Acte II. Son projet de ravir la jeune fille a échoué. Et pire Dom Juan et Sganarelle ont failli se noyer. Ils sont sauvés par des paysans. En remerciement Dom Juan séduit à la fois deux de leurs promises en les assurant qu’il les épousera. Mais il doit fuir car il est poursuivi.

Acte III. En effet les frères d’Elvire le recherchent. Perdu dans la forêt, il est remis dans le bon chemin par un pauvre qu’il remercie en l’incitant à blasphémer. Mais dom Carlos, un des frères de Don Elvire, est attaqué par des voleurs ; dom Juan met l’épée à la main et le sauve. Puis, par bravade, il invite la statue du commandeur à dîner avec lui.

Acte IV. Dans sa maison il reçoit la visite d’un créancier, M. Dimanche qu’il éconduit habilement. Son père, Dom Luis, vient lui reprocher sa conduite mais il ne s’en émeut pas. Pas plus qu’il ne s’émeut d’une nouvelle visite de Done Elvire. Elle lui a pardonné, elle retourne au couvent et l’adjure de se repentir. La statue vient au rendez-vous du dîner et invite à son tour Dom Juan pour le lendemain. Il accepte.

Acte V. Brusquement Dom Juan annonce à son père qu’il se repent. Sganarelle s’en réjouit mais son maître le détrompe : en feignant d’être dévot il pourra se livrer sans frein et sans danger à ses plaisirs. Rien ne peut le toucher, ni l’invitation de Dom Carlos à se conduire en gentilhomme, ni l’apparition d’un spectre. La statue du Commandeur apparaît alors et entraîne Dom Juan dans les profondeurs de la terre tandis que Sganarelle se lamente : qui lui payera ses gages ?

Le mystère de la statue

Dans “Le mythe de Sisyphe” (1954) Albert Camus en donne l’explication : “Un chroniqueur raconte que le vrai Burlador mourut assassiné par des franciscains qui voulurent mettre un terme aux excès et aux impiétés de Don Juan à qui sa naissance assurait l’impunité. Ils proclamèrent ensuite que le ciel l’avait foudroyé.” Les contemporains ne furent pas dupes de la pieuse légende mais le crime parfait allait devenir un mythe métaphysique. Les mots-clés du mythe ont été soulignés.

Développement du mythe

Le thème est traité pour la première fois par un dramaturge espagnol Tirso de Molina dans son “Burlador  (imposteur) de Séville” (1630). Don Juan Tenorio est un séducteur effréné, soucieux d’allonger la liste de ses victimes et qui veut pas penser à la mort. “J’ai bien le temps d’y penser” dit-il. Il finit en Enfer, entraîné par le Commandeur.

Molière reprend l’histoire mais lui donne une autre dimension : Dom Juan est devenu un “esprit fort”, un “libertin” révolté contre Dieu et qui joue les hypocrites pour sauver une position sociale compromise et mieux assouvir ses plaisirs.

Dans son opéra “Don Giovanni” (1787) Mozart en fait un héros joyeux et fier qui préfère mourir plutôt que de renoncer à une liberté gagnée par sa révolte. Cette vision plutôt sympathique est reprise par les romantiques (Balzac “L’élixir de longue vie” 1830). L’espagnol Zorilla décide de le sauver par l’amour (1844) et l’allemand Lenau pense qu’il poursuit l’Eternel féminin comme symbole de la Beauté universelle. Baudelaire choisit le sombre héros énigmatique perdu dans sa méditation (“Don Juan aux Enfers”).

Dans “Don Juan Maraña” Milosz s’intéresse à un autre don Juan, tout aussi historique, qui voyant passer son enterrement au lendemain d’une orgie, décida de se convertir sur le champ. Il a été béatifié en 1994 !

Roger Vaillant explique dans sa pièce “Monsieur Jean” que la société ne peut admettre la liberté totale et que celle-ci se gagne au prix de la vie. Au contraire “Monsieur Ripois” –  livre de Louis Hémon (1950) et film de René Clément avec Gérard Philipe – est un anti-héros qui gâche lamentablement à Londres ses chances de bonheur.

Joseph Delteil dans “Saint Don Juan” (1930) renverse la perspective : par sa boulimie Don Juan est devenu une victime des femmes : “Songe que même baisant à toute vapeur , tu ne pourras jamais les baiser toutes… (…) Sois docile comme les petites poules dans les maisons closes… Eh ! oui; mon cher, tu es le putain des femmes.”

Les mises en scène du “dom Juan” de Molière offrent des interprétations aussi divergentes.

Le mythe offre trois directions :

– l’amateur de femmes, le malade, l’obsédé sexuel, incapable d’amour véritable et peut-être même impuissant ;

– l’aristocrate asocial, parasite et déchet d’une société qui le vomit car il est devenu inutile ;

– l’insurgé contre Dieu, précurseur de la révolte, de la liberté et de l’inquiétude moderne ; Dieu se cache ; Dom Juan veut l’obliger à se manifester ; il lui demande des comptes et il en meurt.

La question du libertinage

“Dom Juan” est une pièce de transition rédigée rapidement en prose pendant la grande querelle de “Tartuffe”. La pièce tourne autour de la question du libertinage, question complexe et d’actualité.

Les guerres de religion conclues sur l’Edit de Nantes (1598) ont ouvert un espace de liberté. Au début du XVII° siècle une minorité significative (20.000-50.000 ? sur 20 millions de français en 1620) ne se reconnaît ni catholique, ni protestante. “Libertins” (du latin libertinus “esclave affranchi”) désigne ceux qui prennent leur liberté en matière de mœurs, de morale et de religion. Au prix de gros risques. Le poète Théophile de Viau est jeté en prison pour ses poèmes et son homosexualité après avoir été condamné à mort (1623). Vanini est exécuté en 1619, Claude Le Petit en 1662 (à 23 ans), brûlé sur le bûcher après avoir eu la main tranchée pour des vers hostiles au pouvoir et à la religion.

Le libertinage de mœurs

De jeunes aristocrates, protégés par leurs relations, mènent une vie scandaleuse dans les salons et les tavernes. Du vin on passe vite aux blasphèmes. On fume et on prise alors que l’Eglise condamne le tabac. En plein Carême, lors d’une partie fine chez Ninon de Lenclos, un convive lance par la fenêtre un os de gigot qui tombe malencontreusement sur un moine. Scandale. Mazarin fait arrêter Ninon de Lenclos et lui demande en présence de la régente Anne d’Autriche de se retirer dans un couvent à son choix : “Je choisis un couvent d’hommes” répond-elle. La régente éclate de rire et la fait libérer.

Le mariage était prononcé par l’Eglise. Jusqu’à 25 ans il fallait l’autorisation du père. Les mariages forcés – auxquels s’opposait l’Eglise – étaient fréquents, fréquents aussi les enlèvements et les rapts. Les libertins tournent en dérision le sacrement du mariage et l’autorité paternelle. Ils vantent l’union libre, le droit à l’amour et à l’inconstance.

Privilégiés de la richesse et du savoir, ils méprisent le “vulgaire”, le peuple et se réunissent en petits cercles par crainte de la répression. D’une manière contradictoire ils peuvent se dire libres penseurs et se livrer à l’occultisme, à l’astrologie, à la préparation de philtres d’amour. Le prince de Conti, frère du grand Condé, protège un moment Molière. Son homosexualité affichée fait vraiment scandale. Il avait participé à la Fronde (1648) et dès lors les libertins risqueraient de passer pour des opposants politiques. Mais comme le jeune roi Louis ne mène pas une vie exemplaire la véritable opposition politique vient des dévôts.

Ninon de Lenclos (1616-1706), belle, cultivée, choisit ses amants avec soin, s’en fait des amis et ceci jusqu’à un âge avancé. Elle est appréciée de Mme. de Maintenon, Mme de la Sablière et Mme de La Fayette, peu par Mme de Sévigné dont elle avait détourné le fils. Elleunit le libertinage de mœurs et le libertinage érudit car elle aime lire Montaigne)

Le libertinage érudit.

C’est celui des philosophes comme Gassendi. Ils poursuivent la tradition matérialiste antique d’Epicure et de Démocrite. Ce sont des rationalistes qui préfèrent l’esprit de libre examen aux vérités révélées. Pour eux, les lois mathématiques et physiques sont plus crédibles que les récits de la Bible. Ils adoptent les thèses de Copernic et de Galilée : la ter- re tourne autour du soleil et l’homme n’est pas le centre du monde. Beaucoup sont simplement déistes et admettent l’idée d’un grand architecte de l’univers. D’autres sont athées. Leurs mœurs sont discrètes et quelquefois austères. Ils écrivent et voyagent beaucoup en Italie et en Hollande. Par prudence ils s’affirment souvent catholiques ou protestants. Les “Essais” de Montaigne les enchantent par son épicurisme sceptique teinté de stoïcisme, son humour, son bon sens et sa modération.

Ces deux libertinages marquent profondément la littérature : Théophile de Viau, Cyrano de Bergerac, Saint-Evremond, Molière, La Fontaine, Bayle, Fontenelle…Avec un même état d’esprit : individualisme, esprit critique, mépris des opinions vulgaires, refus de la tyrannie, recours à l’ironie ou à la fiction quand on ne peut pas parler directement. Bons connaisseurs de l’Antiquité, ils contribuent à fonder le classicisme et l’idéal de “l’honnête homme” courtois, tolérant et sceptique. D’où l’étrange prière de Ninon de Lenclos :  “Mon Dieu, faites de moi un honnête homme et jamais une honnête femme.”

Les dévots contre les libertins

Libertin = contestataire : “Un écolier est libertin quand il ne veut pas obéir à son maître. Une fille est libertine quuand elle ne veut pas obéir à sa mère, une femme à son mari.” (Dictionnaire de Furetière). Le clergé ne reste pas inactif.

Les Dévots de la Compagnie du Saint-Sacrement (fondée en 1629) s’en prennent à “Tartuffe” (1664-1669) et à “Dom Juan” (1665). Molière finit par faire jouer “Tartuffe” grâce à l’appui du roi qui a su imposer son pouvoir absolu.

La Compagnie s’est donné pour buts :   “Recevoir les malheureux, les pestiférés, les galériens, (…) réformer la toilette des Marseillaises qui montrent leurs seins, traquer les libraires libertins, (…) combattre le jeu, abolir le duel, (…) poursuivre les juifs, les protestants, les illuminés.” En 1656 pour remédier à la misère qui avait suivi la Fronde (1648) on fonde l’Hôpital général qui accueille dans ses maisons “les pauvres, les oisifs, les fous, les libertins, les vénériens…”. Les plus fanatiques de ces dévots se font volontiers directeurs de conscience et régentent les familles. Certains sont des escrocs, comme Tartuffe.

Il faut convertir les libertins ! C’est le projet de Blaise Pascal quand il commence son “Apologie du christianisme” (inachevée, devenue “Les Pensées”)

Libertins du siècle des Lumières

Au XVIII° siècle le libertinage érudit est devenu l’esprit philosophique, celui du siècle des Lumières et le terme de “libertins” n’est plus appliqué qu’à la liberté sexuelle, domaine où les libertins rencontrent évidemment l’Eglise ! La répression reste féroce. En 1766 le jeune chevalier de la Barre (18 ans) chante une chanson blasphématoire au passage d’une procession ; il est condamné à mort ; on lui tranche le poing droit et on le brûle… après l’avoir décapité, par clémence… Faute de liberté de pensée il reste la liberté du plaisir. Casanova séduit les salons européens (cf “Mémoires”, Ed Arléa, 1993, 2008 pages). On lit Crébillon fils, Diderot et tant d’ouvrages licencieux (cf “Romans libertins du XVIII°s”, Bouquins-Laffont, 1993, 1440 p). Choderlos de Laclos (“Les Liaisons dangereuses”) définit un libertinage plus cruel inscrit d’ailleurs dans “Dom Juan”: l’amour est un combat, le libertin doit se faire aimer sans aimer soi-même. Le marquis de Sade va  plus loin encore : “Le libertinage est un égarement des sens qui suppose le brisement total de tous les freins, le plus souverain mépris pour tous les préjugés, le renversement total de tout culte, la plus profonde horreur de toute espèce de morale.” (“Juliette”).

Le libertinage moderne

Au XIX° siècle l’amour reste la grande affaire de Stendhal mais le “dandy” n’est plus le libertin : il est trop occupé à soigner ses élégances afin que sa vie devienne une œuvre d’art.

Au XX°, la liberté des mœurs s’étend : Gide et Colette vont faire admettre l’homosexualité.

Roger Vaillant reste le dernier vrai théoricien du libertinage  moderne. Pour rester digne de soi, le libertin détruit son propre bonheur : “Je n’ai pas le cœur tendre. Un jour j’ai chassé de chez moi la femme que j’ai le plus aimé ; je l’ai regardée qui descendait l’escalier, traînant ses bagages après soi ; elle a retourné vers moi son visage inondé de larmes, ce visage dont naguère chaque expression s’inscrivait au creux de ma poitrine, me remplissant d’angoisse ou de bonheur, je n’ai pas versé une seule larme.” (journal, 5 juin 1956). Il s’explique dans le roman même du libertinage, “La Fête”(1960).“Le libertinage est le plaisir pratiqué par un esprit libre”. L’homme doit s’appartenir, devenir son propre “souverain”  Ce libertinage laisse évidemment un goût de cendres. La permissivité moderne a banalisé le libertinage provoquant ainsi d’énormes problèmes de société régulièrement minimisés. Pour le libertin l’enfant a toujours été un gêneur, une entrave insuppportable au plaisir. Or Il faut assumer le coût social de l’instabilité de familles devenues souvent monoparentales et de la souffrance des enfants.

Le sida donne aujourd’hui au libertinage une dimension effroyablement tragique. Que fera un don Juan séropositif ? On cite de ces malades qui se sachant perdus décident de ne pas mourir seul et infectent le maximum de partenaires.

Le préservatif est une solution indispensable dans la période normale des incertitudes amoureuses mais ensuite la vraie solution est la fidélité.  Des spécialistes du sida ont calculé que si chacun, chacune, se limitait à cinq partenaires dans toute sa vie sexuelle l’épidémie s’arrêterait.

Don Juan ne connaît rien à la sexualité, c’est-à-dire à l’art qui transforme l’extase amoureuse  en extase spirituelle dans un couple qui construit sa relation sentimentale. Sur cette question, il existe de multiples ouvrages dont celui de Margo Anand Nastednikov “L’art de l’extase sexuelle, La voie de la sexualité sacrée et du Tantra pour les couples occidentaux” (Ed. Trédaniel  1992)

Lectures méthodiques de “Dom Juan”

Lecture en classe de toute la pièce en imaginant les problèmes qui se posent aux comédiens et au metteur en scène.

Acte I. Dix lignes au choix ou au hasard

Acte II. Dix lignes au choix ou au hasard

Acte III Dix lignes au choix ou au hasard

Acte IV Dix lignes au choix ou au hasard

Acte  V Dix lignes au choix ou au hasard.

Questions d’ensemble

1. En quoi dom Juan est-il un “grand seigneur méchant homme” ?

2. Analysez le comportement de Sganarelle.

3. En quoi dom Juan est-il un libertin ?

4. Analysez les oppositions de classes sociales dans “Dom Juan”.

5. “Dom Juan” est-elle une pièce comique ?

6. Molière applique-t-il les cinq règles du théâtre classique dans “Dom Juan” ?

7. Le personnage de don Juan est-il imaginable dans notre société actuelle ?

8. Dom Juan est-il un malade ou un héros ?

9. Pourquoi don Juan est-il devenu un type littéraire et même un mythe ?

10. Dom Juan lutte-t-il vraiment contre Dieu ?

11. Pourquoi dom Juan est-il un personnage séduisant et fascinant ?

12. Pourquoi Molière s’est-il intéressé au thème de don Juan ?

1 commentaire

  1. Roger

    32 THE Molière Dom Juan Vincent Macaigne 2016-05-16
    Dom Juan & Sganarelle (Arte 5 mai 2016) « Pour la collection « Théâtre » d’Arte, Vincent Macaigne fait du héros de Molière un obsédé sexuel, rebelle et trash. Un peu trop provoc au goût de la chaîne. (…) Homme de théâtre reconnu et célébré, acteur fétiche du jeune cinéma français, Vincent Macaigne n’a pas une grande expérience derrière la caméra. » D’où des tâtonnements. « Aucun scrupule en revanche pour transformer Dom Juan en obsédé sexuel qui déambule nu ou travesti en femme, le corps recouvert de tatouages nihilistes, dans des orgies nocturnes organisées par ses soins dans la suite d’un palace. « Ma vision n’est pas si éloignée de celle de Molière », se défend-il. « Il faut sortir du fantasme romantique d’un Dom Juan séducteur. C’est au contraire un homme en cavale, malade, un être impur, oisif, qui dilapide l’argent de son père et se dresse contre Dieu. » Ce choix a été vivement critiqué. Il se défend : « (…) Je ne suis pas là pour mettre la pièce dans du formol. Molière a écrit « Dom Juan » après l’interdiction de « Tartuffe ». C’est sa réponse aux hypocrites qui ne voyaient en lui qu’un voyou. Et il est allé encore plus loin dans le blasphème. » Vincent Macaigne n’est pas content d’Arte qui « a censuré plusieurs scènes jugées trop provocatrices pour son public. Dont une dans laquelle Dom Juan droguait des filles à moitié nues qui semblaient y prendre beaucoup de plaisir. « Le temps amidonne les auteurs » ; regrette Macaigne. « On a oublié à quel point Shakespeare et Molière étaient punks pour leur époque. » (d’après Jérémie Couston, Télérama, 27/04/2016)
    « (…) Au théâtre, Macaigne, l’iconoclaste s’est même fait une spécialité du dézingage des textes classiques (Shakespeare, Dostoïevski…) hurlés par des acteurs en transe et à poil. Le même régime trash est appliqué à ce libertin de Dom Juan, qui organise ici des orgies dans une suite de l’hôtel Lutetia, pisse sur un crucifix et se bat avec des travestis du bois de Boulogne. Le premier choqué par ses outrances n’est autre que son valet obèse, Sganarelle (…) qui tentera même de lui administrer des calmants. Mais on ne calme pas l’ardeur de Dom Juan, comme on n’apaise pas la fureur de Macaigne…. (…) (Pour, Jérémie Couston). « (…) Il y a quelque chose de glacé dans la vision nihiliste qu’il propose, comme un soupçon de provoc et toc, qui pousse à regarder d’un œil détaché cette débauche de corps nus, où « post coïtum », les protagonistes entonnent « La Marseillaise ».. Macaigne fait du libertin blasphémateur un désespéré, en cavale et en sursis, voire une loque dépressive qui erre dans des tableaux nocturnes certes magnifiques mais assez vains. Et puis ? Pas grand-chose, sinon un road-movie languissant qui n’en finit pas d’enfoncer le clou d’un « ni future » ni très neuf, ni très dérangeant. » (Contre, Isabelle Poitte) (Télérama, 27/04/2016)

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