33 VIO Haine dissolution 2011-11

1. Le conflit doit trouver sa solution. La haine, qui est un sentiment et une passion, doit être dissoute. D’où le titre de l’article. Le verbe haïr a pour origine une racine indo-européenne KAD II “chagrin, haine”. On le trouverait dans un hypothétique ancien francisque *hatjan “haïr”. restitué d’après l’ancien haut allemand hazên. On le retrouve dans le grec kedos “soin” et akêdia “négligence, chagrin”, d’où ie latin acedia “anxiété” . En français le mot haine apparaît vers 1360. En ancien français on a accide “paresse” (et l’italien accidia, même sens). En anglais on trouve hate “haïr” et hatred “haine”, en allemand Hassen “haïr” et Hass “haine”. On connaît l’expression courante : “avoir la haine”. Enfin en théologie on connaît l’acédie : c’est “un mal de l’âme qui s’exprime par l’ennui, le dégoût pour la prière, la pénitence, la lecture spirituelle.” (Wikipédia). On ne réagit plus, d’où la notion de paresse qui mène au spleen, à la dépression, au dégoût et à la haine de soi. Haine de soi, haine des autres, sont les deux faces d’une même réalité. La dissolution de la haine de soi c’est la construction de son contraire, l’estime de soi. La dissolution de la haine des autres c’est également la construction de son contraire l’estime des autres.

2. La haine de soi est une notion rendue célèbre par le suicide, en 1903, d’un jeune et brillant philosophe juif, Otto Weininger qui se tua à Vienne (Autriche) à l’âge de 23 ans alors que tout semblait devoir lui réussir : il était  devenu célèbre pour son ouvrage “Sexe et caractère”. Un an auparavant il s’était converti au protestantisme pour mieux s’intégrer à la société autrichienne.  Theodor Lessing, autre philosophe juif allemand créa, en 1930, l’expression “haine de soi juive” pour désigner cette pathologie très particulière. Les nazis s’en emparèrent. Adolf Hitler aurait dit : “Il n’y avait qu’un seul juif honnête, et il s’est suicidé”. La haine de soi juive est lié à la haine des autres, en l’occurence les autres juifs. La philosophe française, Simone Weil, en était atteinte et disait “Mon attitude envers moi-même est un mélange de mépris, de haine et de répulsion”. La haine de soi juive explique qu’il y ait des juifs antisémites. (d’après Itshak Lurçat 2009.http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/archive/2009/01/30/la-haine-de-soi-juive-du-pathologique-au-politique-itshak-lu.html)

3. La haine de soi ne touche pas que les juifs. Quelquefois appelée “autophobie” la haine de soi traduit l’aversion et la rage envers soi-même suite à un conditionnement auquel la personne croit ne pas pouvoir échapper. Ce peut être le sentiment de ne pas être aimé suite à un comportement dont on est soi-même responsable (ex : manque d’hygiène). Ce peut être aussi le sentiment de ne pas entrer dans le cadre social prévu par ses proches (notamment ses parents). Ce peut-être également le perfectionnisme : le désir de bien faire devient excessif. Enfin le sentiment de honte entraîne une culpabilité constante .  C’est l’analyse qu’en fait John Bradshaw (1933 – théologien américain, éditions de l’Homme 2004 pour les principaux ouvrages traduits) : “La honte vous empêche d’avancer à cause de la peur d’avoir tort”. On ne peut évidemment pas guérir si on se déteste. Or on vit dans une société où la haine de soi est facilement répandue : si vous êtes pauvre ou chômeur c’est de votre faute. “Enfin… tout le monde a une Rolex. Si à cinquante on n’a pas de Rolex c’est qu’on a raté  sa vie” dit tranquillement Jacques Séguéla (2009_02_13, France 2). La réponse ? Pierre Desproges (1939 – 1998) l’avait donnée par avance, et bien sûr dans un autre contexte : “« Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l’une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m’étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup ! » 

4. On guérit la haine de soi par l’amour-propre, l’estime de soi. et aussi l’humour comme on vient de le voir avec Pierre Desproges. Les analyses de Carla Valencia que j’ai évoquées dans le précédent paragraphe sont à prendre en considération : 

  * Développez votre estime de soi et votre confiance. Sentez-vous bien dans votre peau. S’il y a un côté de vous que vous aimeriez changer, pour vous-même, faites-le. Ne le faites jamais pour les autres

 * Cessez les pensées négatives. Ceci nécessite du travail, mais vous pouvez et devez modifier votre champ de conscience si vous vous détestez. C’est plus simple dit que fait, reprogrammez votre mentalité afin d’avoir une pensée positive continuelle. Cessez de Penser Négativement Immédiatement.

* Souvenez-vous que la technique d’autohypnose est l’un des meilleurs outils que vous pouvez avoir pour atteindre ces buts. Téléchargez cesser de vous détester aujourd’hui et changez votre vie –aujourd’hui !

* Êtes-vous perfectionniste? Essayez de surmonter votre perfectionnisme. Le truc est de savoir quand opter pour le “tout ou rien” et quand relaxer et vous permettre de voir les nuances des choses afin de donner crédit à vous et aux autres pour l’effort et l’essai. (…) 

How  to Love Yourself de Louise L. Hay vous guidera au travers chacune de ses dix étapes pour mieux vous aimer. Elle aborde le concept de la critique, le pouvoir de la méditation, le fait d’être disposé à changer, ce que vous croyez mériter et plus encore. Ces 10 étapes sont parfaites pour vous si vous cherchez des façons plus réalistes et pratiques pour vous sentir mieux dans votre peau.” “Transformez votre vie”, en français, 1989. 

(d’après Carla Valencia http://www.estime-de-soi-amour-propre.com/Qu-est-ce-que-la-haine-de-soi.html

5. Test. Echelle d’évaluation de l’estime de soi. (D’après Rosenberg) Par Nathalie Crépin et Florence Delerue  (IRBMS Institut Régional du Bien-être, de la Médecine et du Sport Santé :  www.psychologiedusporti f ; www.irbms .cm – nord–pas-de-calais)

 L’estime de soi est définie comme le jugement ou l’évaluation que l’on fait de soi-même, de sa valeur personnelle. De façon plus simple, l’estime de soi peut-être également assimilée à l’affirmation de soi. L’estime de soi est un facteur essentiel dans la performance sportive. (Voir article : « Encore une erreur d’arbitrage ou comment maintenir une estime de soi positive…» En répondant à ce test, vous pourrez ainsi obtenir une évaluation de votre estime de soi. Pour chacune des caractéristiques ou descriptions suivantes, indiquez à quel point chacune est vraie pour vous en encerclant le chiffre approprié.

Tout à fait en désaccord : 1

Plutôt en désaccord : 2

Plutôt en accord : 3

Tout-à-fait en accord : 4

1. Je pense que je suis une personne de valeur, au moins égale à n’importe qui d’autre 1-2-3-4

2. Je pense que je possède un certain nombre de belles qualités. 1-2-3-4

3. Tout bien considéré, je suis porté à me considérer comme un raté 1-2-3-4

4. Je suis capable de faire les choses aussi bien que la majorité des gens 1-2-3-4

5. Je sens peu de raisons d’être fier de moi. 1-2-3-4

6. J’ai une attitude positive vis-à-vis moi-même. 1-2-3-4

7. Dans l’ensemble, je suis satisfait de moi. 1-2-3-4

8. J’aimerais avoir plus de respect pour moi-même 1-2-3-4

9. Parfois je me sens vraiment inutile. 1-2-3-4

10. Il m’arrive de penser que je suis un bon à rien. 1-2-3-4

6. Réponses au test. Comment évaluer votre estime de soi ?

Pour ce faire, il vous suffit d’additionner vos scores aux questions 1, 2, 4, 6 et 7.

Pour les questions 3 ,5 ,8 ,9 et 10, la cotation est inversée, c’est-à-dire qu’il faut compter 4 si vous entourez le

chiffre 1, 3 si vous entourez le 2, 2 si vous entourez le 3 et 1 si vous entourez le 4.

Faites le total de vos points. Vous obtenez alors un score entre 10 et 40.

L’interprétation des résultats est identique pour un homme ou une femme.

Si vous obtenez un score inférieur à 25, votre estime de soi est très faible. Un travail dans ce domaine semble

souhaitable.

Si vous obtenez un score entre 25 et 31, votre estime de soi est faible. Un travail dans ce domaine serait

bénéfique.

Si vous obtenez un score entre 31 et 34, votre estime de soi est dans la moyenne.

Si vous obtenez un score compris entre 34 et 39, votre estime de soi est forte.

Si vous obtenez un score supérieur à 39, votre estime de soi est très forte et vous avez tendance à être

fortement affirmé.

Conclusion. La haine de soi et la haine des autres ont partie liée. Dissoudre l’une c’est dissoudre l’autre. L’intérêt de ce test c’est d’inciter à le refaire de temps à autre pour évaluer comment a progressé son estime de soi.

6. Casimir (1er décembre 2011) : à noter aussi que la haine de soi est un cas extrême et se situe dans le pathologique // plus ordinaire et plus insidieuse, plus redoutable parce que presque inconsciente est la sous-estimation de soi ou dévalorisation de soi que tous les pouvoirs sont heureux de pouvoir relayer et  instrumentaliser. Les fameux miracles accomplis par Yéchwa portent sur ce registre, selon mon hypothèse à approfondir. Les gens se sont mis à pouvoir faire, ce qu’ils se croyaient incapables et indignes de faire. C’est en cela que Yéchwa devenait dangereux pour le pouvoir religieux et pour le pouvoir politique. Son sort était scellé.

7. Roger (3 déc) Juste. Je voulais citer Montesquieu : « Il me semble que la haine est douloureuse« . Je regrette de n’avoir pas plus explicitement lié haine et douleur. Spécialement dans l’action politique. Depuis une dizaine d’années je regrette la manière dont la gauche traite Sarkozy, avec une haine recuite qui va lui faire perdre une fois de plus la présidentielle. Alors que le dossier Hollande – Joly est relativement solide. Je dis relativement parce que l’enfer est pavé de bonnes intentions et que les effets pervers autant que les effets Sérendip sont légions. 

  Au sujet de Yéchwa (Yeshoua,  Iéshoua’ selon Chouraqui et couramment Jésus) je rappelle qu’il s’agit d’un mot hébreu qui signifie « salut, sauveur ». On le retrouve dans Josué, héros national fameux. Les parents de Jésus lui avaient donné ce nom, probablement par esprit patriotique. Le nommer par son nom hébreu rappelle que ce fut un rabbin fameux, penseur, prédicateur et thaumaturge. Il est à l’unisson des autres penseurs juifs. Je viens de redécouvrir une maxime intéressante du Traité des Pères (Pirké Aboth) : « Si je ne suis pour moi, qui le sera ? Si je suis seulement pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? » (Hillel l’Ancien, Pirqei Avoth 1-14) . Jésus fit le même calcul que Socrate. Seule une injuste mise à mort pouvait garantir la survie et la diffusion du message. Ce qui se fit pour Socrate à travers Platon, Aristote et toute la philosophie occidentale. Ce qui se fit aussi pour Jésus point de départ de multiples courants sociaux, religieux et politiques, les plus importants restant le christianisme et l’islam. Castoriadis demandait à choisir entre socialisme et barbarie. Nous devons choisir entre le message de Jésus et la barbarie. Et tant pis si cela ressemble à une prédication. Du point de vue social, le « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent » ainsi que le « Tendez l’autre joue » restent des techniques efficaces proches du bouddhisme et du tao.

8. Casimir (3 déc) : intéressant ton propos au sujet de Yéchwa/Jésus mais pour moi, tu ne tiens pas assez compte de ce qu’il a été retourné, au point de jouer le rôle de soutien, garant et pilier du système capitaliste guerrier actuel_(les fanatiques derrière Bush en Irak), comme il l’avait été pour le féodalisme esclavagiste outre-mer, comme il l’a été en 313 pour l’Empire de Constantin… 

Je propose de creuser sous les mots (très souvent creux) pour rechercher les structures et les forces magnétiques sous-jacentes 

Roger (3 déc) : Effectivement on ne peut pas dire que le système capitaliste soit évangélique. Mais il faut utiliser toutes les forces qui peuvent le combattre et qui ont vocation à le faire. 

Roger et Alii

Retorica

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