33 VIO maternelles Trois Figures 2011_09

1. Sur le site yapaka.ben consacré à la prévention de la maltraitance), Diane présente ainsi le Jeu des Trois Figures en classe maternelle (2010_11_13).  “Tous les spécialistes de la petite enfance s’accordent sur un point : le bébé a besoin de temps pour jouer, ou plus précisément pour apprendre à jouer. Car si l’enfant est naturellement porté au jeu, cette capacité a besoin, comme beaucoup d’autres, d’être exploitée au bon moment pour se mettre en place correctement. Il y a un temps pour apprendre à parler, un temps pour apprendre à marcher et un temps pour apprendre à jouer, et ce temps doit engager tous les sens. A défaut, les capacités d’invention, de création, d’humour et d’imagination en sont durablement réduites. 

2. “Hélas, les enfants sont aujourd’hui de plus en plus privés de ce moment formateur. Dès l’âge de deux ans, on les partage entre les apprentissages scolaires d’un côté et la télévision de l’autre. Or la télévision n’est pas un jeu, mais un spectacle. Et les effets de la consommation télévisuelle du jeune enfant a des conséquences problématiques bien au-delà de trois ans ! 

3. “Malheureusement, les pouvoirs publics ne s’inquiètent que de ceux qui ont tendance à s’enkyster dans un profil agressif. Ils parlent même de mettre en place des programmes de « dépistage précoce », d’injonction thérapeutique, voire de chimiothérapie à leurs encontre. Mais les enfants qui s’identifient exclusivement aux victimes ne sont pas moins préoccupants que ceux qui s’identifient précocement aux agresseurs! Il faut permettre aux uns et aux autres d’évoluer sans stigmatiser personne. D’autant plus qu’à cet âge, tout est flottant et peut changer rapidement, et d’autant plus vite qu’on accompagne l’enfant sur ce chemin.

4. “C’est pourquoi il est urgent de mettre en place des activités qui permettent aux enfants qui se sont précocement fixés dans une identification exclusive de s’en dégager. Or il existe une activité dont l’efficacité a été démontrée dans ce domaine, c’est le « jeu des trois figures » . Pratiqué chaque semaine par les enseignants des Maternelles, il permet aux enfants de prendre du recul par rapport à l’impact des images sur eux, réduit les violences scolaires et en développe la tendance à faire appel à l’adulte pour résoudre les conflits.”

5. Le Jeu des Trois Figures a été mis au point par Serge Tisseron, psychiatre très inventif (voir sa biographie sur Wikipédia). Il repose sur l’idée de “faire semblant” et peut se pratiquer à partir de la moyenne ou de la grande section. On demande à un groupe d’enfant d’inventer une courte histoire, peu importe laquelle, qu’ils vont pouvoir jouer. Il y a trois personnages : un agresseur, une victime et un sauveteur. Ce dernier peut demander secours à  l’extérieur (l’enseignant). Les trois enfants vont choisir un des trois rôles. Et ils vont les jouer en “faisant semblant”.. Pour éviter qu’ils se prennent au jeu et le jouent “pour de vrai” notamment l’agresseur, on va rejouer deux fois la même scène, de telle sorte que chaque enfant va jouer l’un des trois rôles. Chaque enfant redit donc les phrases prévues. La pratique n’est pas évidente et doit éviter deux écueils :

– l’enfant submergé par son rôle.

– l’enfant qui fui son rôle.

6. Pour une analyse détaillée voir :

http://www.yapaka.be/files/publication/TA_46-troisFigures-Web.pdf

Je note que ceci est très proche du théâtre d’Augusto Boal (1931 – 2009) avec son théâtre de l’opprimé et sa méthode d’improvisation.

Roger et Alii

Retorica

(580 mots, 3.550 caractères)

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