02 BIB Archéologie trampoline 2010-02

Dans le système Retorica, trampoline désigne un article qui s’autorise quelques sauts en dehors du thème principal mais sans le perdre de vue. Il s’autorise aussi des opinions controversées.

1. Pendant très longtemps l’archéologie a cherché sur le terrain la confirmation des données bibliques considérées elles-mêmes comme historiques. Vers 1950 des chercheurs, comme William F. Albright, pensaient qu’Abraham, Isaac et Jacob avaient réellement existé à l’âge du bronze moyen. Beaucoup d’archéologues et d’historiens pensent aujourd’hui qu’il s’agit de créations littéraires. Les rabbins, les exégètes et les lecteurs de la Bible voient dans ces personnages des archétypes porteurs de leçons morales. Il n’y a pas d’invraisemblance à ce que ces personnalités aient existé vers 1.800 avant notre ère. Cette archéologie classique liée à la Bible reste d’actualité. La revue “Le monde de la Bible” a publié sous le même nom (Gallimard, Folio, 1998, 716 p) un recueil d’articles qui gardent toute leur pertinence.

2. Mais une nouvelle génération d’archéologues est apparue dans les années 1990 qui s’en tient aux seules réalités du terrain. Certains d’entre eux sont même totalement ignorants de la culture biblique. Ce n’est pas le cas de l’archéologue Israël Finkenstein et de l’historien Neil Asher Silberman qui ont fait le point sur les recherches en cours dans “La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l’archéologie”, Bayard, 2002, 432 pages, 24. “Nous partons de ce que découvre l’archéologie et nous reconstruisons l’histoire à partir de ces découvertes.” Cette optique a fait scandale chez les croyants, juifs ou non d’autant que l’archéologie est une discipline en mouvement qui n’arrête pas de chercher, de fouiller et de trouver. Mais l’essentiel mis au jour semble difficilement contestable.

3. Les deux auteurs expliquent donc qu’on ne trouve nulle trace historique des patriarches Abraham, Isaac et Jacob. L’installation des tribus israélites a commencé vers 1.200 avant notre ère. Les villes de la côte étaient ravagées par les peuples de la Mer, d’origine crétoise. Pour les fuir des habitants, appelés Ivri (“hébreux”) créèrent des dizaines de petits villages sur les collines inhospitalières du centre de Canaan. “Le véritable Exode est une histoire de conquête certes, mais ce fut une conquête agricole, celle des hauteurs de Canaan, de ces éperons rocheux couverts de maquis inextricables, laissés en friche depuis des siècles.” Ces villages se regroupèrent en royaumes clairement identifiés par l’archéologie : Aram, Israël, Juda, Amnon, Moab et Edom. David et Salomon ont existé mais “ils n’étaient probablement que d’énergiques petits chefs locaux, commandant à un minuscule royaume du Sud dominé par une colline fortifiée du nom de Jérusalem.” Les royaumes du Nord et du Sud n’ont probablement jamais été unifiés. Le royaume du Nord était prospère, cultivé, riche d’une population diversifiée : Israélites, Cananéens, Phéniciens et Moabites. Plusieurs cultes y coexistaient.

4. Mais les Assyriens s’emparent de Samarie et détruisent le royaume d’Israël en – 721. Une partie de la population est déportée et ses terres données à des colons assyriens. Une autre partie, la plus cultivée, réussit à se réfugier dans Jérusalem et sa citadelle fortifiée. Le royaume de Juda, jusque là province sans grande envergure, se mue en “un Etat complètement constitué, doté d’un clergé professionnel et de scribes instruits, seuls capables d’entreprendre une telle tâche”. Jérusalem, centre religieux national, devient une métropole économiquement prospère avec une activité commerciale intense en direction des autres nations. “ Nous estimons que c’est dans le cadre de ces bouleversements que fut écrite la Bible. L’archéologie atteste, grâce à la découverte de sceaux et d’unités de poids ofificielles que c’est entre – 700 et – 600 que Juda devint un Etat hautement centralisé et bureaucratique. “ Le culte exclusif de YHVH dans le Temple de Jérusalem est “à l’origine d’une conception totalement nouvelle et révolutionnaire du Dieu d’Israël.” Un seul roi, un seul Dieu, une seule capitale. Le roi Josias qui règna de – 640 à – 609 est le maître d’œuvre de ce qu’il va présenter comme une restauration. Les traditions sont réinterprétées et réécrites pour que l’affrontement entre Moïse et Pharaon soit la préfiguration de l’affrontement entre Josias et le pharaon Neko II qui vient d’être couronné. Des données historiques modestes ont pu être embellies du temps de Josias. Les auteurs notent : “Ce sont des récits qui ont été cousus ensemble, à partir des souvenirs, des débris d’anciennes coutumes, de légendes sur la naissance des différents peuples de la région et de préoccupations suscitées par les conflits contemporains.

[1, 2, 3 : Notes rédigées d’après La Croix (30 mai 2002), Le Monde (7 juin 2002) et la revue Sciences humaines, hors-série juin-juillet-août 2003.]

5. L’ouvrage d’Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman est devenu un documentaire puis un dvd de Thierry Ragobert (France, 2005, 4 épisodes d’environ 58 minutes chacun). L’ensemble a été largement commenté et discuté. William G. Dever en a fait une critique modérée dans “Aux origines d’israël. Quand la Bible dit vrai” (2005, Bayard, 287 p). Archéologue d’expérience (trente années de fouilles en Israël), William D. Dever explique son ambition : “Prouver que la mémoire historique de la Bible est dans l’ensemble véridique.” Lui aussi pense que la culture cananéenne a connu une grave crise entre la fin du Bronze et le début du Fer (1250 – 1150). La recherche archéologique a mis en valeur plusieurs données : accroissement de population sur les collines au nord de Jérusalem, techniques nouvelles comme la culture en terrasses, creusement de citernes, construction de maisons à piliers pour regrouper des clans. Ces nouveaux habitants, selon Dever, sont des Cananéens, dégoutés de la décadence et du despotisme et qui inaugurent un nouveau mode de vie plus communataire. La correspondance de Tel Et Amarna, entre les rois des villes-Etats de Canaan et les pharaons des XIV° et XIII° siècles confirme l’anarchie existante (conflits, corvées, corruption…). Ces habitants sont des proto-israélites qui constitueront les royaumes du Sud et du Nord. La stèle du pharaon Merneptah (1220), premier texte qui parle d’Israël prouve, selon l’auteur, “qu’en 1210 avant notre ère, existait en Canaan une entité culturelle et sans doute aussi politique qui s’appelait Israël, que cet Israël représentait une association libre de peuplades rassemblées en un groupe ethnique.” (d’après un compte-rendu d’Alain Marchadour, La Croix, 2005_06_30).

6. Après “La Bible dévoilée” et “Les “Rois sacrés de la Bible” (David et Salomon) co-écrits avec Asher Silberman, Israël Finkenstein publia seul “Un archéologue au pays de la Bible” (2008, Bayard, 208 p). Les textes bibliques y sont éclairés par l’archéologie et l’histoire. Ainsi les rois Achaz et Manassé jugés très sévèrement par la Bible ont, au contraire, sauvé Israël. Inversement le pieux Ezéchias a conduit Juda à la ruine par des choix politiques désastreux. Il note : “… l’archéologie peut aussi nous renseigner sur les textes eux-mêmes, en nous fournissant des informations sur la date éventuelle de leur compilation.” (d’après un compte-rendu d’Alain Marchadour, la Croix, 2008_01_24). Pour couper court aux interprétations abusives, Isaac Finkelstein, précisait dans une émission de France-Culture (2006_05_21) que « La Bible dévoilée n’est pas la Bible dénigrée ». Il disait aussi qu’il n’évoque pas son travail d’archéologue quand il fait lire la Bible à sa fille. La dimension historique rectifiée n’enlève donc rien à la dimension morale des textes..

7. Shlomo Sand, historien israélien, a fait scandale en publiant “Comment fut inventé le peuple juif” (Fayard 2008). Lire www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205.

Il écrit dans cet article : “Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des hébreux de palestine, mais de conversions successives en afrique du nord, en europe du sud et au Proche-Orient. voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.” Pour cet historien la notion de “peuple juif” est une “invention” du XIX° siècle. Shlomo Sand en a débattu avec Jacques Attali (Express 2009_01_29 ) et Elie Barnavi (Marianne 2009_04_25). Jacques Attali affirme : “Pour moi le judaïsme se définit par deux idéaux, un Livre et une Terre, qui peuvent se révéler parfois contradictoires. (…) “l’essentiel… est : le peuple juif ne peut être heureux que si ses voisins le sont avant lui.” Shlomo Sand récuse cette mission et surtout la notion d’”exil” : “Des recherches prouvent que la diaspora juive de l’Antiquité est dûe bien davantage à un phénomène de conversion des différents habitants du pourtour méditerranéen au judaïsme qu’à la dispersion du peuple hébreu.” Pour lui, cette dispersion, cet exil, cette punition est d’origine chrétienne. Dans l’autre débat, Elie Barnavi explique : “Il y a une efficacité historique de la mythologie. Israël est aujourd’hui le pôle identitaire du peuple juif”. Shlomo Sand répond : “Il faut désioniser l’Etat d’Israël, qu’il appartienne à tous ses citoyens et non aux juifs du monde entier.

8. Remontons au-delà de 1.200 avant notre ère pour retrouver les origines égyptiennes du peuple hébreu. David Davidovits (“La Bible avait raison” (Ed Jean-Cyrille Godefroy, 2005, 286 p) est égyptologue et spécialiste des pierres de synthèse (géopolymères). Il les a étudiées pour la recherche civile nucléaire. Il s’agit de créer des bétons durant au moins 4.000 ans pour contenir des déchets nucléaires et les marquer pour prévenir les générations futures. Il a étudié un mortier romain (Opus signinum) encore étanche aujourd’hui. Ce mortier employé dans les “citernes de Salomon” à Jérusalem est d’origine égyptienne. Par ailleurs Joseph Davidovits a découvert que les pyramides avaient été construites à l’aide d’un béton dans lequel il a retrouvé des petits organismes marins propres à l’eau du Nil. Avec son équipe, il a réussi à fabriquer des blocs identiques à ceux des pyramides. Voir du même auteur, chez le même éditeur “Ils ont bâti les pyramides” 2002).

Imhotep, scribe, architecte et pharaon de la III° dynastie (2.750 avant notre ère) aurait trouvé le secret d’une pierre artificielle. Entre autres documents, une inscription conservée au musée du Louvre, et enfin comprise, donne les précisions suivantes : “Je connais comment fabriquer des moules pour faire des reproductions d’objets coulés dans un matériau qui n’est pas brûlé par le feu ni dissous par l’eau. Je n’en révèlerai le procédé à personne, si ce n’est à mon fils aîné.” (stèle du sculpteur Irtysen, 2.000 ans avant notre ère). Les Pharaons successifs souhaitaient en retrouver le secret.

9. Voici comment Joseph Davidovits reconstitue cette histoire. Vers – 1.430 le pharaon Toutmosis III lit de vieux textes évoquant ce procédé. Il enquête et apprend qu’en Mitanni, province agitée de l’empire égyptien au delà de Canaan, vit une caste mystique qui en possède le secret. Elle adore Shamash, dieu du Soleil et de la Justice. Contact est pris avec cette secte. L’envoyé de Pharaon remarque un enfant d’une intelligence prodigieuse. C’est Joseph mais le doyen prêtre Jacob explique qu’aucun disciple ne peut quitter la communauté avant 18 ans. Ce serait le pharaon suivant Amenhotep II qui aurait envoyé un commando enlever le jeune homme, vers – 1419. L’opération doit rester secrète pour éviter des représailles sur la famille de Joseph. On le déclare mort et on rend sa tunique trempée dans le sang d’un agneau.

Arrivé en Egypte, Joseph est mis au secret. Il devient l’enfant adoptif du souverain et reçoit le nom de Amenophis, fils de Hapou (fils de l’inconnu). Il entre ainsi dans la famille. Joseph-Aménophis fait deux découvertes. D’abord un revêtement, étanche à l’eau, parfaitement adapté aux travaux hydrauliques, au colmatage des citernes et des canaux. Et ensuite une pierre artificielle. Vers 30 ans, il est nommé Scribe royal, Creuseur de canaux (un tronçon d’irrigation porte toujours son nom, Bahr-Youssouf, le Canal de Joseph) et enfin Chef des prophètes d’Horus Khent-Khati, une forme égyptienne du dieu babylonien Shamash.

10. Vers – 1.405, Joseph a probablement aplani les difficultés entre le Mitanni et l’Egypte. Pharaon est très favorable à l’arrivée de la famille de Joseph, qu’il pense aussi compétente que lui. Les pharaons se succèdent. En – 1390 Amenhotep III qui n’a que 12 ans nomme Joseph-Amenophis (alors âgé de 50 ans) Scribe Royal Personnel puis Scribe des Recrues. Vers – 1375 l’Egypte connaît des récoltes exceptionnelles et, sur l’ordre de Pharaon, Joseph-Amenophis prend les mesures techniques nécessaires : il fait construire des citernes, les rend étanches avec l’enduit imperméable et les remplit du blé qui servira lors des années de famine.

A Memphis, où se passe cette histoire, les disciples alchimistes de Joseph-Amenophis découvrent le quartzite biat, qui, réduit en poudre, sert de liant pour obtenir la pierre artificielle. Le secret perdu est donc retrouvé. Pharaon, heureux, nomme Joseph-Aménophis, Chef de tous les Travaux. La découverte est dédiée à l’Egypte unifiée : on construit les colosses de Memnon en pierre artificielle.

Le jeune dauphin Amenhotep, futur Akhenaton, n’a que 7 ans mais il suit ces travaux avec passion. Il se fait expliquer par son grand-oncle Joseph-Amenophis la signification de cette pierre biat, incarnation de son ancien dieu Shamash, celui qui donne la Loi, le dieu du Soleil et de la Justice, et aujourdhui l’incarnation de la théologie solaire de Ré-Atoum et de sa fille Ma’at, la Vérité-Justice. Dans l’esprit du jeune garçon nait l’idée de réunir tout cela en un seul concept divin, Aton.

En – 1.359 Joseph-Amenophis a 80 ans et reçoit l’autorisation de faire placer sa statue dans le temple d’Amon à Karnak, devant le bas-relief de son père adoptif. Il décède en – 1.356 et Pharaon lui octroie un temple funéraire.

11. Vers – 1.347 Akhenaton décide de construire sa nouvelle capitale Akhet-Aten, el-Amarna. Pour cette entreprise gigantesque il fait venir d’Héliopolis et de Memphis les professionnels formés à la technique de la pierre artificielle par les disciples de Joseph-Amenophis. La révolution d’Akhénaton échoue et vers – 1.320 après la révolution manquée d’el-Amarna, le pharaon Horemheb oblige les prêtres et notables disciples d’Akhenaton à s’expatrier dans les marches de l’Empire. Urushalim (Jérusalem) devient leur terre d’asile, eux, les ysi-r-iar / israel, ceux “exilés en hâte à cause de la faute (hérésie)”. Il n’y eut pas un exode massif mais plusieurs, étalés sur trois siècles. Les artistes, professionnels, bâtisseurs d’el-Amarna, sont regroupés vers Memphis. D’autres vont au sud, dans la Vallée des Rois. Le clergé d’Amon appela leurs descendants les ubrus et les urubs, “ceux qui sont malades, pestiférés”, les Hébreux et les Arabes. Environ 280 ans plus tard, ils quittèrent l’Egypte après la fermeture du Temple Funéraire de Joseph-Amenophis. Ils emportèrent avec eux la saga d’Amenophis, telle qu’elle était relatée sur les fresques du Temple dans une écriture rédigée à l’envers. Ce qui explique l’inversion du titre de Joseph dans la Bible : “çaphenâth-Panéah” doit être lu “amenophis-si-n-hapou” (Gen 41,45). Cet exode aurait eu lieu vers – 1.060 dans une époque troublée par les rivalités entre les Grands Prêtres d’Amon et Pharaon.

12. La pierre agglomérée répond à la prescription d’Exode 20,25. “et si tu me fais un autel en pierre, tu n’utiliseras pas de pierre taillée, car en portant dessus le fer tu les as souillées”. Aton est le dieu qui crée les hommes en façonnant de l’argile, alors qu’Amon les crée à partir de la pierre qu’il arrache et qu’il taille (d’où le démembrement d’Osiris). C’est à l’aide de cette pierre artificielle qu’aurait été construit le Temple de Salomon. Mais cette technologie, propre à un pays chaud, était très mal adaptée au rude climat de Jérusalem (pluie, gel, neige). Elle ne valait pas la pierre taillée utilisée en Samarie-Israël. En – 622 il existait, semble-t-il, un corps d’artisans (les KouRaSHiM “ceux qui ont le secret”) voués à la réparation des pierres du Temple. Ceci expliquerait pourquoi les archéologues n’ont pas trouvé trace du Temple construit par Salomon : ses blocs de pierre recconstituée auraient disparu par effritement. Ce qui redonne du crédit à 1 Rois 10-11 qui décrit les splendeurs du Temple et du Palais de ce roi alors qu’on a tendance à n’y voir qu’une fiction littéraire.

Joseph était donc l’inventeur d’un enduit imperméable et d’une pierre artificielle. Génie multiforme, il se révéla à la fois urbaniste, statisticien, futurologue, psychanalyste mystique (interprétation des rêves) et chef incontesté d’un peuple profondément intégré à la culture égyptienne, le peuple hébreu. Mais celui-ci, jugé trop puissant, va être expulsé d’Egypte. C’est l’Exode.

13. Egyptologues et hébraïsants Messod et Roger Sabbah, exposent dans “Les secrets de l’Exode” (Ed. Jean-Cyrille Godefroi, 2000, Livre de Poche) le schéma suivant concernant l’Exode et ce qui s’ensuivit.

La réforme religieuse du pharaon Akhénaton paraît nocive aux yeux de son chef des armées, Aï, qui l’avait d’abord approuvée. Aï conduit pendant vingt ans la politique égyptienne et deviendra très tardivement pharaon. Après la mort d’Akhénaton, il négocie et organise l’exode des prêtres d’Aton et de leurs fidèles vers Canaan, zone mal pacifiée aux confins de l’Empire. Les exilés emportent leur culte et leurs richesses. Ils pratiquent une langue originale, le proto-hébreu et un alphabet issu des hiéroglyphes L’évènement se situe vers 1.350 avant notre ère. Voir le fichier 02 BIB Sinaï 2008_06_14 Har Karkoum.

Après la conquête de Canaan les liens de la colonie se distendent avec l’Egypte. Elle se divise en deux royaumes : Israël disparaît en – 721 ; Juda connaît définitivement l’exil en – 587. Ses élites partent à Babylone et n’en reviendront qu’en – 538. Selon Messod et Roger Sabbah les Babyloniens haïssent profondément la culture égyptienne dont sont imprégnées les élites juives. Les scribes doivent, sous peine de mort, réécrire leur histoire. Ils gomment l’aspect égyptien et mettent en valeur les origines pastorales du peuple juif. Le travail de réécriture s’interrompt avec le retour à Jérusalem permis par Cyrus. La Bible n’évolue plus.

14. Roger Sabbah approfondit le sujet dans “Le pharaon juif. Le secret égyptien de la kabbale” (JC Lattès, 2008). L’Exode est à la fois la sortie d’Egypte au sens propre et la renaissance de Pharaon au sens figuré. “Dans la tradition ancestrale égyptienne, sortir d’Egypte et mourir sont une seule et même chose pour pharaon.” Il doit faire face aux dix épreuves du désert avant de renaître. L’Exode serait donc une gigantesque métaphore de ce voyage initiatique. En archéologie la découverte des tablettes de Tell-El Armana (1891-1892) est suivie de leur lent déchiffrement (1897). Celui-ci révèle l’œuvre du pharaon Akhénaton (- 1370 avant notre ère). On relève de multiples ressemblances entre la culture égyptienne et la culture juive. Ainsi Toutankhamon porte des téphilines comme le montrent les dessins et les photos dans “Les secrets de l’Exode” de Messod et Roger Sabbah. Hérodote (-485 / – 430) dans “L’Enquête” évoque des prescriptions propres à la cacherouth : “Le porc passe chez les Egyptiens pour une bête impure. Qui en frôle un au passage va aussitôt se plonger dans le fleuve tout habillé ; de plus, les porchers, quoique Egyptiens de naissance, sont seuls en Egypte à ne pouvoir entrer dans aucun temple ; personne ne consent à donner sa fille en mariage à un porcher, ni à prendre femme chez eux.” (II, 47). Hérodote lie le culte de la vache et l’interdiction faite aux Egyptiens de manger avec les Grecs : “En effet les statues d’Isis la représentent sous la forme d’une femme avec des cornes de vache, comme Io chez les Grecs, et toute l’Egypte vénère les vaches plus que tout autre animal. Aussi, ni homme ni femme en Egypte ne consentirait à embrasser un Grec sur la bouche, pas plus qu’à user du couteau, des broches ou du chaudron d’un Grec, ou à goûter à la chair d’une victime pure qui auraitété découpée à l’aide du couteau d’un Grec.” (II,41). Enfin, Hérodote revient plusieurs fois sur la circoncision. Il note au passage que les Egyptiens font tout à l’envers (II, 36). Il a,en passant, cette notation pittoresque : “Pour uriner les femmes restent debout, les hommes s’accroupissent. Ils satisfont leurs besoins dans les maisons, mais ils mangent dans la rue…” les femmes ne peuvent être prêtres. (II, 35). Il note que la circoncision est pratiquée par propreté. (II, 37). Il évoque aussi des ablutions très nombreuses. On les retrouve dans le judaïsme.

Roger et alii

Retorica

(21.000 caractères)

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